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ARMENIE
Agathange : Histoire du règne de Tiridate et de la prédication de saint Grégoire l’Illuminateur
mercredi22 mai 2013, par Stéphane/armenews Agathange Histoire du règne de Tiridate et de la prédication de saint Grégoire l’Illuminateur Erevan : Université d’Etat, 1983, 552 p. [en arménien] par Eddie Arnavoudian Groong, 01.05.2001 L’Histoire d’Agathange est toujours citée comme la première de cet ensemble de récits historiques en arménien classique, qui furent écrits immédiatement à la suite du développement de l’alphabet national en 413 de notre ère. D’après Lazare de Pharbe [Ghazar Parpetsi], lui-même historien du 5ème siècle, il s’agit du « premier exposé précis » de la « conversion de la terre d’Arménie de l’ignorance païenne à la véritable connaissance de la piété. » Couvrant une période de quelque 154 ans, allant de l’ascension du premier monarque héréditaire de la dynastie des Arsacides [Archagouni] en 186 à la mort de Tiridate [Trdat] IV, premier roi chrétien d’Arménie, en 330, l’ouvrage d’Agathange s’acquit une impressionnante renommée à travers le monde. Aux 12ème et 13ème siècles, il n’était pas seulement lu dans sa version arménienne, mais aussi dans de nombreuses traductions latines, syriaques et arabes. Les raisons pour lesquelles le récit d’Agathange captivait autant le pieux lecteur et auditeur chrétien ne sont guère difficiles à trouver. Nous n’avons pas affaire à un compte rendu profane de la conversion en tant qu’expression d’une alliance stratégique arménienne avec Rome, en vue de stopper un empiètement constant des Perses sur l’Arménie. Mais bien plutôt à un exposé hagiographique exaltant sur les premiers saints et martyrs de l’Eglise arménienne. La résistance obstinée de Grégoire l’Illuminateur à d’épouvantables tortures, la beauté saisissante de Hripsimé, son courage et son martyre, ainsi que le drame fabuleux de la conversion du roi Tiridate, sont dépeints avec brio et passion. Pour les gens pieux, le livre se lit comme un récit d’aventures peuplé de héros chrétiens, avec leurs combats, leurs sacrifices et leurs triomphes qui s’ensuivent. En dépit de son fardeau plutôt pesant de dissertations théologiques, ce volume garde son importance pour ceux qui étudient l’histoire arménienne en particulier et celle du christianisme en général. A l’intérieur de son discours essentiellement pieux, il est possible de glaner l’aspect militaro-politique brutal, qui marqua la transition de l’Arménie vers le christianisme ; un aspect qui révèle le rôle entièrement secondaire de la prédication et des sermons chrétiens. L’avènement du christianisme annonça clairement l’émergence d’un nouvel ordre politique en Arménie, cette religion nouvelle représentant une forme nouvelle de l’Etat et de la politique. La tyrannie de la conversion Même en lisant ce récit, il est clair que le triomphe de cette force nouvelle ne fut assuré qu’après une période décisive, durant laquelle Grégoire l’Illuminateur « s’appuya sur la crainte qu’inspirait le roi et ses conseils, afin de s’assurer l’obéissance de tous. » (p. 443) Tout en prêchant humilité et clémence à leurs ouailles, Grégoire l’Illuminateur et ses alliés ne regardaient pas ce genre de vertus comme opportunes, au regard de leur œuvre prosélyte. Dans la conversion chrétienne, la force et la guerre jouèrent clairement un rôle incomparablement plus important que la prédication des prêtres ! D’évidence, l’Eglise se préoccupa moins du salut des âmes que de parvenir au pouvoir et aux richesses à son profit. Si Grégoire l’Illuminateur est naturellement présenté comme jouant un rôle décisif, le succès de l’entreprise dépendait de manière décisive de l’alliance des chrétiens avec la roi Tiridate et du déploiement logique de l’armée royale au service de la religion nouvelle. Ce n’est qu’après avoir cimenté ce pacte que Grégoire « obtint approbation du roi, de ses princes et seigneurs » d’ « entamer la tâche » de « mettre à bas, détruire, anéantir et enlever de la face de la Terre le scandale » du paganisme (p. 437). Sous « les ordres péremptoires du roi, » l’armée royale « tout entière » entreprit une véritable guerre afin d’ « anéantir jusqu’au souvenir de ces fausses divinités qui osaient s’arroger le nom de dieu. » (p. 437) Cette campagne à grande échelle est non seulement décrite en détail, mais narrée avec une certaine satisfaction. La guerre chrétienne débute, lorsque l’armée nouvellement chrétienne marche sur la ville d’Artachat « pour y détruire le temple de la déesse Anahide » (p. 437). Sur sa route, par un mouvement significatif au plan stratégique et idéologique, l’armée « entreprend tout d’abord de détruire, démolir et incendier » le célèbre foyer païen « de connaissance et de sagesse religieuse », réputé avoir été créé par Hormisdas [Ormizt] (p. 437). Puis, le déferlement de dévastation et de pillage se déchaîna dans tout le territoire, rasant tous les temples et statues païennes qu’ils pouvaient trouver, tandis que l’Eglise chrétienne s’en appropriait les terres et les richesses. L’Eglise chrétienne se préoccupa alors de consolider sa suprématie nouvellement établie. Elle chercha tout d’abord à s’assurer quelque approbation et soutien de la part du peuple, en répartissant une partie des richesses païennes, principalement « de l’or et de l’argent », versé « aux miséreux, aux souffrants et aux démunis » (p. 439, 441). L’Eglise prit néanmoins soin de préserver à son profit le monopole de la source des richesses. Elle s’empara de l’ensemble des « terres et bâtiments [païens], avec leurs serfs et [jusqu’aux] prêtres païens, » transformés désormais en serviteurs de la religion nouvelle (p. 441). Elle s’assura ensuite la soumission permanente de la population à son égard, émergeant comme une force politique et économique dominante dans le pays. Agathange relate en détail la consolidation et l’organisation de l’appareil chrétien, décrivant le développement de ses institutions et structures, la construction d’églises et la mise en place d’un nouveau clergé. Grégoire l’Illuminateur commence par instituer « lois et règles » (p. 449) à l’attention du nouvel ordre social et à « arpenter le territoire afin de bâtir des églises dans tous ses domaines, provinces, districts, villes et villages. » (p. 467) A son retour de Césarée (1), où il est confirmé comme chef de l’Eglise arménienne, il marque une halte à Sébaste (2) pour y convaincre avec succès un grand nombre de prêtres « de le rejoindre dans le nouvel ordre ecclésiastique. » (p. 453) Pour organiser et diriger l’activité de l’Eglise, il bénit aussi « plus de quatre cents évêques à l’attention des diverses provinces » du pays (p. 477). Traduction : © Georges Festa - 05.2013. pour lire la suite cliquer sur le lien http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/05/agathange-histoire-du-regne-de-tiridate.html |