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BOXE Rubrique

Arsen Goulamirian va défendre son titre WBA ce soir à l’AccorHotels Arena de Paris


Champion du monde WBA lourds-légers depuis 2018, Arsen Goulamirian remet en jeu son titre ce 15 novembre 2019 à l’Accord Hotels Arena de Paris Bercy face à l’Australien Watts. A voir sur Canal + Sport à partir de 19h.

Au défi sportif s’ajoute un défi médiatique, remplir une salle de 16000 spectateurs. Sébastien Acaries, figure incontournable de la boxe en France et promoteur du championnat du monde, en est bien conscient mais il croit au potentiel du franco-arménien de Toulouse : « Arsen Goulamirian a conquis le cœur des Français en devenant champion du monde face à Riadh Merry en mars. En octobre il a confirmé son titre, son statut de champion et sa côte de popularité dans la région sud en battant Mark Flanagan. Beaucoup de gens m’ont alors dit qu’ils aimeraient le voir boxer à Paris. Et là j’ai pensé que si Arsen doit boxer à Paris autant que ce soit dans une grande salle, car « faire » Bercy c’est véritablement mettre en lumière Arsen, braquer les projecteurs sur lui. C’est un vrai challenge pour moi promoteur mais vous verrez, beaucoup de personnes vont se déplacer pour le voir, beaucoup d’autres vont le regarder sur canal +. Cela va le révéler ! » Les deux hommes s’apprécient : « Nous sommes très liés, c’est mon confident, c’est un frère », nous confie Arsen Goulamirian. Ce que confirme Sébastien Acaries : « J’ai une véritable complicité avec Arsen, qui va bien au-delà de la relation promoteur / boxeur. C’est fusionnel ».

Mais trouver un adversaire prêt à l’affronter n’a pas été simple. Quand on compte 24 victoires en 24 matches..., les challengers ne se bousculent pas aux portillons. Deux d’entre eux se sont défilés au prétexte de blessures, c’est finalement un Australien de 37 ans Kane Watts, 21 combats / 3 défaites, surnommé Sugar, qui relèvera le défi. Pointant en dixième position au classement WBA, l’adversaire semble à la portée de Goulamirian mais Acaries insiste « c’est un combat à prendre au sérieux, car intégrer le top 15 du classement n’est pas donné à tout le monde. De toute manière quand la ceinture mondiale est en jeu, il ne faut rien laisser au hasard ». Et c’est justement pour ne rien laisser au hasard qu’Arsen Goulamirian a quitté son petit village du nord de Toulouse pour s’envoler vers la Californie.

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Car depuis qu’il a atteint les sommets, c’est ainsi que fonctionne Goulamirian. Il alterne des périodes d’entraînement léger et de préparation intense entre les deux continents. « En France je m’entraîne uniquement pour garder la forme et faire du renforcement musculaire. Je ne force pas trop. C’est durant mes grosses préparations avec Abel que je travaille le plus dur. C’est l’école américaine ». Abel c’est Abel Sanchez, une pointure dans le milieu de la boxe. Américain d’origine mexicaine, il est le coach du légendaire Gennady Golovkin. Il dirige un complexe dédié à la boxe près du lac Big Bear, à 2500 mètres d’altitude, dans les montagnes californiennes. C’est dans cette pépinière de champions d’exception qu’Arsen Goulamirian prépare depuis le mois d’août son match contre Watts. « Ma préparation dure 9 à 10 semaines. C’est très intense, je réalise un gros travail physique axé sur la vitesse, l’explosivité et la force pure ». L’entraînement en altitude est un plus qui augmente son endurance pendant les combats et lui donne son fameux second souffle en deuxième partie de match. Mais le physique n’est pas tout ; c’est aussi avec son mental qu’il fait la différence sur le ring. Un mental qui s’appuie sur sa famille et ses racines : « Ma famille, mes racines c’est tout pour moi. J’ai deux frères, Achod et Dago et une mère, Gohar. Ma mère est le pilier de la famille, elle vit à mes côtés et me corrige quand je fais des choses qui lui déplaisent. »

Natif de Gumri, Arsen Goulamirian a perdu son père pendant la guerre du Karabagh et a été élevé par sa mère. Une mère à qui il voue un culte pour son courage et…sa cuisine. « Elle prépare mes repas, elle cuisine trop bien la cuisine traditionnelle arménienne, les dolmas et tout le reste ». Résultat entre ses combats il grossit de 7 Kg qu’il perd durant ses préparations. Quant à l’Arménie, elle tient une place à part dans sa vie. « Porter la peau de mouton avant et après mes combats est une manière de rendre hommage aux combattants tels que Monte Melkonian et aux autres héros tombés au combat ». Rendez-vous ce soir pour un nouvel hommage.

Texte : Daniel Gagoyan / Photos : Karim Foudil.

par Claire le vendredi 15 novembre 2019
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