Votre publicité ici

(Pendant 7 jours)

Conférence annuelle 2026 de l’Armenian Society of Fellows

Quand les plus brillants esprits arméniens se réunissent à Dilijan

Pendant trois jours en juin, le centre de conférences de la Banque centrale, niché au cœur des collines boisées de pins de Dilijan, est devenu bien plus qu’un simple bâtiment. Il s’est transformé en un véritable carrefour mondial où se sont réunis certains des esprits arméniens les plus brillants de la planète — scientifiques, ingénieurs, éducateurs, artistes et décideurs politiques — autour d’une conviction commune : l’Arménie peut et doit rivaliser avec les plus hauts standards de l’excellence mondiale.

Il s’agissait de la cinquième conférence annuelle de l’Armenian Society of Fellows (ASOF), et s’il est un événement qui illustre ce que peut être l’ambition collective arménienne, c’est bien celui-ci.

Un réseau sans égal

L’ASOF n’a que cinq ans d’existence, et pourtant, elle s’est déjà intégrée avec une rapidité remarquable au tissu du monde arménien. La Société compte aujourd’hui 382 membres répartis dans 35 pays, dont trois lauréats du prix Nobel, et couvre l’ensemble des disciplines — des sciences computationnelles et de l’ingénierie aux sciences humaines, aux sciences de la santé, au patrimoine culturel et aux arts.

Comme l’a rappelé la présidente de l’ASOF, Mary Papazian, lors de la séance d’ouverture, la mission de l’organisation est d’une simplicité trompeuse : contribuer à élever les établissements d’enseignement supérieur et de recherche d’Arménie au niveau des meilleurs standards internationaux, tout en les intégrant aux réseaux mondiaux. Ce qui rend l’ASOF particulièrement singulière, c’est qu’elle est conçue dès le départ comme une organisation à durée limitée : elle est appelée à disparaître au bout de vingt ans. Son objectif n’est pas de créer une nouvelle organisation de la diaspora, mais de renforcer durablement les capacités de l’Arménie afin que le pays puisse, à terme, s’appuyer pleinement sur ses propres forces.

La grande annonce : un pari de 14 millions de dollars sur l’avenir de l’Arménie dans l’intelligence artificielle

Le moment fort de la conférence de cette année a été le dévoilement d’ARCS.ai — le Centre de recherche avancée en sciences computationnelles et en intelligence artificielle. Il s’agit du projet le plus ambitieux de l’ASOF à ce jour : un centre dédié à la robotique et à l’intelligence artificielle, doté d’un budget de 14 millions de dollars sur sept ans, soutenu par une capacité de calcul haute performance d’une valeur de 8 millions de dollars, avec un financement de contrepartie assuré à parts égales par le gouvernement arménien.

Comme l’a souligné l’un des participants, les micropuces qui alimentent les téléphones portables que nous utilisons chaque jour sont déjà conçues en Arménie. ARCS.ai constitue l’infrastructure qui permettra à cette réussite de prendre encore davantage d’ampleur.

Un programme riche, une vision d’ensemble

Au-delà d’ARCS.ai, le programme de ces trois journées a couvert un éventail exceptionnel de sujets, reflétant l’ampleur de la vision de l’ASOF quant à ce qu’exige réellement la construction d’une nation.

Le Programme pour la sécurité sismique, réunissant plus de 50 ingénieurs bénévoles répartis en six groupes de travail, a présenté des mesures concrètes visant à renforcer la résilience des bâtiments et des infrastructures en Arménie. Le souvenir du séisme de 1988 demeure profondément ancré dans les mémoires, et ce groupe est déterminé à faire en sorte qu’une telle tragédie ne se reproduise jamais.

Le Comité des sciences de la santé a dévoilé un plan stratégique couvrant la prévention et le dépistage du cancer, les dossiers médicaux électroniques, la formation médicale ainsi que la gouvernance du système de santé. Une proposition officielle devrait être soumise au gouvernement arménien en 2027.

L’initiative Armenian Cultural Heritage (ArCH) a présenté son projet de créer le tout premier inventaire numérique du patrimoine culturel panarménien, ainsi que l’organisation d’une conférence internationale majeure qui se tiendra à l’Université Grégorienne du Vatican en mai 2027. Cette initiative constitue un véritable exercice de diplomatie d’influence (« soft power »), destiné à faire connaître l’histoire et le patrimoine de l’Arménie au plus haut niveau de la scène internationale.

Les autres sessions ont porté sur la biodiversité et la COP17, l’impact de l’intelligence artificielle sur la société et les sciences humaines, la réforme de l’enseignement supérieur, ainsi que les relations entre la diaspora et l’Arménie. Pendant les trois jours de la conférence, les participants ont circulé entre plusieurs sessions parallèles, témoignant de la diversité et de la richesse des thématiques abordées.

Un peuple, deux entités, un potentiel infini

L’un des moments les plus marquants de la conférence est sans doute l’intervention du directeur exécutif Vatche Sahakian, qui a dressé un tableau saisissant de la relation entre la diaspora et l’Arménie. Son argument central était clair : la diaspora et la patrie ne sont pas des concurrentes — elles sont complémentaires.

L’Arménie construit progressivement ses institutions étatiques à partir des fondations. La diaspora, façonnée par la volonté des immigrés de réussir et de s’épanouir, excelle dans la définition d’exigences élevées et dans une approche globale. Ensemble, ces deux composantes forment un partenariat naturel — un modèle dont ARCS.ai commence déjà à démontrer la faisabilité.

Les chiffres qui soutiennent son analyse sont frappants. Les Arméniens des États-Unis, du Canada et d’Europe occidentale génèrent un revenu estimé à 100 milliards de dollars par an — alors que les institutions de la diaspora n’investissent collectivement qu’environ 0,3 % de cette somme dans notre identité commune et notre avenir. Le potentiel qui reste à mobiliser est immense.

Hovel Chenorhokian a réagi à ces chiffres en formulant une idée claire : le monde arménien a besoin d’un leadership doté d’une mission explicite visant à optimiser et mobiliser les ressources de la diaspora — un programme qu’il a développé davantage lors d’une session consacrée au « déficit de leadership du monde arménien ».

Cinq ans écoulés, quinze années à venir

L’ASOF n’en est qu’au quart de son existence prévue, et pourtant l’ampleur ainsi que la portée de ce qu’elle a déjà mis en mouvement sont remarquables. Dilijan 2026 n’était pas une simple célébration — c’était une conférence de travail, centrée sur une question essentielle : quelle est la prochaine étape ?

La réponse est claire : il reste encore beaucoup à accomplir. Pour en savoir plus sur l’ASOF et ses activités, consultez asof.am.

Rapport de la conférence : https://diasporarm.org/fr/portfolio/armenian-society-of-fellows-annual-conference-2026/
Présentation : https://diasporarm.org/fr/portfolio/diasporarm-at-asof-2026-leadership-knowledge-and-values/
Vidéo de 3 minutes : https://youtu.be/jMny_hC68Aw

Nos lecteurs ont lu aussi