Commémorations à Montpellier

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Inauguration de l’allée Alphonse-Cillière par Michaël Delafosse, maire de Montpellier et Sevak Mikayelyan, maire de la ville de Hrazdan et de Clare Hart, Vice-Présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, déléguée aux Relations Internationales.

24 avril 2026 : à Montpellier, la mémoire du génocide arménien au défi du présent

Commémorer, mais aussi alerter : à Montpellier, la 111ᵉ commémoration du génocide des Arméniens a pris une dimension résolument contemporaine. Entre hommage aux victimes de 1915 et dénonciation des violences actuelles contre les Arméniens de l’Artsakh, la cérémonie a fait entendre une parole politique engagée, où mémoire et vigilance ne font qu’un.

Le 24 avril 2026, Montpellier a rendu hommage aux victimes du génocide des Arméniens à l’occasion de son 111ᵉ anniversaire. Entre recueillement, transmission et gestes symboliques forts, la cérémonie a témoigné d’une mobilisation institutionnelle et citoyenne particulièrement importante.

 

Une mobilisation politique et citoyenne affirmée

Autour du maire Michaël Delafosse, les représentants de l’État et des collectivités territoriales – préfecture, Région Région Occitanie et Département de l’Hérault – ainsi que des associations, Amicale Arménienne de Montpellier et sa Région et Arménie Vivante, se sont réunis pour réaffirmer leur engagement en faveur de la mémoire du génocide et du soutien à l’Arménie.

La présence de Sevak Mikayelyan, maire de la ville arménienne de Hrazdan, jumelée avec Montpellier, a donné une dimension internationale à la cérémonie, rappelant la continuité des liens entre les territoires et la solidarité entre les peuples.

« Ce jour est celui d’une reconnaissance qui n’a pas toujours été à la hauteur de ce qu’elle aurait dû être« , a déclaré le sous-préfet de l’Hérault Marin Lassalle.

Dans son discours, Michaël Delafosse a inscrit la commémoration dans une actualité immédiate. Il a condamné avec fermeté l’épuration ethnique ayant conduit à l’exode forcé des Arméniens de l’Artsakh (Haut-Karabagh), rappelant la brutalité de cet événement et ses conséquences humaines durables. Il a souligné que ce drame contemporain ne pouvait être dissocié de la mémoire du génocide de 1915, en ce qu’il interroge, une nouvelle fois, la capacité de la communauté internationale à prévenir et à sanctionner les violences de masse.

Le maire de Montpellier a également alerté sur les menaces persistantes pesant sur Arménie elle-même, évoquant les tensions aux frontières et les risques qui pèsent sur l’intégrité territoriale du pays. En rappelant que ces dangers concernent directement la souveraineté arménienne, il a inscrit la commémoration dans une perspective politique nette, soulignant que la vigilance ne relève pas seulement du passé mais d’une responsabilité présente. Il a enfin rappelé que Montpellier fut, il y a quarante ans, la première ville de France à ériger un monument en mémoire du génocide des Arméniens sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle, à l’initiative de Georges Frêche.

L’inauguration de l’allée Alphonse Cillière

Moment fort de cette journée, l’inauguration de l’allée piétonne Alphonse-Cillière, située entre le boulevard de Strasbourg et la rue du Cimetière protestant, est venue inscrire la mémoire dans l’espace urbain. Le montpelliérain Alphonse Cillière (1861-1946), consul de France à Trébizonde (entre 1894-1897), est l’un des témoins directs des massacres d’octobre 1895, qu’il documente. Vers 1930, il rédige 1895, Massacres d’Arméniens, publié en 2010 avec des contributions de chercheurs, dont l’historien Gérard Dédéyan. Par ses écrits, Cillière a contribué à faire connaître en Europe ces violences, souvent considérées comme un prélude au génocide de 1915. En donnant son nom à cette allée, la ville rend hommage à un acteur essentiel de la mémoire historique, dont les écrits participent à la connaissance et à la reconnaissance du génocide. Ce geste s’inscrit dans une politique mémorielle active, qui fait de l’espace public un lieu de transmission et de vigilance.

La jeunesse au cœur de la transmission

La cérémonie a été marquée par la présence de nombreux élèves, notamment du lycée Nevers de Montpellier. Leur participation rappelle combien la transmission aux jeunes générations constitue un enjeu central. Dans un contexte où les crimes de masse continuent de menacer les équilibres internationaux, l’enseignement de l’histoire et la sensibilisation des lycéens apparaissent comme des remparts essentiels contre le négationnisme et l’oubli. Le maire a insisté sur cette relève nécessaire : faire vivre la mémoire ne consiste pas seulement à commémorer, mais à transmettre, à expliquer et à engager.

Annick Asso

 

 

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