QUESTIONNAIRE NAM EUROPEENNES Rubrique

Les réponses de Jordan Bardella du Rassemblement national


Comme lors de chaque élection nationale depuis une vingtaine d’années, Nouvelles d’Arménie Magazine adresse un questionnaire aux candidats sur des questions spécifiques susceptibles d’intéresser son lectorat. Armenews.com (plus de 300 000 visiteurs par mois) diffuse chaque jour par ordre alphabétique à partir du 17 mai les réponses des têtes de listes aux élections européennes du 26 mai. 17 mai : Jordan Bardella (RN). 18 mai : François-Xavier Bellamy (LR). 19 mai : Ian Brossat (PCF). Le 20 : Nicolas Dupont-Aignan (DLF). Le 21 mai : Raphaël Glucksman (PS). Le 22 mai : Benoît Hamon (Génération.s). Le 23 mai : Yannick Jadot (EELV). Le 24 mai : Jean-Christophe Lagarde (UDI). Le 25 mai : Nathalie Loiseau (LREM).

Nouvelles d’Arménie Magazine : Seriez-vous favorable à ce que le 24 avril, date qui symbolise le déclenchement du génocide des Arméniens, fasse l’objet d’une commémoration particulière au niveau du Parlement européen et qu’il soit par exemple marqué chaque année par une minute de silence dans l’hémicycle ?

Jordan Bardella : Oui pourquoi pas, ce serait un signe fort. Mais pour être cohérent, il faudrait que l’Union européenne ait un discours ferme et honnête avec la Turquie sur cette question. Nos compatriotes d’origine arménienne ne comprendraient pas qu’on observe une minute de silence au Parlement européen, et que, dans le même temps, Bruxelles dialogue avec la Turquie négationniste d’Erdogan, notamment sur une éventuelle intégration de son pays à l’Union européenne. Hélas, c’est ce qui se pratique à Bruxelles, mais aussi à Paris !

NAM : Etes-vous prêt à demander à l’Union européenne, qui s’est montrée si généreuse depuis 20 ans avec la Turquie dans le cadre de son processus de préadhésion, de fournir un effort particulier envers l’Arménie démocratique dans le cadre de sa Politique de Voisinage et dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027 ?

Jordan Bardella : C’est un fait que l’UE a été beaucoup trop généreuse avec la Turquie, alors même que le régime politique d’Erdogan apparaît comme en totale opposition avec les valeurs soi-disant défendues par l’Union européenne, et que les résultats ne sont clairement pas au rendez-vous. L’Europe des nations, que nous souhaitons bâtir, pourrait effectivement envisager un soutien plus marqué envers l’Arménie, pays dont la culture et les valeurs sont proches des nôtres.

NAM : Dans la foulée de la résolution du 13 mars 2019 du Parlement européen, faut-il demander l’arrêt immédiat et sans délai des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne ?

Jordan Bardella : Oui, c’est ce qu’a toujours prôné le Rassemblement National, en tant que mouvement politique attaché aux valeurs historiques et civilisationnelles qui ont fondé la civilisation européenne.

NAM : Suite aux tentatives de corruption dont s’est notoirement rendu coupable l’Azerbaïdjan à travers sa « diplomatie du caviar », quelles mesures envisage de prendre votre parti pour prévenir et sanctionner ce type d’agissement au sein des institutions européennes ?

Jordan Bardella : Il existe déjà un arsenal juridique en ce sens, notamment sur les cadeaux reçus par les députés européens. Si des cas de corruption sont avérés, naturellement il faut les sanctionner fermement. Malheureusement, sanctionner de tels agissements, ne change rien au fait que certains députés défendent le régime quasi dictatorial qui sévit en Azerbaïdjan depuis maintenant plusieurs décennies.

NAM : Sans empiéter sur les prérogatives du Groupe de Minsk de l’OSCE sous l’égide duquel se mènent les négociations de paix sur le Haut-Karabagh, votre parti serait-il prêt à s’impliquer davantage sur cette question en prenant notamment l’initiative de missions d’information et d’observation sur place ?

Jordan Bardella : Oui bien-sûr, mais je pense que c’est avant tout un problème qui doit se régler entre les Arméniens et les Azéris. Je rappelle qu’à l’époque de la campagne présidentielle de 2017, Marine Le Pen s’était déjà exprimée dans vos colonnes, en déclarant que, pour sa part, une solution pacifique devait être trouvée, avec pour finalité le rattachement du Haut-Karabakh (aujourd’hui République d’Artsakh) à l’Arménie. Ce qui semble logique à tous points de vue : ethnique, religieux, historique.

NAM : Etes-vous prêts à faire en sorte que le Parlement européen missionne officiellement des parlementaires pour se rendre en Azerbaïdjan afin d’évaluer l’état du racisme anti-arménien dans ce pays partenaire de Bruxelles mais dont les valeurs sont aux antipodes de celles de l’Union européenne ?

Jordan Bardella : Oui, pourquoi pas. Il me semble cependant qu’un certain nombre de députés européens s’y sont déjà rendu, notamment dans le cadre de missions d’observations électorales. Je me permets d’attirer une nouvelle fois l’attention des lecteurs, et c’est ce qui transparaît dans votre question, sur le double jeu de l’Union européenne qui, d’une part, déclare vouloir promouvoir les valeurs de démocratie et de paix, mais d’autre part, a des relations parfois très approfondies avec un pays comme l’Azerbaïdjan, qui mène une politique que l’on peut qualifier de xénophobe à l’égard des Arméniens. Je pense notamment aux déclarations belliqueuses faites régulièrement par le président Aliev, ou encore à l’inscription sur liste noire de toutes les personnalités qui se rendent en république d’Artsakh. C’est cela que devrait condamner le Parlement européen plutôt que Viktor Orban.

par Ara Toranian le vendredi 17 mai 2019
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