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« L’Arménie doit encore franchir de nombreuses étapes : qu’a apporté le sommet UE-Arménie ? »

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©armenews.com

La rencontre entre le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le président du Conseil européen António Costa et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, tenue à Erevan le 5 mai 2026, a surtout eu une portée symbolique, marquant le soutien politique de l’Union européenne à l’Arménie.

Ce premier sommet UE-Arménie de l’histoire a principalement servi à afficher la proximité politique entre Bruxelles et Erevan, alors que l’UE cherche à éviter un éventuel retour de l’Arménie dans l’orbite russe après les élections législatives prévues début juin.

Les résultats concrets ont été limités, mais un élément important pourrait avoir des conséquences majeures à long terme : l’Union européenne a remis à l’Arménie le premier rapport d’avancement concernant le plan d’action pour la libéralisation des visas (VLAP).

Ce document très technique évalue les réformes déjà engagées par Erevan ainsi que celles qu’il reste à accomplir pour obtenir, à terme, un régime sans visa avec l’espace Schengen.

Le rapport contient plusieurs éléments positifs. Bien que le VLAP n’ait été accordé à l’Arménie qu’en novembre 2025, Bruxelles estime qu’Erevan a déjà réalisé des progrès significatifs. Selon l’UE, « les autorités arméniennes ont démontré une volonté politique de mettre en œuvre les réformes prévues dans le cadre du VLAP ».

Si le processus avance sans obstacle, l’Arménie pourrait obtenir la libéralisation des visas d’ici la fin de la décennie, probablement vers 2029 ou 2030. L’exemple le plus proche est celui de la Géorgie, qui a obtenu un régime sans visa avec l’espace Schengen en 2017 après plusieurs années de réformes.

Cependant, deux conditions essentielles devront être remplies.

D’abord, tous les États membres de l’UE devront donner leur accord. Or, la question de l’immigration illégale reste sensible dans plusieurs pays européens, notamment là où les partis populistes gagnent du terrain. Erevan devra donc convaincre que les citoyens arméniens n’utiliseront pas la libre circulation pour demander massivement l’asile en Europe.

Ensuite, l’Arménie devra mener à bien de nombreuses réformes législatives dans quatre domaines clés : la sécurité des documents de voyage, la gestion des frontières et de l’asile, l’ordre public et la sécurité, ainsi que les droits fondamentaux liés à la liberté de circulation.

Selon le rapport, l’Arménie est déjà bien avancée concernant la sécurité des documents de voyage et progresse dans les autres secteurs. Mais plusieurs défis demeurent.

Le futur registre national de la population devra notamment respecter les standards internationaux en matière de protection et d’intégrité des données. Bruxelles demande aussi la création d’une autorité indépendante de protection des données disposant de moyens suffisants et d’un mandat juridique clair. Un bureau spécialisé dans la récupération des avoirs est également exigé.

L’Arménie a commencé à introduire des passeports biométriques, mais l’UE souhaite un retrait plus rapide des anciens passeports.

Enfin, l’exigence sans doute la plus délicate pour Erevan concerne le contrôle des frontières. Bruxelles demande que la surveillance frontalière soit entièrement placée sous l’autorité des institutions arméniennes. Or, les postes-frontières avec l’Iran et la Turquie restent actuellement contrôlés par les gardes-frontières du FSB russe.

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