La paix ne peut signifier la légitimation des conséquences d’un déplacement forcé de population. Elle ne peut se construire au prix du déni du droit de tout un peuple à vivre sur sa terre ancestrale.
Le Conseil public de la République d’Artsakh exprime sa profonde inquiétude et son indignation à la suite des déclarations du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans le cadre de la COP17 organisée en Arménie.
Évoquant les droits des peuples autochtones, la préservation de la biodiversité et la responsabilité de la communauté internationale, le Secrétaire général des Nations unies n’a fait aucune mention du déplacement forcé de la population arménienne autochtone de l’Artsakh ni de son droit à retourner sur sa terre natale.
Nous condamnons ce silence, d’autant plus que, en septembre 2023, plus de 100 000 Arméniens de l’Artsakh ont été contraints de quitter leur patrie à la suite des opérations militaires menées par l’Azerbaïdjan et du blocus prolongé qui les avait précédées.
Comment peut-on parler de la défense des droits des peuples autochtones en se trouvant dans un pays qui a accueilli des dizaines de milliers de personnes chassées de force de leur patrie, tout en ignorant leur droit au retour ?
Le lien qui unit les Arméniens de l’Artsakh à leur terre ancestrale, à leur culture, à leurs lieux historiques et à leur patrimoine naturel est indissoluble. Le déplacement forcé constitue non seulement une grave violation des droits humains, mais représente également une menace pour la préservation de ce patrimoine.
Nous rappelons que, le 17 novembre 2023, la Cour internationale de Justice des Nations unies a ordonné à l’Azerbaïdjan de garantir le retour en toute sécurité, sans entrave et dans les meilleurs délais des personnes ayant quitté l’Artsakh et souhaitant y retourner.
La paix ne peut signifier la légitimation des conséquences d’un déplacement forcé de population. Elle ne peut se construire au prix du déni du droit de tout un peuple à vivre sur sa terre ancestrale.
Le Conseil public de la République d’Artsakh appelle le Secrétaire général des Nations unies à réaffirmer publiquement le droit des Arméniens de l’Artsakh à un retour sûr, digne et volontaire, à soutenir l’exécution de la décision de la Cour internationale de Justice et à veiller à ce que les droits du peuple d’Artsakh ne soient pas ignorés dans les processus internationaux relatifs à la paix et à l’environnement.
Les droits des peuples autochtones ne peuvent être défendus de manière sélective.
Nous attendons du Secrétaire général des Nations unies une prise de position publique claire ainsi qu’une réponse concrète.
Le Conseil public de la République d’Artsakh
