Nouvelles d'Arménie
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Théâtre


PARIS
« Le roi nu » : du théâtre pour venir en aide aux étudiants du Karabagh

La 17e pièce de l’association Scribe se joue en ce moment à la maison fraternelle à Paris.

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Gilles Martin, comédien qui a suivi le projet depuis le début, explique avant la représentation ce qu’est l’association Scribe et sa raison d’exister : à leur retour d’un voyage au Haut-Karabagh, trois jeunes femmes, unies par leur amour du théâtre, décident de créer une association pour venir en aide aux étudiants de là-bas. Depuis sa création en 2002, l’association a permis de financer les frais d’inscription de 138 étudiants à l’université de Stepanakert grâce à l’envoi de 314 bourses. Lorsque l’on sait que le salaire moyen d’un Karabaghtsis est de 285 euros par mois alors que les frais d’inscription à l’université coûtent en moyenne 380 euros, on prend conscience que l’aide de cette association est louable...

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Et cette année, c’est pas moins de 14 comédiens qui montent sur scène pour présenter la pièce Le Roi nu d’Evgueni Schwartz, dans lequel se cache un pamphlet politique anti-nazi derrière la structure d’un conte de fées à la Andersen. L’histoire : le porcher Henry est amoureux de la princesse Henriette. Mais le roi ne l’entend pas de cette oreille et exige que sa fille épouse le roi d’un royaume voisin, un dictateur sot. Henry tente de contrecarrer ce projet par un subterfuge... Situations absurdes et hilarantes se succèdent alors.

Le travail des deux metteurs en scène, Sophie Courtel et Jehanne Ducros-Delaigue, est à souligner, tant il est toujours difficile de tout régler quand tant de monde se partage l’affiche. Grâce à une mise en scène simple et ingénieuse ainsi qu’à de belles pauses chantées, les multiples personnages se succèdent sans aucun temps morts pendant 2h.

Une belle initiative à soutenir, d’autant plus que seule une personne de l’équipe - Laurine Agazarian - est d’origine arménienne...

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Prochaines représentations (Pour réserver : http://resas.scribeparis.org / accès libre, un chapeau circule à la fin du spectacle) :

Samedi 15 avril à 20h et dimanche 16 avril à 17h
A la Maison Fraternelle, 37 rue Tournefort, 75005 Paris

Samedi 22 avril à 20h et dimanche 23 avril à 17h
A l’Espace Protestant Marc Boegner, 27 rue de l’Annonciation, 75016 Paris

Dimanche 30 avril à 15h
A la Halle des Épinettes, 45/47 rue de l’Égalité, Issy-les-Moulineaux

posté le 10 avril 2017 par Claire/armenews

Texte : Claire Barbuti / Photos : Dawid Hillien



THEATRE
Corinne Zarzavatdjian dans « Jacqueline revient ! »

Crédit photo : JF Loury.

Idée de départ, écriture, mise scène, interprétation avec deux autres comédiens (Laurent Pariente et Jonathan Bouchoucha), création de costumes hauts-en-couleurs : Corinne Zarzavatdjian porte l’ensemble du projet de la pièce Jacqueline... revient !

L’histoire : deux anciennes stars de la comédie de Boulevard aujourd’hui en maison de retraite relèvent le défi de remonter sur scène en rejouant des scènes qui ont fait leur succès : du Feydeau, du Courteline, et d’autres alliant émotion et situations cocasses voire absurdes.

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Crédit photo : Vanessa Guerry.

L’affable et expressive Corinne, après avoir mis de côté sa passion de la scène, est de retour à 50 ans passés pour « faire ça jusqu’à la fin de ma vie car c’est là que je suis vivante ». Et c’est vrai qu’on la sent épanouie dans ce rôle de l’excentrique Jacqueline - « un hommage à Jacqueline Maillan, j’aimais tellement la regarder avec ma grand-mère dans Au théâtre ce soir ». Une pièce qui prouve que l’on vieillit plus vite quand plus rien ne vous anime.

Les jeudis à 21 h 30 et les samedis à 19 h 45
Comédie Saint Michel - 95, bd St-Michel - Paris 5e
Infos et réservations : http://www.billetreduc.com/178572/evt.htm

posté le 1er avril 2017 par Claire/armenews


PIECE DE FRANCIS VEBER
Le nouveau Pignon est ... un poisson rouge !

« C’est au cours de l’émission Qui veut gagner des millions ? que fut posée la question : “Quel est l’animal de compagnie le plus apprécié des Français ?”. Eh bien, c’était le poisson rouge ! Il y a là de quoi vous laisser rêveur ! » : c’est ainsi que Francis Veber imagine l’histoire d’un couple de Parisiens aisés qui se déchirent et se balancent leurs frustrations autour d’un poisson rouge devenu confident. Le pensionnaire de l’aquarium est renommé... Pignon ! L’animal auquel prête sa voix Gérard Jugnot n’est pas le plus drôle ni le plus réussi de la longue liste des Pignon inventés par Francis Veber, mais le talent des acteurs donne du poids à cette comédie.

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Francis Veber - Par Bernard Richebé.

Et pour la première fois, Francis Veber ose - timidement - aborder sur scène ses origines : l’un des personnages vient en effet d’Armavir, même s’il est seulement dit que la ville se trouve « au Caucase », sans plus de précision... Rappelons que Francis Veber a déclaré dernièrement au Parisien : “Né d’un père juif et d’une mère arménienne, deux génocides, tout pour faire un comique...

Un animal de compagnie, écrit et mis en scène par Francis Veber
Avec Stéphane Freiss, Noémie de Lattre, Philippe Vieux, Dinara Droukarova
Théâtre des Nouveautés - 24 bd Poissonnière - Paris 9e
Jusqu’au 30 avril 2017

posté le 2 mars 2017 par Claire/armenews


THEATRE DE LA VILLETTE
Mikaël Chirinian et sa quête intime des origines

“On a tous une histoire. Et on connaît tous des fables. Nos histoires sont vraies, et nos fables des mensonges. Pourtant, ces mensonges nous éclairent sur nos propres histoires“ : c’est par ces mots que Mikaël Chirinian commence sa pièce L’ombre de la baleine, son troisième “Seul en scène“ (après Rapport sur moi en 2007 et La liste de mes envies en 2013). Comme à son habitude, le comédien s’amuse à jouer une multitude de rôles de façon magistrale (femme, homme, enfant), mais cette fois des rôles beaucoup plus personnels puisqu’il s’agit de membres d’une même famille, très inspirée par la propre famille du comédien.

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Une marionnette qui ressemble trait pour trait à un Mikaël Chirinian avec quelques années de moins se trouve en plein cataclysme familial, pris en étau entre une sœur aux portes de la folie et des parents, dépassés, qui se réfugient dans les westerns et la cuisine. Tous deux portent eux-mêmes un lourd poids sur leurs épaules puisque le père est d’origine arménienne alors que la mère est Juive. “Je ne lui avais jamais dit... J’ai épousé un mari qui lui aussi avait vécu un génocide - comme quoi, il y a des sensibilités“, exprimera la mère jouée par Mikaël Chirinian. La folie semble ainsi être une composante de l’histoire familiale, puisque le fils rappelle l’histoire du grand-père Babik, qui avait 10 ans lorsque son père a été décapité sous ses yeux par les Turcs. “Quand j’entends ma sœur qui crie, c’est encore et toujours les mêmes cris“, maugréera le fils qui, pour échapper au drame familial, embarque pour un voyage intérieur en mer avec Moby Dick. Les scènes familiales puissantes sont ainsi entrechoquées par ces scènes poétiques tout aussi tragiques en mer, grâce à une sobre mise en scène d’Anne Bouvier et une belle mise en lumière de Denis Koransky.

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“En plongeant dans Moby Dick, c’est l’ombre de mon enfance qui m’est apparue“, confie Mikaël Chirinian. C’est une vraie quête intime des origines que le comédien propose. Après avoir décrit et campé les névroses des autres, il aborde avec beaucoup de poésie et de justesse sa propre histoire. Jusqu’à une sublime fin, avec un pop-up réalisé par Natacha Markoff qui nous fait plonger dans un beau décor à la Michel Ocelot et lance un beau message de résilience...

L’ombre de la baleine - De et avec Mikaël Chirinian (et Océaneromarie en co-auteure), Mise en scène par Anne Bouvier
Jusqu’au 11 février (du mardi au samedi à 20h - Le dimanche à 16h)
Théâtre de la Villette - 211 avenue Jean Jaurès - 75019 Paris
Infos et réservations : 01 40 03 72 23 ou resa@theatre-paris-villette.fr

posté le 2 février 2017 par Claire/armenews

Texte : Claire Barbuti / Photos : William K.



MAIRIE DU 9E ARR. DE PARIS
Pièce de théâtre Bosphore, inspirée par la vie et les écrits de Hrant Dink

A l’occasion de la commémoration du 10e anniversaire de l’assassinat de Hrant Dink, l’association Hamazkaïne, avec le soutien de la mairie du 9e arrondissement de Paris, vous invite à la lecture de la pièce en 6 actes Bosphore de Gorune Aprikian et Eric de Roquefeuil, avec les comédiens Jérémie Covillault, Karim Belkhadra et Emmanuelle Rivière. Une fiction inspirée de la vie et des écrits de Hrant Dink.

Sur un quai d’Istanbul, Hrant attend son ami Nédim, un pêcheur turc, afin de faire une balade en mer avec lui. Nédim s’interroge sur les raisons de cette visite. Que vient donc lui réclamer son ami ? Les deux hommes ne se sont plus revus depuis quelques années. Et les raisons de leur rupture restent obscures. N’osant rien refuser à son ami, Nédim entreprend avec Hrant une ultime traversée du Bosphore.

Figure emblématique de la réconciliation arméno-turque, le journaliste Hrant Dink a été assassiné le 19 janvier 2007 à Istanbul. Sa disparition soudaine a suscité une profonde émotion en Turquie et en Arménie, également dans le monde entier. Homme de paix et de raison, la colombe Dink a ouvert la voie (voix) de la réconciliation au milieu des hurlements des loups ultra-nationalistes.

Bosphore lui rend hommage en dressant son portrait dans ce road-movie théâtral. Pour autant, Bosphore est avant tout une pièce sur l’amitié entre deux hommes qui se trouvent confrontés aux aléas de la vie quotidienne, à leurs propres choix politiques et à la fatalité du destin, donnant à ce texte une dimension métaphysique.

Vendredi 20 janvier à 19h30
Mairie du 9e arrondissement de Paris - Salle Rossini - 6 rue Drouot - 75009 Paris
Réservations : 06 25 40 70 44 / 01 45 17 23 22 / akrik@orange.fr

posté le 9 janvier 2017 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Culture  Paris  Théâtre 


THEATRE
Isabelle Sadoyan et Robert Hirsch : un couple épatant

Les deux grands comédiens réunis dans une pièce tendre sur l’amour, la vieillesse et la peur de voir partir l’autre. Plus qu’un mois pour les voir au Théâtre de l’Œuvre.

Le temps qui passe, Isabelle Sadoyan et Robert Hirsch le conjurent en continuant leur art, car c’est sur scène qu’ils se sentent pleinement vivants. Et ça se voit ! Les deux comédiens, qui ont 179 ans à eux deux, sont admirables dans Avant de s’envoler, pièce tendre sur l’amour et la vieillesse écrite par Florian Zeller. Lorsque le rideau se lève, Robert Hirsch - alias André - est debout, le regard perdu, tandis que sa fille tente de le persuader qu’il est temps de « modifier l’organisation » face à « la situation ». Des fleurs arrivent, on croit comprendre que sa femme Madeleine - jouée par Isabelle Sadoyan - est morte, qu’il reste seul et désemparé. Mais voici Madeleine qui rentre guillerette des courses avec leur autre fille. Le spectateur, déboussolé, bascule alors dans une pièce teintée de fantastique, où les personnages pourtant ordinaires naviguent dans un entre-deux, convoqués ou renvoyés dans l’au-delà selon les pensées de chacun et les scènes, qui se passent toutes dans l’appartement remplis de souvenirs du couple.

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A 88 ans, Isabelle Sadoyan réussit pourtant une prestation magistrale sur scène. Touchante quand il faut, mais aussi malicieuse et déstabilisante à souhait, elle campe à merveille Madeleine, dans une pièce pourtant difficile à appréhender. « Je n’y suis pour rien, c’est le texte qui fait tout », tente de justifier Isabelle Sadoyan. Peut-être aura-t-elle enfin le Molière de meilleure comédienne tant mérité pour cette prestation aux côtés de Robert Hirsch, deux ans après celui du meilleur second rôle pour L’Origine du monde...

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Avant de s’envoler de Florian Zeller, mise en scène Ladislas Chollat.
Avec Robert Hirsch, Isabelle Sadoyan, Claire Nadeau, Anne Loiret, François Feroleto et Léna Bréban
Jusqu’au 15 janvier 2017- Du mercredi au samedi à 21 h - dimanche à 16 h
Théâtre de l’Œuvre, 55 rue de Clichy, 75 009 Paris
Rés. : 01 44 53 88 88

Retrouver l’interview des deux comédiens accordée à TéléMatin : https://www.youtube.com/watch ?v=LiGlYZh3V9g

posté le 15 décembre 2016 par Claire/armenews

Claire Barbuti



ARMENEWS TV
Théâtre : interview de Gérald Papasian, qui a monté du Sacha Guitry à Erevan

S’il est ce 18 novembre à Reims dans L’Amazone de Fabrice Melkio et qu’il brille toujours en grand méchant de la nouvelle saison de Braquo actuellement sur Canal +, Gérald Papasian a surtout adapté et monté une très belle pièce de Sacha Guitry, Faisons un rêve. 100 ans après sa présentation aux Bouffes-Parisiens, la pièce a été traduite par Gérald Papasian pour l’occasion.

La première a eu lieu le 27 septembre, et depuis elle est dans le répertoire du théâtre d’Etat Hamaskaïne d’Erevan et ce pour plusieurs années, comme l’espère Gérald Papasian. Agréablement surpris par une nouvelle génération de comédiens, le Parisien souhaite y retourner très prochainement, pourquoi pas pour de nouveaux projets... Avec une espérance : qu’une Fondation pour financer la venue d’artistes arméniens de diaspora qui viennent partager leur expérience sur place voit le jour.

posté le 13 novembre 2016 par Claire/armenews

Texte, photo et vidéo : Claire Barbuti

THEMES ABORDES : Arménie  Culture  Erevan  Théâtre 


LA COMEDIENNE ISABELLE SADOYAN
Dans une pièce de Koltès sur la mémoire coloniale et notre culpabilité

Arnaud Meunier fait briller d’un nouvel éclat la noire comédie de Bernard-Marie Koltès. Ne ratez pas ce Retour au désert à l’affiche jusqu’au 31 janvier au Théâtre de la Ville, avant de partir en tournée en province. Une pièce sur notre mémoire coloniale et notre culpabilité, d’une mécanique implacable.

Dedans, sur fond de guerre d’Algérie, Catherine Hiegel et Didier Bezace interprètent un frère et une soeur qui s’aiment autant qu’ils se déchirent. Parmi la dizaine de comédiens qui se succède à leurs côtés, on note la performance de l’excellente d’Isabelle Sadoyan, toujours aussi pétillante à 87 ans. Comment a-t-elle découvert Koltès ? Qu’est-ce que son Molière reçu l’année dernière a changé dans sa façon de jouer ? Comment cette fille bègue de rescapés du génocide des Arméniens a osé franchir la porte du Conservatoire de Lyon ? Celle qui regrette de ne pas avoir fait assez de cinéma et qui espère rejouer Bélise dans Les femmes savantes avant de tirer sa référence - le plus tard possible, ne lui parlez pas de retraite - revient sur son parcours dans une interview qui alterne émotion et humour.

posté le 22 octobre 2016 par Claire/armenews

Claire Barbuti



Syrie-Jordanie
l’Art est plus fort que la guerre

En 2015 le journaliste François-Xavier Trigan a réalisé pour Arte un reportage à Homs (Syrie) et à Amman (Jordanie) mettant en images une expérience unique en son genre : faire jouer par des enfants Roméo et Juliette en ces deux lieux simultanément par le truchement de Skype. Un pari fou et improbable dont l’idée est venue de Nawar Bulbul, un acteur, metteur-en-scène et fondateur de la troupe de Théâtre Al-Khareef très célèbre à Damas.

Partisan de l’opposition syrienne en 2011, le dramaturge deviendra persona non grata et devra se réfugier à Amman en Jordanie en 2012. C’est là que pour la première fois il fera jouer Le roi Lear, de Shakespeare, à des enfants du camp de réfugiés Zaatari.

Dans ce reportage on assiste aux préparatifs et répétitions de la pièce jouée uniquement par des enfants dans des conditions qui forcent l’admiration.

Brahim, 12 ans, est Roméo. Il a perdu sa mère et ses soeurs lors d’un bombardement sur Homs. Lui-même a été grièvement blessé, handicapé d’une jambe. A Homs, la jeune fille qui lui donne la réplique par écran interposé a 13 ans.

Il faut absolument voir ce document par lequel, grâce à la volonté d’un seul homme, l’espoir peut renaître dans le coeur d’enfants fracassés par la guerre. L’émotion est au rendez-vous.

Depuis ce tournage datant d’avril 2015, le jeune Brahim a émigré au Canada pour se faire soigner et rêve de devenir metteur-en-scène.

Jean Eckian

Voir en plein écran

posté le 28 février 2016 par Jean Eckian/armenews