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PATRIMOINE
Macron défend Pierre Loti face aux accusations d’antisémitisme

Rochefort (France), 14 juin 2018 (AFP) - Emmanuel Macron a défendu jeudi l’écrivain Pierre Loti, en estimant que son oeuvre n’était “pas réductible“ à la polémique lancée par des associations antiracistes qui réclament de retirer du “Loto du patrimoine“ la rénovation de sa maison natale.

“Il ne faut pas chercher à faire des polémiques sur tout“, a déclaré le chef de l’Etat qui a visité la maison de Loti à Rochefort (Charente-Maritime), actuellement fermée au public en raison de son mauvais état.

Plusieurs associations, dont le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, l’Union des étudiants juifs de France ou SOS-Racisme, ont demandé que cette habitation soit retirée de la liste des monuments en péril devant bénéficier du “Loto du patrimoine“, qui sera lancé en septembre à l’occasion des Journées du Patrimoine.

Elles accusent l’auteur de “Pêcheur d’Islande“ de nourrir “une haine d’une violence inouïe à l’égard des Arméniens et des juifs“ dans certains écrits.

Mais, pour le président, “il y a dans l’oeuvre de Pierre Loti des pages magnifiques“ et “des propos qui seraient condamnables s’ils étaient tenus dans le débat public contemporain“. “Il ne faut pas avoir des combats anachroniques“, a-t-il ajouté, en estimant que la littérature de Loti n’était “pas réductible à la polémique qui lui a été faite“.

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Emmanuel Macron a visité la maison, fermée depuis 2012, en compagnie de Stéphane Bern, chargé d’une mission sur le patrimoine, et de la ministre de la Culture Françoise Nyssen, qui ont également défendu l’écrivain.

Le “Loto du patrimoine“ doit consacrer environ 400.000 euros à cette maison que Pierre Loti (1850-1923) avait décorée à l’orientale, avec un salon turc, du mobilier chinois ou une chambre arabe.

La municipalité de Rochefort, propriétaire de la maison, espère la rouvrir en 2023, pour le centenaire du décès de l’écrivain, après des travaux d’environ cinq millions d’euros. “C’est l’un de nos trésors touristiques avec la frégate L’Hermione“, dont le retour à son port d’attache est attendu dimanche après un voyage de quatre mois en Méditerranée, selon le maire Hervé Blanché (LR).

posté le 15 juin 2018 par Ara/armenews


FRANCE
Discours intégral du président Emmanuel Macron lors du dîner du CCAF

Merci beaucoup Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Monsieur le député, Madame la Maire de Paris, Madame la présidente de la région Ile-de-France, Messieurs les coprésidents, Mesdames et Messieurs, chers amis.

Le 24 avril dernier, vous l’avez rappelé, nous nous tenions ensemble dans le recueillement devant la statue de Komitas. Nous avons honoré la mémoire d’un homme, mort en France, après une vie de souffrance et qui toute sa vie n’eut qu’une obsession, créer un lien entre le passé et l’avenir, certain qu’il n’ait pas d’avenir sans fidélité et sans racines. Et les derniers mots, qu’il a prononcés, sont sans doute la plus haute expression de ce que fut sa vie. « Prenez soin des enfants ».

Komitas avait raison, c’est pourquoi nous ne devons jamais cesser de nous souvenir. Nous souvenir du 24 avril 1915 à Constantinople, où 600 intellectuels Arméniens furent assassinés, le début du premier génocide du XXe siècle. Vous en avez rappelé les chiffres, vous en avez rappelé toutes les atrocités.

Nous souvenir que le meurtre contre la culture annonce toujours celui contre l’humanité. Nous souvenir de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants, morts de faim, de froid et d’épuisement sur les routes de la déportation. Nous souvenir enfin des survivants que furent vos parents, vos grands-parents. Débarqués à Marseille après être passés par le Liban, l’Egypte où la Grèce, ils sont arrivés dans une France qui avait nourri leur éducation et leur imagination, une France qui, par la voix de Georges Clémenceau, d’Anatole France, de Jean Jaurès, dénonçait les massacres des Arméniens dans l’Empire ottoman qualifiant le génocide dès le 25 mai 1915, avec le Royaume-Uni et la Russie, de crimes contre l’humanité et contre la civilisation.

Au sortir de la Grande Guerre pourtant, les Français ne comprirent pas toujours la tragédie arménienne. Estampillés comme apatride parce que leur pays avait disparu, les Arméniens ont pour beaucoup connu les camps, les logements précaires d’une France exsangue qui les fit attendre parfois des dizaines d’années, jusque dans les années 1950, avant qu’ils n’obtiennent la nationalité française, alors qu’ils avaient déjà tant apporté au pays.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Arméniens d evenus français ou restés apatrides avaient nombreux rejoint la Résistance. Ils connaissaient le prix de la liberté, ils mesuraient les menaces dont était porteur le régime nazi. Certains avez lu les 40 jours du Musa Dagh de Franz Werfel publié en 1933 pour alerter le monde qu’un génocide, celui des Arméniens avait eu lieu et qu’un autre était imminent. Et en évoquant la figure de Missak Manouchian, Arménien réfugié en France, poète et résistants. Paul Eluard disait dans Légion, « Ces étrangers, comme on les nommait encore, avaient dans leur sang, le sang de leurs semblables et savaient quelle était leur patrie ».

Tous au fond ont pu se reconnaître dans la chanson de Charles Aznavour sur les émigrants, bâtissant un temple à temps perdu, ils ont tenu, déterminés pour leurs enfants à faire un monde diffèrent. Ils ont reconnu leur parcours de vie et leurs espoirs dans ses chansons. Dans les films d’Henri Verneuil, que vous citiez tout à l’heure, rester au plus profond de lui-même, Verneuil ou Manouchian, ce petit réfugié ne parlant pas français débarquant à 4 ans sur le quai de la Joliette.

Ils étaient tous des fils et des filles de France qui lui ont tant apporté chacun sa manière comme vous le faites aujourd’hui. Ils étaient où sont vos parents, vos grands-parents. Alors oui, vous pouvez être fiers d’eux et la France leur est reconnaissante parce que ces réfugiés nous ont appris à mieux regarder l’histoire, la leur, mais surtout la nôtre, car nous avons compris quelles espérances la France pouvait nourrir chez les exilés et nous avons compris le surcroît de force que des exilés peuvent apporter à la France.

Nous avons ainsi reçu une grande leçon d’humanité, une grande leçon aussi de fidélité en ne se contentant pas de se souvenir mais, en revendiquant comme Serge et Beate Klarsfeld l’ont fait sur la mémoire de la Shoah, en faisant, selon leurs propres mots, ce qui leur semblait juste, sur le long chemin vers la protection morale de l’humanité, avec les moyens du droit, de l’éducation et de la connaissance.

Ce combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat à tous. Nous le menons par la mémoire en soutenant l’inscription au calendrier républicain d’une journée de commémoration du génocide, c’est un engagement que j’ai pris lors que j’étais candidat et que je confirme devant vous aujourd’hui.

Nous le menons par le droit, comme ce fut fait en 2 001, en inscrivant dans la loi la vérité historique du génocide arménien, nous le menons en luttant contre le négationnisme comme vous l’avez fait avec le Parlement français, dans la même démarche que celle du Parlement allemand en 2016, pour la pénalisation de la négation du génocide. Et il est essentiel en effet que la représentation nationale se ressaisisse dans les prochains mois de ce sujet et à nouveau le porte...

Et ces combats, vous l’avait parfaitement rappelé tout à l’heure, dans votre propos introductif, n’épuisent pas le rapport à l’histoire qui lui continuera, mais ces liens de la mémoire, du droit et de l’histoire sont constants et la reconnaissance et la place que chacune et chacun prend dans la République, et qu’elle doit à toutes ces vies minuscules et majuscules, toutes ces vies de Républicains.

Tous les combats que nous menons avec vous ne sont pas purement rétrospectifs, par votre action, vous nous obligez à regarder en face notre présent et à ouvrir les yeux sur les tragédies de notre temps. Vous les avez aussi évoquées, que cela soit le nettoyage ethnique en Birmanie, la traite des être humains en Libye et la persécution des minorités au Moyen-Orient, les millions de réfugiés qui fuient depuis tant d’années, les crimes contre l’humanité commis en Syrie, les leçons de la tragédie arménienne restent vivaces pour la France aujourd’hui.

Comme elle a accueilli hier les Arméniens, fuyant le génocide, c’est l’honneur de la France d’accueillir les réfugiés et de se donner le moyen de le faire avec dignité. Je sais tous les débats qui parcourent aujourd’hui notre pays, parce que ce sujet n’est pas simple, parce que lorsqu’on parle de migrants avec ce mot générique qui recouvre tant de réalité, on parle en effet de femmes et d’hommes, qui fuyant comme vos parents ou vos grands-parents, puis la menace politique, le risque, la déstabilisation. On parle aussi d’autres formes de migration économiques, diverses et je sais la tension éthique permanente quand il nous faut distinguer cela. Je sais aussi que la nation qui est la nôtre ne peut pas ne pas distinguer ces réalités, qu’elle doit les regarder en face dans leur vérité historique et contemporaine et qu’elle doit tout à la fois tenir ce qui fait notre nation, préserver un droit et des frontières, des règles et être à la hauteur de son devoir d’humanité, comme je m’y suis toujours engagé pour accueillir celles et ceux qui fuient dans leur pays, la menace politique, le génocide, la violence ethnique, religieuse ou tout autres.

C’est pour cela, par ce bon usage de la mémoire, que nous avons décidé de prendre aussi toutes les dispositions pour le faire. Il est du devoir de la France d’aller chercher les réfugiés en Turquie, au Liban, en Jordanie, au Niger, au Tchad, en les évacuant de Libye pour leur éviter le chemin de la mort, ceux même que vous rappeliez tout à l’heure avec ce trait d’humour, évoquant la montagne, qui fait que cette montagne, votre grand-mère, c’est aujourd’hui le Sahel et le Sahara, la Libye ou la Méditerranée pour tant d’autres.

Nous avons décidé depuis le mois d’août dernier, d’aller chercher ces femmes et ces hommes, celles et ceux qui avaient droit à cette protection de la République, au plus près des théâtres d’opérations, au plus près du risque, de la menace pour leur éviter ces chemins de la mort et leur offrir la protection à laquelle ils ont droit.

C’est le rôle de la France d’affirmer ses priorités à cet égard. Et ce que vous avez vécu dans vos vies interroge légitimement, celui qui aujourd’hui a à décider, il n’y a jamais de choix facile en la matière. Et parfois ce qu’on croit être les bons sentiments ne conduit pas non plus à la bonne politique. Mais c’est cette exigence morale au regard de l’histoire qui est aujourd’hui face à nous, réapparaissant sous d’autres formes.

C’est aussi le rôle de la France d’affirmer ses priorités sur la scène internationale et de se poser en première ligne du combat pour la paix, de regarder le monde tel qu’il est, sans rien céder sur notre exigence de justice et de respect d u droit.

Voilà comment nous respectons en vérité la mémoire de ceux qui ont fait face aux tragédies de l’histoire. Je vous ai entendu à l’instant et dans votre émotion, j’ai senti vos histoires et ellessont légitimes. Mais je veux essayer de vous expliquer quel est le choix que je fais, que je porte notre pays.

Sur la Turquie, j’ai engagé un dialogue régulier et exigeant avec le président Erdogan. Je ne mésestime rien de tout ce que vous avez rappelé.

Je n’ignore rien de tout ce que vous avez rappelé. Je lui ai chaque fois dit à Paris ou ailleurs ce qu’il en était. Nous avons à chaque fois d’ailleurs aussi obtenu des résultats, libérant des journalistes par la pression et ce dialogue constant. Alors je sais que plusieurs d’entre vous doutent de l’utilité, voire du bien-fondé d’un dialogue avec la Turquie, mais j’estime pour ma part que cela condamnerait le message de la France à n’être en quelque sorte qu’une injonction raisonnant dans le vide ou raisonnement dans des salles acquises. Je pourrais vous dire ce soir, tout ce que vous avez rappelé sur la Turquie et qui est vrai, mais quelle serait l’utilité de ces déclarations ? Aucune.

Je sais que ce dialogue exigeant, parfois à l’abri des médias m’a déjà permis d’avoir des résultats concrets, réels, alors vous avez rappelé l’un et l’autre parfaitement la situation. J’en hérite et elle est le fruit de la géographie et d’une série de décisions qui n’appartiennent à personne. Mais elle est là, nous avons besoin de la Turquie, l’Europe, la France n’a pas été motrice à cet égard, elle a suivi une décision poussée par d’autres, l’Europe a décidé que la Turquie serait un de ses alliés pour gérer la crise migratoire. La Turquie à plusieurs millions de réfugiés comme aujourd’hui, le Liban et la Jordanie, mais cette situation fait que pour notre sécurité collective, ce dialogue est nécessaire et la coopération est indispensable. Pour notre sécurité dans une région qui, quoique éloignée de plusieurs milliers de kilomètres, chaque jour et dans notre intimité puisque je vous rappelle que les attentats de novembre 2015 furent fomentés à Harakat, nous avons besoin d’alliés, y compris ceux qui ne partagent pas nos valeurs et nos priorités et je le sais parfaitement.

Mais au-delà de ce sujet, nous avons le combat pour la tolérance, les droits de l’homme à continuer à mener, le combat pour la culture et vous l’avez dit pour la reconnaissance du génocide et ce combat se mène aussi dans ce dialogue exigeant avec la Turquie. En soutenant d’abord les voix courageuse de ceux qui s’élèvent, vous l’avez aussi rappelé. Ne plus rien faire, ne plus rien dire, ne plus parler, condamner pour ne plus jamais avoir à discuter, c’est décidé en quelque sorte de laisser les quelques voix qui s’élèvent et nous en avons ici présents avec nous, cher Garo, comme vous, c’est les laisser seuls, c’est les laisser soit dans l’obligation de quitter le pays pour continuer à s’élever, soit face à un régime qui se refermerait encore davantage sur lui-même. Alors j’assume là aussi ce déséquilibre. J’assume ce choix plus difficultueux peut-être que les propos d’estrade, mais qui consiste à continuer à parler, à dire les choses, à obtenir des résultats.

C’est sans doute un travail de centimiers, c’est peut-être moins glorieux, l’espace d’un soir que des grandes déclarations, mais je pense que c’est plus utile, y compris pour la cause que vous poursuivez.

Je pense que c’est plus utile parce que c’est aussi permettre à ces femmes et ces hommes qui portent la culture, la contestation sur le champ politique, universitaire, dans des ONG, dans le monde culturel, c’est leur permettre de continuer à avoir des gens qui viennent les voir, des voix qui leur permettent de sortir, une reconnaissance sur toutes celles et ceux dont vous avez rappelé la vie aujourd’hui et qui sont en prison en raison de leur combat, nous avons des discussions permanentes, croyez-le bien, qu’ils soient journalistes, président d’ONG, universitaires et, pour certains, je l’ai évoqué publiquement. Pour d’autres soucieux de leur propre sécurité, je l’ai évoqué au moment et à l’en droit où je devais le faire, nous continuerons à nous battre. Parce que des gens comme vous, cher Garo, militant des droits de l’homme ont besoin de ce soutien, ont besoin que nous continuions, étape après étape, à consolider votre rôle et comme vous, je suis soucieux de sa sécurité et comme vous, je suis soucieux que progressivement sa voix puisse porter et l’emporter.

Le 23 novembre dernier, j’ai remis le prix de la Fondation Chirac à l’épouse de Hrant Dink, héros de la liberté, lucidement et réellement engagé dans la promotion du dialogue entre les Arméniens et les Turcs, mais aussi au sein de la société turque pour y renforcer la culture du débat démocratique. Il a payé son combat de sa vie, il le savait. Il connaissait le risque. Son épouse perpétue ce combat par une fondation qui porte la voix du pluralisme, elle sait aussi cette part de risque. C’est un combat pour la paix et c’est un combat aux côtés duquel nous continuerons à œuvrer.

J’ai une pensée ce soir aussi pour Osman Kavala qui a joué un rôle essentiel dans cette fondation, cet infatigable défenseur des libertés publiques et des droits des minorités en Turquie et je continuerai à soutenir toutes les initiatives en faveur de ce dialogue si essentiel, entre les sociétés civiles turques et arméniennes, entre toutes nos sociétés civiles, académiques, culturelles parce que c’est ce qui permettra de faire non seulement avancer le devoir universel de mémoire et cet autre nécessaire pour que la reconnaissance mutuelle et le pardon possible, mais parce que c’est aussi la chance laissée à celles et ceux qui se battent.

Je vous ai entendu aussi m’interpeller sur le Haut-Karabakh, je ne mésestime rien de cela, je vais être à nouveau vous décevoir mais, je ne vous accompagnerais pas. Non. Mais vous pourriez, je pourrais vous dire, c’est tellement facile, on a tellement fait, je pourrais vous dire ce soir ce que vous voulez entendre, non pas que je pense que votre combat en quoi que ce soit est illégitime, je pense qu’il est essentiel, mais je pense aussi au rôle que la France doit jouer, de la même façon, quel est notre rôle utile ? De construire le compromis indispensable, de permettre une solution. Si je vais avec vous dans ce geste de générosité que vous me proposez, à la seconde même je perds ce que la France a d’utile dans ce conflit, celle d’être un médiateur, celle de pouvoir être entendue aujourd’hui des deux parties, celle lorsque le président arménien se rend à Paris la semaine dernière et que je parle de compromis, de pouvoir être entendu de part et d’autre de la frontière et de faire bouger certains.

Mais quelle est l’utilité du président de la République française ? D’aller vous accompagner dans un voyage qui vous ferait sans de plaisir, et moi aussi, ou d’essayer d’œuvrer à ce compromis, de prendre la part de notre responsabilité en tant que coprésident du groupe de Minsk, c’est ce que j’ai dit au président Sarkissian la semaine dernière. C’est ce rôle que nous continuerons à jouer, parce que c’est l’utilité de la France dans la région, dans ce conflit.

Alors j’entends votre indignation, je sais l’histoire je sais la morsure de l’histoire sur celles et ceux qui vivent dans cette région, et cette morsure qui aussi se porte dans vos mémoires et dans vos vies, je sais le rôle utile que la France peut jouer, et que j’entends jouer dans cette situation. Alors je vais vous répondre différemment, j’espère venir avec vous le jour où nous auront réglé tout cela, parce que nous aurons été utiles.

Parce que le statu quo n’est pas une option, là aussi, et qu’au moment où les négociations reprennent ou la fin de l’année dernière nous a laissé quelque espoir, la détermination de la France est entière pour permettre avec la Russie et les Etats-Unis d’œuvrer à une solution négociée, je pense que c’est aujourd’hui possible, il y a eu des premiers gestes faits depuis le mois d’octobre, ce sont ceux-là que nous devons encourager, et c’est là que je mettrai l’énergie de la France.

Cela supposera de la part de tous un sens du compromis, une réelle volonté de réconciliation, et nous sommes prêts à jouer notre rôle, à cet égard. De mon échange de grande qualité avec le président Sarkissian, je retiens un message essentiel, que je voulais aussi ce soir vous adresser : nous avons besoin de la diaspora arménienne de France pour donner un éclat nouveau à notre relation. Nous avons un avenir commun à écrire, à construire.

De sa fidélité à ses origines, la diaspora arménien a fait une force, vous l’avez parfaitement rappelée et parfaitement illustrée, celle d’avancer et de construire. L’autre source de cette force, c’est la République française qui lui a donné au fil du temps toute sa place et toute sa dignité. Ce lien entre deux fidélités est précieux, parce qu’aucune de ces fidélités ne retranche quoi que ce soit à l’autre, ce lien est précieux pour préparer un avenir meilleur, et l’année qui vient offrira maintes occasions de le célébrer.

En mai, l’Arménie célébrera le centenaire de sa première indépendance, auquel se rendra Jean-Yves Le Drian pour montrer que nous sommes toujours là aux côtés de l’Arménie face aux défis qu’elle doit relever pour son développement et sa sécurité dans une région troublée. En octobre, Erevan célèbrera ses 2800 ans, elle nourrit avec Paris une amitié éternelle, madame la Maire l’a rappelée. Ces deux villes apprennent sans cesse l’une de l’autre, et je salue l’annonce faite par Anne Hidalgo, la semaine dernière, en présence du président, de l’ouverture d’une école TUMO du numérique qui permettra à des jeunes de se former à la programmation et au code, de cette inspiration que vous avez évoquée tout à l’heure.

Et au-delà même de l’utilité profonde, c’est un symbole, comme vous l’avez souligné, Madame la Maire, il y a quelques jours, de l’esprit qui nous anime, ne rien oublier du passé et trouver dans l’exemple de la force, qu’ont eue les survivants, l’élan pour avancer vers l’avenir, vers l’innovation. Et je salue également l’ouverture annoncée à Paris d’un centre de la culture et de la mémoire arménienne, auquel j’apporterai également mon soutien.

Viendra ensuite la visite d’Etat que j’effectuerai en Arménie, juste avant le sommet de la Francophonie. En octobre, l’Arménie accueillera le plus grand événement jamais organisé depuis son indépendance dans une région qui n’appartient pas à la Francophonie historique, mais où elle n’aspire qu’à se développer, et j’appelle chacun d’entre vous à participer au succès de ce grand moment, parce que vous avez un rôle particulier à jouer pour la préparation et la réussite de cet événement, pour que, au-delà de l’organisation de ce sommet, l’Arménie joue tout son rôle au sein de la Francophonie, pour la rebâtir dans l’intimité du pays, de ses projets de son avenir.

Ce doit être pour nous l’occasion de promouvoir la langue française en Arménie, qui a reculé au cours des dernières années, nous pouvons nous appuyer sur l’université française en Arménie, qui forme avec l’université Lyon III, en soutien, cher Georges, la future élite francophone du pays, dont la majorité des diplômés sont des femmes. Je salue aussi l’ouverture à la rentrée prochaine, en partenariat avec l’université Paul Paul-Sabatier de Toulouse, de la nouvelle filière mathématiques et informatiques de l’université française, qui permettra d’accompagner l’essor des nouvelles technologies en Arménie.

Et j’ai noté l’engagement de la présidente de la région Ile-de-France d’œuvrer à cette construction bilatérale dans les mois qui viennent avec les grandes universités de la région. Je souhaite que cette université se développe et s’internationalise pour ce qui est justement de notre université française en Arménie, en accueillant des étudiants de toute la région, comme je souhaite que se développe notre école française afin que l’Arménie dispose enfin d’une offre éducative complète en langue française, de la maternelle à l’université. Je vous sais, Messieurs, les Ambassadeurs, pleinement engagés dans ce combat, nous prendrons les décisions en conséquence pour que ce combat ait les résultats auxquels je me suis engagé.

J’ai demandé aussi au président Sarkissian son concours pour que nos établissements trouvent de nouvelles implantations qui leur permettent de se développer et de contribuer à l’ancrage de l’Arménie dans la Francophonie. Je souhaite aussi que ce sommet soit l’occasion de doter Erevan de la présence culturelle française qui lui manque. Le centre Charles Aznavour, qui ouvrira prochainement ses portes, pourra devenir la maison à partir de laquelle rayonnera la culture française en Arménie, en liaison avec nos opérateurs culturels et en lien, là aussi, avec vous tous.

Et je souhaite que dès l’automne prochain, nous puissions y apporter la démonstration concrète d’une présence renforcée et renouvelée. Enfin, je vous invite à devenir les acteurs du développement des relations économiques entre la France et l’Arménie, car nos échanges ne sont pas à la hauteur aujourd’hui de notre relation politique, dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, de la santé, des nouvelles technologies, nous devons faire plus en Arménie, d’autant que ce pays dispose d’un accès direct à l’espace économique eurasiatique, à l’Iran, et vient de signer un accord de partenariat renforcé avec l’Union européenne.

Nous avons décidé avec le président d’organiser à l’occasion du sommet un forum économique qui permettra de créer un réseau mondial d’entrepreneurs francophones. Autour de ces projets, ce que nous préparons, c’est un nouveau départ concret pour l’Arménie avec toutes celles et ceux qui œuvrent pour la relation bilatérale et pour le développement culturel, économique de la Francophonie dans ce pays.

Quand je regarde l’assemblée de ce soir, je reconnais des entrepreneurs, des médecins, des universitaires, des professeurs, des architectes, des journalistes, des artistes, des acteurs de la vie politique, économique et intellectuelle de notre pays, je vois autant de forces vives prêtes à se mobiliser pour que la France réussisse sa relation avec l’Arménie et qu’elle le fasse, comme le dit l’artiste qui nous manque, parce qu’il est à nouveau en tournée ce soir, dans la langue de Molière, je sais que beaucoup d’entre vous, à l’instar du président du groupe d’amitié France-Arménie à l’Assemblée, présent lors de cette visite bilatérale de la semaine dernière, je sais que beaucoup d’entre vous pensent dans ces moments-là à leurs parents, à leurs grands- parents, à leur famille.

Je sais que beaucoup se disent qu’il leur revient aujourd’hui de maintenir ce fil en s’engageant à leur tour dans l’histoire des relations franco-arméniennes. C’est un engagement intime, et comme toujours depuis le début, c’est aussi un engagement pour la France. Alors à tous, je veux dire que oui, nous serons fidèles au message de Komitas, ne prendront soin des enfants, des enfants d’Arménie pour qu’ils construisent un avenir fécond avec la France, des enfants de France en construisant un pays fort, confiant en lui, ouvert sur le monde et ami de l’Arménie, des enfants du monde, en nous battant ensemble pour que chacun ait accès à l’éducation, l’emploi, à une place.

Toutes les violences et les tragédies qui ont jalonné l’histoire de l’Arménie comme l’histoire de la France ont eu leurs sources communes dans le déni d’humanité, notre parcours commun nous a appris tout ce qu’il est possible de construire, dans le respect et la confiance, c’est de cela que le monde a besoin, et c’est pour cela que l’amitié entre la France et l’Arménie ne cessera jamais. Je vous remercie.

posté le 8 mars 2018 par Claire/armenews

Photo : Krikor Djirdjirian.



DIPLOMATIE
L’Arménie défend le président français contre les critiques turques

Le président français Emmanuel Macron accueille son homologue arménien Serge Sarkisian avant une réunion à l’Elysée à Paris, le 23 janvier 2018.

L’Arménie a dénoncé vendredi la réaction violente de la Turquie à la dernière déclaration du président français sur le génocide arménien de 1915 dans l’Empire ottoman.

S’adressant aux membres éminents de la communauté arménienne de France au début de la semaine, Emmanuel Macron s’est engagé à consacrer une journée officielle de commémoration pour quelque 1,5 million d’Arméniens massacrés par les Turcs ottomans pendant la Première Guerre mondiale. La France a officiellement reconnu les massacres comme un génocide avec une loi spéciale adoptée en 2001. Le président français a également signalé son soutien à une autre loi française qui criminaliserait les dénégations publiques du génocide, loi pour laquelle la communauté franco-arménienne a activement milité.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a qualifié les propos de Macron de « populistes ». « Le génocide est un terme légal et non politique ... Si la France est attachée à la loi, elle ne doit pas soulever de telles questions ». Ankara a toujours nié un effort gouvernemental prémédité pour exterminer la population arménienne de la Turquie ottomane.

Le ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian a rejeté les critiques turques contre le président Macron dans un communiqué de presse au service arménien de RFE / RL (Azatutyun.am) : « Au lieu de qualifier de populistes ceux qui reconnaissent le génocide arménien, Ankara doit abandonner le dangereux populisme de sa politique négationniste et avoir le courage d’affronter son propre passé », a-t-il déclaré. Edouard Nalbandian a fait valoir que parmi les deux douzaines de nations qui ont officiellement reconnu le génocide se trouvent l’Allemagne et l’Autriche, alliés de l’Empire ottoman pendant la guerre de 1914-1918. Il a également cité la position sur ce sujet de l’Association internationale des chercheurs en génocide qui, en 2017 avait déclaré : “L’histoire du génocide arménien est sans ambiguïté et documentée par des preuves accablantes ».

« La France sera toujours aux côtés de l’Arménie », avait déclaré le chef d’Etat français après sa rencontre avec le président arménien Serge Sarkisian le 23 janvier dernier à Paris , évoquant des « liens profonds » entre les deux pays.

posté le 5 février 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



PARIS
Garo Paylan acclamé au dîner du CCAF, en présence d’Emmanuel Macron

Pour sa cinquième édition, le dîner du CCAF s’inscrit plus que jamais comme un rendez-vous incontournable pour la communauté arménienne de France... Et même au-delà : cette année, le député turc Garo Paylan avait fait le déplacement pour discuter avec Emmanuel Macron, et recevoir la médaille Vermeil des mains de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

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Anne Hidalgo, Garo Paylan, Ara Toranian © Claire Barbuti.

Une récompense amplement méritée pour le courageux homme politique d’opposition, longuement et à plusieurs reprises applaudi par les 500 personnes présentes dans la salle de réception de l’hôtel du Collectionneur ce mardi 30 janvier 2018.

Il y en a un qui est en immense danger aujourd’hui en Turquie. Et il est là ce soir, avec nous ! Je veux parler de Garo Paylan “, a ainsi dit en préambule Mourad Papazian, coprésident du CCAF. “Votre vie est en danger tous les jours. Vous êtes un héros de la démocratie, des droits humains“ : en lui rendant la plus haute distinction de la capitale, Anne Hidalgo a voulu prouver qu’“à chaque fois que vous aurez besoin de nous, les Arméniens seront là, et Paris sera là“. “Merci d’être là, merci pour l’action que tu mènes“, lui a lancé Mourad Papazian, un merci largement partagé par l’ensemble des personnes présentes qui se sont pressées à ses côtés pour lui dire quelques mots et le soutenir dans son action indispensable au sein de l’opposition démocratique du Parlement turc.

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Garo Paylan, Ara Toranian, Emmanuel Macron, Mourad Papazian © Claire Barbuti.

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Garo Paylan et Costa-Gavras en grande conversation à la table d’honneur © Claire Barbuti.

A ses côtés à la table d’honneur, d’un côté le réalisateur Costa-Gavras, sensible à la cause arménienne, mais également Serge et Beate Klasfeld qui ont reçu la médaille du courage du CCAF des mains du coprésident Ara Toranian, pour leur combat mené, un combat de justice et de mémoire.

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Le couple Klasfeld © Claire Barbuti.

Nous avons toujours été aux côtés du peuple arménien, a assuré Serge. Et nous militons aussi pour qu’Israël fasse son possible pour la reconnaissance. Nous espérons également que la loi réprimant la négation du génocide arménien sera votée en France, au même titre que celle qui protège la communauté juive.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a également parlé de cette loi dans son discours d’une trentaine de minutes : “ Il faut lutter contre le négationnisme (...) Il est essentiel que la représentation nationale se ressaisisse dans les prochains mois de ce sujet “. Une nécessité d’autant plus urgente que, comme l’a souligné le maître de cérémonie André Manoukian en s’appuyant sur les écrits de Paul Ricœur (La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli) : “Nous, les Arméniens, si nous voulons appliquer le principe du pardon, il n’y aurait personne à qui pardonner puisque la Turquie nie toujours“.

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Ara Toranian au micro, et les membres du CCAF © Claire Barbuti.

Ara Toranian a insisté sur l’importance d’une telle loi de pénalisation, “comme l’est l’inscription officielle dans le calendrier républicain des commémorations du 24 avril ou l’enseignement du génocide dans les programmes scolaires selon les termes préconisés par la mission de Vincent Duclert“. Sur ce premier point aussi, le président Macron a pris des engagements : “ Pour le devoir du mémoire, nous soutenons au calendrier républicain l’inscription d’une journée de commémoration du génocide. C’est un engagement que j’ai pris quand j’étais candidat, et je le confirme ce soir“.

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Le maître de cérémonie André Manoukian, ici en compagnie de Mathieu Madénian et Stéphane Hasbanian © Claire Barbuti.

François Hollande a fait un travail remarquable pour la cause arménienne. Nous comptons sur vous pour ramasser sa flèche et la lancer encore plus loin “, a souligné André Manoukian dans une formulation poético-juste dont il a le secret. Le musicien et homme de télévision s’est illustré tout au long de la soirée par ses prises de parole lyriques, personnelles et humoristiques. Il a notamment rendu un hommage à sa grand-mère, “ à qui je dois sans doute mon amour immodérée pour la montagne. C’était une championne de randonnée. Elle a fait Amasya/Deir ez-Zor, soit 1000 kilomètres à pieds, avec ses soeurs, dont elle maculait le visage de boue pour ne pas qu’elles se fassent enlever... Mais ces histoires vous les connaissez tous “, car elles sont celles de chaque Arménien présent dans la salle.

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Les coprésidents du CCAF avec Patrick Devedjian et Georges Képénékian © Claire Barbuti.

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Le député Jacques Marilossian et le représentant de l’Artsakh en France, Hovannes Guevorkian © Claire Barbuti.

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Le maire d’Alfortville Michel Gerchinovitz et le député Luc Carvounas © Jean Eckian.

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Avec René Rouquet © Claire Barbuti.

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Rémy Makinadjian Valérie Boyer © Claire Barbuti.

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Pascal Chamassian et Jean-Marc Germain © Jean Eckian.

Dans la salle justement, on peut signaler la présence des deux ambassadeurs, Viguen Tchitetchian et Jonathan Lacôte, d’élus d’origine arménienne (le maire de Lyon Georges Képénékian, Patrick Devedjian, les députés Danièle Cazarian et Jacques Marilossian “content d’être là, pour mon premier dîner du CCAF qui a une grande importance“, ...) ou non (Luc Carvounas, Valérie Boyer, René Rouquet, François-Michel Lambert, de nombreux nouveaux députés d’En Marche, ...), de personnalités religieuses, de journalistes (Laurent Joffrin, Daniel Bilalian, Audrey Pulvar, Georges Malbrunot, Valérie Toranian, ...) ou encore d’artistes (Lévon Sayan, Alain Terzian, Mathieu Madénian, Robert Kéchichian, ...).

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Avec Audrey Pulvar © Claire Barbuti.

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Avec Levon Sayan et Liz Sarian © Jean Eckian.

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Robert Kéchichian et Michel Chahinian © Claire Barbuti.

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Le président de la République avec le journaliste Daniel Bilalian, et les deux ambassadeurs © Claire Barbuti.

Tous les combats que nous menons avec vous ne sont pas purement rétrospectifs, a continué le chef de l’Etat, une myosotis épinglée sur sa veste. Par votre action, vous nous obligez à regarder en face notre présent, et à ouvrir les yeux sur les tragédies de notre temps“, parlant notamment de la Birmanie, de la Libye, de la Syrie, face notamment à Patrick Karam, président de la Chrédo, et Elise Boghossian, tous les deux présents dans la salle. “Comme elle a accueilli hier les Arméniens fuyant le génocide, c’est l’honneur de la France d’accueillir les réfugiés aujourd’hui“, a assuré Emmanuel Macron, en venant au dialogue qu’il a engagé avec la Turquie : “ Nous avons besoin de la Turquie “.

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Avec Patrick Karam © Claire Barbuti.

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Essaï Altounian, Elise Boghossian et son mari © Jean Eckian.

Ce qu’Ara Toranian a nuancé : “ On nous dit que nous avons besoin de la Turquie. Sans doute. Mais en tout cas pas d’une Turquie qui menace ses voisins, qui occupe Chypre, un Etat membre de l’union européenne, qui jette ses journalistes en prison, qui compte aujourd’hui 55000 prisonniers politiques, qui a licencié 160 000 fonctionnaires pour délit d’opinions et qui fait la guerre aux Kurdes à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières, y compris ceux qui combattaient Daech au sol. Ce à quoi Emmanuel Macron, qui a reçu Erdogan a l’Elysée il y a moins d’un an, a pu persister : “ J’assume le choix de continuer à parler, à dire les choses, à obtenir les résultats. J’assume ce déséquilibre, ce choix plus difficultueux, moins glorieux que de grandes déclarations mais plus utile“.

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Ara Toranian et Emmanuel Macron © Claire Barbuti.

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© captation CCAF

Autre sujet qui a cristallisé les discussions hier soir : l’Artsakh et sa sécurité. “ Ce soir, je voudrais vous emmener ailleurs. Venez avec moi au Karabagh “, a interpellé Mourad Papazian au président de la République, qui a rebondi sur ces paroles dans son propre discours : “ Je ne vous accompagnerai pas (...) Je pense que votre combat est essentiel. Mais je pense aussi au rôle de la France, qui est de construire le compromis indispensable. J’espère venir le jour où nous aurons régler tout ça, car le statut quo n’est pas une option.

L’intégralité du discours d’Emmanuel Macron :

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Ara Toranian a conclu par un désir : “ En ce qui concerne l’Arménie, monsieur le président, je n’émettrai qu’un souhait : qu’on la laisse seulement vivre ! Elle possède en elle toutes les ressources pour relever les défis de l’avenir, dans de nombreux domaines, dont celui des hautes technologies, comme l’a indiqué Anne Hidalgo.

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Anne Hidalgo © Jean Eckian.

Car en effet, deux autres personnalités politiques avaient pris la parole en début de soirée, souhaitant toutes deux développer davantage de partenariats avec l’Arménie, et particulièrement Erevan. Tout d’abord, la maire de Paris a rappelé à quel point la capitale arménienne a été “ l’un de ses plus enrichissants séjours à l’étranger “, et a redit qu’une école TUMO verrait bien le jour en septembre prochain à Paris, précisant qu’elle se situera dans le Forum des Halles. Mais elle a surtout annoncé que l’allée Zabel Essayan (à la limite entre le 11e et le 20e arrondissement de Paris) serait officiellement inaugurée le 8 mars prochain.

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Valérie Pécresse © Jean Eckian.

Puis c’est Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, qui a fait également une annonce : “ Grande honte pour nous, aucune université francilienne n’a encore à ce jour de partenariat avec une université arménienne. Je m’engage solennellement à revenir ici l’année prochaine avec un partenariat signé ! “.

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La table d’honneur © Claire Barbuti.

Les vidéos des discours d’André Manoukian, Anne Hidalgo et Valérie Pécresse :

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S.E.M. Bernardino Regazzoni, ambassadeur de Suisse en France et en principauté de Monaco, Monsieur Nikolaï Sarkisov, Consul général d’Arménie à Ville de Lyon, Madame Gayane Manukyan, consule au Consulat général d’Arménie à Lyon Լիոնում ՀՀ գլխավոր հյուպատոսություն, le député LREM de la 2e circonscription de la Loire, Monsieur Jean-Michel Mis, Raffi H. Krikorian, président CCAF Centre, Jeanine Paloulian, CCAF Centre et adjointe en charge du patrimoine de Montbrison, Rhone-Alpes. Et des convives représentants “les forces vives de la Nation“, comme le précise le président Macron : la fonction publique, l’éducation nationale, l’énergie, l’industrie automobile, la finance © Jean Eckian

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Garo Paylan et Jonathan Lacôte, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la France auprès de la République d’Arménie © Jean Eckian

posté le 31 janvier 2018 par Claire/armenews

Claire Barbuti



VISITE DE SARKISSIAN A PARIS
Macron sera en Arménie pour le sommet de la francophonie en octobre

Paris, 23 jan 2018 (AFP) - Emmanuel Macron effectuera en octobre en Arménie une visite d’Etat qui coïncidera avec le sommet de la francophonie, a-t-il annoncé mardi en recevant le président arménien Serge Sarkissian.

Cette visite permettra de renforcer la “relation particulière“ entre l’Arménie et la France, où vit une large diaspora arménienne, a déclaré le président français à l’issue d’un déjeuner avec son homologue à l’Elysée, auquel Charles Aznavour, invité, n’a pu assister pour cause de concert à Marseille.

En marge du 17e sommet de la francophonie, se tiendra un “grand forum économique francophone“, a précisé M. Sarkissian, qui préside l’Arménie depuis 2008. “Pour nous, la francophonie n’est pas une simple structure, elle est surtout une communauté (...) qui a joué un rôle singulier dans l’Humanité“, a-t-il dit.

A Erevan, Emmanuel Macron espère visiter le musée Charles Aznavour, actuellement en construction, saluant le chanteur de 93 ans comme “le trait d’union vivant entre la France et l’Arménie“.

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Le chef de l’Etat français a par ailleurs jugé “encourageante“ la reprise des négociations en Arménie et en Azerbaïdjan dans le conflit sur le Haut-Karabakh, peuplé en majorité d’Arméniens et que se disputent les deux pays depuis des années. “Elle doit être maintenant être suivie d’effets sur le terrain“, a-t-il souhaité, en précisant que Paris était disposé à aider, “en partenariat avec les Russes et les Américains“.

M. Sarkissian a assuré qu’Erevan tenait “ses engagements de poursuivre les négociations“ mais souhaité que la “lutte pour son autodétermination de la population du Haut-Karabakh“ soit “couronnée de succès“.

posté le 24 janvier 2018 par Claire/armenews


TURQUIE
Erdogan ne trouve « rien de négatif » aux commentaires de Macron

Ankara, 1 sept 2017 (AFP) - Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé vendredi qu’il ne voyait “rien de négatif“ dans des propos du président français Emmanuel Macron qui affirmait être “obligé“ de devoir parler avec son homologue turc “toutes les semaines“.

Dans un entretien fleuve paru jeudi dans l’hebdomadaire français Le Point, M. Macron a revendiqué “un discours de vérité et de pragmatisme“ avec ses homologues étrangers, affirmant évoquer tous les sujets, y compris ceux “qui fâchent“.

“La scène internationale n’a pas grand chose de cool“, avait commenté le président français. “Je suis aussi celui qui est obligé de parler avec (Recep Tayyip) Erdogan toutes les semaines, vous savez“, avait-il ajouté.

Ces commentaires avaient été repris dans les médias turcs, qui ont interrogé M. Erdogan après la prière marquant le début de la fête musulmane du sacrifice (Aïd al-Adha) vendredi matin.

“Je ne vois rien de négatif dans ce qui a été dit à ce magazine“, a tempéré M. Erdogan. “Bien au contraire : je pense que pour eux parler avec le président turc est une valeur ajoutée“.

“Je ne souhaite pas refuser des demandes d’entretien“, a-t-il également affirmé. “Je veux augmenter le nombre de nos amis et réduire le nombre de personnes qui portent un mauvais regard sur nous“.

Les présidents turc et français ont eu plusieurs échanges téléphoniques dernièrement, principalement à propos de la détention en Turquie du journaliste français Loup Bureau.

L’Elysée a fait savoir que le président français a réclamé dimanche la “libération rapide“ du journaliste, qui a notamment collaboré avec les chaînes TV5 Monde, Arte et le site Slate.

M. Bureau a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l’Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation “terroriste“ par Ankara) ont été trouvées en sa possession.

Il a été placé en détention provisoire le 1er août pour soupçon d’appartenance à “une organisation terroriste armée“.

posté le 1er septembre 2017 par Claire/armenews


FRANCE
Astrid Panosyan à la direction collégiale de La République En marche

Ils seront trois à incarner La République En marche (LREM), le mouvement fondé en avril 2016 par Emmanuel Macron : l’ancien député PS Arnaud Leroy, soutien de la première heure du président, la directrice générale d’Unibail-Rodamco Astrid Panosyan, ancienne conseillère du chef de l’Etat quand il était à Bercy, et la sénatrice de Paris Bariza Khiari ont été nommés à la direction transitoire de LREM à l’issue de la consultation des adhérents sur les nouveaux statuts du mouvement qui s’est achevée mercredi 16 août. Ceux-ci ont été adoptés avec un score « soviétique » de 90,6 % des voix, mais la participation n’a atteint que 32,1 %. Soit 72 066 votants sur les 224 640 adhérents remplissant les conditions requises (ancienneté de trois mois).

Astrid Panosyan, ancienne conseillère de Macron à Bercy, fait donc partie de cette direction collégiale de En marche. Sur son compte Twitter, elle a écrit : “C’est avec fierté que je rejoins la direction collégiale de @enmarchefr, premier mouvement politique de France. Un mouvement ouvert sur la société civile, moderne : c’est cela notre ambition.“

Elle est diplômée de l’École des hautes études commerciales (HEC) et de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris. Elle dispose également d’un Master of public administration de l’Université Harvard.

Après avoir été consultante d’AT Kearney, elle a travaillé au sein de la direction stratégie puis de la direction Business Support & Development Asie-Pacifique du GIE d’Axa. Elle a ensuite intégré Groupama, où elle a peu à peu gravi les échelons : tout d’abord en poste au sein des équipes de la direction générale internationale puis responsable des participations stratégiques à la direction financière de Groupama, elle a été responsable des participations stratégiques à la direction financière, puis chargée de mission auprès du directeur général de Groupama, et enfin secrétaire générale de Groupama.

Depuis 2015, elle est directrice générale fonctions centrales d’Unibail-Rodamco, le premier groupe coté de l’immobilier commercial en Europe. Elle est ainsi l’une des rares femmes à diriger une entreprise cotée au CAC 40.

posté le 18 août 2017 par Claire/armenews


BOUCHES-DU-RHONE
Yves Ternon président du comité de soutien de Pascal Chamassian en vue des législatives

En tant que président de son comité de soutien pour les élections législatives sur la 1ère circonscription des Bouches-du-Rhône, Yves Ternon sera présent lundi 29 mai aux côtés de Pascal Chamassian pour l’inauguration de son QG de campagne.

Ancien interne des hôpitaux de Paris, Yves Ternon a été chirurgien de 1959 à 1997. Depuis cinquante ans, il poursuit des recherches sur les génocides et les violences de masse du XXe siècle. Docteur en histoire (Paris IV-Sorbonne), il est également habilité à diriger des recherches (Montpellier III). Il est aussi président du Conseil scientifique international pour l’étude du génocide des Arméniens.

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Voici l’appel d’Yves Ternon lancé en faveur du candidat LREM, Pascal Chamassian :

“La France est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Entre des extrêmes qui spéculent sur les peurs et les détresses - bien réelles, il est vrai - de nos concitoyens et des partis moribonds qui n’ont eu de cesse de se déchirer, Emmanuel Macron incarne le renouveau. Pour appliquer son programme, le Premier ministre a besoin d’une majorité parlementaire. Dans la première circonscription de Marseille, Pascal Chamassian est le candidat de ce mouvement.

Je connais bien Marseille où je viens depuis plus de quarante ans faire des conférences sur les génocides du XXe siècle et, singulièrement, sur le génocide des Arméniens. Je connais bien Pascal. Pendant quinze ans, nous avons préparé ensemble et organisé l’évènement Amnésie internationale, une manifestation scientifique et culturelle destinée à informer sur les crimes contre l’humanité et à lutter contre le négationnisme. Nous avons contribué à l’élaboration et à l’adoption de la loi de janvier 2001 par laquelle la France reconnaissait le génocide arménien.

Mais ce n’est pas le membre d’une communauté, ce n’est pas le Français de mémoire arménienne que je soutiens aujourd’hui, mais le candidat de La République en marche. Je le soutiens parce que c’est un défenseur des droits de l’homme, parce qu’il est un homme de culture et de mémoire, qu’il a la compétence pour conduire une action politique et que je connais sa loyauté et sa moralité.

Député de Marseille à Paris, il soutiendra l’action du Premier ministre, il contribuera à assurer la place de la France en Europe et dans le monde, à garantir la sécurité des Français, à gérer dans la dignité l’accueil des migrants politiques, à sortir du cycle infernal de la montée du chômage, à rétablir un équilibre économique et, surtout, surtout, à faire comprendre à nos concitoyens que ce n’est pas dans la haine et les divisions, dans de misérables querelles intestines, mais dans l’effort commun qu’ils pourront redresser ce pays. C’est ce message que fera passer mon ami Pascal Chamassian si vous lui apportez votre soutien.“

Yves Ternon

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La Provence 28 mai
posté le 29 mai 2017 par Claire/armenews


TEXTE, PHOTOS ET VIDEOS LE 24 AVRIL 2017 A PARIS
François Hollande, Emmanuel Macron et Anne Hidalgo aux côtés de la commmunauté arménienne

Pascal Chamassian, Ara Toranian, Emmanuel Macron et Mourad Papazian © Jean Eckian.

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François Hollande dépose une gerbe devant la statue Komitas © Claire Barbuti.

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© Claire Barbuti.

Belle cérémonie hier, lundi 24 avril 2017, en hommage aux victimes du génocide des Arméniens devant la statue du Père Komitas à Paris. François Hollande, qui avait promis d’être présent, et Anne Hidalgo, qui avait déjà accueilli la communauté arménienne dans la matinée à l’Hôtel de Ville, étaient de nouveau là pour commémorer les 1,5 million de victimes du génocide de 1915 devant plusieurs milliers de personnes. Mais c’est surtout la présence d’Emmanuel Macron, confirmée à la dernière minute, qui est à souligner. Après avoir remporté le premier tour des Présidentielles face à Marine Le Pen la veille, le candidat d’En marche ! a tenu à se recueillir quelques instants devant la statue à 15h30, déposant aux pieds de celle-ci une belle gerbe. Une présence qui a permis aux commémorations d’être relayées par de nombreux médias, notamment à la télévision.

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© Jean Eckian.

Après avoir échangé pendant de longues minutes en aparté avec les deux coprésidents du CCAF, Emmanuel Macron s’est adressé à la presse arménienne. Celui qui s’était engagé à être là il y a quelques semaines à expliquer que sa présence signifiait une chose : “ Mon engagement plein et entier auprès des Arméniens de France et des français d’origine arménienne, ma volonté de reconnaître pleinement le génocide, et de préserver à la fois la mémoire et la culture arménienne en France “. Regrettant le chemin pris par la Turquie, il a assuré vouloir continuer la relation “ stable, amicale, forte avec l’Arménie, car c’est un pays ami, c’est un peuple qui a rayonné en France “.

Trois heures plus tard et sous un soleil toujours aussi éclatant, c’était au tour d’Anne Hidalgo, François Hollande et Jean-Marc Todeschini de se rendre devant la statue Komitas pour déposer à leur tour une gerbe et se recueillir, en silence puis au son de la Marseillaise.

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© Claire Barbuti.

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© Jean Eckian.

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© Jean Eckian.

De nombreuses personnes étaient présentes pour voir cela : près de 5000 Arméniens dans le public, et des dizaines de personnalités diplomatiques (Viguen Tchitetchian et Hovhaness Kevorkian), politiques (Jeanne d’Hauteserre, Jean-Marc Germain, Luc Carvounas, Philippe Kaltenbach, François Pupponi, etc), culturelles (Audrey Pulvar, Valérie Toranian, Essaï Altounian, Lize Sarian, etc), ou autre (Mark Moogalian, Elise Boghossian, Lévon Sayan, Vincent Duclert, etc).

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© Claire Barbuti.

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© Claire Barbuti.

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© Jean Eckian.

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© Jean Eckian.

Après avoir reçu la communauté arménienne le matin même, la maire de Paris a de nouveau tenu à faire un discours devant les milliers de personnes présents. Avant l’hommage national qui aura lieu aujourd’hui mardi 25 avril 2017, Anne Hidalgo a tenu à commencé son discours par un hommage au policier décédé “ pour notre pays “ quelques jours plus tôt sur les Champs-Elysées.

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© Jean Eckian.

Comme chaque année, cette cérémonie est empreinte d’une émotion aussi vive que le blessure qu’elle commémore “, a-t-elle ensuite continué, demandant haut et fort la pénalisation du négationnisme, au nom de la vérité.

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© Claire Barbuti.

S’adressant plus particulièrement à la communauté arménienne, elle a déclaré : “ Si le père Komitas vous voyez, il serait fier de voir les Arméniens si fidèle à ce qu’il a porté, si ouvert aux autres, si intègre, si bien intégré, toujours emprunt de cette culture singulière que lui a totalement porté et qui est aujourd’hui parti prenante de l’humanité “. Avant de conclure par ces mots : “ Le peuple arménien que les génocidaires voulait faire disparaître est bien là, bien vivant. Il devient ce qu’il a toujours été : un très grand peuple.

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© Jean Eckian.

Discours complet d’Anne Hidalgo :

Puis les deux coprésidents ont pris la parole. Mourad Papazian a débuté en assurant que, 102 ans après le crime de la Turquie, les Arméniens étaient “ toujours rassemblés, mobilisés, plus déterminés que jamais. “ Après avoir rappelé le vrai visage de la Turquie, il a clamé : “ Nous avons envie de le dire tous ensemble : ça suffit ! “ Il en a appelé à plus de fermeté de la part du prochain président, même s’il a félicité François Hollande pour avoir fait “ ce qu’aucun président n’avait fait “ jusqu’à présent.

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© Jean Eckian.

Discours complet de Mourad Papazian :

Ara Toranian a pris le relais pour déclarer : “ Cette cérémonie pourrait paraître anachronique, car si loin après les faits, se pose fatalement la question de savoir s’il ne faudrait pas laisser tout cela au passé, s’il ne vaudrait pas mieux oublier. Hélas le temps, ce grand maître qui est censé tout guérir, n’apaise pas les blessures quand se perpétue l’injustice. Il ne fait au contraire cas qu’aviver les plaies, rendre plus impérieuse encore l’exigence de justice. “

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© Jean Eckian.

Il a continué en insistant sur la nécessaire mémoire : “ S’il fallait trouver une seule raison à notre réunion d’aujourd’hui, et bien cette raison tiendrait à la nécessaire victoire de la conscience, à cette part en nous qui résistera toujours à la barbarie. Car s’il n’est pas en notre pouvoir de ressusciter les morts, il est revanche en notre capacité en défendant leur mémoire, de protéger les vivants, ceux qu’on tue aujourd’hui pour ce qu’ils sont, au nom d’on ne sait quel totalitarisme religieux ou national, qu’il s’exerce sur le mont Sindjar, dans le désert de Der Zor ou contre la ligne de défense de la République d’Artsakh.

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© Claire Barbuti.

Discours complet d’Ara Toranian :

Enfin, ce fut au tour de François Hollande de prendre la parole pour l’un de ses derniers discours en tant que président de la République, même s’il a rappelé qu’il serait toujours au côté des Arméniens après la fin de son mandat. Très applaudi, il a pris le temps de clarifier et d’annoncer certains points dans un discours de près de 30 minutes, dans lequel il a glissé une petite référence au second tour des élections présidentielles qui auront lieu dans moins de quinze jours : “ Nous devons appeler à la mobilisation civique et à la vigilance républicaine.

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© Jean Eckian.

On retiendra surtout l’institution dans les écoles françaises “ d’une semaine de la recherche sur les génocides, les crimes contre l’humanité et les crimes de masse “ qui débutera symboliquement chaque 24 avril, et ce afin de permettre aux élèves “ de réfléchir sur les violences extrêmes, à travers notamment l’exemple du génocide arménien. “ Autre annonce de François Hollande : celle de la création d’une commission des archives judiciaires du génocide arménien, qui sera présidée par Raymond Kevorkian.

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© Claire Barbuti.

François Hollande a également assuré que “ nous ne cesserons jamais de parler du génocide arménien “, mettant plus particulièrement l’accent sur la nécessité d’une loi contre le négationnisme : “ Il m’appartient de dire que nous ne devons pas oublier d’emprunter le chemin de la pénalisation du négationniste. Le négationnisme n’est pas une opinion, c’est la négation d’une vérité, d’une réalité. La France, à chaque occasion, doit dire à la Turquie qu’il y a eu génocide et que ce génocide doit être reconnu.

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© Jean Eckian.

Sachez qu’entre nous un lien indestructible d’amitié s’est créé depuis tout ce temps. C’est le lien de la fraternité “, a finalement conclu le président, avant de se permettre un bain de foule improvisé et très apprécié par les Arméniens qui ont pu lui serrer la main et le prendre en photo pendant plusieurs minutes. Une manière pour François Hollande de prouver une fois encore son attachement à ces Français d’origine arménienne.

Discours de François Hollande :

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François Hollande serrant la main de Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient © Claire Barbuti.

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Bain de foule © Claire Barbuti.

Ces derniers ont ensuite démarré la manifestation vers les Champs Elysées. Plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux enfants, ont défilé au son de “ Justice pour le peuple arménien “ ou encore “ Turquie, hors de nos terres “.

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© Claire Barbuti.

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© Claire Barbuti.

posté le 25 avril 2017 par Claire/armenews

Texte et vidéos : Claire Barbuti