LISBONNE Rubrique

Exposition de Yto Barrada au Musée Calouste-Gulbenkian


Untitled (Unruly Objects. Thérèse Rivière Mission © musée du quai Branly Jacques Chirac)’, 2016. 24 slides. Photo : Courtesy of the artist.

oOuverture de l’exposition d’Yto Barrada, Moi je suis la langue et vous êtes les dents, représenté par la galerie Polaris de Bernard Utudjian, au Musée Calouste-Gulbenkian à Lisbonne du 8 février au 6 mai 2019.

Le point de départ du projet d’Yto Barrada est la figure unique et tragique de Thérèse Rivière. Dans les années 1930, l’ethnologue français s’est rendu en Algérie, dans les montagnes d’Aurès, pour étudier le peuple berbère chaouis.

Yto Barrada (Paris, 1971) est une artiste franco-marocaine dont le travail est fortement influencé par les récits d’histoire et d’identités, notamment celui du Maroc, dans ses relations avec le passé colonial et postcolonial, une géographie où le Sud et l’Est convergent. dans leur relation avec l’Occident.

L’artiste présente au Project Space un ensemble d’œuvres, certaines inédites, qui explorent et poursuivent son intérêt pour la figure historique unique et « tragique » de l’ethnologue française Thérèse Rivière (Paris, 1901-1970).

Entre 1935 et 1936, Rivière se rend en Algérie pour étudier l’ethnie berbère Chaoui, dans la région des Aurès. Les cahiers, dessins et photographies produits par l’ethnologue, ainsi que le matériel et les objets recueillis, qui portaient sur la vie quotidienne des femmes et des enfants, ont été oubliés, « effacés ».

Ce sont les récits et les objets « réduits au silence » que Yto Barrada sauve - qu’elle consomme et régurgite -, dans un geste d’identification et de résistance contre la dépossession des mots (du langage), qu’ils soient du sujet colonisé ou basés sur l’inégalité des sexes , comme on le voit dans Objets indociles (ci-dessus).

Dans cette trame de l’histoire, Yto Barrada tisse des récits familiaux, ceux de sa propre famille, dans un va-et-vient constant entre l’histoire et les souvenirs individuels, comme dans les photographies et les cahiers de sa grand-mère (Telephone Books, ci-dessous) qui, non scolarisée, a créé une langue composée de symboles graphiques pour identifier et enregistrer ses contacts familiaux.

Yto Barrada vit et travaille à New York. Elle a été cofondatrice de la Cinémathèque de Tanger. Depuis 2003, elle expose régulièrement dans des musées et des institutions internationales telles que le Walker Art Center (Minneapolis), le Barbican Centre (Londres), le Witte de With (Rotterdam), la Fundaciò Tàpies (Barcelone), le Jeu de Paume et le Centre Georges Pompidou ( Paris), Haus der Kunst (Munich), MoMA (San Francisco et New York) et la Biennale de Venise (2007 et 2011).

Expositoin du 8 février au 6 mai 2019
Modern Collection – Project Space R. Dr. Nicolau Bettencourt, Lisbon

par Claire le vendredi 8 février 2019
© armenews.com 2019


 

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