Nouvelles d'Arménie
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France


PARIS
Valérie et Ara Toranian participent aux débats de la Convention nationale du Crif

La 8e convention national du Crif, qui se tient le 10 décembre au Palais des Congrès de la Porte Maillot, a pour thématique « tous citoyens ! Laïcité, éducation, identités ». Elle accueille, parmi ses nombreux invités Valérie Toranian journaliste et directrice générale de la Revue des Deux Mondes qui prendra la parole à 16h lors d’un atelier intitulé « faut-il encore être féministe ».
A partir de 17h le directeur de Nouvelles d’Arménie et coprésident du CCAF participera quant à lui à un débat sur le thème : « mémoires en conflit, mémoires en partage », qui accueillera notamment Gil Taieb, Vice-président du Fonds Social Juif Unifié et Vice-président du Crif

Juliette Minces, sociologue, Jean-Michel Martial, Président du CREFOM, Colombe Schneck, Ecrivain et Richard Prasquier, Président du Keren Hayessod France. Président d’honneur du Crif. Ce débat sera modéré par Éric Halimi, Rédacteur en chef d’RFM. 

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posté le 10 décembre 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : France 


PARIS 9 DECEMBRE DE 14H A 18H
Evénement : « How to stop the killing »

Il y a 69 ans, l’ONU a adopté la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Malgré les dispositions du droit international, les massacres et les nettoyages ethniques se sont poursuivis jusqu’à aujourd’hui. En 2017, la situation reste critique dans plusieurs pays, notamment au Burundi, en Birmanie (Myanmar), en Irak, en Syrie, ainsi qu’en République centrafricaine.

Comment l’Europe pourrait-elle anticiper et prévenir ces crimes ? La conférence fera le point sur les enseignements tirés du passé et examinera les nouveaux moyens mis en place par certains gouvernements et certaines organisations internationales pour tenter de prévenir ces crimes.

Samedi 9 décembre, de 14h à 18h
PSB Paris School of Business - 59 rue Nationale - 75013 Paris
Entrée libre - inscription obligatoire : www.agbueurope.eu
Contact : contact@egam.eu
Evénement organisé par le réseau Elie Wiesel, EGAM, AGBU Europe et Nouvelles d’Arménie.

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posté le 9 décembre 2017 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : France  Image 450 


PARIS
Hommage à Johnny Hallyday : Stéphane Sahakian à la tête du cortège des motards

A gauche, Stéphane Sahakian (par Studio B) / A droite, Johnny Hallyday (par Roger Kasparian).

Aujourd’hui, un hommage populaire sera rendu à Johnny Hallyday sur les Champs-Elysées. Le convoi funéraire descendra l’avenue parisienne, puis se rendra à l’église de la Madeleine, où une messe sera célébrée.

Le convoi sera suivi d’une équipe de motards et de bikers, entre 600 et 700 deux roues pour rendre un dernier hommage à l’idole amoureux des belles mécaniques. Ce convoi, c’est notamment Stéphane Sahakian qui en a eu l’idée. Président du Harley Owners Group (une entité qui regroupe plus d’un million de motards dans le monde) depuis presque 20 ans, il a reçu tellement de demandes de la part des membres qu’il a eu cette idée, et a contacté la Préfecture de Paris pour rendre ce dernier hommage à celui “ qui a révolutionné la musique, qui a amené le rock’n’roll dans les années 60 en France, ce rock qui est quelque part notre ADN “, confie-t-il.

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Pour que “ ce soit une fête “, “avec du bruit mais aussi beaucoup de respect et d’émotions“, plusieurs centaines de bikers vont donc se rassembler aujourd’hui au départ de la Porte Maillot, pour rejoindre les milliers de Français qui vont marcher ensemble, en communion et en chanson, sur les Champs Elysées et vers l’Eglise de la Madeleine, où le président Emmanuel Macron va faire un discours en hommage à la légende française qui considérait Charles Aznavour comme son “père spiri­tuel“.

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C’est une très belle intention de Stéphane Sahakian, un hommage “ comme l’aurait voulu l’artiste qui affectionnait particulièrement les motos “, a détaillé Sébastien Farran, producteur de Johnny. Ajoutant : “Ses envies, c’était que ça reste rock’n’roll, avec de la musique et des motos qui l’accompagnent“.

A écouter : une interview de Stéphane Sahakian sur RTL

Stéphane Sahakian que connait personnellement Jean Eckian est un ancien ingénieur du son dans l’industrie du disque et du cinéma, aujourd’hui responsable des événements officiels Harley-Davidson pour la France.

Claire Barbutti

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Jean Éckian

posté le 9 décembre 2017 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Décès  France  Image 450  Musique  Paris 


Hommage à Johnny Hallyday
Stéphane Sahakian à la tête de 600 motards sur les Champs Elysées

Stéphane Sahakian au centre

A midi, le Samedi 9 décembre sur les Champs Élysées, environ 600 motards précéderont le cercueil de Johnny Hallyday à la requête de Stéphane Sahakian président du Harley Owners Group France, pour rendre hommage à la star du Rock.

La Préfecture de police a donné son accord pour un cortège ne dépassant pas 700 motos. Le rassemblement des bikers se situera Porte Maillot. Ils rejoindront le cortège funéraire officiel à l’Arc de Triomphe sur signal de la préfecture.

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On sait que Johnny était lui-même un motard averti et qu’il aimait à tracer la route en Harley-Davidson, notamment en Californie. Il est ici avec Jean Basselin, un temps son secrétaire, ami et motard. Un de mes amis d’enfance.

Stéphane Sahakian que je connais personnellement est un ancien ingénieur du son dans l’industrie du disque et du cinéma, aujourd’hui responsable des événements officiels Harley-Davidson pour la France.

Jean Eckian

posté le 8 décembre 2017 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : France  Hommage  Image 450 


CONCOURS
Le court-métrage de Nouritza Emmanuelian au Nikon Film Festival

La comédienne et réalisatrice Nouritza Emmanuelian participe au Nikon Film Festival pour la seconde fois. Pour cette édition présidé par Emmanuelle Bercot, le thème est Je suis un cadeau.

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Nouritza Emmanuelian propose le court-métrage Je suis mes 8 ans, dans lequel on suit une mère et son fils mis à la rue par leur propriétaire le jour des 8 ans de l’enfant... Si elle n’a pas les moyens de lui offrir un cadeau dans un emballage, ça ne veut pourtant pas dire qu’elle ne va pas lui proposer un cadeau plein d’amour et de partage...

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Court-métrage à découvrir ici : https://www.festivalnikon.fr/video/2017/169 ?lang=fr

posté le 8 décembre 2017 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Cinéma  Culture  France  Image 450 


PROCÈS
Nathalie Goulet a soutenu Ara Toranian contre Maxime Gauin

En dépit de ses positions diamétralement opposées à celles d’Ara Toranian sur la question de l’Arstakh (Haut-Karabakh), Nathalie Goulet lui a apporté son soutien dans le procès que lui a intenté Maxime Gauin (voir PDF ci-dessous) et qui a connu le 28 novembre une issue positive pour le directeur de Nouvelles d’Arménie et pour Sam Tilbian.

Dans une lettre adressée le 12 octobre à la défense, la sénatrice de l’Orne, rappelant qu’elle avait voté pour la « loi égalité et citoyenneté » qui permettait de sanctionner les négationnistes du génocide arménien, a déclaré qu’elle considérait Maxime Gauin « comme un révisionniste et un négationniste » et qu’elle soutenait dans cette procédure Ara Toranian. Un engagement courageux eu égard à sa proximité traditionnelle avec la Turquie (elle a été longtemps vice-présidente du Groupe France-Turquie au Sénat) et avec l’Azerbaïdjan ( État également négationniste) dont elle est proche en tant que présidente du Groupe France-Caucase (Azerbaïdjan, Géorgie). Il reste à espérer que ce positionnement qui l’honore sera entendu dans une région largement influencée par l’attitude d’Ankara sur ce sujet, et qu’il contribuera à l’évolution générale des mentalités.

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posté le 8 décembre 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Azerbaïdjan  France  Karabagh  Turquie 


RENDEZ-VOUS DES NAM
Les quatre députés à la filiation arménienne veulent faire bouger les lignes

Pour un premier contact avec les Français d’origine arménienne, les quatre députés à la filiation arménienne élus en juin 2017 ont répondu présent, mardi 5 décembre, à la 8e édition des Rendez-Vous des NAM, en partenariat avec l’UGAB France.

Face à une salle bien garnie et concentrée, qui comprenait plusieurs personnalités (les deux coprésidents du CCAF, Mourad Papazian et Ara Toranian, Hovaness Guevorkian, représentant de la République d’Artsakh en France, Levon Aghadjanian, numéro 2 de l’ambassade d’Arménie, le pasteur René Léonian et Nadia Gorzounian, présidente de l’UGAB France), les quatre élu(e)s Jacques Marilossian (La République En Marche - LREM), Danièle Cazarian (LREM), Nadia Essayan (Modem), Guillaume Kasbarian (LREM) se sont prêtés facilement au jeu des questions/réponses sur la vie politique française ainsi que sur leur perception des relations France-Arménie.

La France va mieux, disent-ils mais il faut laisser du temps aux réformes entreprises depuis six mois pour voir les premiers résultats. Mais la volonté du président et celle de la nouvelle majorité parlementaire (dont les 4 député(e)s sont membres) sont intactes. Les réformes ne font que commencer et il est important de poursuivre ce rythme effréné des projets de lois pour satisfaire les Français. Après avoir énuméré les caractéristiques de cette nouvelle majorité et le profil des primo-députés qu’ils sont tous les quatre, ces derniers ont insisté sur la fin d’une époque politique, celle des partis où les dirigeants exerçaient leur mandat de député comme un métier. Avec la fin du cumul des mandats, cette époque est révolue et avec la loi de moralisation de la vie publique, le statut de l’homme politique se clarifie.

Tous les quatre sont membres du groupe d’amitié France-Arménie - Jacques Marilossian en est le président - et ont tenu à rappeler la nature de leur engagement en faveur de l’amélioration des liens avec l’Arménie. Les député(e)s veulent faire bouger les lignes, aller de l’avant, dépasser le cap mémoriel et s’engager sur des objectifs concrets et atteignables.

À propos de la question de la pénalisation de la sanction des génocides, les députés se sont montrés prudents après les deux invalidations par le Conseil constitutionnel. Ils veulent étudier de près ce point en prenant toutes les garanties au préalable. La voie est étroite et il en ont conscience mais ils veulent être à l’écoute des citoyens.

Quant au fait de savoir pourquoi Jacques Marilossian avait accepté d’être membre du Groupe d’amitié France-Turquie, il a précisé que ce n’est pas pour y faire de la figuration ou servir la real politik mais pour se mettre du côté des démocrates et des défenseurs turcs des droits de l’homme. Les quatre députés ont tenu à rappeler qu’ils sont des élus de la République, et non d’une communauté même si à l’unisson ils ont tenu à préciser qu’il n’y avait aucun complexe à vivre et exprimer leur double culture et qu’ils seront toujours sensibles aux demandes émanant des Français d’origine arménienne.

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Ils attendent également beaucoup de la prochaine visite du président Macron en Arménie à l’occasion du sommet de la francophonie à Erevan durant l’automne 2018.

Et sur l’Artsakh ? Rien de concret n’a filtré même si Guillaume Kasparian a glissé qu’il faut toujours s’attendre à des surprises avec le chef de l’Etat...

Bilan de la soirée ? Premier contact réussi pour les quatre députés, mais il faudra des actes concrets et forts pour maintenir le degré de fidélité, de confiance et d’exigence qui s’est mis en place depuis quelques mandats entre l’Elysée et les Français d’origine arménienne.

En attendant le prochain Rendez-Vous des NAM aura lieu le vendredi 9 février, avec le géopoliticien Gérard Chaliand sur le thème : Quel avenir pour les Kurdes au Proche-Orient ?

posté le 8 décembre 2017 par Claire/armenews

La rédaction des NAM



POURPARLERS
Les États-Unis, la Russie et la France saluent la reprise des pourparlers arméno-azéri

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont félicité l’Arménie et l’Azerbaïdjan jeudi qui ont repris leurs pourparlers de haut niveau sur la résolution du conflit du Haut-Karabakh.

Dans une déclaration commune, ils ont également exhorté les deux parties à prendre des mesures spécifiques pour prévenir les violations du cessez-le-feu et éviter de « nouveaux retards » dans la négociation d’un accord de paix de compromis. « Nous sommes satisfaits de ces négociations intensives et nous appelons les parties à concentrer leurs efforts sur la recherche de solutions de compromis aux questions de fond du règlement politique », a déclaré le communiqué. « De nouveaux retards ne feront que compliquer la situation et pourraient remettre en question l’engagement des Parties à parvenir à un accord durable ».

Tillerson et Lavrov ont publié la déclaration à Vienne lors d’une réunion annuelle des principaux diplomates des pays constituant l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Elle a également été signée par le représentant permanent de la France auprès de l’OSCE. Les États-Unis, la Russie et la France ont été à l’avant-garde des efforts internationaux visant à négocier un règlement du conflit du Karabakh par l’intermédiaire du Groupe de Minsk de l’OSCE.

La déclaration a plus spécifiquement salué le sommet arméno-azerbaïdjanais du 16 octobre à Genève et la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan qui s’est tenue à Vienne mercredi soir. Elle précise que les diplomates américains, français et russes coprésidant le Groupe de Minsk ont été chargés de continuer à faire pression pour « des compromis sur les propositions de travail soumises aux Parties ».

Tillerson et Lavrov ont en outre exhorté les parties à se conformer à leurs accords sur le renforcement de la confiance conclus à la suite des hostilités d’avril 2016 au Karabakh. ‘Se référant à l’engagement déclaré des deux Présidents de prendre des mesures supplémentaires pour réduire les tensions sur la ligne de contact, nous exhortons Bakou et Erevan à accepter l’expansion du bureau actuel du Représentant personnel du Président en exercice de l’OSCE, “ ont-ils dit.

« D’autres décisions adoptées lors des Sommets à Vienne et à Saint-Pétersbourg en 2016 devraient également être mises en œuvre », a ajouté la déclaration dans une référence apparente à un mécanisme d’enquête de l’OSCE sur les violations de la trêve. L’Azerbaïdjan s’est montré réticent à mettre en place ces garanties contre la reprise des combats, affirmant que cela renforcerait le statu quo. L’Arménie maintient que de telles mesures sont essentielles pour progresser vers un règlement pacifique.

P.S Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200

posté le 8 décembre 2017 par Ara/armenews


RENE DZAGOYAN
Ennami

Non sans ironie, Clémenceau remarquait : « Il suffit d’ajouter « militaire » à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi la justice militaire n’est pas la justice, la musique militaire n’est pas la musique. » Au regard de ce qui s’est passé le 17 novembre 2017 en Norvège, à côté de la justice et de la musique, on peut ajouter la diplomatie. En effet, ce jour-là, au cours d’un exercice réunissant tous les pays membres, un officier de l’OTAN, pour représenter les ennemis de l’Occident, a épinglé, entre autres portraits, ceux de Mustapha Kemal Atatürk et de Reccep Tayyip Erdogan. En d’autres termes, il illustrait tout haut ce que ses supérieurs pensent tout bas. Le président Erdogan ne s’y est pas trompé, ordonnant le jour même le retrait des 40 soldats turcs participant à l’exercice. Cela dit, comme nous le rappelions le mois dernier, après son alliance avec la Russie, principal contrepoids de l’OTAN, et de l’Iran sa bête noire, après les multiples accrochages avec les leaders européens, la Turquie fait-elle partie des « amis » des pays occidentaux ou de leurs « ennemis » ?

La question mérite d’autant plus d’être posée que la tension entre Ankara et Washington est encore montée d’un cran ces 30 derniers jours. En effet, après l’affaire des visas, c’est cette fois l’homme d’affaires turco-iranien Reza Zarrab qui est placé sous les verrous dans l’Etat de New-York au chef d’un trafic d’or entre la Turquie et l’Iran, enfreignant ainsi l’embargo décrété par les USA. L’inculpation est d’autant plus délicate qu’en 2013, le même Zarrab avait été arrêté par le Parquet d’Istanbul pour « corruption », impliquant la banque publique Halkbank et son directeur général Süleyman Aslan, chez qui on a trouvé 4,5 millions de dollars en petites coupures. Les investigations ayant conduit tout droit à l’entourage familial et amical du président Erdogan, les enquêteurs ont purement et simplement été limogés et le prévenu relaxé. En Turquie, c’est une tradition.

L’arrestation de Zarrab n’aurait aucun intérêt si, selon les sources américaines, l’intéressé n’était pas décidé à « collaborer », c’est-à-dire, vulgairement parlant, à mouiller le président Erdogan, sa famille, et son gouvernement, transformant ainsi une affaire privée en un affaire d’État, et entraînant, par voie de conséquence, des sanctions envers la Turquie pour avoir enfreint l’embargo, ce qui la placerait de facto au même rang que la Russie, c’est-à-dire des ennemis des USA, donc de l’Occident. Pour un membre éminent de l’OTAN, c’est gênant. Loin de mettre un peu d’eau dans son vin (désalcoolisé, naturellement), le président Erdogan a, au contraire, jeté de l’huile sur le feu en demandant au parquet d’Istanbul d’enquêter sur les deux procureurs qui ont conduit l’enquête sur Zarrab l’an dernier. En un mot, entre les USA et la Turquie les lendemains qui chantent ne sont pas pour demain. Ce serait un moindre mal si, à son tour, l’Arabie Saoudite ne s’en mêlait. Le mois dernier, l’on parlait ici des ambitions d’Ankara sur le leadership sunnite, qu’elle dispute à Ryad.

Pour arrondir les angles, le président Erdogan, en 2016 et 2017, rencontrait à plusieurs reprises le successeur présumé du vieux roi Salmane Ben Abdelaziz, le prince Mohammed Ben Nayef, avec qui il entretenait les relations les plus amicales. Manque de bol, en juin 2017, c’est son cousin germain Mohamed Ben Salman qui monte sur le trône de Ryad. A noter que le nouveau roi est un féroce adversaire de l’Iran et de ses alliés. Et comme la Turquie et l’Iran... (voir plus haut). Ceci n’aurait aucune importance si l’Arabie Saoudite n’était le principal pourvoyeur de crédits de la Turquie. Aussi rien d’étonnant à ce que, depuis la reprise en main de Ben Salmane en septembre, le dollar soit passé de 3,40 livres turques à quasiment 4 livres, soit une perte de valeur de 17.5 % en un mois, avec tout ce que cela entraîne pour les remboursements de sa dette étrangère. Si, par-dessus tout ça, grâce aux révélations de M. Zarrab, les États-Unis décrétaient un embargo commercial, même partiel, envers la Turquie, on peut dire, sans grand danger, qu’Ankara n’est pas sorti de l’auberge.

Tout ceci, donc, pour illustrer qu’en étant, d’un côté, membre de l’OTAN et candidat toujours présent à l’adhésion européenne, et de l’autre, allié de la Russie et de l’Iran, il est difficile de dire que la Turquie est un pays « ami » de l’Occident sans dire qu’elle est en même temps son « ennemi ». Pour décrire cette situation inédite en diplomatie, il convient donc d’inventer un concept nouveau. Nous proposons donc aux experts géopoliticiens d’utiliser dans leurs analyses le concept de « ennami », qui résout l’apparente contradiction de la position turque. Ainsi, par exemple, lorsqu’en avril le président Erdogan présente ses condoléances aux Arméniens pour les « événements » de 1915 et qu’il le nie juste après, on peut dire sans se tromper qu’il a là une attitude « ennamicale ». Et le tour est joué... Il suffisait d’y penser. n

posté le 8 décembre 2017 par Ara/armenews