Nouvelles d'Arménie
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LIVRES-HISTOIRE
Les Amiras Arméniens de l’Empire ottoman à l’honneur ...Une première en Turquie !


- Krikor Amirzayan : Onnik Jamgocyan, la “Yapi ve Kredi Kültür Yayinlari“, la maison d’édition de l’une des plus grandes banques de Turquie vient de traduire et de publier votre ouvrage “Les Banquiers des Sultans, Juifs, Grecs, Francs et Arméniens, Constantinople 1650-1850“. Pouvez vous nous rappeler en quoi cet ouvrage est important pour notre histoire ?

- Onnik Jamgocyan : “Les Banquiers des Sultans“ revêt un caractère “majeur“, car elle prouve le monopole des Arméniens dans le monde de la haute banque et du grand négoce de l’Empire ottoman. Les historiens arméniens, grecs ou juifs se sont intéressés depuis longtemps à leurs ancêtres, mais on manquait d’une histoire pour comparer les trois nations “minoritaires“ de l’Empire. Mes travaux innovèrent par le fait que j’étendis ma recherche aux banquiers juifs, grecs et arméniens, et cela permet de parler sans contestation possible du monopole des Arméniens dans la Haute Banque et le grand négoce de l’Orient des années 1650 à 1850.

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- Krikor Amirzayan : En quoi cette traduction en turc est intéressante et qu’est ce qu’elle comporte de nouveau pour le monde turc ?

- Onnik Jamgocyan : J’aurais aimé voir une traduction de mes travaux en arménien. Car, contrairement à ce que laisse supposer le titre, cet ouvrage est avant tout l’histoire de nos ancêtres. Les Amiras nous donnèrent nos églises, nos hôpitaux, nos écoles, et nous permirent de conserver notre culture et notre identité. C’est aussi l’histoire de ces Arméniens qui, comme le disait Fernand Braudel, furent les plus brillants négociants du bassin méditerranéen. La traduction en turc marque par contre un tournant qu’on ne peut minimiser. De nombreux auteurs arméniens ont déjà vu leurs travaux traduits en turc, notamment par la maison d’édition Aras, dirigé par nos compatriotes. Mais c’est la première fois que la traduction d’un ouvrage traitant des Arméniens est décidée à un tel niveau, savoir l’une des banques les plus importantes de Turquie, et qu’elle est publiée dans la prestigieuse collection Histoire (Tarih).

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Cette publication m’oblige à faire quelques rappels pour montrer qu’il y a une ouverture :

- Dans les années 1970-1980, les chercheurs turcs faisaient le tour des Archives d’Europe à la recherche des patronymes arméniens, et ajoutaient au crayon la lettre i à la fin de ces noms pour leur donner une consonance italienne. Les Balian, transformés en Baliani, étaient ainsi présentés comme des architectes italiens. On faisait tout pour nier la présence arménienne dans l’Empire ottoman, et les guides officiels qui accompagnaient les touristes dans les salles du palais de Dolmabahçe parlaient sans rougir des architectes impériaux italiens... !

- Le second changement, les Amiras ne sont plus présentés comme des pestiférés, les pilleurs des fortunes ottomanes. Les écrivains arméniens des années 1850-1950 ont souvent oublié ce qu’on doit aux Amiras. Ils firent un travail de dénigrement, marqués par une certaine culture de gauche et aidèrent les Européens qui voulaient la fin de la classe des Amiras. Garants de l’indépendance financière de l’Empire ottoman, il fallait que les Amiras disparaissent pour que la Turquie devienne une colonie de l’Europe, et que l’Empire ottoman soit saignée par la Dette Etrangère. Les historiens turcs n’eurent aucun mal à s’appuyer sur les premiers, et parlèrent des Amiras comme des vampires à l’origine des maux économiques de la Turquie moderne.

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- Krikor Amirzayan : A vous écouter, il y a quelque chose qui vient de changer, puisque la présentation de votre ouvrage traduit donne une bonne image des Amiras arméniens.

- Onnik Jamgocyan : En effet quelque chose vient de changer. Voici le texte de publicité donné par l’éditeur de la traduction. Pour la première fois on parle des Amiras avec respect et on évoque à un tel niveau leur triste destin : “Les Banquiers des Sultans“ insiste sur le rôle des Amiras qui furent les soutiens financiers du Palais ottoman et des grands dignitaires de l’Empire dans les moments les plus difficiles. Il souligne le rôle progressiste de ces hommes tant dans l’architecture que l’industrie du pays. L’historien Onnik Jamgocyan profite des archives consulaires - pour la majorité inconnus à ce jour - et nous raconte la triste histoire de ces hommes d’argent qui finirent exécutés, exilés ou victimes de confiscations“. (“Osmanlý Ýmparatorluðu’nda Sarraflýk”, imparatorluðun en sýkýntýlý dönemlerinde sultan ve devlet erkânýna verdikleri maddi desteklerle hep hedefte olan amira, sarraf, banker ya da para adamlarý olarak adlandýrýlan gayrimüslim tüccarlarýn, gerek mimari, gerek sanayi alanlarýnda oynadýklarý ilerici rolün ve Osmanlý Ýmparatorluðu’na saðladýklarý katkýlarýn altýný çiziyor. Tarihçi Onnik Jamgoçyan, çoðu ilk kez gün ýþýðýna çýkan konsolosluk arþiv kayýtlarýndaki yazýþmalardan yararlanarak, sonu genellikle hüsranla biten -idam, müsadere, sürgün- bu mali sýnýfýn hüzünlü hikâyesini anlatýyor.)

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Onnik Jamgocyan

Décidément, une telle présentation prouve un changement dans l’approche historique, ou de l’existence d’une nouvelle génération d’historiens décidés à ne plus continuer dans le mensonge des historiens d’Etat des années 1970-1990. On ne peut nier que nous sommes devant des hommes décidés à aller à la recherche de la vérité. Autre point positif, cette traduction m’a été soumise avant sa publication et obtint mon aval. Une dernière remarque, la publication de la Yapi ve Kredi Kûltür Yayinlari jouit d’une très large diffusion en Turquie, ce dont malheureusement je ne pense pas qu’on puisse jouir en France où la recherche du profit prédomine. Cette traduction des “Banquiers des Sultans“ en turc est proposée à la vente par des centaines de libraires. J’espère que cela changera la vision que les Turcs - “empoisonnés“ par cinquante années d’histoire étatique - ont des Arméniens.

- adresse site : www.les-editions-du-bosphore.fr
- Pour toute commande, adresse mail : jamgocyan.onnik@orange.fr, ou écrire : Onnik Jamgocyan / Les Editions du Bosphore BP 53062 - 78301 Poissy Cedex

posté le 13 septembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


LIVRES -HISTOIRE
Roger Kouyoumdjian avec son livre « Le cahier de Sarkis » il évoque le génocide des Arméniens et celui de Kharpert

Le livre « Le cahier de Sarkis » de Roger Kouyoumdjian sous-titré « Un trésor pour la mémoire du génocide des Arméniens » publié aux éditions « miléna K. » est un témoignage poignant sur le génocide, à travers le cahier de son grand-père Sarkis, originaire de Mezré dans la province de Kharpert. A travers ses 160 pages, Roger Kouyoumdjian nous restitue outre le témoignage des massacres à Kharpert, une somme d’informations que l’ensemble du génocide des Arméniens dans les provinces d’Arménie ainsi que l’arrivée des réfugiés Arméniens à Marseille. Un livre qui se lit facilement et se met ainsi à la portée de tout lecteur. Dans la postface du livre, Roger Kouyoumdjian qui a fait une œuvre majeure de restitution de témoignage en première main d’une victime du génocide, il écrit « Chaque enfant de rescapé porte en lui un livre à imprimer, une histoire à composer à partir de bribes de récits entendus, de photos écornées aux dates approximatives et aux bourgades parfois introuvables sur les cartes géographiques. Pour ma part, le manuscrit de mon grand-père fut le point de départ, la boîte de Pandore d’où surgirent au moins autant de questions que d’images à jamais imprimées dans mon esprit. »

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Roger Kouyoumdjian continue « Le résultat de mes recherches m’a permis d’étancher partiellement ma soif de réponses afin de recomposer une partie de la vie des nôtres. Puisse ce travail profiter à mes enfants, mes petits-enfants, mes amis et tous ceux qui, comme moi, sont habités par le besoin d’animer des us et coutumes qui, malgré l’acharnement de leurs exterminateurs, ont miraculeusement traversé l’histoire, les mers, les montagnes et les plaines. »

Roger Kouyoumdjian a réalisé un véritable travail de mémoire en nous offrant un livre-témoignage de première main sur le génocide des Arméniens. Un ouvrage qui viendra enrichir les centaines d’autres documents attestant la réalité et l’atrocité du génocide dont furent victimes nos parents ou grands-parents au début du 20ème siècle dans l’Empire ottoman et ses provinces d’Arménie. Que le travail lent mais nécessaire de Roger Kouyoumdjian au service des siens puisse enclencher d’autres initiatives au sein de la communauté arménienne de France, née du génocide de 1915.

-« Le cahier de Sarkis » (160 pages) publié aux éditions « mélina K. », 18 € + frais de port. Pour toute commande s’adresser à : Roger Kouyoumdjian, 34 av. Talabot 13007 Marseille. Tél.06 13 68 25 59. E-mail : kys7@wanadoo.fr.

Krikor Amirzayan

posté le 7 juillet 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


LIVRES
Sortie du livre « Le cahier de Sarkis » de Roger Kouyoumdjian

Le livre « Le cahier de Sarkis » de Roger Kouyoumdjian vient de paraître aux éditions « mélina K. ». L’ouvrage est sous-titré « Un trésor pour la mémoire du génocide des Arméniens ».

En préface Roger Kouyoumdjian écrit « Un volcan qui me brûle les mains mais aussi un baume précieux qui me rattache à l’histoire de ma famille. Un carnet marron à l’écriture serrée, sans ratures. Chaque fois que je le prends en main j’ai la sensation que l’encre bleue n’a jamais cessé de pleurer. Par bonheur il a traversé la fin du 19ème siècle et est resté entier jusqu’à nos jours. Plus le temps passe plus je sens le devoir impérieux d’en faire quelque chose. C’est peut-être la sagesse de l’âge et aussi le devoir de laisser cette trace à mes enfants, petits-enfants, à ma famille et à mes amis. J’ai donc décidé d’en faire un livre pour ajouter un grain de sable à la montage de témoignages parus sur le génocide des Arméniens depuis un siècle et particulièrement lors de la commémoration du centième anniversaire de la tragédie en 2015 ».

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Roger Kouyoumdjian l’auteur du livre « Le cahier de Sarkis »

Roger Kouyoumdjian continue « A l’été 2001 mon ami Jean Kehayan, journaliste et écrivain, mon frère aussi en protestantisme a publié dans le quotidien Libération un reportage de douze pages sur son voyage en Anatolie en suivant les traces du génocide. Ses grands-parents qui n’ont pas survécu à la barbarie de 1915 étaient originaires de Kharpert une province où a vécu ma parentèle. J’ai ressenti une empathie profonde avec mon ami lorsqu’il écrivait : « J’ai passé l’âge des rêves naïfs et il a fallu me résoudre à déplier cette carte de l’Asie mineure, de cette Anatolie qui comptait en 1900 quelque deux millions d’Arméniens d’après les registres religieux. J’ai déplié cette carte et je me suis tout à coup retrouvé face à Trabzon, Kharpert, Erzincan, Van, Mouch, Tatvan, Bitlis, Adana, Diyarbékir, Ourfa, Gaziantep, Kayséri... Des noms de villes, des noms de centaines de villages susurrés aux oreilles de l’enfance, chacun synonyme de malheurs indicibles ».

Roger Kouyoumdjian continue « Et dans ma tête l’encre qui dormait s’est remise à pleurer. J’ai ressenti le cahier de Sarkis, mon grand-père qui naturellement parlait de Movsès mon propre père. Les villages de Mezré et d’Itchmé ont alors retrouvé une deuxième vie avec le constat que les khatchkars avaient été détruits ou utilisés pour construire des maisons ou des marches d’escalier. Il était grand temps que je donne le précieux cahier à traduire. Miracle du livre et de l’écriture que nous a légué Mesrop Machtots, le moine du IVe siècle inventa un alphabet pour traduire la Bible, des lieux et une histoire que je croyais à jamais disparus ont retrouvé une nouvelle vie. Du coup j’ai revu la forteresse de Kharpert et une région à demi morte depuis que les Arméniens ont disparu. Kharpert, ce centre des intellectuels arméniens avec son prestigieux collège de l’Euphrate, ses écoles, ses églises, sa presse et autres riches bibliothèques. Comme si les massacres ne suffisaient pas, la terre a aussi fait son œuvre de mort avec des séismes à répétition qui ont rasé la plupart des habitations en pisé. Le monde de mes ancêtres a disparu et il était encore plus urgent de faire vivre leurs terres de naissance et de vie, eux qui n’ont dû leur salut qu’au travail bien fait en pratiquant mille métiers au gré des vents mauvais et des circonstances. Kouyoumdji, en turc, signifie orfèvre. Dans cet Empire ottoman la seule valeur sûre est l’or et l’on comprendra le rôle qu’il a joué dans la survie de ma famille à la lecture des pages qui suivent. Mon cahier marron si précieux est, de fait, une grande saga qui court sur deux siècles et annonce, dès les années 1890, que l’eau et l’huile ne peuvent pas se mélanger. Même s’ils semblaient vivre en bonne intelligence, les Turcs musulmans se sentaient supérieurs à leur voisin arménien et chrétien. On connaît hélas la suite. Depuis l’histoire de mes aïeux l’Histoire a fait son chemin. L’Empire ottoman es parti en lambeaux emportant dans sa mort 1 500 000 Arméniens, mais aussi des Grecs, des Assyro-Chaldéens. Bref tout ce qui ne correspondait pas à la foi et à la fierté des Turcs qui s’arrogèrent tous les droits. Surtout ceux de la mort. Aujourd’hui les évènements en Turquie occupent à nouveau le devant de l’actualité et le pays est redevenu une terre de terreur, qui emprisonne, torture et tue. En Syrie même l’église-mémorial de Der es-Zor, au bord de l’Euphrate, symbole du génocide avec son ossuaire a été anéanti par les barbares de Daech. L’histoire serait-elle un éternel recommencement ? Puisse le précieux carnet de Sarkis donner des éléments de réponse et faire revivre ces femmes, ces hommes et ces enfants martyrisés. »

Le livre « Le cahier de Sarkis » de Roger Kouyoumdjian est un témoignage précieux sur la vie de la province de Kharpert, en plein cœur de l’Arménie devenue ottomane. Il retrace également le génocide dans d’autres villes et provinces d’Arménie. Richement illustré par des cartes et photographies tant de Kharpert que de l’Arménie ottomane, ce livre-témoignage est un document important dans les archives du génocide. Il retrace également l’arrivée des Arméniens à Marseille où s’installera Sarkis Kouyoumdjian le grand-père rescapé du génocide.

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« Le cahier de Sarkis » de Roger Kouyoumdjian

« Le cahier de Sarkis » est un véritable document de première main sur le drame vécu par les Arméniens à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle. A lire.

- « Le cahier de Sarkis » (160 pages) publié aux éditions « mélina K. », 18 € + frais de port.

Pour toute commande s’adresser à : Roger Kouyoumdjian, 34 av. Talabot 13007 Marseille. Tél.06 13 68 25 59. E-mail : kys7@wanadoo.fr.

Krikor Amirzayan

posté le 5 juillet 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


LIVRES
Le livre « Une promenade dans les rues de Constantinople » de Hagop Baronian connait sa 6ème réédition en turc

Le livre de l’écrivain et humoriste arménien Hagop Baronian « Une promenade dans les rues de Constantinople » (« Պտույտ մը Պոլսո թաղերուն մեջ ») vient d’être traduit de l’arménien en turc et édité, nous informe le site kitapyurdu.com. Hagop Baronian (1843-1891) évoque dans son livre la vie des Arméniens de Constantinople à la fin du 19e siècle en y présentant également les 34 quartiers arméniens de la ville. Lors de la première sortie du livre en turc, face au succès « Une promenade dans les rues de Constantinople » a été réédité. Aujourd’hui les éditions Can publient la 6ème édition du livre de Hagop Baronian.

Krikor Amirzayan

posté le 28 juin 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Livres 


LITTERATURE
Négar Djavadi lauréate du prix de la Porte Dorée pour Désorientale

Le prix littéraire de la Porte Dorée 2017 a été attribué ce jeudi 8 juin à Négar Djavadi pour son premier roman Désorientale (Liana Levi).

Le prix récompense chaque année une oeuvre de fiction écrite en français ayant pour thème l’exil, l’immigration, les identités plurielles ou l’altérité liée aux réalités migratoires. Il est doté de 4 000 euros. Empreint de style cinématographique, ce premier roman foisonnant a séduit les lecteurs du comité de lecture et les membres du jury.

La saga familiale, l’évocation des exils multiples (notamment arménien), les allers-retours entre passé et présent ainsi que l’ÉVÉNEMENT constituent la force de ce roman, très dense et généreux.

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Mya Guenoun, lycéenne et membre du jury s’est exprimée lors des délibérations « Cette histoire nous montre un visage différent de l’exil. Elle nous prouve que malgré les séquelles, malgré la douleur ressentie lorsque l’on ne sait plus exactement d’où l’on vient, rien ne s’arrête, rien n’est oublié et tout continue. Et que personne n’est prédestiné à vivre telle ou telle vie. ».

De son côté, Négar Djavadi a déclaré : « C’est quelque chose d’incroyable dans mon histoire personnelle, ça veut bien dire que cette histoire qui est la mienne - je suis de la première génération venue d’Iran - s’inscrit dans l’histoire de l’immigration en France et qu’on a su, comme d’autres auteurs de la liste, dépasser notre histoire, on a su la raconter (...) pour dédramatiser l’exil, l’immigration et ce qu’on veut nous faire croire de l’immigration comme danger. Il y a une harmonie qui se crée entre l’immigré et l’histoire du pays d’accueil et qui passe par la littérature. Ça montre aussi qu’on vient enrichir un pays, à travers la langue, et ça fait plaisir de se le dire. »

posté le 9 juin 2017 par Claire/armenews


BOURG-LES-VALENCE
L’association « Arménia » invite l’historien Onnik Jamgocyan pour la sortie de son livre « Les Francs-Maçons Arméniens et la Constitution de l’Arménie ottomane, Constantinople 1863 »

L’association « Arménia » invite l’historien Onnik Jamgocyan pour la sortie de son livre « Les Francs-Maçons Arméniens et la Constitution de l’Arménie ottomane, Constantinople 1863 »

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posté le 20 mai 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Bourg-les-Valence  Conférence  Livres 


LIVRES-HISTOIRE
Interview de l’historien Onnik Jamgocyan auteur du livre « Les Francs-Maçons Arméniens, la Constitution de l’Arménie ottomane, Constantinople 1863 »

L’historien Onnik Jamgocyan spécialiste de l’Empire ottoman vient de sortir aux Editions du Bosphore son dernier livre « Les Francs-Maçons Arméniens, la Constitution de l’Arménie ottomane, Constantinople 1863 ».

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Un ouvrage que présentera l’association « Arménia » à la MJC Jean Moulin à Bourg-Lès-Valence le vendredi 26 mai (20h30). Interview de l’auteur.

Krikor Amirzayan : Vous annoncez l’imminence d’une publication sur les Francs-Maçons Arméniens et notre Constitution Nationale - Ազգային Սահմանադրութիւն Հայոց de 1863. Pourquoi avoir écrit un ouvrage sur les Francs-Maçons Arméniens ?

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L’historien Onnik Jamgocyan spécialiste de l’histoire de l’Empire ottoman

Onnik Jamgocyan : Cet ouvrage, le troisième d’une quadrilogie, étudie le rôle des Francs-Maçons Arméniens dans notre histoire contemporaine. Il fut un temps où celle-ci s’écrivait à Constantinople. Les années 1650-1850 ont vu le monopole des Financiers arméniens et la dynastie ottomane leur doit d’avoir pu régner sans le moindre endettement.

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Nahabed Roussignan, le chantre de la Cilicie arménienne

Les Banquiers des Sultans (2013), traite de cette histoire. “Le Temps des Réformes“ (2015), parle du règne de Mahmoud II, de Kazaz Artin Amira, des réformes de ce Sultan comme la reconnaissance de la catholicité arménienne, du passage de l’Arménie persane aux Russes. La période 1830-1880 nous ramène au contact de nos Francs-Maçons de Constantinople. “La Constitution Nationale des Arméniens“ (Nizamname-i Millet-i Ermeniyan ou) est leur œuvre.

Krikor Amirzayan : Parlez-vous de tous les Francs-Maçons Arméniens ?

Onnik Jamgocyan : L’histoire des Francs-Maçons Arméniens vient de loin.

- Il y a ceux du 18e siècle, mais ils ne jouent pas un quelconque rôle dans la vie arménienne.
- Il y a les Francs-Maçons Arméniens des années 1840-1880, appelés ceux de la seconde période. Ils ont joué un rôle majeur dans notre histoire nationale. Les historiens reconnaissent leur contribution indéniable à la vie arménienne, mais le mot Franc-Maçon reste “banni“. Leur histoire se confond avec celle des Arméniens de l’Empire ottoman. On peut parler ici d’une Franc-Maçonnerie Arménienne avec “Dekran Lodge“ de Smyrne et la “loge Ser“ (Amour) de Constantinople, d’autant plus que ces loges sont au service de leur peuple.

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Meguerditch Bechiktachlian (le poète de "Yeghpayr yemk mek"

- Il y a enfin les Francs-Maçons Arméniens des années 1890, ceux de la troisième période. Ces hommes, comme beaucoup d’autres, s’unissent avec les Jeunes Turcs. Membres de différentes loges, dont des loges turques, ils espèrent changer la vie de leur peuple non pas en réformant l’Empire, mais en renversant Abd-ul-Hamid II. On peut les comparer à des apprentis politiciens, devenus les “cocus“ de l’histoire. Vous connaissez la suite. Talaat Pacha - premier Grand maître de la Grande loge de Turquie - et ses acolytes du “Comité Union et Progrès“ trahissent les valeurs de la Franc-Maçonnerie. Ils éliminent le peuple arménien de l’espace ottoman. C’est l’histoire du premier Génocide du 20e siècle. Depuis, la Franc-Maçonnerie n’a pas bonne presse chez les Arméniens. Les historiens évitent les amalgames, mais les articles publiés sur le web montrent une révolte légitime et une confusion regrettable.

Krikor Amirzayan : Après cette clarification plus que nécessaire, quel est l’apport des Francs-Maçons Arméniens à la vie de notre peuple dans les années 1840-1880 ?

Onnik Jamgocyan : Ces hommes importent l’Europe à Constantinople. L’institution du système bicaméral en 1847 - la limitation du pouvoir des patriarches - est leur œuvre. Nos Francs-Maçons de la seconde génération donnent à leur peuple “La Constitution Nationale des Arméniens“, validée en 1863, et mettent en place un “Parlement“ arménien, une première dans l’histoire ottomane. Les mots Fraternité et Liberté prennent un sens dans leur bouche. Les Arméniens vénèrent la mémoire de Meguerditch Béchiktachlian. Celui-ci est salué comme le “poète de la fraternité“ et “l’ami des Zéïtouniotes“. Ils ont pour idole Nahabed Roussignan, “le chantre de l’indépendance de la Cilicie“. Très peu connaissent leur affiliation à la loge “arménienne“ Ser. Ces hommes, l’élite inégalée du peuple, soutiennent leurs frères de Zéïtoun et s’impliquent pour sauver cette province. À l’origine d’une renaissance culturelle, ils combattent l’illettrisme et veulent rendre la lecture accessible à tous.

- Onnik Jamgocyan : « Les Francs-Maçons Arméniens, la “Constitution“ de l’Arménie ottomane, Constantinople - 1863 », Paris 2017, Editions du Bosphore, 25 €. pour toute commande écrire à : onnikj.1106@laposte.net

posté le 14 mai 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


VALENCE
« Arménia » a présenté « Nouvelles Flâneries arméniennes » d’Henri Siranyan en présence d’un très large public

L’association culturelle « Arménia » présentait vendredi 12 mai à MJC Jean Moulin (Bourg-Lès-Valence) le livre « Nouvelles Flâneries arméniennes en Drôme-Ardèche » du regretté Henri Siranyan disparu en janvier dernier. Un nombreux public -plus de 70 personnes- était présent dans la salle. Krikor Amirzayan le président d’« Arménia » a remercié la présence du père Antranik Maldjian ainsi que des élus Marlène Mourier, maire de Bourg-Lès-Valence, Aurélien Esprit et Gaëtan Menozzi (adjoints à Bourg-Lès-Valence), Georges Rastklan, Nathalie Iliozer et Pierre-Jean Veyret (élus à Valence). Il a également salué les responsables d’associations présentes à la soirée d’« Arménia », Georges Ishacian (co-président du C24 Comité du 24 Avril Drôme-Ardèche), Bédig Ohanian (ADL Ramgavar), Georges Eretzian (Anciens Combattants Français d’Origine Arménienne de Drôme-Ardèche) et Tamar Stépanian (Croix Bleue Arménienne de Valence).

Krikor Amirzayan a ensuite présenté l’œuvre, la vie et les distinctions d’Henri Siranyan avant de laisser place à Jean-Paul Despesse pour une courte projection d’un film long-métrage consacré à Henri Siranyan. Valérie Siranyan prenait ensuite le relais pour diffuser à son tour une projection très poétique sur son père. Elle évoqua avec beaucoup d’émotion son père Henri Siranyan « ce père merveilleux qui m’a fait découvrir beaucoup de choses et l’Arménie ». Puis René Adjémian, l’éditeur, Valérie Siranyan et Krikor Amirzayan ont présenté par quelques lectures le livre « Nouvelles Flâneries arméniennes en Drôme-Ardèche » paru aux « Editions & Régions » contenant des dizaines d’articles dont beaucoup furent publiés chaque semaine dans « Le Dauphiné Libéré ». Des articles reprenant des tranches de vie qui nous font revivre, avec une tendre délicatesse, des portraits hauts en couleurs mais aussi quelquefois très humbles de cet observateur avisé et contemplateur de la vie qu’était Henri Siranyan. L’écrivain Edmond Khayadjian auteur d’une étude sur « Archag Tchobanian et le mouvement arménophile en France » a rappelé l’importance de l’œuvre d’Henri Siranyan dans la transmission de la mémoire. « Il nous donnait des éléments pour qu’on puisse aller plus loin dans nos recherches et découvrir par nous-même d’autres éléments » dit-il. Le public fut également invité à effectuer quelques lectures du livre. A noter les lectures de Georges Hovanessian (« Coco le marin »), Georges Eretzian sur « Missak Manouchian », et Michèle Adjémian sur « Ginette et Eliane Djéranian ».

La soirée d’« Arménia » se termina par une séance de dédicaces -de Valérie Siranyan- autour de quelques verres de l’amitié et des pâtisseries arméniennes.

Prochain rendez-vous d’« Arménia », le vendredi 26 mai à 20h30 à la salle Cheneviers de la MJC Jean Moulin (Bourg-Lès-Valence) avec la présentation en avant-première du livre de l’historien Onnik Jamgocyan « Les Francs-Maçons Arméniens et la Constitution de l’Arménie ottomane, Constantinople 1863 ».

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posté le 13 mai 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


BOURG-LES-VALENCE
Présentation en avant-première du livre « Nouvelles Flâneries arméniennes en Drôme-Ardèche » vendredi 12 mai

L’association culturelle « Arménia » invite le public à la présentation en avant-première du livre « Nouvelles Flâneries arméniennes en Drôme-Ardèche » d’Henri Siranyan disparu en janvier. Valérie Siranyan la fille de l’auteur et le réalisateur Jean-Paul Despesse diffuseront lors de la soirée une projection dédiée à Henri Siranyan. Lectures d’extraits du livre et dédicaces suivront la présentation.

-Vendredi 12 mai à 20h30 salle Cheneviers de la MJC Jean Moulin, 20 avenue Jean Moulin à Bourg-Lès-Valence (Drôme), soirée organisée par « Arménia ». Entrée Libre.

posté le 11 mai 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
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