Le Parlement européen a approuvé mardi 15 septembre une proposition visant à supprimer les droits de douane de l’Union européenne sur les importations de produits agricoles et de boissons arméniens, qui avaient été de facto interdits par la Russie plus tôt cette année.
La Commission européenne a mis en place un dispositif spécial appelé « mesures commerciales autonomes » (ATM) dans l’espoir d’atténuer l’impact des sanctions russes imposées en représailles à la politique étrangère pro-occidentale du gouvernement arménien. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé cette mesure lors de sa visite à Erevan début juillet, afin de manifester son soutien au Premier ministre et de dénoncer la « coercition économique » de Moscou.
Les États membres de l’UE ont officiellement approuvé ces préférences commerciales d’une durée de deux ans il y a deux semaines, ouvrant ainsi la voie à leur adoption à une écrasante majorité par le Parlement européen. Ils ont précisé que ce régime d’exemption tarifaire (ATM) était subordonné au respect par l’Arménie des règles commerciales de l’UE et à une « coopération administrative » avec le bloc des 27.
Ce régime d’exemption tarifaire couvrira la quasi-totalité des fruits, légumes, fleurs et boissons arméniens qui étaient auparavant exportés vers la Russie, leur principal marché d’exportation. Moscou avait bloqué leurs importations pour des raisons sanitaires après que le gouvernement arménien eut accueilli deux sommets européens début mai. Le président Vladimir Poutine et d’autres responsables russes ont exigé qu’Erevan choisisse rapidement entre une adhésion à l’UE et le maintien au sein de l’Union économique eurasienne (UEE), un bloc commercial dirigé par la Russie.
Nikol Pachinian reste réticent à faire un tel choix pour l’instant. Il a clairement indiqué, à l’issue de ses entretiens avec Mme von der Leyen, que l’adhésion éventuelle de l’Arménie à l’UE restait un « objectif stratégique » de son gouvernement.
La Russie est le premier partenaire commercial de l’Arménie, représentant 27,5 % de son commerce extérieur au premier semestre de cette année. Les exportations arméniennes vers la Russie et l’UE se sont élevées respectivement à 1,23 milliard de dollars et 516 millions de dollars.
M. Pachinian s’est engagé à plusieurs reprises à réduire la forte dépendance économique de son pays vis-à-vis de la Russie en diversifiant ses exportations. Il a encouragé les agriculteurs et les entreprises agroalimentaires arméniens à trouver de nouveaux marchés d’exportation. Son gouvernement a commencé cet été à subventionner les exportations agricoles vers des pays autres que la Russie, en utilisant 52 millions d’euros (60 millions de dollars) d’aide financière d’urgence fournie par l’UE.
Bon nombre des exportateurs concernés affirment qu’il leur faudra au moins plusieurs années pour trouver des alternatives viables au marché russe. Ils se montrent particulièrement sceptiques quant à l’exportation de leurs produits vers l’UE, invoquant des coûts de transport plus élevés et les normes strictes de l’Union en matière de sécurité alimentaire.
Selon les données du gouvernement, les exportations totales de l’Arménie ont chuté d’environ 16 % en juillet et de 20 % en juin. Le volume physique des fruits, légumes et fleurs coupées arméniens expédiés à l’étranger a diminué de moitié au cours de cette période de deux mois.
La Russie est en mesure d’infliger des dommages économiques bien plus importants à l’Arménie en mettant fin à une remise significative sur le prix du gaz naturel russe importé par le pays. Le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, a mis en garde contre une telle mesure dans une lettre adressée à Erevan en mai.
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