Vendredi29 mai, le ministre de l’Économie Gevorg Papoyan a exhorté les principales entreprises agroalimentaires arméniennes fortement dépendantes du marché russe à diversifier leurs exportations après que Moscou a interdit l’importation de fleurs, de légumes et de fraises arméniens dans un contexte de tensions accrues avec Erevan.
Les interdictions imposées au cours de la semaine dernière ont clairement été au centre de la réunion de M. Papoyan avec les propriétaires ou les dirigeants des principales serres locales, même si elles n’ont pas été explicitement mentionnées dans un communiqué officiel publié par le ministère arménien de l’Économie. Ce dernier a indiqué que M. Papoyan avait discuté avec eux de « la situation actuelle dans le secteur de la construction de serres » et des « moyens possibles de résoudre les problèmes actuels ».
« Le ministre a souligné qu’outre les marchés [d’exportation] traditionnels, il est nécessaire de prendre des mesures pour assurer la présence des produits arméniens sur les marchés internationaux », indique le communiqué.
« Le gouvernement arménien met déjà en œuvre de nombreux programmes et est prêt à prendre des mesures supplémentaires pour achever la diversification de l’économie », a-t-il déclaré, selon le communiqué.
Aucun détail concernant ces mesures n’a été communiqué. M. Papoyan a déclaré au service arménien de RFE/RL en début de semaine qu’Erevan avait demandé à l’Union européenne d’autoriser les exportations à grande échelle de fleurs coupées arméniennes vers les États membres de l’UE.
« S’ils aiment tant parler de soutien [à l’Arménie], qu’ils nous aident, y compris par des instruments financiers, à vendre nos roses sur le marché européen, a-t-il déclaré. Ils ont répondu : “Donnez-nous des chiffres.” Et nous leur avons fourni ces chiffres. »
Les Pays-Bas, un État membre majeur de l’UE, sont le premier exportateur mondial de fleurs, représentant environ la moitié du commerce mondial de fleurs coupées et générant des milliards de dollars de recettes annuelles.
La culture sous serre en Arménie s’est considérablement développée au cours des 15 dernières années, grâce à l’essor des exportations agricoles du pays vers la Russie. Cette dernière a ainsi consolidé son statut de premier marché d’exportation pour les fruits, les légumes, l’alcool, les fleurs et les produits alimentaires transformés arméniens.
Peu après sa nomination au poste de ministre de l’Économie début 2024, M. Papoyan a déclaré que réduire la forte dépendance commerciale de l’Arménie vis-à-vis de la Russie serait l’une de ses principales priorités. La part de la Russie dans le commerce extérieur arménien n’a pas diminué depuis lors. Elle s’élevait à près de 36 % l’année dernière, contre 35 % en 2023.
Invoquant des raisons sanitaires, Moscou a également interdit la vente de la marque d’eau minérale la plus populaire d’Arménie afin d’intensifier la pression économique sur le gouvernement de Nikol Pashinian, qu’elle accuse de mener une politique étrangère anti-russe. Le Premier ministre a insisté jeudi sur le fait que les sanctions russes ne constituaient « aucune menace pour l’économie en développement de l’Arménie ». Ses détracteurs estiment quant à eux que leur impact sera sévère.
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