Nouvelles d'Arménie
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Erdogan


TURQUIE
Erdogan ne trouve « rien de négatif » aux commentaires de Macron

Ankara, 1 sept 2017 (AFP) - Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé vendredi qu’il ne voyait “rien de négatif“ dans des propos du président français Emmanuel Macron qui affirmait être “obligé“ de devoir parler avec son homologue turc “toutes les semaines“.

Dans un entretien fleuve paru jeudi dans l’hebdomadaire français Le Point, M. Macron a revendiqué “un discours de vérité et de pragmatisme“ avec ses homologues étrangers, affirmant évoquer tous les sujets, y compris ceux “qui fâchent“.

“La scène internationale n’a pas grand chose de cool“, avait commenté le président français. “Je suis aussi celui qui est obligé de parler avec (Recep Tayyip) Erdogan toutes les semaines, vous savez“, avait-il ajouté.

Ces commentaires avaient été repris dans les médias turcs, qui ont interrogé M. Erdogan après la prière marquant le début de la fête musulmane du sacrifice (Aïd al-Adha) vendredi matin.

“Je ne vois rien de négatif dans ce qui a été dit à ce magazine“, a tempéré M. Erdogan. “Bien au contraire : je pense que pour eux parler avec le président turc est une valeur ajoutée“.

“Je ne souhaite pas refuser des demandes d’entretien“, a-t-il également affirmé. “Je veux augmenter le nombre de nos amis et réduire le nombre de personnes qui portent un mauvais regard sur nous“.

Les présidents turc et français ont eu plusieurs échanges téléphoniques dernièrement, principalement à propos de la détention en Turquie du journaliste français Loup Bureau.

L’Elysée a fait savoir que le président français a réclamé dimanche la “libération rapide“ du journaliste, qui a notamment collaboré avec les chaînes TV5 Monde, Arte et le site Slate.

M. Bureau a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l’Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation “terroriste“ par Ankara) ont été trouvées en sa possession.

Il a été placé en détention provisoire le 1er août pour soupçon d’appartenance à “une organisation terroriste armée“.

posté le 1er septembre 2017 par Claire/armenews


Montage
Malta Files : le pétrolier Agdash, trésor caché de la famille Erdogan

Par Craig Shaw (CRJI/TBS), avec les documents obtenus par EIC

La famille Erdogan, révèlent les Malta Files, serait propriétaire d’un bateau pétrolier ayant coûté 20 millions de dollars. Un montage qui a nécessité l’utilisation de sociétés offshore et la bonne volonté d’un milliardaire azeri lié à Donald Trump.

S’appuyant sur les Malta Files, une nouvelle enquête met en lumière un pan jusqu’ici inconnu du business de la famille Erdogan : recourant à des sociétés écrans immatriculées à Malte et sur l’île de Man, les Erdogan sont les - très discrets - propriétaires d’un bateau pétrolier valant près de 20 millions de dollars et baptisé Agdash.

Ce montage a été mis en place par l’homme d’affaires turc et ami de la famille Erdogan, Sitki Ayan, ainsi que par le milliardaire turco-azeri Mübariz Mansimov, propriétaire du groupe de transport Palmali. Dont le siège est à Istanbul. Des documents démontrent que le premier a contribué à hauteur de 7 millions de dollars et le second pour 23 millions dans un accord secret de leasing, dont la famille Erdogan serait la première bénéficiaire.

Les premières lignes de cet accord ont été écrites en 2008, alors que celui qui était alors Premier ministre de la Turquie était considéré par les pays occidentaux comme un réformateur, pro-démocrate.

posté le 29 mai 2017 par Jean Eckian/armenews


Belgique
Laurette Onkelinx : « Erdogan est un totalitaire, donc un homme dangereux »

Le dimanche 30 avril 2017, la présidente bruxelloise du Parti socialiste Mme Laurette Onkelinx était interrogée par Pascal Vrebos dans l’émission “L’invité” à la RTL.

P. Vrebos : Le président Erdogan. Une note sur 10 ?

L. Onkelinx : Zero sur 10

P. Vrebos : Est-ce qu’on peut être un élu PS et défendre Erdogan, ses valeurs et son exercice du pouvoir ?

L. Onkelinx : Moi, je ne soutiens absolument pas ce président. Je pense que c’est un homme qui est dangereux dans ses choix politiques, dans sa volonté d’un pouvoir omniprésent, dans la répression.

P. Vrebos : Est-ce que des élus PS peuvent le défendre ? Parce qu’on pose la question aux élus PS et en générale ils ne disent rien.

L. Onkelinx : Ils ne disent rien ?

P. Vrebos : Non.

L. Onkelinx : Hé bien je leur dirai de dire.

P. Vrebos : Parce qu’on ne peut pas être élu du PS et défendre Erdogan ?

L. Onkelinx : Dans mon parti, il y a encore une liberté de pensée. Je dis simplement que je ne conçois pas en tant que socialiste de pouvoir soutenir un homme qui réprime la liberté de la presse, qui réprime la différence, qui réprime les juges, les avocats, les intellectuels... tous ceux qui ne pensent pas comme lui. C’est un totalitaire, donc un homme dangereux.

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CES ELU(E)S SOCIALISTES BELGES D’ORIGINE TURQUE PEUVENT-ILS (ELLES) DIRE LES MEMES CHOSES POUR ERDOGAN ?

Ci-bas la liste des élu(e)s d’origine turque du Parti socialiste.

Est-ce qu’ils (elles) peuvent dire publiquement ce que Onkelinx vient de dire pour le despote islamiste de Turquie Recep Tayyip Erdogan ?

“Erdogan un homme qui est dangereux dans ses choix politiques, dans sa volonté d’un pouvoir omniprésent, dans la répression.

“Je ne conçois pas en tant que socialiste de pouvoir soutenir un homme qui réprime la liberté de la presse, qui réprime la différence, qui réprime les juges, les avocats, les intellectuels... tous ceux qui ne pensent pas comme lui. C’est un totalitaire, donc un homme dangereux.“

Elu(e)s d’origine turque du Parti socialiste

KIR Emir, Bourgmestre de Saint-Josse et député fédéral OZEN Ozlem, députée fédérale KOYUNCU Hasan, député bruxellois ÖZKARA Emin, député bruxellois TEMIZ Sevket, député bruxellois KILIC Serdar, député wallon ALIC Derya, conseillère communale de Schaerbeek DONMEZ Ibrahim, conseiller communal de Schaerbeek KOYUNCU Hasan, conseiller communal de Schaerbeek ÖZKARA Emin, conseiller communal de Schaerbeek SONMEZ Döne, conseillère communale de Schaerbeek ÖZKONAKCI, Kadir, conseiller communal de Saint-Josse NAMLI Nezahat, conseillère communale de Saint-Josse DISLI Halil, conseiller communal de Saint-Josse DAGYARAN Döne, conseillère communale de Saint-Josse TEMIZ Sevket, conseiller communal de Bruxelles-Ville

http://www.info-turk.be

posté le 2 mai 2017 par Jean Eckian/armenews


TURQUIE
Le président Poutine demande des explications à Erdogan

Les nouvelles déclarations intempestives du président turc Erdogan, qui avait indiqué mardi 29 novembre que l’opération militaire menée par les forces turques en Syrie depuis août avait pour objectif ultime de mettre un terme au pouvoir du président syrien Bachar Al Assad ont fait l’effet d’une douche froide en Russie, où la réconciliation scellée en octobre dernier après une brouille de près d’un an due au crash d’un bombardier russe provoqué des chasseurs turcs dans le ciel syrien devait être confortée par une nouvelle rencontre entre les ministres des affaires étrangères russe et turc.

Les propos du président turc, intervenant à la veille de cette rencontre à Ankara, passaient d’autant mal au Kremlin que c’est avec la complaisance des forces russes, qui ont le contrôle du ciel syrien, que l’armée turque, que l’on disait affaiblie par les purges qui avaient succédé au putsch manqué de juillet, avait lancé le 24 août son opération « foudre de l’Euphrate » qui permettait à la Turquie de prendre le contrôle de vastes territoires au nord de la Syrie et d’empêcher du même coup que les forces kurdes syriennes, pourtant théoriquement soutenues par Moscou comme par l’Occident, ne s’en emparent.

En vertu d’un contrat tacite entre les deux voisins, ils suivraient chacun leur chemin en Syrie, dans la mesure où ils ne se gêneraient pas mutuellement et la Turquie avait semblé suivre la consigne, dans un premier temps du moins, en ne cherchant pas à s’interposer dans la vaste offensive menée par les forces loyalistes syriennes, soutenues activement par l’aviation russe, en vue de reprendre les quartiers Est d’Alep encore sous le contrôle des rebelles.

Mais alors que se profile la perspective d’un retour en force du régime syrien à Alep, qui se situe à moins de 100 km de ses frontières, M. Erdogan ne peut rester impassible.

Le maître du Kremlin a eu un entretien téléphonique avec son homologue turc pour lui demander des explications concernant les propos qu’il avait tenus sur la chute du président syrien.

Plus diplomatiquement, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a fait savoir que durant leur entretien téléphonique, MM Poutine et Erdogan auraient échangé leurs points de vue sur le conflit syrien en mettant l’accent sur la situation à Alep.

“Les deux parties ont discuté de questions urgentes concernant les relations russo-turques, y compris les contacts bilatéraux à venir à différents niveaux“, a fait savoir le Kremlin dans un communiqué qui faisait sans doute allusion en tout premier lieu à la rencontre qui devait lieu le 1er décembre à Ankara entre les ministres des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, et turc Mevlüt Cavusoglu.

M. Peskov avait par ailleurs précisé qu’il était inopportun de spéculer sur les éventuelles incidences sur les relations russo-turques des derniers propos du président Erdogan sur Bachar Al Assad.

M. Peskov a ajouté que les déclarations de M. Erdogan, qui n’auraient pas été évoquées lors de l’entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, allaient à l’encontre de la position de la Russie concernant la situation en Syrie et au-delà.

posté le 2 décembre 2016 par Gari/armenews


France 2
Turquie : au cœur de la répression d’Erdogan

L’autoritarisme grandissant d’Erdogan inquiète. Angela Merkel parle ce jeudi 3 novembre d’alarmantes restrictions de liberté après une nouvelle vague d’arrestations.

France2 journal de 20h du 3 novembre - Quand on arrive à Istanbul, impossible ne pas les voir, des drapeaux turcs par centaines, des slogans patriotiques en lettres géantes et surtout des immenses portraits du président Erdogan. Jamais, le maître de la Turquie n’a autant affiché son ambition de pouvoir absolu. Le régime est-il en passe de devenir un régime dictatorial ? France 2 a posé la question aux habitants d’un quartier qui soutient majoritairement le président turc.


Turquie : au cœur de la répression d’Erdogan

posté le 4 novembre 2016 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Erdogan  Télévision  Turquie 


Médiapart
Turquie : Anatomie d’un coup réussi

« Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles sont nos casques, les mosquées sont nos casernes et les croyants sont nos soldats », dixit Erdogan !

C’est ainsi que « Tayyip » -comme on l’appelle en Turquie, non par affection mais plutôt par mépris- résumait sa pensée déjà en 1997, à Siirt, ville natale de sa femme près de la frontière syrienne, alors qu’il était encore le maire d’Istanbul. Ces vers d’un poème qu’il avait allégrement truqués, lui ont valu à l’époque quatre mois derrière les barreaux pour « incitation à la haine ».

En 2011, désormais chef du gouvernement turc et responsable donc du bien-être de son peuple, il récitait de nouveau, au Parlement cette fois-ci, les mêmes vers de haine composés désormais en chant de guerre par l’un de ses admirateurs.

Finalement, elle est venue la triste « nuit de cristal », le 15 juillet dernier, où tous les minarets du pays, des plus grandes villes aux plus petits villages des régions les plus reculées, étaient en effet transformés en baïonnettes,

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posté le 19 juillet 2016 par Jean Eckian/armenews


Le Figaro
La Folie des grandeurs du président Erdogan

Que se passe-t-il dans la sphère médiatique soudainement ? En effet de plus en plus, une majorité de titres de la presse française se lâche sur le mégalomaniaque “grand“ turc, à l’image du Figaro en ligne qui titre : « La Folie des grandeurs du président Erdogan ». Ce n’est pas faute d’avoir été averti par la communauté arménienne, qui depuis des années avait prévenu sans être écoutée.

Le président turc a fait bâtir la plus grande résidence présidentielle au monde, vient d’inaugurer la plus grande mosquée du pays, et a lancé la construction d’un nouvel aéroport qu’il baptisera probablement... « Recep Tayyip Erdogan ».

Un bon président lance toujours un chantier par an. Tel pourrait être le leitmotiv de Recep Tayyip Erdogan, qui semble mettre un point d’honneur à inverser la courbe du chômage... dans le bâtiment. Critiqué pour son culte de la personnalité et son autoritarisme grandissant, Erdogan (premier ministre entre 2003 et 2014, président depuis 2014) entend faire renaître la grande Turquie, celle de l’âge d’or de l’Empire ottoman.

Revue de presse
Turquie : La réalité du diplôme du président Erdogan en question

L’omnipotent chef de l’État turc, Recep Tayyip Erdogan, est-il vraiment diplômé d’université ? Cette question est explosive car, en Turquie, sans justifier de quatre ans d’études supérieures, on ne peut prétendre à la Présidence.

La question du diplôme de l’homme fort de Turquie est sensible : sans le précieux sésame, un citoyen ne peut pas occuper la magistrature suprême, selon la Constitution. Le président Erdogan a reçu, début juin, en grande pompe, son 44 e doctorat honoris causa, de l’Université Makerere de Kampala, la capitale ougandaise, où il était en déplacement.Cette boulimie suscite l’hilarité de ses détracteurs qui mettent en cause l’authenticité de son propre diplôme universitaire.

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posté le 11 juin 2016 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Erdogan  Turquie 


Turquie
Davutoglu remercié, les Erdoganistes prônent à présent l’« obéissance au chef »

Al Monitor

Mustafa Akyol, 11 mai 2016 -

Ces jours-ci, le premier ministre Davutoglu fait des visites d’adieu aux chefs de diverses institutions de l’état, depuis l’armée jusqu’au conseil des affaires religieuses. Le 22 mai, au congrès anticipé du parti au pouvoir Justice et développement, il sera remplacé par un nouveau président et par un nouveau premier ministre. Toute la Turquie sait à présent que cet homme nouveau gardera un profil bas et obéira totalement au maître du jeu : le président Erdogan.

On peut dire sans risque de se tromper que le départ de Davutoglu marque un pas de plus vers la concentration des pouvoirs entre les mains d’Erdogan. L’exercice du pouvoir ouvre un nouvel épisode dans lequel l’obéissance au président Erdogan est ouvertement présentée comme une vertu - et exigée comme un devoir.

Un exemple de cette approche nouvelle est venu du maire d’Ankara Melih Gokcek dans un article révélateur publié par Anadolu, l’un des nombreux journaux pro-Erdogan récemment sorti de terre. “ L’obéissance au chef est indispensable “, lit-on en titre, citant Gokcek. “ Le concept d’un chef et d’obéissance absolue à ce chef existe dans notre foi, dans notre tradition de l’état “, a dit Gokcek. “ Il se peut que le chef fasse des erreurs... mais aux décisions qu’il prend, tout de même, ... il faut obéir “.

Apparemment, cette obéissance est une obligation non seulement pour le parti, mais aussi pour le monde des media pro-AKP, qui sont à présent majoritaires dans l’ensemble des media turcs. Dans Aksam, le journaliste politique Markar Esayan [un descendant d’Arménien converti : note du traducteur] soulignait l’amour indestructible de la nation pour Erdogan, grâce à sa “ virilité, foi, réussite et son courage “. Cet amour, qu’il partage personnellement, est l’ “ âme d’acier “de la cause, écrit Esayan. Il était si fort qu’il n’a pas été possible de l’affaiblir par des “ [accusations] aussi sinistres que celle d’autoritarisme, paternalisme, culte du chef, dictature ou corruption “. Finalement, Esayan expliquait comment son amour et celui des autres pour Erdogan devraient s’exprimer : “ Que tout le monde soit tranquille et regarde constamment le chef. Ne sommes-nous pas un grand orchestre, les yeux rivés sur le chef ? Comment ce travail pourrait-il se faire autrement ?

Un autre thuriféraire d’Erdogan, Kadir Misirlioglu [encore un descendant d’arménien converti ?, ndt], 83 ans, connu depuis des décennies pour son ottomanisme au port du fez, donne à cet épisode un caractère plus théologique. Dans un discours présenté sur un site populaire de la toile, et qui a rapidement fait son chemin dans cet univers, Misirlioglu condamnait Davutoglu parce que son “ obéissance “ à Erdogan n’était pas totale. “ Il a pensé que son obéissance pouvait être limitée “, a commenté Misirlioglu, “ tout comme Satan qui refusa de se prosterner devant Adam “. C’était une référence à une histoire coranique dans laquelle Dieu ordonna à Satan de ses courber devant Adam, mais Satan refuse avec arrogance, ce qui lui vaudra d’être condamné jusqu’à la fin des temps. Pour lui, Davutoglu s’est comporté avec une arrogance satanique, tout comme tous ceux qui refusent à obéir à Erdogan.

Dans le monde des media sociaux, un composant important de la scène politique turque, les appels à l’ “obéissance au chef “, en référence non ambiguë à Erdogan, sont devenus habituels. Il y a des dizaines d’entrées Twitter, certaines suivies par centaines de milliers, vouées à la vénération du “ Chef “, et à la diabolisation de ses “ ennemis “ et des “ traitres “. “ Quoique le Chef dise, c’est comme il dit “ est l’un de leurs récents slogans.

Une référence faite par quelques uns de ces media de propagande est le verset coranique 4:59 qui dit, “ ô toi qui a eu la foi, obéis à Allah et obéis au messager et à ceux qui parmi vous constituent l’autorité “. L’autorité ici est représentée par Erdogan. Un adepte de Twitter favorable à Erdogan candidat récent à la députation sous la bannière de l’AKP a même proposé une version effrayante du verset : “ le chef est à la tête de cet état, et ceux qui ne lui obéiront pas perdront à la fois ce monde et la vie éternelle “ !

Tout cela suggère que l’AKP, et en particulier l’ “ erdoganisme “ comme étant sa dernière idéologie en date, pourrait-être classée “ islamiste “, dans le sens qu’il synthétise l’Islam et la politique. L’objectif de cet islamisme à sa manière ne pouvant pas abolir le principe laïc inscrit dans la Constitution turque et instaurer un “ état islamique “, il recourt largement aux thèmes religieux pour glorifier Erdogan au pouvoir. Il met l’Islam au service d’un projet autoritaire centré sur le culte de la personnalité.

Heureusement, telle n’est pas la seule vision de l’Islam exprimée dans la Turquie contemporaine. Des voix s’élèvent également qui extraient de l’Islam non pas un message autoritaire mais un message libéral. Un exemple est l’article récent de l’ex Mufti Mustafa Cagrici, éditorialiste hebdomadaire dans Karar, un article devenu objet de haine pour les erdoganistes purs et durs. Sous le titre “ Les Origines Culturelles des Gouvernements Autoritaires “, Cagrici soutenait qu’une culture politique autoritaire a dominé l’Islam dès son premier siècle, ce qui n’était pas un simple aspect de la religion mais une perversion. Il faut aux Musulmans aujourd’hui, a-t-il noté, “ la liberté et une culture de la critique “ qui “ n’existait pas dans une société de traditions “.

Etyen Mahcupyan, ex conseiller de Davutoglu qui écrit lui-aussi dans Karar, a relevé de son côté ces deux tendances particulières dans l’Islam politique turc. D’un côté, il y avait les nombreux ’ chèfistes ’, ou erdoganistes purs-et-durs, et de l’autre, une fraction plus petite de ’ gens bien éduqués, citoyens, de classe moyenne-haute, de nouvelle génération, se percevant globalement comme conservateurs “, qui préféraient Davutoglu. Sans surprise, pour avoir écrit cela, les erdoganistes traitèrent Mahcupyan d’ ’ élitiste ’.

Le futur de la Turquie sera en partie déterminé par celle de ces deux différentes perceptions de l’Islam qui à la fin l’emportera. La bonne nouvelle qu’en dehors de l’option autoritariste il en existe une autre. La mauvaise nouvelle est que, au moins en ce moment, elle est la plus puissante et la plus affirmée.

Traduction Gilbert Béguian pour Armenews

posté le 14 mai 2016 par Jean Eckian/armenews