Nouvelles d'Arménie
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Livres


BOURG-LES-VALENCE (DRÔME)
Angéla Sahakian a présenté son livre « Par obligation de vérité » écrit en trois langues

Vendredi 17 novembre la Maison de la culture Arménienne de Valence, avait invité le public à la Médiathèque La Passerelle (Bourg-Lès-Valence) pour une rencontre-conférence et projection avec l’écrivaine et collaboratrice de la radio arménienne Radio Ayp (Paris).

Quelques élus, repréntant des églises arméniennes et présidents d’associations arméniennes étaient également présents. Parmi ces derniers, Khosrof Iliozer (Amicale de Malatia), Tamar Stepanian (Croix Bleue Arménienne de Valence) ainsi que Georges Rastklan, Georges Ishacian et Krikor Amirzayan (co-présidents du C24 Comité du 24 Avril Drôme-Ardèche).

Nazo Alain Jinbachian le président de la Maison de la Culture Arménienne de Valence a remercié le public pour sa présence et a brièvement présenté l’auteure avant de lui laisser la parole.

Angéla Sahakian a présenté son livre « Par obligation de vérité » en arménien, en français mais également...en turc pour une diffusion large du thème lié au génocide et la guerre de l’Artsakh (Haut-Karabagh) ! Elle projeta également le film documentaire « Parle, ô mode, parle, ô mémoire ! » sur le génocide des Arméniens et la guerre de l’Artsakh. Angéla Sahakian très précise a répondu aux questions du public. Elle conclut « il faut faire connaître le génocide des Arméniens et l’agression des Turcs-Azéris en Artsakh qui tue encore chaque jour nos soldats. Le lien entre le génocide et le conflit de l’Artsakh relève de la même volonté de la Turquie de détruire les Arméniens. » Et elle ajouta « aujourd’hui nous sommes forts, car l’histoire, avec ses oppressions nous a fait devenir forts ». La soirée se terminant par une séance de dédicaces et du verre de l’amitié offert par la MCA de Valence.

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posté le 18 novembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


Communiqué
Prix Charles Aznavour 2017

La Ville de Marseille, la Mairie des 9 et 10ème arrondissements de Marseille, la Mairie des 11 et 12ème arrondissements de Marseille, la Mairie de Erevan, le Ministère de la Diaspora de la République d’Arménie, la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-arménienne participeront Vendredi 24 novembre à 19h30 à la remise officielle du PRIX CHARLES AZNAVOUR 2017 qui se déroulera au cinéma “ Le César “en présence de Taron Margharyan, Maire de Erevan, invité de Jean-Claude Gaudin Maire de Marseille et Président de la Métropole Aix Marseille Provence.

Le PRIX CHARLES AZNAVOUR est décerné cette année à Nicolas Pagnol pour l’ouvrage “ Marcel Pagnol, 1895-1974 l’Album d’une vie “ publié aux Editions Flammarion.

posté le 11 novembre 2017 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Livres  Marseille 


LIVRES
Réédition du livre « 1915-L’enlisement » de Jean-Yves Le Naour avec un chapitre entier sur le génocide des Arméniens

Sorti en 2013 aux éditions Perrin, le livre « 1915-L’enlisement » de Jean-Yves Le Naour vient de paraître en octobre 2017 en format de poche dans la collection Tempus aux éditions Perrin (469 pages, 10 €). Jean-Yves Le Naour consacre un chapitre entier de dix-sept pages au génocide des Arméniens. Avec une analyse précise de « l’extermination des Arméniens » titre de son chapitre.

Notre de l’éditeur : « 1915. Pour les Français pris dans la Grande Guerre, c’est l’enlisement. Le conflit entre dans une phase meurtrière marquée par des offensives aussi terribles qu’inutiles, auxquelles s’ajoute le cruel recours aux gaz asphyxiants. Sur terre comme sur mer, impossible d’échapper aux bombardements. Les zeppelins tombent sur Londres et Paris, les Turcs lancent un djihad en Afrique et au Moyen-Orient, les Allemands étrillent la Russie et écrasent la Serbie. Les Alliés, eux, enchaînent les échecs. Sourd aux critiques, le général Joffre conduit la guerre comme il l’entend et sacrifie, purement et simplement, 320 000 hommes. Pour les Français, 1915 est une année sans horizon. La crise politique et la lassitude grandissent sur les décombres d’une Union sacrée qui a vécu. Avec son talent habituel, Jean-Yves Le Naour s’immerge dans le quotidien des Français ; un récit haletant. Docteur en histoire, Jean-Yves Le Naour est spécialiste de la Grande Guerre. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le sujet dont, chez Perrin, Les Soldats de la honte ou Djihad 1914-1918. »

Krikor Amirzayan

posté le 8 novembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


PARIS
Présentation de l’ouvrage Dersim, Carnets de voyage chez les Kizilbaches et les Mirakian

Le YANS CLUB et l’UMAF vous convient le vendredi 10 novembre 2017 à 20h à la présentation de la traduction française de l’ouvrage inédit d’Antranik Yeritsian Dersim, Carnets de voyage chez les Kizilbaches et les Mirakian par Chabou Kibarian (avec la participation de : Hovsep Hayreni, historien spécialiste du Dersim, et Erwan Kerivel, spécialiste des Alévis et auteur de 3 ouvrages sur ce sujet).

La conférence sera suivie d’un diner.

Merci de réserver à l’avance au 01 45 89 20 48, entre 11 et 15 h sauf le mercredi.

Vendredi 10 novembre à 20h
Umaf, au 5 avenue Reille 75014 Paris

posté le 3 novembre 2017 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Livres  Paris 


EDITION-TURQUIE
Le roman « La vie, ce qu’elle est » de Krikor Zohrab publié en turc aux éditions « Aras » en Turquie

Les éditions « Aras » à Istanbul viennent de publier en turc le roman de Krikor Zohrab « La vie, ce qu’elle est ». Krikor Zohrab qui fut, avocat, journaliste et député au Parlement ottoman victime du génocide de 1915. Les éditions « Aras » informe le lecteur que Krikor Zohrab assassiné par le gouvernement Jeune-Turc en 1915 est né en 1861 dans le quartier Bechiktash de Constantinople. Il présenta en arménien aux lecteurs son roman « La vie, ce qu’elle est » en 1911. Le célèbre député -pourtant ami et proche du ministre de l’Intérieur Talaat Pacha qui signa traîtreusement son arrêt de mort malgré ses liens personnels forts- fit partie des 225 intellectuels et personnalités arméniennes de Constantinople arrêtés le 24 Avril 1915 et déportés dont beaucoup -tel Krikor Zohrab- trouvèrent la mort.

Krikor Amirzayan

posté le 21 octobre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Livres  Turquie 


LIVRES-GEOSTRATEGIE
Le livre « Mon dictionnaire géopolitique » de Frédéric Encel sorti début octobre évoque l’Arménie, le génocide et le Haut-Karabagh (Artsakh)

Sortie début octobre du livre « Mon dictionnaire géopolitique » de Frédéric Encel aux éditions PUF (456 pages, 22€). Frédéric Encel un spécialiste de la question géopolitique « considérée comme une discipline froide et complexe » donne à travers 175 entrées variées sa vision humaine et dynamique de la géopolitique. Parmi les chapitres « guerre », « frontières », « pétrole », « religion » ou « armée », notre intérêt fut marqué par le chapitre « Arménie (Cause arménienne) » auquel Frédéric Encel fin connaisseur du monde arménien y a consacré pas moins de quatre pages (58 à 61).

Frédéric Encel écrit « La cause arménienne m’a toujours à la fois beaucoup touché et intéressé. Touché car, jeune enfant déjà, j’entendis de mes parents (quand ? pourquoi ?) que les Arméniens avaient beaucoup souffert. De la part de ces enfants cachés sous l’Occupation, cela faisait sens. De fait j’appris plus tard en me passionnant pour l’Histoire et au cours de mon cursus universitaire que c’était exact. Intéressé par ce peuple trois fois millénaire au moins, au destin rendu précaire à la fois par un statut de minorité religieuse à double titre (chrétienne et monophysite), et par des conquérants éphémères ou des empires pérennes farouches voire excessi-vement répressifs ; cette culture scripturale, architecturale et musicale riche, un niveau de conscience politique élevé, des paysages caucasiens somptueux et une diaspora plurielle et attachante. »

Et Frédéric Encel de continuer « Ce qu’on appelle de façon un peu générale la cause arménienne recouvre au moins deux réalités relativement différentes. D’abord, la reconnaissance du génocide subi par un million et demi d’Arméniens par le gouvernement Jeune-Turc ottoman en 1915-1917 en Anatolien ensuite les questions géopolitiques liées au conflit entre la république d’Arménie et l’Azerbaïdjan -soutenu par la Turquie- autour du territoire contesté du Haut-Karabagh (ou Artsakh). Dès les années 1894-1896, puis en 1904, soit bien avant la Première Guerre mondiale, la population arménienne de la région du Sassoun subissait des massacres de civils sans précédent su la férule du sultan « rouge » Abdul Hamid II. En avril 1915, le triumvirat nationaliste dirigé par Talaat Pacha déclenchait le premier grand génocide du XXe siècle. En dépit de plusieurs procès tenus à Constantinople en 1919 et 1920 par des tribunaux turcs à l’encontre de hauts fonctionnaires administrateurs (mais pas les trois principaux, en fuite à l’étranger) du génocide, un négationnisme d’Etat se met en place dès le milieu des années 1920 sous la férule de Kemal Atatürk. En dépit de quelques ouvertures (feintes ?) au début des années 2000 par le gouvernement islamo-nationaliste de Recep Tayyip Erdogan, jamais la Turquie n’a reconnu à ce jour ce génocide, perpétré pourtant par un régime certes turc mais de nature différente (empire/république). Ce déni d’Etat séculaire exaspère -à juste titre- le peuple arménien, en particulier la diaspora composée pour une bonne part de descendants de rescapés. J’ai toujours considéré que la revendication de la reconnaissance du génocide de 1915 était fondée, que sa négation relevait au mieux de l’ignorance (de faits avérés), au pire du positionnement immoral, et que le ciment national -en république d’Arménie comme en diaspora- que constituait ce trauma mémoriel était légitime. ».

Frédéric Encel va encore plus loin en écrivant « J’ajoute qu’à mon sens, tout comme la contestation des crimes contre l’humanité commis contre les Juifs et les Tziganes par les nazis est sanctionnée (par la Loi Gayssot de 1990), celle visant le génocide des Arméniens doit subir au même titre les mêmes foudres de la justice. »

Frédéric Encel évoque par ailleurs le conflit du Haut-Karabagh, « le second volet de la cause arménienne » en dressant brièvement l’historique du conflit du Haut-Karabagh « région toujours majoritairement peuplée d’Arméniens, mais cédée par Staline à la République soviétique d’Azerbaïdjan en 1921 dans le cadre de sa cynique et efficace politique d’entrelacement de contrôles et de prérogatives des soviets locaux. »

Le livre « Mon dictionnaire géopolitique » de Frédéric Encel est une véritable mine de con-naissances sur le monde, son histoire, sa géostratégie actuelle et une clé pour comprendre les conflits.

A lire absolument.

Krikor Amirzayan

posté le 17 octobre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


LIVRES
Parution du livre « Adieu à l’enfer » de Gevorg Nersisyan

Le livre à compte d’auteur « Adieu à l’enfer » de Gevorg Nersisyan paru en 2017 aux Editions Thaddée est dédié en 256 pages à de nombreux thèmes de réflexion. Parmi ces derniers, le monde, la nature humaine, la diaspora, l’amour, la haine, la richesse...L’ouvrage illustré par Srapion Danielyan se lit facilement et nous fait réfléchir sur ces nombreux thèmes de notre vie quotidienne.

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L’auteur, Gevorg Narsisyan

Gevorg Nersisyan, l’auteur ainsi que son livre « Adieu à l’enfer » sont présentés ainsi : « Musicien, humoriste, riche d’une double culture, française et arménienne. Il affronte une série de thèmes de réflexion, pas mois de cinquante-sept, sous forme d’aphorismes, ces sentences qui résument en quelques mots une vérité fondamentale ou banale, en apparence... Concentré de fulgurances, de malice et de profondeur, mêlé d’un parfum de mystère et d’exotisme...ce petit livre vitaminé invite le lecteur à tourner le dos à l’enfer, pour goûter la vie sous le soleil exactement. »

- Prix 15 €. Disponible aux librairies Sauramps et Gibert Joseph à Montpellier, à la librairie Gibert Joseph de Saint-Germain en Laye en région parisienne ainsi que chez l’auteur, commande par mail : jahakir@gmail.com.

Krikor Amirzayan

posté le 8 octobre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


Livres
« Dersim » le livre

Parution prochaine du livre « Dersim » - “Carnets de voyage chez les Kizilbaches et les Mirakian en 1888 et 1895“.

Pour la première fois en français, traduit depuis l’original en arménien par Jean-Pierre Kibarian, annoté et commenté par Erwan Kerivel, avec une préface de Hovsep Hayreni.

Le livre d’Antranik, paru en 1900 à Tiflis, est le premier ouvrage décrivant en détail le Dersim, une région rebelle à l’Empire ottoman, un carrefour où vivaient en bonne intelligence Arméniens et Kurdes Kizilbaches (qu’on appelle aujourd’hui Alévis), même si le mot symbiose peut sembler inapproprié à certains. Le tableau géographique du Dersim décrit une région montagneuse enclavée, à l’abri tout relatif, de ses habitants qui faisaient preuve d’une grande solidarité face aux tentatives d’incursion de l’État central ottoman.

Cette histoire méconnue du grand public mérite le plus grand intérêt car elle conte la résistance d’un peuple, celui des Dersimtsi, profondément attaché à son autonomie, voire à son indépendance, en-dehors du fait religieux de ses habi- tants kizilbaches ou arméniens. Organisés en clans et tribus, ils mêlent courage, bravoure et magie des superstitions face à la brutalité des Sultans.

La vie de ce mystérieux voyageur dénommé Antranik reste, jusqu’à nos jours, totalement inconnue. Son nom serait Yeritsian et il serait originaire de Terdjan, à l’est du Dersim. Malgré les recherches entreprises par des spécialistes de plusieurs pays personne n’a pu en savoir plus ni retrouver sa trace. Néanmoins,

on ne peut s’empêcher d’éprou- ver de la sympathie pour le personnage, tant par son cou- rage, que par sa curiosité. Grâce à lui, des générations d’habitants du Dersim peuvent s’imaginer ce paradis perdu d’une magnifique province. Certes, la vie décrite n’est pas des plus idylliques, en particu- lier pour les femmes. Mais sa faune, sa flore, ses paysages et les coutumes de ses habitants inciteront ses enfants ou ses descendants à en savoir un peu plus. Cette frustration exacerbée par les tentatives de l’État turc, jusqu’aujourd’hui, d’anéantir sa culture et ses habitants en allant jusqu’à les priver de son nom de Dersim ne peuvent que les inciter à plonger dans les plus anciens récits, tel celui d’Antranik.

Carte couleur du Dersim 40x60 cm hors-texte, des annexes inédites et 252 pages de texte.

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Offre spéciale de pré-vente avant publication nationale au mois de novembre

posté le 1er octobre 2017 par Jean Eckian/armenews


LIVRES-HISTOIRE
Les Amiras Arméniens de l’Empire ottoman à l’honneur ...Une première en Turquie !


- Krikor Amirzayan : Onnik Jamgocyan, la “Yapi ve Kredi Kültür Yayinlari“, la maison d’édition de l’une des plus grandes banques de Turquie vient de traduire et de publier votre ouvrage “Les Banquiers des Sultans, Juifs, Grecs, Francs et Arméniens, Constantinople 1650-1850“. Pouvez vous nous rappeler en quoi cet ouvrage est important pour notre histoire ?

- Onnik Jamgocyan : “Les Banquiers des Sultans“ revêt un caractère “majeur“, car elle prouve le monopole des Arméniens dans le monde de la haute banque et du grand négoce de l’Empire ottoman. Les historiens arméniens, grecs ou juifs se sont intéressés depuis longtemps à leurs ancêtres, mais on manquait d’une histoire pour comparer les trois nations “minoritaires“ de l’Empire. Mes travaux innovèrent par le fait que j’étendis ma recherche aux banquiers juifs, grecs et arméniens, et cela permet de parler sans contestation possible du monopole des Arméniens dans la Haute Banque et le grand négoce de l’Orient des années 1650 à 1850.

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- Krikor Amirzayan : En quoi cette traduction en turc est intéressante et qu’est ce qu’elle comporte de nouveau pour le monde turc ?

- Onnik Jamgocyan : J’aurais aimé voir une traduction de mes travaux en arménien. Car, contrairement à ce que laisse supposer le titre, cet ouvrage est avant tout l’histoire de nos ancêtres. Les Amiras nous donnèrent nos églises, nos hôpitaux, nos écoles, et nous permirent de conserver notre culture et notre identité. C’est aussi l’histoire de ces Arméniens qui, comme le disait Fernand Braudel, furent les plus brillants négociants du bassin méditerranéen. La traduction en turc marque par contre un tournant qu’on ne peut minimiser. De nombreux auteurs arméniens ont déjà vu leurs travaux traduits en turc, notamment par la maison d’édition Aras, dirigé par nos compatriotes. Mais c’est la première fois que la traduction d’un ouvrage traitant des Arméniens est décidée à un tel niveau, savoir l’une des banques les plus importantes de Turquie, et qu’elle est publiée dans la prestigieuse collection Histoire (Tarih).

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Cette publication m’oblige à faire quelques rappels pour montrer qu’il y a une ouverture :

- Dans les années 1970-1980, les chercheurs turcs faisaient le tour des Archives d’Europe à la recherche des patronymes arméniens, et ajoutaient au crayon la lettre i à la fin de ces noms pour leur donner une consonance italienne. Les Balian, transformés en Baliani, étaient ainsi présentés comme des architectes italiens. On faisait tout pour nier la présence arménienne dans l’Empire ottoman, et les guides officiels qui accompagnaient les touristes dans les salles du palais de Dolmabahçe parlaient sans rougir des architectes impériaux italiens... !

- Le second changement, les Amiras ne sont plus présentés comme des pestiférés, les pilleurs des fortunes ottomanes. Les écrivains arméniens des années 1850-1950 ont souvent oublié ce qu’on doit aux Amiras. Ils firent un travail de dénigrement, marqués par une certaine culture de gauche et aidèrent les Européens qui voulaient la fin de la classe des Amiras. Garants de l’indépendance financière de l’Empire ottoman, il fallait que les Amiras disparaissent pour que la Turquie devienne une colonie de l’Europe, et que l’Empire ottoman soit saignée par la Dette Etrangère. Les historiens turcs n’eurent aucun mal à s’appuyer sur les premiers, et parlèrent des Amiras comme des vampires à l’origine des maux économiques de la Turquie moderne.

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- Krikor Amirzayan : A vous écouter, il y a quelque chose qui vient de changer, puisque la présentation de votre ouvrage traduit donne une bonne image des Amiras arméniens.

- Onnik Jamgocyan : En effet quelque chose vient de changer. Voici le texte de publicité donné par l’éditeur de la traduction. Pour la première fois on parle des Amiras avec respect et on évoque à un tel niveau leur triste destin : “Les Banquiers des Sultans“ insiste sur le rôle des Amiras qui furent les soutiens financiers du Palais ottoman et des grands dignitaires de l’Empire dans les moments les plus difficiles. Il souligne le rôle progressiste de ces hommes tant dans l’architecture que l’industrie du pays. L’historien Onnik Jamgocyan profite des archives consulaires - pour la majorité inconnus à ce jour - et nous raconte la triste histoire de ces hommes d’argent qui finirent exécutés, exilés ou victimes de confiscations“. (“Osmanlý Ýmparatorluðu’nda Sarraflýk”, imparatorluðun en sýkýntýlý dönemlerinde sultan ve devlet erkânýna verdikleri maddi desteklerle hep hedefte olan amira, sarraf, banker ya da para adamlarý olarak adlandýrýlan gayrimüslim tüccarlarýn, gerek mimari, gerek sanayi alanlarýnda oynadýklarý ilerici rolün ve Osmanlý Ýmparatorluðu’na saðladýklarý katkýlarýn altýný çiziyor. Tarihçi Onnik Jamgoçyan, çoðu ilk kez gün ýþýðýna çýkan konsolosluk arþiv kayýtlarýndaki yazýþmalardan yararlanarak, sonu genellikle hüsranla biten -idam, müsadere, sürgün- bu mali sýnýfýn hüzünlü hikâyesini anlatýyor.)

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Onnik Jamgocyan

Décidément, une telle présentation prouve un changement dans l’approche historique, ou de l’existence d’une nouvelle génération d’historiens décidés à ne plus continuer dans le mensonge des historiens d’Etat des années 1970-1990. On ne peut nier que nous sommes devant des hommes décidés à aller à la recherche de la vérité. Autre point positif, cette traduction m’a été soumise avant sa publication et obtint mon aval. Une dernière remarque, la publication de la Yapi ve Kredi Kûltür Yayinlari jouit d’une très large diffusion en Turquie, ce dont malheureusement je ne pense pas qu’on puisse jouir en France où la recherche du profit prédomine. Cette traduction des “Banquiers des Sultans“ en turc est proposée à la vente par des centaines de libraires. J’espère que cela changera la vision que les Turcs - “empoisonnés“ par cinquante années d’histoire étatique - ont des Arméniens.

- adresse site : www.les-editions-du-bosphore.fr
- Pour toute commande, adresse mail : jamgocyan.onnik@orange.fr, ou écrire : Onnik Jamgocyan / Les Editions du Bosphore BP 53062 - 78301 Poissy Cedex

posté le 13 septembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews