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Retour en images et en vidéos sur le dîner du CCAF


Le dîner du CCAF est devenu une tradition. Pour la troisième année consécutive, des centaines de personnes se sont réunies pour cette soirée de prestige, à l’hôtel du Collectionneur dans le 8e arrondissement de Paris. Comme chaque année, de nombreuses personnalités de tous horizons étaient présentes. Devant un François Hollande de nouveau au rendez-vous, le CCAF a remis quatre médailles du courage à Anne Hidalgo, Patrick Devedjian, Mark Moogalian et Miral Celdir.

Valérie Toranian, maîtresse de cérémonie, aux côtés des deux coprésidents du CCAF, Mourad Papazian et Ara Toranian.

De gauche à droite : l’ambassadeur Viguen Tchitetchian, François Hollande et Charles Aznavour.

François Hollande a annoncé avoir relancé la réflexion sur une loi qui punirait la négation du génocide des Arméniens en confiant une mission à l’ancien président de la Cour européenne des droits de l’Homme, Jean-Paul Costa, lui aussi assis à la table d’honneur. “J’ai demandé à Jean-Paul Costa, qui est l’un de nos plus grands juristes (...) de chercher dans notre droit quelle voie solide, incontestable, permettrait de protéger la mémoire“ du génocide arménien, a déclaré le chef de l’Etat. Il a précisé, sous les applaudissements, que Jean-Paul Costa devra, dans un “délai très court“, remettre “ses conclusions“ afin que “la garantie“ soit apportée qu’“aucune contestation“ légale ne soit possible.

A la table d’honneur, Ara Toranian discute avec Jean-Paul Costa.

Revenant sur le texte demandant la pénalisation du génocide censuré par le Conseil constitutionnel en février 2012, François Hollande a confié : “Je sais la déception qui a été la vôtre, qui a été la nôtre“, relevant que ce texte
“avait été voté, sans doute dans la hâte, dans l’urgence, (...) à la veille d’une consultation électorale“
. Une nouvelle loi, qui serait “de nouveau censurée par le Conseil
constitutionnel ou qui vaudrait à la France d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme serait un échec terrible pour notre pays et pour la cause arménienne, une victoire du négationnisme“
, a-t-il ainsi fait valoir à l’appui de la mission confiée à Jean-Paul Costa.

François Hollande à la tribune.

Se défendant de tout “acharnement“, le président de la République a également soutenu que cette initiative n’avait “rien à voir avec les consultations électorales“ futures. “L’enjeu est de réconcilier“, a-t-il plaidé, soulignant que “l’Arménie comme la Turquie trouveront toujours la France à leurs côtés pour les aider à progresser dans la voie du dialogue“.






Un discours d’une vingtaine de minutes particulièrement salué par Patrick Devedjian qui, bien que “pas d’accord sur tout“ avec le chef de l’Etat, a tenu à souligner “l’engagement de longue date et la sincérité de son discours. Un discours avec une élévation et un contenu, (...) qui nous touche, et qui nous montre que nous avons bien fait de venir ici, en France“.

Harlem Désir et Patrick Devedjian.

Un attachement à la France et à l’Arménie que les deux coprésidents du CCAF avaient exprimé dans leur discours en tout début de soirée. C’est Ara Toranian qui a tout d’abord pris la parole, rappelant que le “combat contre la barbarie ne se divisait pas“, faisant référence aussi bien au génocide des Arméniens, aux persécutions actuelles des Chrétiens d’Orient, et aux attentats à Paris. Mais il a également exprimé le sentiment d’inquiétude des Arméniens, “quand il semble que l’Europe, non seulement ne s’instruit pas des leçons du passé, mais va même jusqu’à confier la garde de ses frontières à une Turquie qui ne cesse de s’éloigner de ses valeurs“. Il a poursuivi en affirmant que “le CCAF ne peut prétendre peser un poids exceptionnel sur le marché, même si l’horizon semble s’éclaircir de ce côté-là avec la levée des sanctions contre l’Iran. Mais il a peut-être quelques légitimités à en appeler aux droits de l’homme, en particulier à propos du combat contre le négationnisme“.



Mourad Papazian a rebondi sur ce sujet puisque, s’adressant au chef de l’Etat, il a déclaré : “Nous sommes fiers de vous, de votre engagement en 2015 tant en France qu’en Arménie. En 2016, les 500 000 Français d’origine arménienne vous regarde, vous observe pour savoir si vous ferez les gestes qu’ils attendent de leurs voeux les plus chers“. Il a également souligné le fait que, au Haut-Karabagh, la France est un espoir pour les Arméniens, en particulier la jeunesse. “Le groupe de Minsk est le seul cadre possible“ pour un règlement, a-t-il rappelé.



Plus tard dans la soirée, le CCAF a remis quatre médailles du courage. Tout d’abord à la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, pour son “engagement sans faille auprès des Arméniens“, comme l’a rappelé Mourad Papazian. Il a notamment énoncé tout ce qu’elle avait fait pour la communauté lors du centenaire du génocide : exposition à la mairie de Paris, présence dans la délégation présidentielle à Erevan le 24 avril 2015 puis à la statue Komitas à Paris, son initiative d’éteindre la Tour Eiffel pour la première fois, ... Cette dernière s’est déclaré touchée par l’histoire des Arméniens, qui a une “résonance forte ici à Paris“.





Puis c’est le député Les Républicains Patrick Devedjian qui s’est également vu remettre cette médaille, lui qui “nous a toujours fait honneur“, a souligné Ara Toranian, en rappelant qu’il avait “trouvé les mots pour défendre devant l’Assemblée nationale en 2001 la loi contre le négationnisme“.





C’est ensuite l’acte d’héroïsme de Mark Moogalian qui a été mis à l’honneur. Ce franco-américain de 51 ans a longuement été applaudi, lui qui a probablement sauvé des centaines de vie en intervenant en août dernier dans le Thalys face à un terroriste armé d’une kalachnikov. “Derrière cet acte, il y a l’idée que l’union fait la force“, a commenté Ara Toranian, une formule que le CCAF aime à mettre en avant. Visiblement très touché par cette récompense de la communauté arménienne, celui qui a été nommé Chevalier de la Légion d’honneur a eu une pensée toute particulière pour son grand-père.


Enfin, Alexis Govcyian a pris la parole pour dire quelques mots sur l’histoire du CCAF et son importance encore aujourd’hui. Il a ensuite décerné la toute dernière médaille du courage de la soirée à Meral Cildir, vice-présidente de l’Association turque des droits de l’Homme. Sa traductrice a expliqué la fierté de cette femme d’exception, bien qu’elle ait tenu à préciser que les actions menées par l’association “ne sont pas faites parce que nous sommes courageux, mais parce que c’est un devoir fondamental de la faire, en tant qu’être humain“.

Meral Cildir entourée par Hélène Luc et Pascal Chamassian.

Ci-dessous un diaporama photos pour découvrir des clichés de la soirée. Etaients présents Charles Aznavour, Harlem Désir, Valérie Pécresse, Bruno Le Roux, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Marc Germain, Luc Carvounas, Philippe Kaltenbach, Pierre Gattaz, Laurent Joffrin, Frédéric Haziza, Adriana Karembeu et son mari André Ohanian, Elise Boghossian, André Manoukian, et tant d’autres...







par le vendredi 29 janvier 2016
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Claire Barbuti