Les services secrets turcs ont capturé en Syrie et ramené en Turquie l’un des principaux suspects de l’attentat meurtrier qui a frappé en 2013 la ville frontalière de Reyhanli, a annoncé mercredi l’agence de presse étatique Anadolu. Yusuf Nazik, cerveau présumé de ce double attentat à la voiture piégée qui a fait plus de 50 morts en mai 2013, a été capturé dans la ville syrienne de Lattaquié (nord-ouest) lors d’une opération inédite menée par les services de renseignement (MIT), a indiqué Anadolu.
Le 11 mai 2013, une très violente explosion provoquée par deux véhicules piégés avait tué 53 personnes à Reyhanli, une grosse bourgade agricole du sud de la Turquie, située à proximité de la frontière syrienne. Ankara avait imputé cette attaque aux « Acilciler », un groupuscule turc marxiste clandestin lié aux services de renseignement syriens. Le régime syrien, pointé du doigt par Ankara, a démenti toute implication.
D’après Anadolu, Yusuf Nazik, âgé de 34 ans, a « avoué » lors de son interrogatoire que l’attaque de Reyhanli avait été commanditée par les services de renseignement syriens.
En février dernier, un tribunal turc a condamné un homme à la prison à vie en lien avec cet attentat qui illustre les risques liés à l’implication très importante d’Ankara dans le conflit en Syrie, en soutien aux rebelles opposés à Bachar al-Assad.
La région de Lattaquié est sous le contrôle du régime de Damas et la Russie y est fortement présente, via notamment la base militaire de Hmeimim. Anadolu ne fait toutefois pas mention d’une éventuelle coopération entre les services russes et turcs dans l’opération ayant abouti à la capture de Yusuf Nazik.
Cette opération survient alors que le nord-ouest de la Syrie est le théâtre d’importants développements sur le plan militaire, le régime de Bachar al-Assad se préparant à lancer un assaut d’envergure avec l’appui notamment de Moscou contre la province d’Idleb, voisine de Lattaquié.
Mais Ankara s’oppose avec force à toute offensive sur Idleb, ultime fief rebelle en Syrie dominé toutefois par des groupes jihadistes, redoutant un afflux massif de réfugiés vers la Turquie.

