Au quatrième jour de la campagne électorale, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s’est rendu dans le district d’Erebouni, à Erevan. Bien qu’il soit accompagné de plusieurs dizaines de membres du Contrat civique, c’est surtout lui qui distribue cartes, brochures et biscuits. Certains prennent les tracts en silence, d’autres le remercient.
Une femme rencontrée dans le district d’Erebouni était émue : elle n’avait pas vu Nikol Pachinian depuis 2018. Elle dit ne pas avoir eu l’occasion de le rencontrer depuis, mais que son affection pour lui n’a pas diminué.
Une autre femme prend d’abord la carte tendue par le Premier ministre avant de la lui rendre : l’Artsakh et Amaras n’y figurent pas. Après lui avoir proposé d’aller allumer un cierge dans une église arménienne, Pachinian écourte rapidement la conversation.
Un autre habitant ne cache pas non plus sa colère :
« Nous étions déjà une poignée, nous ne sommes plus qu’une demi-poignée », dit-il avant d’ajouter : « Ne cédez simplement pas de terres, sinon nous n’avons pas de reproches à vous faire. »
Nikol Pachinian tente alors d’expliquer que l’Arménie n’a pas eu d’État avant 1918, qu’il faut se réjouir des 29 743 km² du pays et ne pas entrer dans le champ de la “justice historique”. En réponse, une femme lui rappelle que des soldats azerbaïdjanais occupent toujours des positions près de Djermouk.
« Quand ils vous imposent quelque chose, pourquoi ne leur dites-vous pas : vous aussi, quittez notre Djermouk ? »
Le Premier ministre rappelle alors qu’un règlement sur la délimitation frontalière a été adopté et ratifié, assurant que la question sera réglée par ce biais. La citoyenne répète néanmoins :
« Ne cédez simplement pas de terres. »
Une autre femme lui lance :
« Quand j’ai entendu à Tavouch que vous disiez que le Karabakh n’était pas à nous, moi qui ai fait un infarctus, je me suis sentie mal. »
La journée de campagne du Premier ministre est régulièrement interrompue par des chants et des danses partisanes. L’orchestre arrive souvent avant lui dans les cours d’immeubles pour l’accueillir sous les applaudissements et les slogans « Nikol Premier ministre ».
Même parmi les partisans, certains se plaignent : une femme se présentant comme organisatrice reproche ainsi au Premier ministre de ne pas avoir suivi le scénario prévu, selon lequel il devait monter les marches d’une aire de jeux.
Dans un parc d’Erebouni, Nikol Pachinian a également répondu aux questions des journalistes. Il a affirmé qu’à son avis, même en 2021, son parti ne bénéficiait pas d’un tel soutien :
« Si nous faisons une comparaison avec 2021, la situation de notre campagne électorale est nettement meilleure, bien meilleure, incomparablement meilleure. »
Après le point presse, une vingtaine d’enfants attendaient de pouvoir se faire photographier avec lui.
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