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Des responsables militaires limogés suite à de nouveaux décès hors combat

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©armenews.com

Au moins quatre hauts responsables militaires ont été limogés en raison de la poursuite des décès hors combat de soldats arméniens, ce qui a ravivé les appels à la démission du ministre de la Défense Suren Papikian.

Parmi ces responsables figurent le chef de la police militaire arménienne, Ashot Zakarian, le responsable d’un département du ministère de la Défense chargé du moral des troupes, Seryozha Stepanian, ainsi que deux conseillers de M. Papikian.

Le Premier ministre a annoncé la semaine dernière le limogeage imminent de MM. Zakarian et Stepanian, quelques heures seulement après la découverte du corps d’un conscrit de l’armée, abattu dans des circonstances qui restent encore floues. Il s’agissait du 12e décès hors combat signalé cette année dans les rangs de l’armée. La plupart de ces soldats se sont suicidés, selon les autorités militaires.

Nikol Pachinian a insisté sur le fait que ni M. Papikian ni le chef d’état-major de l’armée, le lieutenant-général Eduard Asrian, n’étaient personnellement responsables de ces décès, contredisant ainsi ceux qui estiment qu’ils n’en font pas assez pour s’attaquer au problème. Il a imputé la responsabilité de ces décès aux dettes de jeu des soldats et à d’autres problèmes personnels, ainsi qu’à une « sous-culture criminelle » qui, selon lui, est répandue parmi les jeunes hommes.

Dans un communiqué publié lundi soir à la suite de ces limogeages, le ministère de la Défense a affirmé mener une « lutte systématique contre la sous-culture criminelle ». Il a indiqué que M. Papikian avait constitué des « groupes d’officiers » issus du ministère qui se rendront dans diverses unités militaires pour « aider » leurs collègues qui y servent.

Zhanna Aleksanian, militante chevronnée des droits de l’homme chargée de surveiller l’armée, s’est montrée sceptique quant à ces changements de personnel, affirmant que les autorités, et Papikian en particulier, s’étaient simplement trouvé de nouveaux boucs émissaires pour leurs propres défaillances.

« Quel est le lien direct entre le chef de la police militaire et ces décès ? », a déclaré Mme Aleksanian au service arménien de RFE/RL. « Deuxièmement, s’ils jugeaient nécessaire de le licencier, ils auraient dû lui trouver un remplaçant respecté. »

Le nouveau chef de la police militaire, Aram Hovannisian, est un ancien chef de la police nationale arménienne qui a personnellement dirigé la répression contre les manifestants antigouvernementaux dans le pays. N. Pachinian a limogé Hovannisian de manière inattendue en juin 2025, un an après que les forces de sécurité sous son commandement eurent lancé des dizaines de puissantes grenades assourdissantes lors d’une de ces manifestations dans le centre-ville d’Erevan. Au moins 83 manifestants et 8 journalistes avaient alors été blessés.

Le fils de Hovannisian s’est présenté aux récentes élections législatives sous la bannière du parti au pouvoir, Contrat civil, malgré les accusations de corruption portées contre lui par Hetq.am, un média d’investigation.

N. Pachinian s’était engagé à lutter efficacement contre les décès hors combat du personnel militaire après son arrivée au pouvoir en 2018. Cependant, le problème est resté chronique depuis lors.

En janvier 2023, 15 conscrits en service dans la province de Gegharkunik ont été retrouvés morts dans leurs casernes de fortune, détruites par un violent incendie. M. Papikian, figure de proue du parti de M. Pachinian, a été confrontée à des appels à la démission de la part des proches des victimes, de personnalités de l’opposition et de militants des droits de l’homme à la suite de cette tragédie.

La mère de l’un des soldats décédés a interpellé M. Pashinian et l’a rendu responsable de ces décès lors d’un meeting de campagne électorale qu’il tenait à Metsamor, une ville située à 40 kilomètres à l’ouest d’Erevan, au mois de mai.

Pachinian a réprimandé la femme avant que sa voix ne soit couverte par les cris de « Nikol Premier ministre ! » lancés par les partisans du chef du gouvernement.

 

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