« Le processus d’introduction des passeports et cartes d’identité biométriques est en phase finale et ils seront disponibles pour les citoyens à partir de l’automne 2026 en Arménie » a annoncé le Premier ministre arménien Nikol Pachinian lors d’une rencontre avec la ministre de l’Intérieur Arpiné Sargsyan.

Ce projet est mis en œuvre dans le cadre d’un partenariat public-privé. Les nouveaux passeports seront dotés de mécanismes de protection de haut niveau, notamment des éléments de sécurité incluant des couches ultraviolettes.
Le design du document reflète l’identité arménienne, le patrimoine historique et culturel ainsi que les symboles de l’État. On y retrouve ainsi la carte de la République d’Arménie, l’alphabet créé par Mesrop Machtots et la première phrase en caractères arméniens : « Reconnaître la sagesse et l’enseignement, connaître les paroles du génie. »
Le Premier ministre arménien a souligné que certaines lettres sont agrandies, et que cela recèle une signification et une logique particulières. « En particulier, la lettre « A » symbolise la liberté et l’indépendance ; la lettre « E » représente le bonheur, car dans l’alphabet, « E » signifie Dieu, soulignant ainsi l’importance de Dieu ; la lettre « J » représente le peuple ; la lettre « I » représente la souveraineté ; la lettre « Kh » représente la paix ; la lettre « K » représente la vie ; la lettre « H » représente l’Arménie ; la lettre « M » représente l’homme ; la lettre « J » représente l’eau ; nous souhaitions également mettre en valeur la lettre « O », absente de la version initiale, car elle symbolise la loi et la légalité ; la lettre « P » représente l’État ; la lettre « S » représente l’amour ; la lettre « K » représente le Christ, en référence au premier État à avoir adopté le christianisme. Bien sûr, on aurait pu appliquer ce principe à toutes les lettres, mais nous avons pensé qu’une telle mise en valeur soulignerait davantage nos stratégies, nos perceptions, nos aspirations et nos idées, tout en apportant une dimension particulière au design. »
La présentation des images, disposées sur différentes pages du document, débute par la généalogie des Arméniens. On y découvre notamment l’image de Hayk Nahapet et les pétroglyphes découverts dans les monts Geghama et à Ukhtasar, témoins d’une histoire très ancienne. L’inscription cunéiforme de la fondation d’Erevan, élément fondamental de l’identité et de l’histoire arméniennes, constitue une autre étape importante de l’histoire.
Il est précisé que l’image de la forteresse d’Erebuni a été restaurée par des scientifiques. Viennent ensuite les bornes frontières de l’époque d’Artaxerxès, ornées d’inscriptions araméennes. Leur forme et leur emplacement, élaborés en concertation avec des scientifiques, offrent un aperçu du mode de vie et de l’agriculture de cette période. Il a été souligné que le choix de la borne frontière n’était pas fortuit ; il s’agissait d’un outil étatique et juridique essentiel, même à cette époque, car elle symbolisait l’existence de l’État, l’essence de sa gouvernance, ainsi que les réformes agraires entreprises durant cette période.
La page suivante présente le Saint-Siège d’Etchmiadzin, qui symbolise l’adoption du christianisme comme religion d’État en 301. L’année de cette conversion est présentée comme un élément fondamental de notre identité et de notre histoire.
Conformément à la logique de l’ancienneté cérémonielle, les symboles de l’État moderne sont présentés : la résidence du président de la République d’Arménie, le bâtiment du gouvernement, le bâtiment de l’Assemblée nationale et le bâtiment de la Cour constitutionnelle. La cascade de Yerevan et Alexandre Tamanian, précurseur de l’urbanisme moderne, sont également représentés.
Les régions sont également présentées par ordre alphabétique : la région d’Aragats avec le mont Aragats et ses quatre sommets ; la région d’Ararat avec Khor Virap, l’un des plus importants centres de la chrétienté ; la région d’Armavir avec la fabrication du lavash, ses jardins et ses fruits ; la région de Gegharkunik avec le lac Sevan et la forteresse de Berdkunq (Xᵉ siècle) ; la région de Kotayk avec le temple païen de Garni ; la région de Lori avec la forteresse de Lori Berd ; la région de Shirak avec la rue du centre historique de Gyumri et la célèbre scène de Phaéton ; la région de Syunik avec la forteresse de Baghaberd ; la région de Tavush avec le pont de Sranots ; et la région de Vayots Dzor avec la cascade de Jermuk et le cerf emblématique de Jermuk. Le Premier ministre a souligné que, à travers tous ces monuments historiques et culturels, un effort a été fait pour garantir la diversité et la richesse du portrait de l’Arménie.
Parallèlement à l’introduction des passeports biométriques, il est également prévu de mettre en place des systèmes de passage automatiques et sans contact aux points de passage frontaliers, ce qui simplifiera et accélérera considérablement la circulation des citoyens.
Krikor Amirzayan














