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Quelles forces politiques abordent la question de l’Artsakh dans leurs programmes électoraux ?

Les principales forces politiques ayant déposé leur candidature aux élections législatives promettent de défendre le droit au retour du peuple de l’Artsakh, à l’exception du « Contrat civique » dirigé par le Premier ministre Nikol Pachinian.

Dans son programme précédent, en 2021, cette formation promettait la « désoccupation » de Chouchi et de Hadrout. Désormais, au plus haut niveau du parti, ses dirigeants affirment qu’ils renoncent à la question du Haut-Karabagh. Présentant son programme électoral, Nikol Pachinian a expliqué que la question du Karabagh, à l’origine du conflit depuis des décennies, est close : « Le mouvement du Karabagh est incompatible avec la paix et la sécurité, il l’a toujours été. Nous avons fait un choix : nous avons choisi la sécurité, nous avons choisi la paix. »

Le programme électoral de « l’Arménie forte », formation de l’homme d’affaires Samvel Karapetian, qui participe aux élections avec pour objectif de renverser « Contrat civique », ne comportera pas de disposition sur le droit au retour collectif du peuple de l’Artsakh. En revanche, selon Narek Karapetian, tête de liste, l’accent sera mis sur la résolution des problèmes humanitaires des déplacés : « Il faut garantir aux gens deux choses essentielles : un logement et la préservation de leur identité culturelle. »

Cela étant, en cas d’arrivée au pouvoir, la question du retour ne sera pas exclue de l’agenda de « l’Arménie forte ». Narek Karapetian a précisé que cette question sera abordée lorsque les conditions de sécurité seront réunies :
« Nous n’avons pas le droit de placer nos compatriotes dans une situation de captivité. Lorsque nous serons certains qu’ils pourront vivre en sécurité en Artsakh, nous prendrons alors les mesures nécessaires. »

La défense des droits des centaines de milliers de personnes déplacées du Haut-Karabagh constitue l’une des priorités de politique étrangère de l’équipe de l’ancien président Robert Kotcharian. La députée d’opposition Kristine Vardanyan a indiqué que la question de l’internationalisation du droit au retour collectif figure dans le programme de leur alliance :
« Nous porterons la question du droit au retour des Arméniens d’Artsakh dans les négociations internationales, sur toutes les plateformes, et nous mènerons un travail diplomatique actif. Nos représentations recevront des instructions pour en faire un axe prioritaire et pour élargir le consensus déjà existant. »

La question du retour sera également clairement inscrite dans le programme du parti « Ailes de l’unité », fondé par l’ancien défenseur des droits de l’homme Arman Tatoyan. Celui-ci souligne qu’il s’agit d’un droit reconnu au niveau international :
« Est-ce réaliste aujourd’hui ? Non. Mais devons-nous laisser ce droit disparaître ? Certainement pas. Il s’agit de défendre les droits de notre peuple et, au-delà, les intérêts de l’Arménie. Ne pas en parler aujourd’hui ne profite qu’à l’Azerbaïdjan. »

Le parti « Arménie prospère » de l’homme d’affaires Gagik Tsarukian n’élude pas non plus cette question. Sa porte-parole Iveta Tonoyan a indiqué que le parti œuvrera activement à la reconnaissance et à la protection des droits fondamentaux des Arméniens d’Artsakh, y compris le droit au retour, dans le cadre du droit international.

Indépendamment de la position des autorités actuelles, le peuple du Haut-Karabagh, victime de nettoyage ethnique, dispose d’un droit au retour — une question qui figurera également à l’agenda de politique étrangère du parti « Arménie éclairée ».
« Nous maintiendrons cet objectif non seulement parce qu’un retour pourrait être possible un jour, mais aussi parce qu’il constitue un contrepoids au discours de l’Azerbaïdjan sur le “retour” des Azerbaïdjanais en Arménie », a déclaré son président Edmon Maroukian.

Cependant, aucune de ces forces politiques ne considère un retour comme réaliste dans un avenir proche. Toutes insistent sur la nécessité de garanties de sécurité solides, qui pourraient nécessiter des années, voire des décennies.

Pour sa part, Nikol Pachinian estime qu’il ne faut pas raviver les questions de mémoire territoriale pour éviter une nouvelle guerre :
« Le droit au retour au Karabagh… L’Azerbaïdjan opposera ses propres revendications, et cela ravivera le conflit. Nous pensons que ces questions doivent être closes des deux côtés. C’est une approche réaliste et légitime au regard du droit international, et la seule qui garantisse la paix. »

Edmon Maroukian, à l’inverse, affirme :
« Nous maintiendrons non seulement le droit au retour des habitants de l’Artsakh, mais aussi celui des Arméniens déplacés de Bakou, de Chamkhor, de Soumgaït et d’autres régions d’Azerbaïdjan. Cela permettra à la fois de contenir les ambitions de Bakou et de rappeler sa responsabilité dans le nettoyage ethnique du Haut-Karabagh. »

Les opposants rejettent fermement l’argumentation du Premier ministre. La députée Kristine Vardanyan souligne que, contrairement à l’Arménie, qui n’a jamais exigé de l’Azerbaïdjan une modification constitutionnelle, Erevan procède à des changements sous pression de Bakou :
« C’est la même chose pour le droit au retour : le gouvernement Pachinian n’en parle tout simplement pas. Pendant ce temps, l’Azerbaïdjan finance chaque année des conférences sur le concept de “l’Azerbaïdjan occidental” et revendique l’installation massive d’Azerbaïdjanais en Arménie sur toutes les tribunes internationales. »

Nikol Pachinian a répliqué :
« Les représentants du parti de la guerre agitent des cartes et des discours. D’ailleurs, le conflit du Karabagh lui-même a commencé à partir de revendications humanitaires apparemment innocentes. »

Arman Tatoyan, de son côté, accuse le pouvoir :
« C’est précisément l’abandon de cet agenda qui mène à la guerre. Renoncer à défendre nos droits conduit directement au conflit. Le discours de peur entretenu par les autorités, qui fait de l’Azerbaïdjan un facteur central des élections arméniennes, relève d’une politique concertée avec Bakou. »

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