Drones kamikazes, systèmes robotiques, artillerie, munitions et nouveaux partenariats militaires : le salon ADEX 2026, organisé du 30 septembre au 2 octobre à Bakou, offre une nouvelle démonstration de l’accélération du réarmement de l’Azerbaïdjan. Plus de 270 entreprises sont annoncées cette année, tandis qu’un pavillon entier est consacré pour la première fois à l’industrie de défense nationale.
Bakou y a notamment dévoilé de nouveaux drones et systèmes autonomes produits localement, parallèlement à des armements plus conventionnels. Selon OC Media, l’Azerbaïdjan et des entreprises turques ont également conclu au cours du salon des accords dans le secteur de la défense représentant plus de 500 millions de dollars. Ils concernent notamment la livraison prévue de 14 avions d’entraînement ainsi que des coopérations autour du radar ALP-100 d’ASELSAN, des systèmes de drones développés par Baykar et ANTİDOT et du système de défense côtière BARBAROS de Roketsan.
Derrière la vitrine technologique d’ADEX se dessine surtout une tendance de fond : celle d’un appareil militaire azerbaïdjanais qui continue de se moderniser, de diversifier ses fournisseurs et de développer sa propre industrie de défense. Ces dernières années, Bakou a renforcé ses relations militaires avec plusieurs États, notamment la Turquie et Israël, tout en recherchant de nouveaux partenaires et de nouvelles technologies.
La place accordée cette année aux drones, aux systèmes autonomes, aux technologies électroniques et aux capacités de commandement est particulièrement significative. Le programme officiel d’ADEX met en avant les systèmes sans pilote, l’aviation, les technologies C4ISR, les équipements radioélectroniques, les armes et les munitions.
Pour l’Arménie, cette montée en puissance constitue un paramètre sécuritaire impossible à ignorer. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure aux intentions futures de Bakou, mais elle creuse les capacités militaires disponibles dans une région où les questions frontalières et les relations arméno-azerbaïdjanaises restent sensibles.
ADEX apparaît ainsi comme bien davantage qu’un simple salon commercial : c’est aussi la vitrine d’une politique de défense azerbaïdjanaise qui continue d’investir massivement dans les technologies militaires et dans les partenariats internationaux. Dans le Caucase du Sud, cet effort de réarmement durable ne peut qu’alimenter les interrogations sur l’équilibre militaire régional.
