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DOCUMENTAIRE Rubrique

Vers une nomination aux Césars pour Tsavet tanem (Je prends ta peine) ?


Le film Je prends ta peine continue à être projeté au Saint-André-des-Arts tous les lundis de janvier... « Et plus si le public est là ! », s’enthousiasme sa réalisatrice, Anne Consigny. D’après le projectionniste de cette salle d’art et essai mythique, « le succès de Je prends ta peine est historique dans ce cinéma ».

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Un succès qui doit beaucoup à l’engagement de la comédienne qui s’est transformé en réalisatrice au contact de Nariné et Susanna. Je prends ta peine, traduit littéralement de l’arménien « Tsavet tanem », est un documentaire sous forme de récit personnel et émouvant, né de la rencontre entre Anne Consigny et les deux Arméniennes.

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Rien ne les prédestinait à se rencontrer, et pourtant tout bascule lorsque ces dernières louent une chambre dans l’appartement de la Parisienne via Airbnb en 2014. Pour la comédienne française, c’est le choc : « Elles sont à Paris pour un traitement médical : Narine, 26 ans, a été diagnostiquée d’un cancer foudroyant. Les médecins lui ont dit qu’il ne lui restait que 15 jours à vivre si elle ne quittait pas l’Arménie...  » Face à l’urgence, le père vend la maison familiale : Susanna et Narine débarquent alors en France. Cette « Marilyn Monroe arménienne », belle, joyeuse et sexy, va bouleverser Anne Consigny : « Narine a l’âge de mon fils aîné, Susanna, le mien. Nous devenons comme des sœurs, malgré la barrière de la langue et toutes nos différences. » Narine vivra cinq mois à Paris, trois mois d’espoir, deux de chute vertigineuse... « Je pense qu’elle est morte plus vite que je serais morte dansles mêmes circonstances » : secouée par le décès de la jeune femme, Anne Consigny décide de suivre sa dépouille jusqu’en Arménie, pour être aux côtés de Susanna et sa famille dans cette épreuve. « Avant de la rencontrer, je ne savais même pas situer l’Arménie sur une carte. Ce voyage changera ma perception du monde comme, seule une histoire d’amour peut le faire, assène Anne Consigny, pour qui raconter cette histoire poignante dans un documentaire est devenu une nécessité absolue. C’est dans les pays les plus pauvres que l’on trouve les plus belles âmes.  »

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Au-delà de l’histoire de cette jeune femme qui meurt sans avoir vécu et de l’amour d’une mère, c’est un film sur l’engagement, sur ces affinités électives qui réunissent des êtres que tout oppose et éloigne, sur les liens du cœur parfois plus forts que les liens du sang, sur le sacrifice et la solidarité, sur la dignité. « J’avais trois sœurs, j’en ai maintenant quatre », conclut l’actrice nominée entre autres aux Césars pour Elle et Un conte de Noël, désormais réalisatrice surprenante et convaincante... Qui se bat pour que son documentaire fasse partie de la sélection des documentaires à la prochaine cérémonie des Césars.

Claire Barbuti

Prochaines séances, suivies de débat avec la réalisatrice Anne Consigny :
- à Paris au Saint-André-des-Arts : lundis 20 et 27 janvier à 20h30 (prolongation si les entrées continuent à être bonnes)
- à Sainte Foy-lès-Lyon au Ciné Mourguet : le 29 janvier à 20h
- à Décines au Tobbogan le 31 janvier à 20h
- à Fontainebleau au Cinéparadis le 7 février à 20h
- Rencontres 7e Art à Lausanne au City Club à Pully le 6 mars à 20h, avec Susanna Martirosyan

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par Claire le lundi 20 janvier 2020
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