EREVAN

Macron avec des Arméniens pour un rendez-vous posthume avec Aznavour


Erevan, 11 oct 2018 (AFP) - « Il n’est pas au rendez-vous, mais il l’aurait tant voulu » : accueilli dans l’émotion par le fils de Charles Aznavour, décédé la semaine dernière, Emmanuel Macron a rendu un nouvel hommage jeudi au chanteur dans son centre créé à Erevan pour « renforcer les liens franco-arméniens ».

L’auteur de « La Bohème » aurait dû faire partie de la délégation accompagnant le président pour le sommet de la Francophonie à Erevan, la capitale arménienne.

« Tout était prévu. Il nous aurait attendu » dans ce centre créé par le chanteur en 2011 « avec cet air faussement décontracté qui était le sien », a relaté Emmanuel Macron.

Son décès soudain, le 1er octobre, à l’âge de 94 ans, a bouleversé le programme.

Et c’est Nicolas Aznavour, le plus jeune fils, qui a accueilli le président, son épouse Brigitte et la nombreuse délégation composée de personnalités d’origine arménienne comme le compositeur André Manoukian ou l’ex-footballeur Youri Djorkaeff.

« C’est évidemment un déchirement pour moi de présenter le centre sans mon père à mes côtés », a déclaré, très ému, le plus jeune des fils âgé de 41 ans. « Mais je suis également reconnaissant de pouvoir perpétuer ses combats ». Nicolas Aznavour porte, avec son épouse, l’ambitieuse Fondation créée par son père pour à la fois « faciliter l’accès à la culture au plus grand nombre » et « renforcer les liens franco-arméniens ».

- « Plus qu’aimé, adulé » -

Grand bâtiment de grès rose, le centre est situé sur une colline avec une vue imprenable sur le centre d’Erevan. Inauguré en 2011 par Nicolas Sarkozy, il accueille des rencontres et des expositions temporaires.

Mais l’ambition est désormais bien plus large : le bâtiment, profondément rénové, va accueillir un musée multimédia de l’œuvre de Charles Aznavour et un centre culturel.

Mais le chanteur, né Shahnourh Varinag Aznavourian en 1924, « n’a jamais voulu un musée à sa gloire. Il voulait transmettre », a assuré l’architecte du bâtiment, Aris Atamian.

Pour cela, Emmanuel Macron et son homologue arménien Armen Sarkissian ont signé une lettre d’intention actant la création, au sein du centre, d’un Institut Français pour dispenser des cours de français. Qui sera en partie enseigné sur la base des textes de Charles Aznavour. Quelque 43.000 jeunes Arméniens étudient actuellement le français, mais « ce n’est pas assez », a estimé Emmanuel Macron.

« C’est en partie grâce à ses chansons que j’ai appris le français », affirme Aroussialk, venue témoigner de son amour pour Charles Aznavour. « Sa mort nous a foudroyés. Car, en Arménie, il était plus qu’aimé, il était adulé ».

Pour l’ex-international Youri Djorkaeff, « il était non seulement le trait d’union entre l’Arménie et la France, mais celui de l’Arménie avec le reste du monde ». Grâce à lui, « on parlait de ce petit pays » de trois millions d’habitants, ajoute le footballeur, qui aimait retrouver celui qu’il appelle « le patriarche ».

L’émotion sera au rendez-vous à la nuit tombée sur la place de la République, la plus grande d’Erevan, où une immense scène doit accueillir un concert public auquel assisteront la quarantaine de dirigeants rassemblés pour le sommet de la Francophonie.

La mémoire de Charles Aznavour sera chantée par des groupes traditionnels arméniens, des stars internationales comme la Béninoise Kidjo et des voix françaises de différentes générations, de Zaz à Serge Lama, invité par la famille.

Considéré comme « l’Arménien le plus célèbre au monde », Charles Aznavour a eu l’honneur de voir, de son vivant, être érigée une statue et baptisée une place dans le pays de ses parents.

par Claire le jeudi 11 octobre 2018
© armenews.com 2018


 

CET ARTICLE VOUS A PLU ?  POUR AIDER LE SITE A VIVRE...

 
Thèmes abordés