L’Union européenne prévoit de mobiliser jusqu’à 12 milliards d’euros d’investissements publics et privés pour développer le Corridor médian, qui doit relier directement le Caucase du Sud et l’Asie centrale au marché européen. C’est ce qu’a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’un discours prononcé aujourd’hui devant le Parlement européen.
« Ce sera un nouveau projet international dans le domaine de la connectivité. Il reliera directement le Caucase du Sud et l’Asie centrale au marché européen. Nous l’appelons le Corridor médian », a déclaré Ursula von der Leyen dans son discours annuel sur l’état de l’Union, ajoutant que l’Union européenne mobiliserait l’initiative Global Gateway afin d’attirer des investissements publics et privés dans ce projet.
« Notre objectif est de diversifier les itinéraires, de tripler les flux commerciaux et de réduire considérablement les temps de transit d’ici 2030 », a déclaré la présidente de la Commission européenne.
Le Corridor médian, également connu sous le nom de « Route internationale de transport transcaspienne », relie la Chine et l’Asie centrale à l’Europe en passant notamment par la mer Caspienne et le Caucase du Sud.
Actuellement, cet itinéraire contourne l’Arménie et suit l’axe Chine-Kazakhstan-mer Caspienne-Azerbaïdjan-Géorgie-Turquie-Europe. Toutefois, le projet TRIPP — « Trump Route for International Peace and Prosperity » — est régulièrement évoqué dans le contexte du Corridor médian.
Si le désenclavement de l’Arménie se concrétise, le Corridor médian pourrait disposer, dans le Caucase du Sud, de deux itinéraires parallèles vers la Turquie : l’un passant par la Géorgie, l’autre par l’Arménie.
Outre le Corridor médian, il existe également des corridors nord et sud pour le transport international de marchandises. L’un dépend de la Russie et l’autre de l’Iran. Les pays occidentaux entretiennent des relations difficiles avec ces deux États, particulièrement depuis 2022, ce qui contribue à renforcer le rôle du Corridor médian dans les chaînes de transport internationales.
Hier encore, le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Jeyhun Bayramov, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Hakan Fidan, avait affirmé que le « corridor de Zanguezour », comme Bakou désigne fréquemment le projet TRIPP, revêtait une importance particulière en tant que nouvelle route du Corridor médian.
Le TRIPP est un projet arméno-américain. Erevan et Washington ont convenu que, dans l’entreprise commune chargée du développement du TRIPP, les États-Unis détiendraient 74 % des parts au cours des 49 premières années, contre 26 % pour l’Arménie. Si la coopération était prolongée de 50 années supplémentaires, la part arménienne augmenterait pour atteindre 49 %.
L’accord stratégique arméno-américain concernant le TRIPP est actuellement en cours de ratification. La Cour constitutionnelle arménienne a déjà estimé que les engagements prévus dans l’accord-cadre de coopération stratégique relatif au projet étaient conformes à la Constitution de l’Arménie.
Le document doit désormais être transmis à l’Assemblée nationale pour ratification.
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