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Emmaüs juge « inadmissible » l’expulsion d’un de ses compagnons


Lyon, 10 sept 2019 (AFP) - Emmaüs France a jugé mardi « inadmissible »
l’obligation de quitter le territoire français qui a frappé l’un de ses
compagnons, « particulièrement bien inséré » et menacé de mort, selon le
mouvement, dans son pays d’origine, l’Arménie.
Compagnon de la communauté de Rodez, Hovhannes Sarhadyan, 25 ans, se
trouvait mardi après-midi dans un vol pour l’Arménie, a précisé Michel
Frédérico, vice-président d’Emmaüs France, ajoutant avoir "du mal à digérer
qu’on joue ainsi avec des vies humaines".
De nationalité arménienne, ce jeune sans papier avait fui son pays parce
qu’il était selon lui menacé par la mafia, sa famille ayant dénoncé un trafic
de drogue à la police, explique Emmaüs.
Le jeune homme devait effectuer une mission de 15 jours dans une communauté
Emmaüs à Chambéry. Il a été arrêté mi-juillet dans l’Ain, à Bellegarde, et
transféré dans un centre de rétention à Lyon en attendant la signature de
l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) par le préfet de l’Ain.
La préfecture a confirmé à l’AFP que la décision avait "bien été mise en
œuvre« ce mardi, »en exécution de décisions de justice« . »Si l’intéressé considère qu’il est en danger dans son pays d’origine, les
instances nationales en charge de l’instruction des demandes d’asile, après un
examen détaillé de sa situation, n’en ont pas jugé ainsi", a indiqué la
préfecture.
Sa demande de protection a donc été rejetée « début 2018 » et les arrêtés
d’éloignement "confirmés à deux reprises par le juge administratif en 2018 et
2019« . »C’est inadmissible de renvoyer quelqu’un en jouant sur le fait qu’il
risque peut-être sa vie, peut-être pas« , s’est indigné M. Frédérico. »S’il
décède là-bas, la faute en incombera à l’État français".
Ce compagnon "avait un réel désir d’intégration dans la société française
(...). Son père et son frère ont fui en Russie. Lui, a choisi la France, très
vite appris la langue. Il était particulièrement bien inséré« , raconte-t-il. »Quand il a été arrêté, il était à trois mois de sa régularisation",
affirme-t-il.
"Des compagnons menacés d’expulsion, c’est déjà arrivé, mais pas depuis
environ deux ans et demi. D’habitude, ça se passe plutôt bien ; on écrit au
préfet ; il nous écoute. Mais cela dépend des départements« , reconnaît-il. »On ne baisse pas les bras et on va tenter de le faire revenir", assure M. 
Frédérico.
Fondé par l’abbé Pierre, le mouvement Emmaüs, qui célèbre ses 70 ans cette
année, compte environ 120 communautés en France.
ppy-cha/fga/cbn

par Ara Toranian le mercredi 11 septembre 2019
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