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CINEMA Rubrique

« Une histoire de transmission » : le premier film de Julie Manoukian


La primo-réalisatrice Julie Manoukian dirige avec bienveillance Clovis Cornillac.

Au cœur du Morvan, Nico, dernier vétérinaire du coin, se démène pour sauver ses patients, sa clinique, et sa famille. Son associé et mentor lui annonce son départ à la retraite, mais : « Ne t’en fais pas, j’ai trouvé la relève. » Sauf que… La relève, c’est Alexandra, diplômée depuis 24 h, brillante, misanthrope, et pas du tout d’accord pour revenir s’enterrer dans le village de son enfance.

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Voilà le synopsis de cette comédie qui pourrait ressembler à tant d’autres… A une différence près : pour son premier film, la trentenaire Julie Manoukian a creusé à fond son sujet pour mettre en lumière les difficultés du métier de vétérinaire en milieu rural, une profession en souffrance dont on parle peu. Ce qui en a surpris plus d’un, à commencer par la vétérinaire Laetitia Barlerin : « Quelle surprise et quel soulagement de constater que pour une fois au cinéma, le scénario parlait de la vie de vétos ruraux (ou plutôt mixtes) en essayant d’être au plus près de la réalité. J’ai été bluffée par les connaissances de Julie sur notre profession : elle avait fait en amont une véritable enquête, lu des blogs et des livres de confrères et consoeurs… Elle avait compris en partie ce que cachait ce métier-passion, le quotidien, les difficultés, les déconvenues, les relations avec la clientèle, la surcharge de travail etc. et en même temps, les bonheurs qu’il nous apporte ». « Je suis tombée en admiration pour leur métier, qu’ils exercent toujours avec passion et abnégation, malgré un statut qui se délite et des clients qui leur en demandent plus qu’avant », confirme d’ailleurs la scénariste Julie Manoukian (notamment pour la série Clem), dorénavant réalisatrice.

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« La débutante qu’elle était a réussi une chose sur laquelle échoppe bien des réalisateurs chevronnés : rendre son équipe homogène et fraternelle. On a travaillé comme au théâtre, avec un esprit de troupe », se félicite l’acteur principal, Clovis Cornillac. Un professionnalisme qu’a aussi ressenti la comédienne Noémie Schmidt : « Sur le plateau, je l’ai toujours sentie à sa place. Elle était à la fois forte, calme, courtoise et courageuse. Elle ne s’est jamais laissée abattre. Elle m’a impressionnée ». Voilà un début prometteur pour cette réalisatrice à la fois douce et rock’n’roll, qui a eu une vraie révélation : « J’ai compris que je ne veux rien faire d’autre ! ».

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Et pour son prochain long-métrage, pourquoi pas une collaboration avec son père, André ? « Pour ce film, je voulais de la musique folk. J’avais en tête Jimmy de Moriarty… Ce n’était pas le bon film pour que je travaille avec mon père. En revanche, j’espère bien le mettre à contribution pour le suivant  ». « Antranik-mon père », comme elle s’amuse souvent à l’appeler, a longtemps redouté que sa fille aînée ne manque de fantaisie, comme il le confiant en 2009 à Gala. Et pourtant, douce et rock’n’roll à la fois, elle a su l’impressionner par ses brillantes études (hypokhâgne khâgne entre autres), son premier livre Anna chronique de la débauche ordinaire (un portrait ironique d’une bande de copines avec des références musicales pointues), et ce premier film, qu’elle a voulu être également une « histoire de transmission et de famille… Une histoire de racine ».

Claire Barbuti

Les Vétos, de Julie Manoukian
En salles le 1er janvier
Avec Clovis Cornillac, Noémie Schmidt, Carole Franck, Michel Jonasz, ...

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par Claire le dimanche 29 décembre 2019
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