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L’Arménie et l’Artsakh au festival international de géographie de Saint Dié des Vosges


Du 4 au 6 octobre, lors du 30e festival international de Géographie de Saint Dié des Vosges qui avait pour thème cette année « les migrations », l’Arménie et l’Arsakh ont été largement évoqués dans le cadre de deux conférences.

Tout d’abord, avec Frédéric Encel, docteur en géopolitique, qui a présenté une analyse comparative de la géographie des mémoires génocidaires à travers le cas de l’Arménie, d’Israël et du Rwanda. Malgré leurs particularités, ces trois génocides ont des points communs dans leurs dimensions sonores, sémantiques, temporelles et spatiales. Au-delà du discours géopolitique, Frédéric Encel nous a transmis également toute son émotion après avoir visité à de multiples reprises les sites mémoriels des trois capitales concernées. Il a souligné l’importance de ces questions génocidaires encore brûlantes qui viennent aggraver certaines crises géopolitiques existantes.

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La seconde conférence avait pour thème « Emigrer depuis un Etat qui n’existe pas ». Thomas Merle, de l’université de Reims, dans le cadre de son doctorat, a développé le cas du Haut-Karabagh parmi les dix Etats « de facto », non reconnus par les autres pays. Un véritable monde parallèle, trop souvent ignoré, qui a des conséquences juridiques et humaines complexes. Si ces Etats ne sont pas reconnus, les passeports qu’ils délivrent sont parfois admis pour des raisons d’intérêt politique. Ce n’est pas le cas de la France, qui en toute logique, ne peut renvoyer un Kharabartsi dans un pays qui n’a pas d’existence juridique. Très souvent, la France se trouve ainsi dans l’obligation de lui accorder le droit d’asile.

Par ailleurs, cette non-reconnaissance ne constitue pas une contrainte suffisante pour empêcher les investissements étrangers, qui cependant proviennent essentiellement de la diaspora arménienne : Kharabagh Télécom (entreprise libanaise), Hôtel Naïri de Stépanakert (investisseur arméno-australien), routes et équipements du Fonds arménien,…
Les conférences ne seront pas retranscrites sur le site en ligne du festival, peut être un résumé, dans le meilleur des cas. Pour Frédéric Encel, on peut se référer à son ouvrage Mon dictionnaire géopolitique (PUF - 2017). Il nous a confié également qu’il projette d’écrire un livre sur les usages des mémoires génocidaires.

Site officiel du FIG : http://www.fig.saint-die-des-vosges.fr/980-migrations

Serge Carcian

par Claire le mercredi 9 octobre 2019
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