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Des organisations turques se félicitent de la venue d’Erdogan et critiquent le CCAF


Dans un communiqué publié le 8 novembre certaines associations franco-turques, présentes sur l’ensemble du territoire, se félicitent de ce que les relations ancestrales entre la France et la Turquie se renforcent. Elles saisissent cette occasion pour fustiger le CCAF et reprendre à leur compte la rhétorique négationniste d’Ankara.

Le Communiqué :

"A l’initiative du Président Emmanuel Macron, la première édition du Forum de Paris sur la paix aura lieu les 11, 12 et 13 novembre 2018, dans la continuité des commémorations du centenaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale.

Elle sera inaugurée par les chefs d’État et de gouvernement de plus de 80 pays invités par le Président, avec, pour objectif annoncé de « réfléchir ensemble, proposer des initiatives concrètes, réinventer le multilatéralisme et toutes les formes de coopération contemporaine, pour que la paix, chaque jour, gagne du terrain ».

La Turquie, représentée par le Président Recep Tayyip Erdoğan, y participera.

Malgré l’importance stratégique de ce forum, la Conseil de coordination des associations arméniennes de France (CCAF) a initié une polémique stérile en demandant au Président Emanuel Macron que la Turquie n’y soit pas invitée.

Les associations franco-turques, présentes sur l’ensemble du territoire, se félicitent de ce que les relations ancestrales entre la France et la Turquie se renforcent.

A cet égard, il n’est pas inutile de rappeler que la coopération entre les deux pays est décisive dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international et donc primordiale pour la sécurité des français.

Dans ces conditions, il n’est pas acceptable que des groupes de pression, inspirés par une logique purement communautaire, instrumentalisent l’histoire au détriment du dialogue et de la paix entre les peuples.

Surtout, ces appels à la haine de la Turquie et des turcs contreviennent fortement à l’esprit de cette commémoration et au dialogue.

Sur la question arménienne, il convient d’indiquer que l’Etat turc propose depuis 2005 la constitution d’une commission internationale, qui aurait accès à tous les documents, y compris les archives arméniennes.

La Turquie consent par avance aux conclusions de cette commission, quelles qu’elles puissent être ; mais cette proposition a toujours été refusée par l’Arménie.

Outre qu’elles évitent le débat, certaines associations arméniennes oublient également que la Justice leur a donné tort à plusieurs reprises.

La Cour européenne des droits de l’homme, dans un arrêt Perinçek du 15 octobre 2015 a indiqué qu’il n’existait « aucun consensus international » sur la question, consacrant le droit à la liberté d’expression.

Il en est de même pour le Conseil Constitutionnel, qui, dans une décision du 26 janvier 2017, a également rappelé qu’aucune juridiction française ou internationale n’avait qualifié les événements de 1915 de « génocide ».

Dans ces conditions, les associations franco-turques recommandent la poursuite du dialogue entre les peuples et leurs dirigeants, indispensable à l’établissement d’une paix durable.

Les 800 000 franco-turcs, vivant paisiblement depuis plus de 50 ans sur le territoire français, refusent d’être à nouveau stigmatisés.

Commémorer le 11 novembre, c’est assurer un lien de continuité entre hier et aujourd’hui, mais c’est surtout refuser les initiatives visant à diviser les français.

Plus que jamais, nous serons attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, n’en déplaise aux semeurs de haine.

ASSOCIATIONS SIGNATAIRES :

DITIB France

UID France

Fédération Turque de France

COJEP France

Union des Associations Culturelles Turques de France

Alliance des Juristes Franco-Turcs

NDLR : Dans la pure veine négationniste, ce texte des associations turques réclame une commission internationale oubliant que celle-ci s’est déjà réunie à la demande du TARC (Turkish Armenian réconciliation commission) en février 2002, et qu’elle a conclu que « les massacres des Arméniens par les Ottomans en 1915-1918 », constituaient bien un génocide. Cette décision du « Centre international pour une justice transitoire », désigné par les deux parties, avait immédiatement provoqué le retrait de la délégation turque qui avait quitté la table et arrêté net le « dialogue » des sa publication, et ce en dépit du fait qu’elle s’était pourtant obligée à la respecter...

Ce texte ignore visiblement aussi que la Turquie a unilatéralement refusé de ratifier les protocoles armeno-turcs qu’elle avait signés le 10 octobre 2009 à Zurich, lesquels avaient jeté les bases d’une feuille de route pour le dialogue entre les États arméniens et turcs (n’impliquant toutefois pas, il est vrai, les sociétés civiles).

Il s’appuie en outre sur des jugements affirmant le primat de la liberté d’expression dans le débat sur la pénalisation du négationnisme pour mettre une nouvelle fois en cause l’existence du génocide arménien.
Cette déclaration fait ainsi fi non seulement de la reconnaissance officielle du génocide arménien par la France promulgué dans la loi du 29 janvier 2001, mais aussi du dernier jugement relatif à ce débat. Dans son arrêt du 28/11/2017 (Gauin contre Toranian), la 17e chambre correctionnelle de Paris a en effet souligné que « la décision du Conseil Constitutionnel en date du 28 février 2012 (…) et celle de la CEDH en date du 15 octobre 2015 Perincek c ;Suisse,[…], ne retire en rien le caractère manifestement contraire à la morale commune de la contestation de ce génocide ».
Il n’empêche que c’est sur cette base « contraire à la morale commune » que certaines associations turques, qui se font le relais des agissements négationnistes d’Ankara sur le sol national, continuent à faire semblant de vouloir le dialogue…

par Stéphane le samedi 10 novembre 2018
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