Israël a suspendu un vote parlementaire portant sur la reconnaissance du génocide des victimes arméniennes de la Première Guerre mondiale. L’agence de presse Jerusalem News Syndicate rapporte, citant un responsable israélien.
Un responsable israélien a déclaré qu’un vote parlementaire crucial sur la reconnaissance du génocide des atrocités commises contre les Arméniens par l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale a été suspendu.
Cette décision intervient à un moment diplomatique délicat, alors que la région est confrontée à de nouvelles turbulences après l’effondrement du cessez-le-feu dans le Golfe suite aux attaques iraniennes continues. Elle fait également suite à un sommet de l’OTAN en Turquie la semaine dernière, où Ankara a fait pression sur le président américain Donald Trump pour l’achat d’avions de chasse américains F-35.
Le gouvernement israélien a approuvé à l’unanimité le mois dernier une proposition visant à qualifier les violences commises à Gaza de génocide, dans un contexte de détérioration rapide des relations avec la Turquie suite aux propos incendiaires d’Erdogan contre Israël. Un vote était prévu au Parlement israélien pour entériner définitivement cette décision.
La Knesset entrera en vacances d’été à la fin de la semaine et ne se réunira pas avant les élections législatives du 27 octobre.
Un porte-parole du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui a présenté la proposition au gouvernement le mois dernier, n’a pas répondu aux appels ni aux messages sollicitant un commentaire dimanche.
Israël s’était jusqu’à présent abstenu de qualifier officiellement ces atrocités séculaires de génocide, mais cette décision intervient dans un contexte de dégradation rapide des relations avec la Turquie.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié les atrocités commises contre les Arméniens de génocide, mais aucun vote formel n’a encore eu lieu sur la question.
La Turquie, l’un des plus virulents critiques d’Israël concernant la guerre à Gaza, a qualifié la décision du gouvernement israélien de « politiquement motivée ».
La décision de geler le vote parlementaire pourrait être perçue comme s’inscrivant dans un effort international visant à apaiser les tensions entre les deux pays dans un contexte de troubles régionaux.
Krikor Amirzayan
