Nouvelles d'Arménie
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France


SCULPTURE
Mikayel Ohanjanyan à la FIAC de Paris

Mikayel Ohanjanyan est né en 1976 à Erevan. Il vit et travaille en Italie.

Son oeuvre Materialità dell’invisibile est une tentative de matérialisation de l’invisible en cherchant à souligner certains aspects conceptuels et esthétiques. Sa lecture est multiple : alors qu’il montre d’un côté l’espace vide comme forme et matière, il questionne de l’autre la matière même, compressée par des câbles d’acier.

L’oeuvre représente l’humanité, avec ses contrastes et ses équilibres, chargés de tensions, non seulement physiques mais aussi psychiques et sensorielles.

Du jeudi 19 au dimanche 22 octobre
A la FIAC (Foire internationale d’art contemporain) - Grand Palais et Petit Palais
Plus d’infos : http://ohanjanyan.com/

posté le 20 octobre 2017 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Culture  Exposition  France  Paris 


LE PROCÈS GAUIN/TORANIAN-TILBIAN SELON L’AFP
Peut-on contester le génocide arménien en France ? Passions et douleurs au tribunal

Paris, 17 oct 2017 (AFP) - Des enfants de déportés arméniens sur le banc des prévenus, un chercheur qualifié de “négationniste patenté“ en accusateur : la justice française doit dire si dénoncer la négation du génocide arménien de 1915 relève de la diffamation.

Paradoxe national : La France a reconnu le génocide arménien en 2001, mais le conseil constitutionnel a censuré en 2012 la loi pénalisant sa contestation.

Résultat : Maxime Gauin, un chercheur français financé par un think tank turc, a attaqué le directeur du site des Nouvelles d’Arménie, Jean-Marc Toranian, et un contributeur à son site pour diffamation et injure publique par voie électronique.

Le plaignant poursuit trois séries de propos publiés en 2013 et 2014, où il est comparé au négationniste Robert Faurisson (régulièrement condamné pour nier la réalité de la Shoah) et qualifié de “véritable tâcheron au service du fascisme turc“, notamment pour avoir écrit que “les déportés étaient très bien nourris et accueillis et au cours et au terme de leurs marches forcées“.

Mardi après-midi, dans une salle bondée et surchauffée, chacun a campé sur ses positions.

Maxime Gauin, qui revendique des publications dans plusieurs revues universitaires américaines, a pleinement assumé contester la qualification de génocide contre les Arméniens.

Il a demandé à la justice de lui accorder réparation pour avoir été “injurié“, “blessé“. “Quoi de pire pour un historien que d’être comparé à des faussaires comme Robert Faurisson ?“, a-t-il demandé. “Quoi de pire pour un historien“ que d’être assimilé un suppôt du “fascisme ?“.

A la barre, deux enfants d’exilés ont fait parler “les ossements laissés sur les chemins de la déportation“, l’un racontant la “longue marche“ vers la Syrie, l’autre les rafles des milices turques. “Une blessure qui ne peut cicatriser parce qu’elle est sans cesse grattée, creusée par le négationnisme de l’Etat turc“, dit leur avocat Henri Leclerc.

- “un moment du crime“ -

“Les écrits de Maxime Gauin sont de même nature que s’il avait nié et justifié l’éradication des tziganes par les nazis“, a déclaré Samuel Tilbian, réaffirmant que le plaignant était “la cheville ouvrière d’un Etat négationniste“.

Très ému, Jean-Marc Toranian a rappelé son inlassable combat contre le négationnisme “qui est un moment du crime, sa continuation“.

“Le fond de sauce de Maxime Gauin n’a pas changé depuis les années 80 : on minimise le nombre des morts, on fait endosser aux victimes la responsabilité du déclenchement des massacres, on rappelle un contexte de la guerre... Mais en quoi ma grand-mère était-elle une menace ?“, a-t-il demandé.

“A ce négationnisme, s’ajoute une critique systématique contre le monde arménien, contre des personnalités“, de Charles Aznavour à Kim Kardashian jusqu’aux résistants du groupe Manouchian : “il outrage la France quand il dit que ces gens-là, des résistants, n’étaient pas la France. C’est effectivement quelqu’un au service du fascisme turc“, a-t-il insisté.

Maxime Gauin a argué de la liberté de “débattre“ en démocratie et affirmé que ses propos avaient été “dénaturés“ : “Je voulais insister sur la diversité extrême des situations“, a-t-il assuré, pour justifier ses écrits sur le bon traitement réservé à certains Arménien en 1915.

“Mais quel débat ?“, a demandé Me Henri Leclerc pour la défense. “Comme disait mon ami Pierre Vidal-Naquet, ce grand historien spécialiste de la Shoah, on débat pas avec un négationniste, comme un astrophysicien ne débat pas avec quelqu’un qui croit que la lune est faite de fromage de Roquefort“.

L’avocat, qui a maintes fois ferraillé contre Robert Faurisson s’est attaché à démontrer des “méthodes similaires“ à celles de Maxime Gauin : “un polémiste, un négationniste que l’on doit pouvoir dénoncer“.

“Vous n’avez pas à dire si le génocide arménien existe ou pas, a-t-il déclaré au tribunal, vous avez juste à dire si ces propos sont justes“. Le jugement a été mis en délibéré au 28 novembre.

Sofia BOUDERBALA

posté le 18 octobre 2017 par Ara/armenews

PHOTO JEAN ECKIAN

THEMES ABORDES : France  Image 450 


JUSTICE - NANTERRE
Tad Demir et Tro Momajian : la procureure requiert 3 mois avec sursis

De gauche à droite : Me Pradel, Tro Momajian, Tad Demir et Me Arapian.

A l’issue d’une audience longue et tendue, la procureure de la République a requis 3 mois avec sursis contre les deux étudiants d’origine arménienne qui avaient lancé de l’eau colorée sur l’ambassadeur turc en mars 2015. La cour s’alignera-t-elle ? Délibéré le 28 novembre.

Ce mardi 17 octobre 2017, on parlait arménien devant le Tribunal de grande instance de Nanterre où comparaissaient à 13h30 Tad Demir et Michael Tro Momajian, le premier pour “violences volontaires avec préméditation ou guet-apens“, et le second pour “complicité et diffusion d’images“. Les Arméniens étaient venus en nombre pour soutenir les deux jeunes étudiants - en si grand nombre que tous n’ont pas pu entrer au sein de l’étroite salle d’audience. La partie civile était seulement représentée par son avocat, maître Aaron Bass, l’ambassadeur Hakki Akil n’ayant pas souhaité être présent.

Deux étudiants exemplaires

L’audience a commencé en rappelant le parcours assez exemplaire des deux accusés, l’un en veste et pantalon en toile, l’autre en costume : Tad Demir, 25 ans, en M1 de sciences politiques spécialisé en relations internationales, et Michael Tro Momajian, 22 ans, étudiant lui aussi en M1 en droit international à la Sorbonne, ont tous deux un casier judiciaire vierge.

Les faits qui leur sont reprochés datent du 2 mars 2015. Tad Demir avait ce jour-là lancé de l’eau rouge (symbole du sang) sur la chemise blanche de l’ambassadeur de Turquie en criant “la Turquie est un Etat fasciste qui refuse de reconnaître le génocide arménien“, alors que celui-ci était en plein “débat sur la laïcité“ devant les étudiants de l’université Descartes à Malakoff. Michael Tro Momajian, avait filmé la scène et l’avait diffusée sur Youtube, après que la chaîne France 24 a elle-même relayé des images de l’incident.

Les deux hommes membres du Nor Seround ne nient pas les faits, mais estiment être des victimes et non des coupables, et avoir agi pour défendre la mémoire de leurs ancêtres, se référant notamment au concept d’“innocence première des victimes“ dont parle l’historien Yves Ternon : “Une personne qui est victime et qui n’a pas connu réparation ne peut pas être considérée comme un accusé.

Un acte personnel, sans préméditation

Tenant dans ses mains tremblantes ses notes sur fiches Bristol, Tad Demir a commencé en expliquant les raisons de son action, qui est intervenue alors que se multipliaient les provocations de la Turquie en cette année de centenaire du génocide des Arméniens, notamment en mentionnant l’annonce d’Erdogan de célébrer la bataille de Gallipoli le 24 avril. “Je voulais donc faire quelque chose de marquant pour parler du génocide et de la politique de l’Etat turc“, contre l’ambassadeur qui était le représentant de cela, expliquera celui qui assure avoir agi seul, dans une démarche personnelle.

En effet, si l’idée de lancer de l’eau colorée avait été évoquée avec d’autres militants arméniens, ce ne fut que sur le ton de la boutade. C’est en lisant un message d’un de ses camarades lui disant qu’il parlait beaucoup mais n’agissait jamais, et surtout en achetant des colorants alimentaires (certes rouges, mais également jaunes et bleus) pour préparer un gâteau d’anniversaire pour son oncle le lendemain que l’idée a germé dans la tête de l’étudiant, idée qui s’est renforcée en arrivant sur place et en voyant que des caméras filmaient le “débat“.

Les plaidoiries et réquisitions

Dans une attitude assez arrogante, le jeune avocat de l’ambassadeur turc a tenu à tout de suite lier l’acte aux attentats qui ont pu être commis par le passé par les Arméniens. “Un Arménien qui se jette vers vous en criant, au vu du lourd passif, ça ne peut qu’impressionner un ambassadeur turc“, a-t-il assuré, se défendant d’être l’avocat du régime turc, et souhaitant rejeter toute idée de violence au nom d’un discours victimaire, communautaire. Il a même comparer les deux prévenus à « ceux qui n’étaient pas Charlie. On a voulu s’opposer, par la violence, à la liberté d’expression !. » Indignation dans la salle qui a dû mal à se contenir, ce qui était encore plus le cas lorsque Me Aaron Bass avait tenté de questionner les accusés en lançant “ est-ce qu’un Azéri peut s’en prendre à un Arménien ? “. Immédiatement recadré par le Président, qui n’aura de cesse de recentrer le débat lors d’envolées politiques.

C’est la procureure qui a ensuite pris la parole. Pour elle, il ne s’agit nullement de contester la reconnaissance du génocide mais elle ne veut “pas entendre cette position victimaire“ car ils “sont acteurs“ : il est donc, d’après elle, impensable de ne pas respecter la personne qu’est l’ambassadeur. Elle a requis 3 mois d’emprisonnement avec sursis pour les deux accusés. Puisque, si “l’histoire est complexe et douloureuse“, elle estime que “la liberté d’expression doit pouvoir exister en paix“.

Ce fut ensuite au tour des avocats de la défense. Me Arapian a tout d’abord tenu à souligner la fragilité des descendants des victimes du génocide des Arméniens, qui se trouvent en plein vide juridique puisque, depuis le rejet de la pénalisation de la négation du génocide par le Conseil constitutionnel, on peut “assister à tout et n’importe quoi“. D’après lui, on est face aujourd’hui à des personnes qui tentent d’instrumentaliser la France, un responsable de l’université Descartes lui aurait d’ailleurs assuré regretter avoir accepté que l’ambassadeur turc - accompagné d’une figure de l’extrême droite - vienne faire la propagande de l’Etat turc entre ses murs.

Il est ensuite revenu à l’acte en lui-même : “Envoyer de l’eau, ça, c’est de la violence ?“, a-t-il raillé, rappelant de surcroît que la plupart des ambassadeurs sont des anciens policiers ayant participé aux répressions contre la population civile turque...

Me Pradel, également avocat des accusés, s’est lui déclaré “assez triste de ce que j’ai pu entendre du côté de la partie civile, de ce mépris permanent dans le comportement de la Turquie.“ Assurant qu’il n’était nullement de parti pris puisque “uniquement descendant d’Aveyronnais“, il a affirmé qu’il ne souhaitait pas que le tribunal soit confondu avec une tribune.

Il a ensuite parlé de la jurisprudence, avec un cas d’envoi de liquide sur une personnalité, en l’occurrence de la peinture sur Hubert Védrine. Dans les deux dossiers, personne n’a été blessé. L’ambassadeur ne s’est d’ailleurs pas plaint sur le coup d’être blessé et, après un nettoyage rapide, a pu terminer sa conférence. Il a rapproché cet acte de ce que l’on peut voir dans une cour de récréation. Quant au cas de Tad Demir, le motif de “complicité“ ne pourrait être retenu puisqu’il n’avait pas connaissance de ce qu’allait faire son ami - d’après lui, il n’était présent que pour filmer les discussions et les questions qui auraient pu être posées - ni même celui de “diffusion d’images“ puisqu’il ne les a mises en ligne qu’après avoir vu les images sur le site de France 24.

Par conséquent, les deux avocats - qui ont parfaitement renvoyé la partie turque dans ses retranchements - ont demandé la relaxe de leurs deux clients, ou à défaut au moins une dispense de peine. Le délibéré a été fixé au mardi 28 novembre à 13h30, dans cette même 18e chambre correctionnelle du TGI de Nanterre.

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posté le 18 octobre 2017 par Claire/armenews

Claire Barbuti



PROCÈS DU 17 OCTOBRE
Les descendants des victimes du génocide sur le banc des accusés

A Paris et à Nanterre se tiennent aujourd’hui deux procès politiquement importants. L’un en diffamation contre Ara Toranian et Sam Tilbian, l’autre contre deux ex-militants du Nor Séround.

La cause arménienne sera prochainement au centre de deux procès. Et curieusement, ils se tiennent le même jour à la même heure, soit aujourd’hui même à partir de 13 h 30. Le premier verra comparaître, devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, Ara Toranian et Sam Tilbian, poursuivi par le pamphlétaire anti-arménien Maxime Gauin pour diffamation et injure. Le deuxième concerne deux ex-militants du Nor Séround, qui seront jugés à Nanterre pour avoir lancé de l’eau colorée sur l’ambassadeur de Turquie en mars 2015.

La plainte de Maxime Gauin

La première affaire a pour toile de fond la problématique du négationnisme et de l’arménophobie. Deux fléaux favorisés par les tentatives incessantes de Maxime Gauin, vice-président de l’association « confluence France-Turquie », membre du think tank turc négationniste Avim, et rédacteur au site Turquie-news qui discrédite les Arméniens, sur différents supports, soit en mettant en cause la véracité du génocide, soit en présentant systématiquement une version à charge des points controversés de leur histoire, soit en contrant les initiatives relatives, par exemple, à la connaissance publique du génocide, à la pénalisation du négationnisme, ou encore à l’enseignement des événements de 1915 dans les cours d’histoire.

Très actif sur les réseaux sociaux, Gauin intervient en son nom propre et aussi, semble-t-il, sous divers pseudonymes dont celui de Dussardier, qu’il assume aujourd’hui ouvertement à la faveur de ce procès. Ce qui lui a permis de lancer une première plainte pour injure et diffamation en février 2014 contre Sam Tilbian, auteur du message suivant sur armenews.com : « Dussardier, notre prétendu historien, véritable tâcheron au service du fascisme turc nous sort un article dans Turquie News [...] dans lequel il s’épuise à vouloir démonter les preuves irréfutables accumulées par Vahakn Dadrian et Taner Akçam, ça devient chez lui une véritable obsession [...] Toujours selon notre négationniste parenté, les déportés étaient très bien nourris et accueillis au terme de leurs marches forcées, et toutes les photos et films de morts et de déportés squelettiques en haillons sont des faux ». Ara Toranian est également poursuivi par Gauin, dans cette procédure, en tant que directeur de la publication.

Un éditorial d’Ara Toranian

Deux autres interventions sur le forum d’Armenews, l’une attribuée à nouveau à Sam Tilbian et une autre portant la signature d’un dénommé Lenajan, avaient également été attaquées par le polémiste. Mais ses poursuites ont débouché sur une ordonnance de non-lieu, qui a été confirmée en appel, les messages litigieux ayant été supprimés à la suite d’une intervention de son avocat.
La deuxième plainte de Gauin, qui sera jugée devant la 17e chambre, concerne plus directement Ara Toranian, cette fois-ci en tant qu’auteur. Réagissant à une tribune particulièrement violente du pamphlétaire publiée dans le quotidien israélien Haaretz, le directeur d’Armenews avait écrit sur son site un éditorial intitulé : « Que faire du polémiste Gauin ? ». Ce dernier a alors engagé des poursuites, au motif que certaines phrases de cet article seraient diffamatoires. Il s’agit des passages suivants :

1) « Dans cette diatribe, cosignée par un dénommé Murinson, le pamphlétaire anti-arménien tente à nouveau de noircir l’image de l’Arménie en lançant à son encontre une accusation publique d’antisémitisme. Ce qui est la moindre des choses quand on s’adresse à des Israéliens... Gageons que s’il devait écrire pour un journal palestinien, il trouverait dans l’histoire ou l’actualité arménienne de quoi alimenter la thèse inverse, à l’instar d’Erdogan qui n’a pas hésité à suggérer l’existence d’un complot cosmopolite mondial pour expliquer la crise financière en Turquie ».

2) « Plus préoccupant est le fait qu’un journal comme Haaretz, sérieux, ait pu servir de support à un texte signé par un individu dont l’un des principaux titres de gloire est de défendre les thèses négationnistes de la Turquie sur le génocide arménien ».

3) « On ne peut évacuer par principe l’option de le dénoncer plus systématiquement au motif que ce serait entrer dans son jeu. En butte à un dilemme assez comparable avec Faurisson, nos amis de la communauté juive de France avaient choisi d’être plus offensifs ».

En ce qui concerne les deux premières citations, l’accusation estime que ces propos comportent « des allégation susceptibles de porter atteinte à l’honneur ou à la considération de Maxime Gauin. En ce qui concerne la troisième, le plaignant affirme qu’elle contiendrait « une expression outrageante, un terme de mépris ou une invective ne renfermant l’imputation d’aucun fait ».

Intérêt politique

Autant d’accusations que la défense se chargera de contrer, tant sur la forme que sur le fond. Pour le plaignant, l’enjeu officiel de ces procès est de laver son honneur qu’il dit atteint et d’obtenir réparation pour « l’injure ». Il faudrait sans doute ajouter à cet enjeu un autre intérêt, plus politique : celui de pouvoir mettre à son actif une nouvelle condamnation de militants arméniens, dont l’un est coprésident du CCAF. Son exploitation dans le passé d’une première victoire devant les tribunaux contre Movses Nissanian, qui avait comparé la mentalité de Gauin à celle de la milice pendant la Deuxième Guerre mondiale, ne laisse guère de place au doute : si sa procédure aboutie, Gauin ne se privera pas d’en tirer profit, dans au moins trois domaines. Tout d’abord pour donner du crédit à ses thèses et renforcer son travail de sape contre la cause arménienne. Ensuite, pour assoir son autorité dans la mouvance nationaliste turque, qu’il abreuve depuis des années de ses conseils et de ses encouragements. Enfin, pour continuer à intimider ses contradicteurs, en particulier sur les réseaux sociaux, en donnant du poids à ses menaces multiples et répétitives de procès. Il va sans dire que si, à Dieu ne plaise, cette hypothèse venait à se réaliser, sans ouvrir pour autant un boulevard aux thèses des négationnistes, cela contribuerait grandement à leur faciliter la tâche. À l’inverse, un échec constituerait un vrai frein à son entreprise de dénigrement du monde arménien et à son militantisme en faveur des thèses de l’État turc, en particulier son combat contre « les allégations de génocide ». Maxime Gauin sera défendu par Maître Patrick Maisonneuve et Ara Toranian par Maître Henri Leclerc.

Eau colorée sur l’ambassadeur

Le second procès, qui se tiendra donc également le 17 octobre, mais au tribunal de Nanterre cette fois, mettra en cause deux militants arméniens, poursuivis pour « violences volontaires avec préméditation ou guet-apens ». Il leur a reproché pour l’un, d’avoir lancé de l’eau colorée en rouge sur l’ambassadeur de Turquie en mars 2015 alors qu’il venait faire une conférence dans l’Université Paris-Descartes et, pour l’autre, d’avoir diffusé la scène sur les réseaux sociaux. Pour leur défense, leur comité de soutien rappelle que « si la « violence » que représente ce jet d’eau n’est que symbolique, la violence de l’État turc est, elle, tout à fait réelle », depuis le génocide arménien, sa négation, la répression tous azimuts dans son pays, jusqu’aux agissements criminels en France qui lui sont imputés, par exemple l’assassinat de trois militantes kurdes à Paris en 2013 pour lesquels il n’a jamais été inquiété. L’appel en faveur de ces deux étudiants indique en outre que leur geste symbolique a eu lieu dans une Université française, lieu qui ne peut laisser place aux falsificateurs de l’Histoire ». Un appel à manifester à 13 heures devant le Tribunal de Nanterre179-191 avenue Joliot-Curie, RER A Nanterre Préfecture a été lancé. Et une pétition circule en faveur de ces jeunes militants sur

https://www.helloasso.com/associations/charjoum-le-mouvement/formulaires/1

Fanny Hagopian

posté le 17 octobre 2017 par Ara/armenews


EDITORIAL
Gauin : inciter à la haine et semer la zizanie

Mon procès et celui de Sam Tilbian - nous sommes tous deux poursuivis par le pamphlétaire anti-arménien Maxime Gauin pour diffamation et injure - se tiendra le 17 octobrea à 13h30 devant la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Paris. Il a pour origine une plainte de Maxime Gauin, qui en substance me reproche de l’avoir comparé à Faurisson dans un éditorial, et qui reproche à Sam Tilbian de l’avoir qualifié de « véritable tâcheron au service du fascisme turc », dans un message posté sur le forum d’armenews.com. Mais, au-delà des faits qui pourraient paraître anecdotiques au non-initié, ce procès est lourd d’enjeux bien plus importants.

Après la décision du Conseil constitutionnel d’invalider, au nom de la liberté d’expression, les lois qui se proposaient de pénaliser le négationnisme du génocide arménien, il s’agira désormais de savoir si non seulement les négationnistes ne sont passibles d’aucune sanction pour leurs agissements, mais s’il deviendra même condamnable de les désigner pour ce qu’ils sont. Par un curieux renversement des rôles, c’est en effet un négationniste arménophobe et thuriféraire de l’Etat turc qui se trouvera le 17 octobre sur le banc de l’accusation, et des descendants des victimes du génocide sur celui des accusés. Dans ce contexte une décision du tribunal qui ne reconnaîtrait pas à ces derniers le droit de se défendre et de répliquer pourrait ouvrir un boulevard aux négationnistes. Ce serait d’autant plus grave que leur arrogance est en train de franchir un nouveau palier, à en juger par les derniers messages de Maxime Gauin sur twitter.

Ce vice-président de l’association Confluence France-Turquie, membre revendiqué du think tank turc AVIM, dirigé par un ex-ambassadeur de Turquie, s’est en effet lancé à quelques jours du procès dans des attaques d’une violence inouïe contre l’un des « accusés » : en l’occurrence, votre serviteur. Il ne se contente pas d’attenter à ma réputation, comme il le fit dans le passé avec ses « têtes de Turc » que sont Patrick Devedjian, l’historien français Yves Ternon, l’historien turc Taner Akçam, l’historien américain Vahakn Dadrian, l’autre coprésident du CCAF, Mourad Papazian, le président de l’institut de l’holocauste et du génocide à Jérusalem, Israël Charny, et même mon avocat, maître Henri Leclerc. Il se permet cette fois-ci de proférer des accusations contre ma personne d’une rare gravité, et ce bien sûr à quelques jours du procès.

Sa dernière agression, particulièrement venimeuse, vise non seulement à me diaboliser dans la perspective de cette échéance, mais répond également à un objectif tactique clairement identifiable dans sa stratégie négationniste globale : Inciter à la haine antiarménienne et plus précisément, créer une fracture entre les Juifs et les Arméniens.

Dans une série de tweets envoyés le 30 septembre, ce propagandiste n’hésite en effet pas à me qualifier de « grande figure de l’Asala, groupe terroriste antisémite, lié au FPLP et à l’attentat de la rue Copernic ». Pas moins ! Et pour illustrer son propos, il reproduit dans le même fil de discussion, comme élément à charge, une interview d’Abou Iyad, ex numéro 2 de l’OLP, assortie d’une photo où je figure à côté du dirigeant palestinien dans un entretien paru en 1980, dans Hay Baykar (combat arménien), journal dont j’étais à l’époque le directeur de publication. Enfin, il reproduit un article de ce même périodique, particulièrement critique à l’égard de l’invasion israélienne au Liban. 

Il va sans dire que l’accusation est totalement mensongère et que le procédé est particulièrement pernicieux.

D’une part je n’ai jamais appartenu à l’ASALA, même si je l’ai soutenue publiquement durant un temps (avant de condamner sa dégénérescence terroriste) et je n’ai été encore moins l’une de « ses grandes figures ». Quant à attribuer à cette organisation un rôle dans le crime odieux de la rue Copernic, si Maxime Gauin détient des preuves de ce qu’il affirme, qu’il les communique aux services compétents. La DGSI et le Mossad ne demanderont sans doute qu’à profiter de ses lumières... Mais il est hélas à craindre pour notre contempteur qu’il ne soit guère pris au sérieux.

Ses procédés, ses mensonges, ses amalgames grossiers, et ses tentatives d’enfumage ne sauraient en effet résister à l’examen (cf : les articles et la photo présentés n’ont en réalité aucun rapport avec les accusations portées, quand bien même tentent-ils de les crédibiliser en créant un climat, en plantant un vague décor, tel un illusionniste).

Ces tweets nauséabonds sont à rapprocher de toute une série d’autres écrits, visant à semer la zizanie, notamment entre Juifs et Arméniens. Sa tribune extrêmement caricaturale publié dans Haaretz il y a trois ans, et dont la critique par l’auteur de ces lignes est à l’origine de la plainte en diffamation en cours, était à cet égard sans ambiguïté. « Courrier international », qui l’avait signalée du fait de la violence extraordinaire de son contenu ne s’y était pas trompé en la qualifiant d’article au vitriol et en titrant « l’Arménie, un pays accusé d’antisémitisme ». Faut-il le rappeler  ? Cette imputation d’autant plus malveillante qu’elle s’adressait à un public israélien, avait été battue à l’époque en brèche par Rimma Varjabedian-Feller, présidente de la communauté juive d’Arménie qui avait vivement dénoncé dans différents médias les anathèmes et les procédés du pamphlétaire. 

Ce que Maxime Gauin « oublie » bien sûr aussi de dire dans ses tweets, ce sont les prises de position de l’auteur de ces lignes contre la dérive de l’ASALA, dont le pamphlétaire fait le procès pour détourner l’attention afin que ne soit pas fait celui de l’Etat turc dans le génocide arménien, autrement plus lourd de conséquences.

Ce que Gauin ne dit pas non plus, c’est mon militantisme en faveur de la solidarité entre Arméniens et Juifs, deux peuples victimes d’un génocide et mobilisés pour le droit à la sécurité des Etats arménien et israélien, toujours menacés dans leur existence.

Si la donne géopolitique n’a pas toujours permis aux Arméniens et à Israël d’être dans le même système d’alliances, malgré leurs affinités électives évidentes et les similitudes tragiques entre leurs histoires, il s’est toujours trouvé dans les deux peuples une volonté de dépasser les conflits d’intérêts secondaires pour promouvoir l’essentiel : une même communauté de valeurs, de sensibilité. Cette fameuse « solidarité des ébranlés », évoquée par le philosophe tchèque Jan Patocka et qu’aime à citer Bernard-Henri Lévy. Une communauté de destin et d’idéal, qui ne se laissera pas briser par ceux qui se repaissent de leurs cadavres et jouent de leurs souffrances.

Ara Toranian

posté le 15 octobre 2017 par Ara/armenews


COMMUNIQUÉ DU CCAF
Procès du 17 octobre : soutien à Ara Toranian et Sam Tilbian
Le CCAF (Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France), qui regroupe la très grande majorité des associations arméniennes de France, soutient Ara Toranian et Sam Tilbian dans le procès qui leur est intenté par Maxime Gauin le mardi 17 octobre auprès de la 17ème Chambre du Tribunal correctionnel de Paris. Défenseur de la cause arménienne, co-Président du CCAF, Ara Toranian est attaqué par un négationniste du génocide arménien qui agit depuis de nombreuses années dans l’intérêt du gouvernement turc. Maxime Gauin apparaît comme un des relais d’Erdogan en France. Le CCAF est pleinement mobilisé aux côtés d’Ara Toranian. Mourad Papazian, le co-Président du CCAF “espère que la justice saura faire la différence entre un défenseur de la vérité et de la justice et un négationniste. Cette affaire est, en fait, un nouveau face à face entre les Français d’origine arménienne et Erdogan. Nous sommes tous, nous, de nombreuses personnalités intellectuelles et universitaires, avec Ara Toranian, à ses côtés pour que Maxime Gauin soit débouté et pour que la Turquie ne fasse pas sa loi en France“.
posté le 15 octobre 2017 par Ara/armenews

PHOTO DE JEAN YEREMIAN



COMMUNIQUÉ DU CCAF
Procès du 17 octobre : soutien à Tro et à Tad

Le CCAF s’élève contre les tentatives de pénaliser l’action de deux jeunes étudiants d’origine arménienne qui durant l’année du centenaire du génocide ont lancé un verre d’eau colorée sur l’ambassadeur de Turquie en France, afin de dénoncer le négationnisme du régime et sa dérive dictatoriale. Quelle que soit l’appréciation que l’on peut porter sur l’opportunité d’une telle initiative qui s’inscrit dans la grande tradition du mouvement estudiantin, elle ne correspond en tout cas pas au chef d’inculpation de « violences volontaires avec préméditation ou guet-apens » pour lequel Tad et Tro comparaitront devant le tribunal de grande instance de Nanterre le 17 octobre. Le CCAF rappelle que si « violence volontaire » il y a, elle ne se situe dans un geste qui s’est soldé par quelques frais de pressing, mais dans les pratiques criminelles d’un État qui s’est construit sur le cadavre du peuple arménien, le négationnisme, l’oppression de ses minorités, l’expansionnisme et le musellement de son opposition démocratique. La Turquie est aujourd’hui la plus grande prison de journalistes au monde, les détenus politiques s’y comptent par dizaines de milliers, tandis que le régime fait régner la terreur dans son administration en procédant à des centaines de milliers de licenciements politiquement motivés. C’est cette violence qui n’a rien de symbolique qu’ont voulu dénoncer par un geste qui lui l’est purement, ces 2 étudiants. Aussi le CCAF demande-t-il leur relaxe pure et simple.

Bureau national du CCAF

Le 15 octobre 2017

posté le 15 octobre 2017 par Ara/armenews


PROCÈS DU 17 OCTOBRE
L’UGAB France soutient Ara Toranian

Le 10 octobre 2017, Libération publie sur son site un article concernant la comparution en procès d’Ara Toranian pour diffamation. L’UGAB France se joint aux soutiens d’Ara Toranian, pour qu’enfin la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens soit reconnue par la justice française. Nous appelons le plus grand nombre à assister au procès du 17 octobre à 13h00 à la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris pour le soutenir dans son combat pour la liberté d’expression. Voici l’intégralité de l’article paru :

Le directeur des « Nouvelles d’Arménie » doit comparaître en procès le 17 octobre : la législation française ne permet pas actuellement de poursuivre en justice les négationnistes du génocide des Arméniens.

Comme l’écrit Elie Wiesel : « Le tueur tue toujours deux fois, la seconde par le silence » : le négationnisme est la continuation du génocide. Si chaque génocide a ses spécificités, le négationnisme procède toujours de la même mécanique haineuse. Il représente à chaque fois une même insulte à la mémoire des victimes, une même provocation pour les rescapés et leurs descendants, une même atteinte à la dignité humaine.

Ainsi, lorsque le directeur du magazine Nouvelles d’Arménie, Ara Toranian, a comparé un négationniste du génocide des Arméniens au négationniste de la Shoah Robert Faurisson, à l’instar de Pierre Vidal-Naquet avant lui, il a eu pleinement raison.

Aussi, le procès en diffamation qui lui est intenté pour ce motif et qui se déroulera le 17 octobre prochain devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris nous est insupportable.

En effet, ce sont les défenseurs de la mémoire, de la vérité historique et de la dignité qui devraient se trouver sur les bancs de l’accusation et les négationnistes sur ceux des accusés, et non l’inverse.

L’état actuel de la législation française ne permet pas de poursuivre en justice les négationnistes du génocide des Arméniens. Faudrait-il qu’en plus ces derniers puissent éviter d’être désignés pour ce qu’ils sont, et qu’ils fassent condamner les descendants des victimes ? Cette grossière tentative de renversement des rôles et d’instrumentalisation de la liberté d’expression doit être dénoncée avec force.

Protéger la liberté d’expression contre ceux qui tentent de la dévoyer avec perversité, protéger les légataires des victimes des persécutions des légataires de leurs bourreaux, ne pas entraver la transmission de la connaissance de la vérité historique, voilà les enjeux symboliques fondamentaux du procès qui s’ouvre le 17 octobre.

Nous faisons toute confiance à la justice de notre pays pour être à leur hauteur.

Parmi les signataires : Charles Aznavour, Bernard-Henri Lévy, Serge Klarsfeld, Beate Klarsfeld, Arno Klarsfeld, Michel Onfray, Pascal Bruckner, Frédéric Encel, Alain Terzian, Yann Moix, Dominique Sopo Président de SOS Racisme, Gérard Chaliand, Simone Rodan Directrice de l’American Jewish Committee (AJC), Raymond Kévorkian, Yves Ternon, Erol Ozkoray Ecrivain, Le Crif Marseille-Provence ainsi que l’unanimité des membres de son bureau exécutif, Didier Rebut Professeur de droit à Assas, Claire Mouradian Historienne, directrice de recherches au CNRS, Marc Knobel, Franz-Olivier Giesbert, Jacky Mamou Président d’Urgence-Darfour, Marcel Kabanda Président honoraire d’Ibuka-France, Bernard Schalscha Secrétaire général de France Syrie Démocratie, Benjamin Abtan Président de l’EGAM, Michaël Prazan Ecrivain et réalisateur, Mohamed Sifaoui Journaliste, écrivain, réalisateur, Valérie Igounet Historienne, auteure de « Robert Faurisson. Portrait d’un négationniste », François Heilbronn Vice-président du Mémorial de la Shoah, Robert Guédiguian Cinéaste, Eric Marty Ecrivain, universitaire, Valérie Toranian Directrice de la « Revue des deux mondes », Hamit Bozarslan Historien, directeur de recherches à l’EHESS, Sacha Ghozlan Président de l’UEJF, Fethi Benslama Psychanalyste, écrivain, Richard Odier Secrétaire général du Centre Simon-Wiesenthal, Robert Kechichian Cinéaste, Rudy Reichstadt Directeur de l’Observatoire du conspirationnisme, Meïr Waintrater Ecrivain et Francis Kalifat Président du Crif.

Lien de l’article : (http://www.liberation.fr/debats/2017/10/10/genocide-armenien-non-a-l-instrumentalisation-de-la-justice_1602152)

posté le 14 octobre 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : France 


PROCÈS DU 17 OCTOBRE
L’appel de l’UCFAF

Ara TORANIAN directeur des “Nouvelles d’Arménie“ comparaîtra en procès le 17 octobre 2017 à 13 h devant le TGI de Paris pour diffamation. Nous nous associons aux nombreux appels de solidarité qui se sont manifestés et appelons nos compatriotes et leurs amis à venir nombreux exprimer lors du procès leur soutien à Ara TORANIAN. Cette tentative d’atteinte à la liberté d’expression remet à l’ordre du jour la nécessité qu’une loi condamnant la négation du génocide des arméniens soit adoptée rapidement par les instances de la République Française.

UCFAF Paris, le 12 octobre 2017

posté le 14 octobre 2017 par Ara/armenews
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