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Shay Gal : Un État juif ne peut pas s’arrêter à l’Arménie

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©armenews.com

Un État juif ne peut pas s’arrêter à l’Arménie. Israël a reconnu le génocide arménien. Il doit désormais reconnaître les génocides assyrien et grec, y compris celui du Pont, ainsi que l’ensemble de ces crimes commis pendant trente ans. Je salue la décision de mon gouvernement de reconnaître le génocide arménien. C’est juste. C’est moral. C’est israélien. C’est aussi avec près de huit décennies de retard. L’État juif aurait dû dire cette vérité dès ses premiers jours, avant que les calculs diplomatiques n’apprennent à Jérusalem à demander la permission aux héritiers du déni. Mais une reconnaissance qui s’arrête à l’Arménie reste incomplète. Le génocide arménien n’était pas une tragédie isolée. Le génocide assyrien n’était pas un simple appendice. Le génocide grec, y compris celui des Grecs du Pont, n’était pas une note de bas de page. Ensemble, ils ont constitué le « génocide des trente ans ». Depuis les massacres hamidiens, en passant par les Jeunes Turcs, jusqu’aux premières années de la République turque, les uniformes ont changé. La logique, elle, est restée la même. Il s’agissait d’une turquification par la dépossession : la cannibalisation des peuples, des histoires et des lieux saints pour fabriquer une nation suffisamment pure pour son propre mythe. Les Arméniens, les Assyriens et les Grecs ont été assassinés, déracinés, convertis, effacés, puis niés. Leurs foyers sont devenus l’innocence d’autrui. Leurs églises sont devenues le silence d’autrui. Leur absence est devenue l’alibi d’autrui. Aucune nation n’a le droit moral de ne reconnaître que la partie de cette histoire la plus facile à nommer. Certainement pas l’État juif. Le NILI l’avait compris avant même qu’Israël n’existe. Sarah Aaronsohn a vu ce que la machine ottomane faisait subir aux Arméniens. Aaron Aaronsohn a compris l’avertissement : dès lors qu’un empire apprend à traiter une minorité comme un problème de sécurité, le peuple suivant peut être voué à disparaître. Les Juifs de la Terre d’Israël n’étaient pas de lointains observateurs. Ils étaient, très probablement, les prochains sur la liste. C’est pourquoi cette décision est importante. Non pas comme une vengeance. Non pas comme un geste diplomatique. Non pas comme un message adressé à Ankara. Mais comme une vérité. Israël devrait désormais aller jusqu’au bout : reconnaître ensemble les génocides arménien, assyrien et grec, comme un seul et même crime historique d’extermination, de dépossession et de déni. Un État juif ne délègue pas la mémoire. Il ne négocie pas la vérité. Il ne s’arrête pas à mi-chemin.
@gidonsaar

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