Les deux principaux groupes d’opposition ont dénoncé mardi 22 septembre comme inconstitutionnels les projets du Premier ministre visant à lancer une enquête parlementaire sur l’Église apostolique arménienne, dans le cadre de ses efforts continus pour évincer son chef suprême, le catholicos Karekin II.
Nikol Pachinian a déclaré le mois dernier que son gouvernement dévoilerait prochainement un rapport sur la « crise » au sein de l’Église, qui sera examiné par une commission ad hoc devant être mise en place par le Parlement. L’Assemblée nationale pourrait alors adopter des amendements législatifs non précisés concernant l’Église, a-t-il ajouté.
« Notre Église est sous emprise, et nous devons résoudre ce problème, notamment en modifiant la loi », a-t-il déclaré sans préciser la nature de ces modifications.
Les députés représentant les deux groupes d’opposition au sein du Parlement ont exclu toute participation à cette initiative qui, selon eux, viole le principe de la séparation de l’Église et de l’État garanti par la Constitution et d’autres lois.
« Nous n’avons évidemment aucune envie de faire partie d’une telle commission d’enquête illégale mise en place par l’Assemblée nationale », a déclaré Ishkhan Saghatelian, de l’alliance Hayastan dirigée par l’ancien président Robert Kotcharian.
« Les autorités politiques n’ont aucun pouvoir légal pour s’ingérer dans les affaires internes de l’Église, et la commission que vous évoquez serait donc illégale », a déclaré aux journalistes Marianna Ghahramanian, de l’alliance « Arménie forte ».
« Au contraire, nous continuerons à soutenir le Saint-Siège [de l’Église] », a-t-elle ajouté.
« L’Église est séparée de l’État, mais elle se trouve en Arménie, a rétorqué Eduard Aghajanian, député du parti au pouvoir, Contrat civil. Elle ne peut pas échapper à la législation arménienne. »
N. Pachinian a récemment déclaré que le rapport qu’il avait promis avait déjà été rédigé par une agence gouvernementale considérée par ses détracteurs comme l’un de ses principaux porte-voix de propagande. Ce rapport dresse un tableau « terrible » de la situation au sein de l’Église, a-t-il déclaré sans donner plus de détails.
N. Pachinian a commencé à faire pression sur Karekin pour qu’il démissionne en juin 2025, peu après que le catholicos eut accusé l’Azerbaïdjan de commettre un nettoyage ethnique au Haut-Karabakh et d’occuper illégalement des zones frontalières arméniennes lors d’une conférence internationale en Suisse. Depuis, il a multiplié les fronts d’attaque contre l’Église.
Jusqu’en décembre, le Premier ministre affirmait que Karekin et d’autres hauts dignitaires religieux en désaccord avec lui devaient partir car ils entretenaient des relations sexuelles secrètes, en violation de leurs vœux de célibat. Il a ensuite commencé à les accuser d’espionnage au profit d’un pays étranger, vraisemblablement la Russie. Il n’a fourni aucune preuve à l’appui de cette allégation, que Moscou a rejetée.
Le mois dernier, le chef du gouvernement a avancé un autre motif pour justifier sa campagne, saluée par les responsables azerbaïdjanais. Il a déclaré que les prêtres arméniens priaient pour la République d’Artsakh (Haut-Karabakh) sur ordre du catholicos lors des messes dominicales. Ils transformeraient ainsi l’Église en une « institution de propagande de guerre », a-t-il affirmé.
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