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Un concert d’exception organisé par Adam Barro à Paris pour le 111ᵉ anniversaire du Génocide des Arméniens

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©armenews.com

À l’occasion du 111ᵉ anniversaire du Génocide des Arméniens de 1915, Paris a accueilli, le 24 mai 2026 à la cathédrale Sainte Croix de Paris des Arméniens catholiques, une soirée musicale d’une rare intensité, placée sous le signe de la mémoire, du recueillement et de la transmission. Organisé par Adam Barro, baryton-basse profondément engagé au service du patrimoine culturel arménien, ce concert d’exception a réuni musique, émotion et devoir de mémoire dans un hommage vibrant au peuple arménien.

Parmi les personnalités présentes au concert figuraient notamment le représentant de l’Artsakh, Hovhannes Gevorgyan, la chanteuse franco-arménienne Liz Sarian, le réalisateur Robert Kechichian, Monseigneur Gabriel Mouradian, le R.P. Bédros Hammalian, la romancière Claire Dédéian, l’écrivaine Angela Sahakyan et l’artiste-peintre Salim Le Kouaghet.

Plus d’un siècle après cette tragédie, dont la mémoire demeure une blessure vive dans la conscience collective, cette commémoration a rappelé combien reconnaître et condamner le Génocide des Arméniens ne relèvent pas uniquement du passé, mais constituent un engagement essentiel en faveur de la justice, de la dignité humaine et de la transmission aux générations futures.

Aux côtés de la soprano Tehmine Schaeffer, chanteuse d’opéra austro-arménienne de renommée internationale venue tout spécialement d’Autriche, et du pianiste Hugues Leclère, Adam Barro a porté un programme d’une remarquable richesse artistique, mêlant les grandes œuvres du répertoire classique occidental aux chants profondément enracinés dans l’âme arménienne.

Les œuvres de César Franck, Gabriel Fauré, Georg Friedrich Haendel, Camille Saint-Saëns, Charles Gounod, Francis Poulenc, Giacomo Puccini et Gaetano Donizetti ont dialogué avec les compositions arméniennes de Komitas, Partevyan, Kanatchyan, Babadjanyan et Abrahamyan, offrant au public un véritable voyage entre spiritualité, mémoire et espérance.

 

L’un des moments les plus émouvants de cette soirée fut sans aucun doute la première interprétation à Paris de l’hymne « Notre Monde Arménien » (« Հայոց մեր աշխարհ »), composé par Ashot Ariyan sur des paroles du poète Vahan Vermishyan, interprété en duo par Adam Barro et Tehmine Schaeffer.

Porteur d’un souffle patriotique et profondément humaniste, cet hymne célèbre une Arménie forte, lumineuse et tournée vers l’avenir. À travers des paroles puissantes, il évoque la majesté des montagnes arméniennes, l’élan d’un peuple avançant d’un pas inébranlable vers l’avenir et aussi une patrie, appelée à créer une vie nouvelle grâce à la lumière de son âme.

L’hymne rend également hommage à la diaspora arménienne dispersée à travers le monde, rappelant que l’Arménie demeure un phare et une espérance pour les Arméniens du monde entier.

Dans un passage particulièrement fort et symbolique, les paroles évoquent la terre sanctifiée par le sang des héros, exprimant le vœu que les Arméniens deviennent « à jamais sa force et son bouclier », tandis que Massis, montagne sacrée et éternel symbole de l’identité arménienne, apparaît comme gardien du peuple arménien.

Présente à ce concert particulièrement émouvant, j’ai pu mesurer à quel point cette soirée dépassait le cadre d’une simple représentation musicale.

Les prestations d’Adam Barro et de Tehmine Schaeffer furent tout simplement remarquables. A la voix d’or, puissante et fervente, dans une palette musicale riche en sonorités qui n’appartiennent qu’à Adam Barro, s’est mêlée la voix toute en nuances et subtilités de Tehmine Schaeffer, apportant à ce concert une émotion et une élégance vraiment rares, touchant profondément un public venu se recueillir, mais aussi célébrer la force de la culture arménienne.

Bien plus qu’un concert, cette soirée s’est imposée comme un acte vivant de mémoire et de transmission. Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de spiritualité, la musique est devenue un langage universel pour honorer les disparus, célébrer la résilience d’un peuple et porter un message d’espérance.

 

Monika Arakelyan-Chukurian

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