Le film de fin d’études à la FEMIS d’Hovig Hagopian : « Storgetnya », tourné en Arménie © Claire Barbuti.
« C’est une première projection, même pour nous !« , lance avec un grand sourire la productrice Astrig Chandèze-Avakian. L’émotion est palpable dans la grande salle du cinéma des 7 parnassiens ce 18 mars dans le 14e arrondissement de Paris. Entre deux renforcements des mesures sanitaires, le court-métrage documentaire Storgetnya (comprendre « sous-terrain« ) a pu être projeté à une poignée de spectateurs. Il s’agit du film de film d’études d’Hovig Hagopian. Après un BTS d’audiovisuel, 2 ans de fac à la Sorbonne, le voilà tout juste diplômé de la Fémis. C’est en Arménie qu’il a choisi de se rendre pour son dernier projet avec cette école de cinéma réputée : « Je n’avais pas encore eu l’occasion d’y aller dans le cadre de mes études, mais c’était important pour moi !« , assure celui qui se dit très proche de ses racines.
C’est lorsque Max Sivaslian, photographe notamment pour les Nouvelles d’Arménie Magazine, lui a parlé du site de la mine d’Avan qu’il a eu l’idée de tourner des images sur place. Dans les tunnels d’une mine de sel arménienne, à 230 mètres sous les bourdonnements de la capitale, se cache un type inhabituel de dispensaire : un centre thérapeutique spéléologique. Oui, oui, une clinique souterraine où se rendent régulièrement, depuis les années 70, des patients car l’air riche en minéraux des mines de sel ferait des merveilles sur la santé humaine… Est-ce efficace ? « Mystère« , plaisante le réservé Hovig Hagopian. Mais pour lui qui a toujours été intéressé par le travail de chef opérateur, c’était l’occasion idéale de s’amuser avec le cadre, la lumière, l’image… Car visuellement, l’endroit est vraiment à part. Hovig Hagopian n’explore pas le contexte plus large de la spéléothérapie, et n’offre pratiquement aucune explication directe de ce que nous voyons. Seuls quelques sons viennent nous saisir. Il choisit de présenter simplement les perpétuelles activités de cette clinique souterraine, dont le personnel porte des blouses blanches et des casques de mineur. Un air de réalisme magique traverse les impressions atmosphériques : une promenade à travers des tunnels fluorescents taillés dans la pierre ; une partie de ping-pong dans ce qui semble être une grotte naturelle, la table projetée dans une lumière infernale au centre de ce royaume ténébreux ; une séance d’exercices matinale dans les cavernes ; un chant qui résonne grandement dans cet endroit si majestueux.
Content de son expérience arménienne, Hovig Hagopian a cependant dû écourter le tournage qui a eu lieu il y a un an – confinement imminent oblige. Frustrant pour celui qui a dû se résoudre à arrêter prématurément les moments d’intimité avec les protagonistes arméniens de son documentaire ravis de participer à cette expérience. Mais il compte bien y retourner vite, pour développer un projet plus conséquent sur cette mine, ou autre car énormément de choses sont possibles sur place selon lui… En attendant, celui qui avait participé au making off tournage du film Si le vent tombe de Nora Martirosyan (label Festival Cannes, mais qui attend toujours sa sortie en salles) est sur deux projets en tant que chef opérateur, cette fois pour des fictions même s’il reste un amoureux du cinéma documentaire.
Il nous a accordé quelques instants pour se présenter, lui et son court-métrage :
Claire Barbuti




