Le ministre arménien de la Défense, Suren Papikyan, effectue depuis le 14 septembre une visite de travail en Chine. À Pékin, il a rencontré le ministre chinois de la Défense, l’amiral Dong Jun.
Selon le ministère arménien de la Défense, les deux hommes ont discuté de la coopération dans le domaine de la défense et de ses perspectives de développement. Ils ont également évoqué la possibilité d’une coopération dans de nouveaux secteurs et dans le cadre de programmes à long terme. Le ministère n’a toutefois pas précisé si de nouveaux accords concrets en matière de coopération militaire avaient été conclus au cours de cette visite.
À Pékin, Papikyan a également participé à la cérémonie d’ouverture du 13e Forum de sécurité de Xiangshan. Le ministre azerbaïdjanais de la Défense, Zakir Hasanov, était lui aussi présent. Depuis quatre ans, la partie arménienne participe régulièrement à ce forum consacré à la sécurité internationale et régionale ainsi qu’à la coopération militaire. Parallèlement, les armements chinois ont commencé à occuper une place importante dans l’arsenal de l’armée arménienne.
« Arc », « Tonnerre » et « Lance »
Erevan a jusqu’à présent publié peu de détails concernant la coopération militaire entre l’Arménie et la Chine. Mais lors du défilé militaire organisé le 28 mai 2026 sur la place de la République à Erevan, les médias avaient identifié plusieurs systèmes d’armement de fabrication chinoise.
Parmi eux figurait le drone CH-4B, présenté lors du défilé sous le nom arménien d’« Aghègh » (« Arc »). Il s’agit du plus grand drone actuellement présenté au sein de l’armée arménienne et il est destiné aussi bien à des missions de reconnaissance qu’à des opérations d’attaque.
Eduard Arakelyan, expert au Centre régional pour la démocratie et la sécurité basé à Erevan, avait souligné que ce type d’équipement avait déjà été utilisé en conditions opérationnelles, notamment au Moyen-Orient et en Afrique, en particulier au Yémen et en Irak.
Plusieurs spécialistes ont également identifié comme étant d’origine chinoise les drones « Vorot-1 » et « Vorot-2 » (« Tonnerre-1 » et « Tonnerre-2 »). Ils auraient été identifiés comme des systèmes antiradar chinois FL-300A (ASN-301).
« Le premier a été présenté sur un véhicule à plateau ouvert, tandis que le second était installé à l’arrière d’un camion dans une configuration comportant six conteneurs. Malgré leurs dénominations différentes, les deux semblaient appartenir au même type FL-300A, doté d’une portée de 280 à 300 kilomètres », avait écrit le journaliste et chercheur Hovhannes Nazaretyan à propos des armes présentées lors du défilé.
Le système de missile antichar guidé « Nizak » (« Lance ») avait également été présenté lors du défilé du 28 mai. Les médias l’avaient identifié comme correspondant au système chinois GAM-102LR. Certains détails apparus récemment dans une vidéo du ministère arménien de la Défense présentant le « Nizak » sont venus renforcer cette hypothèse.
Un autre drone léger d’attaque, baptisé en arménien « Kaytsak » (« Éclair »), a été identifié par certains médias comme le CH-901/FH-901 chinois, un drone lancé depuis un tube développé par l’entreprise publique chinoise du secteur aérospatial CASC et présenté comme comparable au Switchblade 600 américain.
Un autre épisode de la coopération militaro-technique arméno-chinoise remonte à 2013. À l’époque, « Azatutyun » avait rapporté que l’Arménie avait acquis le système chinois de lance-roquettes multiples AR1A, présenté comme une version modernisée du « Smerch » russe, avec une portée pouvant atteindre 130 kilomètres.
Plus tôt encore, en 1999, l’Arménie avait acheté à la Chine quatre systèmes de lance-roquettes multiples WM-80, selon les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI). La base de données ne fournit toutefois pas d’informations sur d’éventuelles acquisitions chinoises ultérieures.
Il y a un an, l’Arménie et la Chine avaient également annoncé l’établissement d’un partenariat stratégique. La partie du document consacrée aux coopérations sectorielles ne mentionnait cependant ni la défense ni la coopération militaro-technique. Les deux pays avaient plutôt mis l’accent sur l’éducation, la science, la culture, l’intelligence artificielle, les technologies, la numérisation et les transports.
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