Samedi 25 août dans la matinée, le député d’origine arménienne Garo Paylan participait à la manifestation des « Mères du samedi » des militants des Droits de l’homme, sur la place Istiklal à Istanbul. C’était le 700e rassemblement des militants des de l’organisation « Mères du samedi ».
Mais la police est intervenue pour disperser la manifestation au motif qu’elle n’était pas autorisée par les autorités. Garo Paylan et deux autres députés, Hüda Kaya et Ahmet Sgik, tous trois du parti du HDP, ont protesté.
Garo Paylan s’est interposé face aux policiers qui tentaient d’arrêter Arat Dink le fils de Hrant Dink l’un des militants de l’organisation. Les policiers ont alors tenté de l’arrêter. En vain.
Krikor Amirzayan
Turquie: une manifestation de mères réprimée par la police
Istanbul, 25 août 2018 (AFP) – La police turque a dispersé samedi une
manifestation de mères à Istanbul en mémoire de la disparition de proches dans les années 1980 et 1990, et interpellé au moins 23 participants à ce 700ème rassemblement hebdomadaire de protestation.
La police a eu recours à des canons a eau et gaz lacrymogènes pour
disperser la foule, selon un photographe de l’AFP.
Au moins 23 personnes ont été interpellées par la police et promptement
acheminées vers des camionnettes à proximité dont l’une des dirigeantes du
mouvement, une octagénaire Emine Ocak, ont rapporté les médias locaux.
La manifestation aurait été promue sur les réseaux sociaux par des comptes
liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), illégal pour le
gouvernement, et aucune autorisation n’aurait été demandée pour la
manifestation, selon la police.
Chaque semaine depuis le 27 mai 1995, les « Mères du samedi » (Cumatesi
Anneleri en turc) se rassemblent au centre-ville d’Istanbul en mémoire de
proches que le gouvernement turc aurait fait disparaître au cours de l’une des plus sombres périodes de son histoire.
Ces disparitions sont survenues à l’apogée de la rébellion des partisans du
PKK réclamant leur autonomie dans le sud-est du pays, à majorité kurde. Des
dizaines de milliers de personnes sont mortes dans ce conflit qui a débuté en
1984 et se poursuit encore aujourd’hui.
Les manifestations des « Mères du samedi » avaient été systématiquement
dispersées par la police de 1999 à 2009 avant d’être tolérées sous haute
surveillance. L’intervention policière de ce samedi est la première depuis
plusieurs années.


