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Sénat : soirée de soutien à l’Arménie et au Karabakh


Le Sénat, qui est en première ligne pour la défense de l’Arménie et du Haut-Karabakh, s’est à nouveau mobilisé mardi 20 septembre pour saluer la sortie du « Livre noir » sur le Karabakh, auquel ont participé plus d’une dizaine de personnalités de premier plan. Cet événement a donné l’occasion à la Haute-Chambre du Parlement d’organiser une conférence sur « la situation au Haut-Karabakh », placée sous le haut patronage de Gérard Larcher, son président. A l’invitation de M. Bruno Retailleau, président du Groupe d’information sur le Haut-Karabakh et de SE Hasmik Tolmajian, ambassadrice d’Arménie en France, plus d’une centaine de privilégiés ont assisté à cette soirée qui a donné lieu à des échanges de haute volée entre quelques-unes des personnalités qui ont participé à cet ouvrage collectif exceptionnel, dirigé par Tigran Yegavian et Eric Dénécé.
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Bruno Retailleau, président du Groupe LR au Sénat qui avait présenté il y a deux ans la résolution demandant au gouvernement de reconnaître la République du Haut-Karabakh, a d’emblée mis la barre très haut en ouvrant la soirée par un discours à la fois brillant par sa forme et profond dans la pensée. Cet élu, qui figure probablement parmi les meilleurs orateurs de la classe politique a lancé un véritable « appel au courage pour sauver l’Arménie ». Fustigeant la « lâcheté », selon ses mots, de la France de l’Europe et de l’Occident à l’égard d’un peuple arménien à nouveau menacé dans son existence, il a déploré les deux poids deux mesures dans la solidarité entre l’Arménie et l’Ukraine. Une inégalité qu’il a imputé à « l’effondrement mental de l’Europe », cette sorte de « fatigue de l’être » qui est en train de la gagner. « L’Europe veut-elle rester elle-même ? » s’est-il interrogé, en dénonçant son inertie par rapport à l’Arménie en danger. « Le vide ne peut opposer aucune résistance », a-t-il regretté avec une certaine lucidité, hélas. Mais le Sénat ne baisse pas les bras, en particulier le Groupe d’amitiés avec l’Arménie, dont le président , Gilbert-Luc Devinaz est en train de préparer un voyage dans le Siounik, a-t-il indiqué.
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Le débat animé par Tigran Yegavian pouvait alors commencé, avec l’intervention de Jean-François Colosimo, qui a notamment dressé un parallèle entre le destin des Arméniens et celui des Juifs, « deux peuples de la Bible ». Monseigneur Gollnisch, président de l’Œuvre d’Orient, lui a emboité le pas avec une réflexion sur « le droit des peuples », non pas seulement à disposer d’eux-mêmes, mais aussi « à disposer d’une terre », estimant que la souffrance représentait un élément constitutif de cette légitimité.

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Succédant aux intellectuels, les politiques ont pris la parole, en la personne de Marie-Arlette Carlotti, aujourd’hui sénatrice des Bouches-du-Rhône, et de François-Xavier Bellamy, député européen qui avait arraché une prise de parole à Strasbourg une semaine auparavant pour dénoncer l’agression de l’Azerbaïdjan. L’élue PS et celui des Républicains, se sont félicités du consensus existant sur les bancs de l’Assemblée nationale et du Sénat au sujet de l’Arménie et du Karabakh. Ils ont tout deux dénoncé la responsabilité turque dans le bellicisme azerbaïdjanais, avant d’en appeler eux aussi au courage, à la nécessité de sortir du silence et de continuer à défendre les Arméniens au nom d’une « certaine relation au droit », indissociable de leur action politique. Enfin Gérard Chaliand, historien et géopoliticien et Eric Dénécé, spécialiste du renseignement, ont conclu les échanges en constatant pour le premier le prima de la force sur le droit et en invitant pour le second l’Europe à la vigilance par rapport aux risques que lui feront courir à terme les régimes panturquistes qui s’en prennent aujourd’hui à l’Arménie.
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Hovannes Guévorguian, dont de nombreux intervenants se sont désolés qu’il n’ait pas droit au titre d’ambassadeur, est ensuite monté à la tribune pour défendre avec conviction la cause du Haut-Karabakh, historiquement fondée sur le droit à la protection de son peuple face à un Etat criminel, tandis que, lui succédant, Hasmik Tolmajian a en a appelé à la solidarité avec cette Arménie qu’elle incarne avec tant de dignité et de véracité.
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Christian Cambon a conclu la soirée en prenant la parole au nom de Gérard Larcher, dont il a lu un texte de soutien particulièrement fort dans lequel le président du Sénat réaffirme son soutien total à l’Arménie et condamne l’agression turco-azerbaïdjanaise. <span class="caps">PNG</span> - 1.8 Mo
Les nombreuses personnalités présentes dans l’assistance, parmi lesquelles on pouvait reconnaître nombre de sympathisants de la cause arménienne, depuis Valérie Boyer jusqu’à Jean-Christophe Buisson, se sont retrouvées autour d’un verre de l’amitié, qui a permis aux échanges, aux idées et aux réflexions nées de cette riche soirée, de se prolonger plus tard dans la soirée.
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par Ara Toranian le vendredi 23 septembre 2022
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Photos de Hasmik Tolmajian, Hovaness Guévoguian, Christian Cambon et de la salle de Lydia Kasparian