Votre publicité ici

(Pendant 7 jours)

Pachinian déplore avoir hérité des anciennes autorités des armes des années 60-70

par

©armenews.com

Le chef du Contrat civique, Nikol Pashinyan, était en déplacement dans la région du Kotayk au 19e jour de la campagne électorale. De Meghradzor à Yeghvard, Pachinian a aujourd’hui parlé aux habitants du défilé militaire prévu pour la fête de la République. Il présentait cet événement comme un « compte rendu » et exhortait les citoyens à ne pas le manquer. Il n’oubliait pas non plus de souligner que l’armée arménienne est destinée à la défense et non à l’agression.

« Notre peuple aura véritablement l’occasion de célébrer son armée, avec ses nouveaux uniformes, ses tenues de terrain, ses tenues de parade, mais aussi avec une nouvelle conception. Nous affirmons que l’armée de la République d’Arménie doit être utilisée uniquement pour défendre le territoire souverain internationalement reconnu de la République d’Arménie. L’armée ne peut être utilisée pour d’autres objectifs », a déclaré le Premier ministre.

Dans presque toutes les localités de la région du Kotayk, Nikol Pachinian a critiqué les anciennes autorités, affirmant que l’armée, sous leur pouvoir, ne disposait pas d’armes des années 1980, comme l’avait soutenu le troisième président Serzh Sargsyan, mais d’armes datant des années 1960-1970, qu’il qualifie aujourd’hui de « neuves ».

« 70 % de nos armes étaient des armes offertes. Nous ne les avons pas achetées avec notre argent. Ce sont des armes données, déjà proches de l’obsolescence ou de facto sorties du service, dont nous prolongions la durée de vie à coups de réparations », a affirmé Pachinian.

Pourtant, deux ans plus tôt, depuis la tribune du Parlement, lorsqu’il accusait à nouveau les autorités du Haut-Karabagh de s’être rendues et de ne pas avoir combattu lors de l’attaque azerbaïdjanaise de 2023, Nikol Pachinian tenait un tout autre discours sur la qualité et les conditions d’acquisition de l’armement, regrettant alors que celui-ci ait été livré à Bakou.

« Des armes d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, acquises au prix des privations du peuple arménien, avec des munitions parfaitement opérationnelles et entretenues, ont été livrées à l’Azerbaïdjan », avait alors déclaré le Premier ministre.

Dans l’un des lieux de rencontre, le discours de Nikol Pachinian sur la nouvelle armée semblait laisser de marbre les hommes réunis sur place. Interrogés sur les raisons pour lesquelles ils ne s’approchaient pas davantage pour écouter le Premier ministre, certains ont répondu : « Qu’est-ce qu’on va écouter ? Il dit moitié mensonges, moitié vérités. C’est sa victoire peut-être, d’avoir envoyé 5 000 personnes à la mort ? C’est pour ça qu’il nous invite au défilé militaire ? »

Mais un autre homme, lui, ne perdait pas un mot du discours de Pachinian. Il était venu de Bjni à Charentsavan pour écouter le Premier ministre.

« Il est venu sauver notre nation, notre peuple, depuis 2018 jusqu’à aujourd’hui. De 1998 à 2018, nous avons vécu dans la peur », affirme cet habitant de Bjni.

Ce qui a changé en Arménie depuis 2018 est d’ailleurs la principale question à laquelle Nikol Pachinian revient dans presque tous ses discours. Un autre homme, qui dit avoir entendu les réponses du Premier ministre mais préférer croire ce qu’il voit de ses propres yeux, a déclaré :

« Depuis hier, toutes les routes sont bloquées, tout est surveillé pour qu’il n’y ait aucun mouvement de trop. Ils utilisent autant de ressources ? Ce n’est pas acceptable, non ? Avant, quand il était député d’opposition, il se déchirait à la tribune pour montrer qu’en Norvège c’était comme ceci, dans d’autres pays comme cela… Et lui, avec combien de types de jeeps se déplace-t-il aujourd’hui ? », demande-t-il.

Parallèlement à la visite du Premier ministre, la police a aujourd’hui interpellé Guévorg Hakobian, un habitant de Charentsavan. Quelques mois auparavant, celui-ci avait tenté de mener une action de protestation contre Nikol Pachinian dans cette région. Depuis, à chaque visite du Premier ministre, les forces de l’ordre privent Hakobian de liberté pendant quelques heures.

Enfin, la visite régionale du Premier ministre ne s’est pas déroulée sans réception. Dans le quartier du député du Contrat civique Sasun Mikaelyan, les préparatifs étaient déjà en cours avant l’arrivée de Pachinian. Après son discours, le Premier ministre et ses proches se sont retrouvés autour de la table. Celui qui semblait attendre ce moment avec le plus d’impatience était Andranik Kocharyan : « À une heure, j’ai les yeux qui se brouillent de faim », a plaisanté Kocharyan.

Tout en mangeant, Nikol Pachinian s’intéressait aussi bien aux travaux réalisés dans le quartier qu’à l’origine de la viande d’agneau… et aux questions spirituelles.

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200

Nos lecteurs ont lu aussi