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Quelle est la superficie du territoire de la République d’Arménie : 29 743 ou 29 800 km² ? sinterroge Hetq.am

29 743 ou 29 800 km². Quelle est la superficie du territoire de la République d’Arménie ? Interrogation du site arménien d’information Hetq.am.

29 800 km² ou 29 743 km². Depuis l’ouverture de la première session de la nouvelle Assemblée nationale, la superficie du territoire de la République d’Arménie et sa précision sont au cœur des débats parlementaires.

Les députés de la majorité et de l’opposition, chacun à leur manière, citent diverses sources, des encyclopédies soviétiques aux manuels scolaires. Mais d’où vient cette divergence, et que disent les chiffres officiels ? Hetq se penche sur la question.

Comment la question a-t-elle été soulevée à l’Assemblée nationale ?
Dès la première séance de la 9e législature de l’Assemblée nationale, les députés du groupe d’opposition « Arménie » ont interrogé les membres du gouvernement sur le statut territorial de Tigranashen au sein de la République d’Arménie. Finalement, le débat s’est concentré sur la superficie du territoire de la République d’Arménie : 29 800 ou 29 743 km².

Le député Artur Khachatryan, du groupe « Arménie », a interrogé Arusyak Julhakyan, du groupe « Contrat civil » : « En définitive, quels sont les contours des frontières de la République d’Arménie et quelle est la superficie de son territoire ? Vous affirmez que ce territoire est défini par la Déclaration d’Alma-Ata, qui considérait les frontières administratives de l’Arménie soviétique comme des territoires d’État. Ai-je bien compris vos propos et ceux de votre groupe ? »

(Arusyak Julhakyan répond par l’affirmative depuis la tribune) « Parfait. Durant l’Union soviétique, il n’existait pas de loi générale sur le découpage administratif et territorial. Le territoire de chaque république était déterminé par les décisions de son Soviet suprême, du Conseil des ministres, etc. Ces territoires étaient consignés à divers endroits : sur les cartes publiées durant l’ère soviétique, dans d’autres documents officiels et dans des encyclopédies. Je mentionne spécifiquement les encyclopédies car, lors du découpage territorial, lorsqu’il s’est agi de déterminer les documents de référence, elles ont également été citées (ce point, parmi d’autres, est souligné par Hetq). Je souhaite donc consulter un extrait de l’Encyclopédie soviétique de 1980, qui indique une superficie de 29 800 km² pour la République d’Arménie. On trouve la même information dans la Grande Encyclopédie soviétique… Je me demande : quand ces 57 km² ont-ils disparu ?

En réponse à cette question, Arusyak Julhakyan répond : « Si vous êtes intéressé par la date précise à laquelle il est devenu 743, je ne peux pas vous donner une date précise. Si vous vous souvenez, au début, le Premier ministre a également mentionné le chiffre de 800. Or, je dois vous préciser que dans nos manuels scolaires, non pas dans l’encyclopédie soviétique, mais dans ceux de la République d’Arménie indépendante avec lesquels nous avons étudié, le chiffre de 29 743 km² est indiqué. Je suppose donc que cette modification a eu lieu à ce moment précis ».

Comment, quand et par qui les données territoriales ont-elles été modifiées ?
Le Premier ministre Nikol Pachinian a confirmé à plusieurs reprises dans ses discours que le territoire de la République d’Arménie s’étend sur 29 800 km². De plus, le 1er juin 2023, lors d’une rencontre avec la communauté arménienne à Chișinău, Nikol Pachinian a annoncé que l’enclave d’Artsvashen était également incluse dans ce chiffre de 29 800 km².

Cependant, le discours du Premier ministre arménien a changé en 2023. Après une rencontre avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev à Bruxelles le 14 mai 2024, sous l’égide du président du Conseil européen Charles Michel, le Premier ministre arménien a modifié ses propos.
Nikol Pachinian a évoqué cette discussion lors d’une conférence de presse le 12 mars 2024 : « Vous imaginez la tension de la situation, n’est-ce pas ? Quand les parties doivent affirmer que le territoire de leur pays s’étend sur telle superficie. C’est alors qu’est née l’idée d’annoncer, au moment de notre départ, le chiffre figurant dans la dernière édition des encyclopédies soviétiques. J’ai contacté mes collègues de l’hôtel et leur ai dit de prendre en photo les données concernant l’Arménie et l’Azerbaïdjan, extraites de la page de titre, et de me les envoyer.
Je me souvenais pourtant de ce chiffre : 29 800 km². Les données ont été transmises au président du Conseil européen, qui a publié ces chiffres. Puis, en y regardant de plus près, nous avons constaté que l’encyclopédie mentionnait d’autres chiffres. Le titre indiquait 29 800, mais il s’est avéré qu’il s’agissait d’un chiffre arrondi. Le texte mentionne 29 743 km².

L’Azerbaïdjan a ensuite attiré l’attention sur le fait que, sur les sites web de plusieurs organismes d’État de la République d’Arménie (et j’ai pu le vérifier), ces données figuraient depuis des décennies : le territoire de la République d’Arménie y était indiqué comme étant de 29 743 km², un chiffre inférieur à 29 800 km² ».

Il en va de même pour l’Azerbaïdjan, car il existe un chiffre générique et un autre, plus précis. C’est à cause de ces deux chiffres que sont apparues certaines tensions, une profonde méfiance réciproque, etc.

Autrement dit, le discours officiel des autorités de la République d’Arménie concernant le territoire n’a pas changé après la publication des données dans les manuels scolaires, comme l’affirme Julhakyan, mais dès l’instant où Nikol Pachinian, puis son équipe, ont commencé à utiliser le chiffre de 29 743 km².

Pendant des années, Nikol Pachinian et son équipe, qui avaient présenté 29 800 km² comme le territoire souverain incontesté de l’Arménie et l’avaient mis en avant lors des négociations, ont progressivement fait disparaître ce chiffre du discours public, le remplaçant par celui de 29 743 km².

Krikor Amirzayan

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