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Les forces kurdes disent avoir repoussé un nouvel assaut terrestre turc


Qamichli (Syrie), 10 oct 2019 (AFP) - Les forces kurdes en Syrie ont
annoncé jeudi avoir repoussé un nouvel assaut terrestre de l’armée turque à la
frontière entre les deux pays, dans le nord-est syrien, au lendemain de
bombardements meurtriers sur ce secteur ayant marqué le lancement d’une
offensive d’Ankara.
Des tirs d’artillerie sporadiques de l’armée turque ont également été
rapportés jeudi matin dans les zones frontalières de Tal Abyad et Ras al-Aïn,
a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
De son côté, le ministère de la Défense turc a affirmé que son opération
avait été « menée avec succès durant la nuit, dans les airs et au sol »,
assurant que des « cibles désignées » avaient été « capturées », sans donner plus
de précisons.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants
kurdes et arabes, ont annoncé avoir repoussé un assaut au sol dans le secteur
de Ras al-Aïn.
"Nos forces ont bloqué une tentative d’incursion terrestre de l’armée
d’occupation turque sur l’axe Tal-Halaf/Allouk", est-il indiqué dans un
communiqué des FDS.
Mercredi soir, les FDS avaient assuré avoir repoussé une attaque similaire
dans le secteur de Tal Abyad.
Au moins 19 combattants des forces kurdes et huit civils ont été tués
depuis mercredi par les frappes aériennes et les tirs d’artillerie de l’armée
turque qui ont visé des secteurs à la frontière entre les deux pays, selon
l’OSDH.
L’offensive a provoqué un tollé international et une réunion d’urgence du
Conseil de sécurité de l’ONU doit avoir lieu jeudi.
L’objectif affiché de l’opération, dévoilée par le président turc Recep
Tayyip Erdogan, est d’éloigner de la frontière la principale milice kurde de
Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), épine dorsale des FDS.
Alliées aux Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI),
les YPG sont considérées par Ankara comme une organisation « terroriste », pour
leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
D’après le quotidien turc Hürriyet, la Turquie envisage dans un premier
temps de prendre le contrôle d’une bande de territoire à la frontière longue
de 120 km et profonde d’une trentaine de kilomètres.
L’offensive de la Turquie est la troisième en Syrie depuis 2016. Elle ouvre
un nouveau front dans un conflit qui a fait plus de 370.000 morts et des
millions de déplacés depuis 2011.

par Ara Toranian le jeudi 10 octobre 2019
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