Nouvelles d'Arménie
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Religion


FRANCE
Lettre du Conseil paroissial de Paris à propos des événements du 22 avril

Suite à l’article que vous avez publié le 22 avril 2018 sur les événements qui ont eu lieu au sein de la Cathédrale Saint-Jean Baptiste de Paris, nous nous devons de vous adresser cette lettre afin d’apporter certaines précisions et rectifications à votre article.

Le 22 avril dernier, une dizaine et non pas plusieurs dizaines des personnes s’est réunie devant notre Cathédrale pour montrer son soutien au peuple arménien descendu dans la rue depuis plusieurs jours pour manifester contre le gouvernement et le Premier Ministre, Serge Sargsyan.

A la fin de la Messe, vers 13h, certains de ces manifestants sont entrés dans l’église et ont commencé à crier d’une manière agressive à l’intérieur. A la demande du Prêtre qui célébrait la Messe ce jour-là, ils ont quitté l’église et se sont réunis dans la cour. Der Houssik, le prêtre paroissial, a entamé un dialogue avec les manifestants en leur expliquant que l’église n’est pas un lieu de manifestation et leur a précisé que selon la loi, il est interdit de se réunir dans les lieux religieux pour manifester. Il a ajouté que les fidèles de l’Eglise, tout comme lui comprennent ce mouvement politique et lui accordent leur sympathie.

Une heure après cette discussion entre le prêtre et les manifestants, un jeune homme est arrivé dans la cour de l’église et a commencé à menacer violemment le prêtre et les fidèles devant tous les manifestants. Du fait de ce comportement irrespectueux et agressif, le prêtre a été dans l’obligation de leur demander de quitter l’enceinte de l’église. Les personnes présentes ont demandé au prêtre du temps pour décider de la suite de leur manifestation et celui-ci leur a accordé le temps demandé.

En outre, ce jeune homme a filmé certains de ces échanges et a utilisé ses vidéos pour initier des provocations contre l’Eglise.

Pour ce qui est de l’utilisation de la salle « Nourhan Fringhian », ni précédemment, ni le jour-même, le groupe de manifestants n’avait fait de demande de réservation de la salle. Il faut rappeler qu’une telle demande doit être faite à l’avance, par écrit au Conseil paroissial, seul organe habilité à attribuer la salle Nourhan Fringhian.

Nous nous élevons contre la publication d’articles imprécis, voire inexacts qui visent l’Eglise son clergé et la gestion de la paroisse.

« « « « « « «  Nous vous remercions de bien vouloir publier nos commentaires, ci-dessus, objectifs et rectificatifs.

Charles HAKHVERDYAN
Chargé de la communication du Conseil Paroissial de Paris 

posté le 4 mai 2018 par Ara/armenews


VALENCE (DRÔME)
Conférence du père Aram Stepanian : « Où trouver la paix dans ce monde en désarroi ? » à l’Eglise évangélique arménienne de Bourg-Lès-Valence

Dans le cadre de sa tournée dans plusieurs villes de France, le Père Aram Stepanian de l’Église apostolique arménienne de Boston (Etats-Unis) donnait jeudi 3 mai à 20 heures une conférence à l’église évangélique arménienne de Bourg-Lès-Valence sur le thème : « Où trouver la paix dans ce monde en désarroi ? ». Le pasteur Elie Jalouf de l’Eglise évangélique arménienne de Bourg-Lès-Valence présentait brièvement le Père Aram Stepanian et l’appelait à la tribune. Dans la salle outre les fidèles, à noter la présence du père Antranik Maldjian (Eglise apostolique arménienne St-Sahag de Valence) et du pasteur Luder Nassanian (Eglise Maranatha de Valence).

Le Père Aram Stepanian a rendu quelques témoignages de sa vie pour expliquer le thème de la soirée avec les signes du Seigneur veillant toujours sur les fidèles. Des éléments qui incitent à garder l’espoir même dans les moments les plus tragiques d’une vie.

Puis le Père Aram Stepanian a projeté des images réalisées en Arménie où chaque année, il réunit dans le cadre agréable de Dzargatsor durant plusieurs semaines de jeunes enfants -orphelins ou villageois de familles déshéritées- et qui redécouvrent par le chant, les jeux et les activités artistiques les joies de la vie et celle de vivre en collectivité. Avec en appui les prières et les excursions.

Une présentation qui fut très applaudie par le public pour le dévouement du Père Aram Stepanian en Arménie. Les pasteurs Luder Nassanian et Elie Jalouf remercièrent le Père Aram Stepanian pour sa prestation qui émut le public. Puis une prière commune conclut la soirée.

Krikor Amirzayan

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posté le 4 mai 2018 par Krikor Amirzayan/armenews


CITÉ DU VATICAN
Inauguration de la statue de Grégoire de Narek

Près de deux ans après sa visite historique en Arménie, le pape François a inauguré la statue d’un ecclésiastique arménien médiéval au Vatican, jeudi, lors d’une cérémonie en présence du président Serzh Sarkisian et des dirigeants de l’Église apostolique arménienne. Serge Sarkisian a eu des réunions séparées avec François et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, plus tôt dans la journée.

“Au cours de ces discussions cordiales, une vive satisfaction a été exprimée au sujet des bonnes relations existant entre le Saint-Siège et l’Arménie “, selon une déclaration du Vatican sur les pourparlers. Les deux parties ont également discuté “de la condition des chrétiens et des minorités religieuses, en particulier sur les théâtres de guerre“.

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Selon le service de presse présidentiel arménien, Sarkisian et Francois “ se sont déclarés prêts à poursuivre le développement et l’approfondissement des relations interétatiques entre le Vatican et l’Arménie “. Le dirigeant arménien a souligné le fait qu’il s’agit de leur cinquième rencontre depuis l’élection de François à la tête de l’Église catholique romaine en 2013. Il a félicité le pontife pour son engagement en faveur d’un “dialogue sincère et chaleureux“ avec l’Arménie.

Sarkisian l’a également remercié d’avoir accepté de placer la statue de saint Grégoire de Narek (Grigor Narekatsi) dans les Jardins du Vatican.

Vénéré comme un saint par les églises catholique et arménienne, Grégoire était un moine arménien, théologien et poète qui a vécu aux 10-11e siècles. Il est reconnu pour ses écrits religieux, notamment son “Livre des Lamentations“.

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François a décerné le titre de “Docteur de l’Église universelle“ à Grégoire lors d’une messe au Vatican en avril 2015 dédiée au centenaire du génocide arménien dans la Turquie ottomane. Le pontife le décrit comme “un interprète extraordinaire de l’âme humaine“. A ce jour, seules 36 personnalités chrétiennes ont reçu ce titre.

La statue de bronze de Grégoire a été dévoilée par Mikael Minasian, le gendre de Serge Sarkisian et ambassadeur arménien auprès du Saint-Siège, au cours de la cérémonie qui a suivi. François l’avait déjà béni lors d’un service de prières communes avec les deux principaux ecclésiastiques apostoliques arméniens, le Catholicos Garegin (Karekin) II et le Catholicos Aram Ier.

Une copie de la statue donnée par l’Arménie sera placée au siège de l’Eglise arménienne d’Echmiadzin dans le courant de l’année. L’Agence de presse catholique a cité mercredi Minasian qui a parlé de Grégoire de Narek comme d’un “pont entre l’Église arménienne et l’Église catholique“.

Le rapprochement entre les deux anciennes Églises, fortement soutenues par les gouvernements arméniens successifs, s’est accéléré en 1996 avec le règlement de leurs différends théologiques de longue date. En 2001, Jean-Paul II a été le premier pape à fouler la terre d’Arménie.

posté le 6 avril 2018 par Ara/armenews

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RELIGION
Le Pape inaugure une statue de St Grégoire de Narek au Vatican

Au Vatican, ce jeudi 5 avril 2018, le pape François a reçu en audience le président de la République d’Arménie, Serge Sarkissian, ainsi que Karékine II, patriarche suprême et catholicos de tous les Arméniens, et Aram Ier, catholicos de l’Eglise apostolique arménienne de Cilicie, avant d’inaugurer, en leur présence, une statue de Saint Grégoire de Narek, dans les jardins du petit Etat. Un bel hommage au théologien arménien du Xe siècle.

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posté le 5 avril 2018 par Claire/armenews

Source photos : Twitter @tigrangalstyan

THEMES ABORDES : Derniere minute  Image 450  Pape  Religion  Sarkissian  Vatican 


Célébration
La Pâques « arménienne » à Istanbul

Jamais le mot « Arménie » ne sera prononcé dans ce reportage de la TRT Haber à Istanbul, à l’occasion de la célébration de la Pâques par le controversé Vicaire général Aram Atéshian.

posté le 3 avril 2018 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Religion  Turquie 


Art
Les églises arméniennes de Jean Gureghian

Depuis plusieurs années, le Cofondateur (mai 1993) du Fonds Arménien de France, en représentation de l’ADL, cofondateur (octobre 1994) du Comité du 24 Avril (actuellement CCAF), auteur, musicien, dessinateur, nous propose ses oeuvres de reconstitution d’églises arméniennes, pour la plupart en ruines en Turquie.

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1 - La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Bagavan située à 70 kms à l’ouest du Mt Ararat, dans la région de Bagrevand, aujourd’hui en Turquie.

Bagavan signifierait « lieu divin ». C’est en ce lieu que le roi Tiridate, sa famille et toute la cour auraient été baptisés en 301 par Grégoire l’Illuminateur, qui aurait déposé en ce lieu des reliques de saint Jean-Baptiste.

La cathédrale a été construite par l’architecte Israël Koraghtjétsi entre 631 et 639. Ce fut la plus grande construction d’Arménie de cette période. La cathédrale était en parfait état de fonctionnement jusqu’en 1915. Elle a été complètement démolie depuis et des photos récentes témoignent d’un terrain plat, même les pierres de l’édifice ayant disparues.

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2 - L’église Saint-Serge de Tekor se trouve dans le village de Tekor près de Kars, aujourd’hui en Turquie. Elle a été fondée, en tant que martyrium de saint Serge, par le prince Sahak Kamsarakan au Ve siècle.

Cette grande église a été édifiée sur un immense socle accessible par huit marches. Elle est considérée comme la première des églises dont la coupole s’appuie sur quatre piliers. D’après des photos de 1911, l’église de Tekor était déjà partiellement endommagée, suite aux différents tremblements de terre, mais gardait encore sa coupole. Elle est désormais totalement en ruines.

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3 - La cathédrale de Banak, située à 70 kms à l’ouest de Kars, aujourd’hui en Turquie, dans le village Banak, au bord de la rivière Banak. Elle a été bâtie au VIIe siècle, à l’exemple de Zvartnots, par le catholicos Nerses III « Le Bâtisseur ».

C’est l’une des rares églises à plan circulaire bâtie sur trois niveaux. La cathédrale de Banak a été considérée par les historiens comme la plus belle église d’Orient avec Sainte-Sophie de Constantinople.

La cathédrale est en ruines depuis le XIXe siècle, suite aux différents tremblements de terre. D’après des récentes photos, il reste encore une bonne partie des murs du rez-de-chaussée.

(Voir plus de détails et photos de ces églises dans le livre « Architectures Arméniennes », Editions Geuthner 2016).

posté le 25 mars 2018 par Jean Eckian/armenews


ISRAËL
Le Saint-Sépulcre toujours fermé à Jérusalem

Jérusalem, 26 fév 2018 (AFP) - L’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, site du tombeau du Christ selon la tradition, est toujours fermée lundi matin, en guise de protestation exceptionnelle contre des mesures fiscales et une proposition de loi israéliennes, a constaté une journaliste de l’AFP.

La durée de fermeture du lieu le plus saint de la chrétienté reste indéterminée, et suspendue à une décision des chefs des Églises chrétiennes de Jérusalem, ont indiqué des responsables chrétiens.

Les chefs des Églises grecque orthodoxe, arménienne et catholique, qui partagent la garde des lieux, ont pris dimanche l’initiative “sans précédent“ selon eux de fermer jusqu’à nouvel ordre les portes du Saint-Sépulcre.

Ils dénoncent la décision annoncée il y a quelques semaines par la municipalité israélienne de Jérusalem de leur faire payer des impôts sur leurs biens immobiliers qui ne seraient pas des lieux de culte ou d’enseignement religieux, mais qui auraient des activités commerciales, générant des revenus comme des loyers par exemple.

Ils s’insurgent en outre contre une proposition de loi israélienne qui, selon eux, attenterait à leurs droits de propriété à Jérusalem. Selon les Églises, ces dispositions israéliennes visent à amoindrir la présence chrétienne à Jérusalem.

Le Saint-Sépulcre se trouve à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de Jérusalem annexée par Israël. L’annexion est considérée comme illégale par la communauté internationale.

posté le 26 février 2018 par Ara/armenews


PATRIARCAT DE CONSTANTINOPLE
Le député Garo Paylan exige l’élection d’un nouveau patriarche.

Garo Paylan, membre arménien du Parlement turc représentant le Parti démocratique populaire (HDP) et défenseur des droits de la communauté arménienne, a contesté mercredi dernier la légitimité de l’Archevêque Aram Atéshian rétabli arbitrairement par les autorités turques en tant que Vicaire général du Patriarcat. Le 14 février, Garo Paylan a accordé une entrevue à Hripsimé Hovhanissian, journaliste à TRT.am de Erevan.

Dès ces premiers mots, après avoir qualifié l’archevêque Atéshian de « bêlier du gouvernement turc », le député déclare avec une grande fermeté « nous voulons élire notre Patriarche ». Une position diamétralement à l’opposé de celle des autorités qui souhaitent maintenir le statu-quo avec l’archevêque Atéshian à la tête du patriarcat jusqu’à la disparition de Mgr. Mutafyan l’actuel patriarche empêché par une grave maladie neurologique depuis neuf ans.

Un processus largement souhaité et soutenu par la communauté stambouliote

En mars 2017, afin de mettre fin à cette longue période de vacance, l’Assemblé ecclésiale du Patriarcat avait élu à une large majorité l’archevêque Karékine Bekdjian - primat du diocèse d’Allemagne - comme locum-tenens, en lui confiant la mission d’organiser l’élection d’un nouveau patriarche. Mgr. Atéshian qui avait été ouvertement soutenu et promu par les autorités turques avait alors été acculé à la démission. Cependant, malgré un accord conclu à Etchmiadzine sous les auspices du Catholicos Karékine II en février 2017, ce dernier a continué d’oeuvrer en multipliant les obstacles à la tenue de cette élection, toujours avec le soutien déclaré des autorités. L’Etat turc s’est donc largement impliqué dans l’affaire depuis le Gouvernorat d’Istanbul jusqu’au palais présidentiel, en passant par le ministère de l’intérieur. A la suite de ces multiples interventions, les autorités ont stoppé net le processus d’élection d’un nouveau patriarche et invalidé l’élection de Mgr Békdjian comme locum-tenens. Cette décision du gouverneur d’Istanbul a ensuite été validée dans les conditions rocambolesques par le ministre de l’intérieur Süleyman Soylu en personne.

Le 9 février, une trentaine de laïcs choisis sur des critères très flous ont été convoqués par le ministre de l’intérieur qui avait fait le déplacement tout spécialement depuis Ankara jusqu’à Istanbul. Au terme d’un petit-déjeuner et de trois heures de discussions, ces notables se sont soumis au diktat des autorités turques. A la suite de cette réunion, l’Assemblée ecclésiale qui, un an plus tôt, avait élu Mgr. Bekdjian et destitué l’archevêque Atéshian, par un incroyable retournement de situation, validait à son tour les décisions de la réunion convoquée par le ministre de l’intérieur le matin même. Garo Paylan, héraut de la « génération Dink »

La communauté est aujourd’hui nettement clivée entre les partisans de « l’ordre ancien » - quelques responsables laïcs de paroisses et de « vakefs » [administrateurs des biens religieux] - et une part grandissante d’arméniens plus « émancipés », représentatifs de la « Génération Dink » dont l’un des porte-drapeaux est le bouillant député Garo Paylan. Comme Hrant Dink, G. Paylan est un des hérauts de cette nouvelle génération décomplexée, libérée des peurs ataviques des générations précédentes. Cette nouvelle génération qui s’exprime également à travers le mouvement de jeunes « Nor Zartonk » [Nouveau réveil] rejette, entre autre, le principe archaïque du « Millet » [minorité religieuse] hérité de l’Empire ottoman qui maintenait les non-musulmans dans un statut de citoyen de seconde catégorie aux relents de dhimmitude.

A la fin de l’entretien, Paylan revient sur son exigence d’élections libres pour choisir un nouveau patriarche et déclare « Cela fait maintenant une dizaine d’années que la communauté arménienne d’Istanbul n’a plus aucune possibilité d’élire son patriarche ». Il poursuit : « Malheureusement, il y a plusieurs années de cela, les autorités turques ont décidé d’installer Aram Atéshian comme Vicaire général. A l’époque, nous avions affirmé, mais en vain, que nous voulions élire nous-même notre patriarche et éviter qu’un dirigeant soit nommé au Patriarcat par l’Etat ».

Le message qu’il adresse à l’archevêque Atéshian est aussi clair « En recevant le pouvoir du gouvernement, vous devenez une sorte d’otage...Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’instaurer une autorité désignée par la communauté arménienne. Le patriarche doit, lui aussi, être élu par la communauté et son pouvoir procédera de cette élection ». Garo Paylan a des paroles très dures envers celui qu’il qualifie de « marionnette aux mains, non seulement du gouvernement, mais également de la Défense, de la Sécurité et de la Justice », considérant que ces institutions « l’utilisent pour réaliser tous leurs desseins ». Il affirme également que la communauté vit dans une peur permanente et ignore souvent la situation au Patriarcat. Le bouillant député termine par cette affirmation « La communauté arménienne a besoin de l’autonomisation du Patriarcat. Nous devons être mieux organisés, car cette situation pourrait bien diviser la communauté ».

Pierre Nazarian

posté le 18 février 2018 par Ara/armenews


TURQUIE
L’au revoir de l’archevêque Békdjian aux Arméniens de Turquie

Après le coup de force de l’Etat turc du 9 février dernier qui violait les droits de l’Eglise arménienne en rétablissant l’archevêque Atéshian comme « Vicaire général du Patriarcat », Mgr. Békdjian, le Locum-Tenens régulièrement élu en mars 2017, a décidé de quitter le pays, mais visiblement sans avoir démissionné. Avant de quitter Istanbul, Mgr. Békdjian a adressé à l’hebdomadaire AGOS, le journal de Hrant Dink, une lettre qui est publiée le 13 février dans sa version turque.

Mgr Békdjian rappelle dans cette lettre que l’Assemblée ecclésiale réunie le 25 octobre 2016 avait déclaré vacant le siège patriarcal de Constantinople en raison de l’état de santé du Patriarche Mesrob II Mutafyan et mis à l’ordre du jour l’élection de son successeur. Mgr. Bekdjian avait alors rejoint Istanbul afin de participer au processus d’élection d’un Locum-tenens à l’invitation de l’archevêque Aram Atéshian, alors Vicaire général du Patriarcat. Le 15 mars 2017, Mgr. Békdjian était élu à cette charge par une large majorité de délégués de l’Assemblé ecclésiale des Arméniens de Turquie.

En évoquant ses motivations personnelles, le prélat déclare « Mon seul objectif après 50 ans de ministère à l’étranger était alors de rentrer en Turquie pour mettre fin à une période de transition qui a duré plus de neuf ans... Mais, dès le premier jour, il est apparu clairement que le processus d’élection ne pouvait être conduit de manière transparente, conformément à des règles justes et clairement établies. Il ne me semble pas nécessaire d’énumérer maintenant toutes les entorses observées. Je ne veux ni me souvenir, ni rappeler, des exemples à la fois douloureux et humiliants ».

Mgr. Békdjian regrette également « la baisse très sensible du nombre des religieux et des laïcs de la communauté pourvus d’une solide volonté, connaissant [notre] histoire et soucieux du maintien de [nos] valeurs ». Et d’ajouter « les derniers événements ne se sont pas produits en un jour. Je regrette que ce processus d’élection du 85ème patriarche dont je semble avoir été personnellement la cible ait été saboté. Ceci est le fruit d’une longue campagne programmée dès le début du processus d’élection du Locum-tenens. Une nouvelle fois, on a eu recours à des intrigues qui ne peuvent provoquer qu’affliction et peine. Ces sordides manigances ont atteint des sommets de laideur. Je crains que notre communauté ne se divise à cause de tout cela ». Il exprime néanmoins l’espoir que ces événements puissent servir de leçon à la communauté.

L’archevêque Karékine Békdjian indique qu’il est « contraint de quitter Istanbul après avoir reçu le courrier du ministère de l’Intérieur en soulignant qu’il n’est pas, par nature, homme de conflit ». Le Primat ne précise pas si les autorités l’ont contraint à quitter le pays après l’avoir déclaré « persona non grata ».

La lettre du prélat se termine par ces mots : « En plus de l’humilité et de la patience que nous ne cessons de prêcher, notre religion est également celle de la Charité et de la Paix. Il ne faut pas que ma présence cause plus de maux à la communauté arménienne qui en supporte déjà tant... les dirigeants et la communauté doivent pouvoir agir à l’avenir en mon absence ... J’ai décidé de quitter le pays afin d’assumer une nouvelle mission. Je prie pour mon frère l’archevêque Mesrob qui endure la maladie depuis si longtemps, pour Marie Mutafyan, son admirable mère, et pour vous, mes chers frères en religion ». Ses derniers mots sont une exhortation à ne pas perdre la Foi et l’Espérance.

posté le 14 février 2018 par Ara/armenews