Nouvelles d'Arménie
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France


CCAF SUD
Le CCAF sud met en place une « commission sociale »

Le CCAF a mis en place une « commission sociale » qui est effective depuis début novembre 2016.

L’un des aspects que traitera cette commission se rapportera à la problématique des migrants (famille, individuel, jeune isolé) et ce, qu’ils arrivent d’Arménie, d’Azerbaïdjan, de Russie, Géorgie, Syrie, etc...

Plusieurs associations du CCAF reçoivent, accueillent, accompagnent ces personnes. Afin de faire un travail efficace et donner les meilleures informations possibles, il a paru nécessaire au CCAF de faire un état de lieu des associations arméniennes confrontées à ce sujet et mettre en place une coordination des actions menées sur ce sujet.
Il n’est pas dans nos projets d’être les seuls interlocuteurs et de s’immiscer dans le fonctionnement des associations ainsi nous estimons qu’il faudrait :

- Etablir un fichier centralisateur

- Faire une formation à tous les bénévoles qui le désirent (notamment sur le nouveau CESEDA)

- Mutualiser les moyens et les connaissances ( à ce titre nous invitons les associations intéressées à nous faire parvenir rapidement le nom d’un référent ainsi que de volontaires voulant s’impliquer dans ce projet)

- Bien que des professionnels des milieux médicaux, sociaux, juridiques ou humanitaires soient bien évidement les bienvenus, notre appel s’adresse aussi à toute personne intéressée qui pourra être formée sur les problématiques des migrants.

Ce travail permettrait une meilleure approche et de fait, peut-être, un meilleur accueil de nos compatriotes. Nous sommes conscients du dépeuplement de l’Arménie et il n’est pas dans notre esprit par ce travail de créer un « appel d’air », mais nous ne sommes pas responsables des guerres, du racisme et de la pauvreté qui sévissent dans ces pays.

Il n’appartient pas au CCAF, via la commission sociale, de porter un jugement moral sur ces migrants. Elle part juste du postulat : ces femmes, ces enfants, ces hommes sont ici, nous ne pouvons rester insensibles

posté le 25 mars 2017 par Ara/armenews


Commémoration
L’Hommage aux Arméniens de la Légion d’Orient
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Cérémonie
100ème anniversaire de la Légion d’Orient

Dimanche 19 mars une centaine de personnes ce sont rendus à l’église arménienne Saint-Jean Baptiste, rue Jean Goujon, à l’appel de l’organisation « Conseil National d’Arménie Occidentale », présidé par Arménag Aprahamian, pour rendre hommage à la Légion d’Orient, dont on commémore cette année le centième anniversaire. C’était joint à la cérémonie l’association « Renaissance arménienne », dirigée par Schant Vosgueritchian.

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Après la messe de Requiem et le dépôt de gerbes au pied de la statue du soldat symbolisant le sacrifice des Arméniens durant la Grande guerre, fidèles et militants se sont rendus au Jardin d’Erevan.

Arménag Aprahamian a enfin donné une conférence, Salle Fringhian, sur les exploits et l’histoire de la Légion d’Orient.

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La légion arménienne (1919), auparavant appelée la Légion d’Orient, établie sous la direction du Mouvement national arménien, a vu concrètement le jour en juillet 1917. On dénombra plus de 1700 volontaires en 1918 qui s’illustrèrent par leur bravoure contre l’empire ottoman sous le drapeau français, encadrés par des officiers et des sous-officiers français, ou servant à titre d’étranger. Le but libérer la Cilicie. Mais ils se battirent également au Nord- Est et sur le front de la Palestine (Bataille d’Arara, 19 septembre 1918).

Forte de 4368 hommes en février 1919 (avec syriens et arabes), l’effectif tomba à 2500 en avril, dont 1000 en instance de libération anticipée . Et les effectifs continuèrent à décroitre pour atteindre 1500 légionnaires en novembre 1919. Sa dissolution fut ordonnée le 1er septembre 1920.

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La Légion d’Orient félicitée pour son comportement, dans un communiqué officiel publié le 20 septembre 1918 :

« L’Agence diplomatique de France en Égypte est fière de pouvoir rendre un hommage d’admiration aux Arméniens et aux Syriens qui viennent de donner, dans les rangs de l’armée française, la mesure de leur patriotisme et de leur valeur militaire »66. Le 20 septembre 1918, le lieutenant-colonel Romieu rendit un vibrant hommage aux funérailles des soldats et gradés, tombés au champ d’honneur : « Au nom de tous les chefs, gradés et soldats du secteur de droite, je salue nos morts Arméniens du combat d’hier. (JPEG) Ils sont tombés sur cette position où nous venons faire un poignant pèlerinage, où nous avons évoqué aussi, devant l’horizon libéré à perte de vue, le prodigieux résultat de la victoire. Le bataillon a abordé cette position d’un bel élan inopiné ; il s’y est maintenu sous les rafales de l’Arara, dont les Allemands avaient fait le pivot puissant de la résistance turque dans le secteur où elle vient d’être brisée. [...] Jamais la ténacité de votre race - qui a fait votre survivance à travers des siècles d’épreuves - n’a eu plus bel emploi. [...] Tous méritent la Croix de guerre, tous sont les patrons, les saints de la Légion d’Orient. Dormez dans votre gloire, vous avez ouvert la route de la justice et au droit chassés de ces régions depuis des siècles. Nous saurons être dignes de vous, pour que cette réparation soit complète et durable. J’en fais le serment sur votre tombe, devant ce cimetière dont nous ferons un monument de gloire et que nous appellerons le cimetière de l’Arara, pour réunir dans ce nom le souvenir de nos morts, de leur sacrifice, de leur victoire, et de l’horizon qu’elle ouvre aux aspirations nationales de leurs compatriotes »67. Le 12 octobre, le général Allenby présenta, à son tour, ses félicitations à Boghos Nubar pacha : « Je suis fier d’avoir eu un contingent arménien sous mon commandement. Ils ont combattu très brillamment et ont pris une grande part à la victoire » Source Imprescriptible.fr - Guevork Gotikian

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Légionnaires Arméniens morts en Orient

ABRAHAMIAN Movses - né à Chever Bey (Antioche) en 1895 - mort le 02-03-1918 à Chypre -CHUTLIAN Bedros - mort le 14-11-1918 - campagne d’Orient - DAVIDIAN Bedros - né en 1880 à Vakir-Dagh - mort le 11-11-1918 - campagne d’Orient - DER VAHRAMIAN Abraham - né en 1890 à Malatia - mort le 18-11-1918 -campagne d’Orient- GARABEDIAN Sérop - né en 1889 à Kessab (Cilicie) - mort le 26-10-1918 - campagne d’Orient - HAGOPIAN Ohannes - né en 1890 à Diarbekir - mort le 04-11-1918 à Beyrouth - KONDJOYAN Avedis - né en 1894 à Kharpet - mort le 01-11-1918 à Beyrouth - KONSOULIAN Hagop - né à Khebouseye(Antioche) - mort le 07-11-1918 -campagne d’Orient - MESROBIAN Garabed - né le 27-05-1895 à Kharpout - mort le 08-11-1918 -campagne d’Orient -NADJARIAN Ohannés - né le 27-10-1891 à Diarbekir - mort le 07-08-1918 -campagne d’Orient -REISIAN Manouk - né à Eghine - mort à Marache - Cilicie - SALOMIAN Movses - né en 1882 à Vakaus - (Antioche) - mort le 29-10-1918 - campagne d’Orient -SANDERIAN Haroutioun - né en 1895 à Malatia - mort le 24-10-1918 - campagne d’Orient - TCHOLAKIAN Arménak - né en 1887 à Yorgat Sivas- mort le 16-11-1918 - campagne d’Orient - TEKATLIAN H. Caporal-Smyrne , mort à Moudros des suites de ses blessures aux Dardanelles - TOKATLIAN Pierre - né le 25-01-1866 à Amassa - TSCHEKEMIAN Samuel - né le 25-10-1890 à Kharpout - mort le 11-12-1915 en Serbie - ZEITOUNIAN Choukri - né en Anatolie vers 1885 - mort le 21-11-1918 - campagne d’Orient - Source Guevork Gotikian

Photos © Jean Eckian 2017 cliquer sur les images pour agrandir

posté le 20 mars 2017 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : France  Turquie 


Club ARARAT TV
Un ministre turc autorisé à faire campagne pour Erdogan en France

Le Club ARARAT TV de Richard Findykian est consacré à la venue en France du ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, afin de participer au meeting pro-Erdogan à Metz.

Invités à réagir à l’antenne : Ara Toranian, président du CCAF, Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône, Arthur Khandjian, maire-adjoint d’Issy-Les-Moulineaux.

Réalisation radio : Corentin Aubry.

Diffusion dimanche 19 Mars à 17h sur RCF Marseille Aix et Aubagne

posté le 18 mars 2017 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : France  Turquie 


MORT D’ARTHUR SARGSYAN
Communiqué des sympathisants en France des Sasna Tzerer

ARTUR SARGSYAN, « LE PORTEUR DE PAIN », EST MORT LE POUVOIR EN PLACE EN REPUBLIQUE D’ARMENIE EN EST DIRECTEMENT RESPONSABLE LES INSTITUTIONS REPRESENTATIVES AUTOPROCLAMEES DE LA DIASPORA EN SONT INDIRECTEMENT RESPONSABLES PAR LEUR SILENCE

Ainsi, « le porteur de pain » (« hats perogh »), est décédé jeudi 16 mars 2017 à 15h (heure de Yerevan). Cet homme avait bravé au péril de sa vie les barrages de police le 26 juillet 2016 pour aller porter des vivres aux insurgés (« Sasna Tsrer ») qui avaient pris d’assaut et tenu le siège d’une caserne de police en plein centre de Yerevan du 17 au 31 juillet.

Artur Sargsyan avait décidé de rester auprès des membres du commando, jusqu’à leur reddition le 31 juillet. Emprisonné à cette date puis inculpé à son tour de participation à l’opération armée, il avait été libéré le 30 décembre 2016, suite à une intervention de ses avocats auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. La Cour, alarmée par son état de santé, l’avait jugé incompatible avec sa détention.

Mais les autorités judiciaires arméniennes ont de nouveau remis Artur Sargsyan en détention préventive le 9 février 2017 pour deux mois sous un prétexte fallacieux. Il démarra une grève de la faim jusqu’à sa libération le 6 mars à la suite d’une mobilisation de tous les partis présents au Parlement, à l’exception remarquée du Parti Républicain (majorité présidentielle), et en contrepartie d’une caution payée par la délégation de parlementaires qui s’était rendue auprès du Procureur.

Cette mort est l’aboutissement tragique des actes arbitraires d’un pouvoir exécutif exsangue et contesté, qui dirige le pays au mépris des opinions et des droits et libertés de ses citoyens, en le rendant chaque jour plus pauvre économiquement et plus faible politiquement sur la scène internationale.

L’acte, certes illégal, des « Sasna Tsrer » était l’expression du désespoir de cette population arménienne, et notamment de celle des vétérans de la guerre du Karabakh dans les années 1990. Ils souhaitaient que leur avis soit entendu dans le processus de négociation en cours. La population avait eu un élan de sympathie pour ces hommes. Artur avait décidé de marquer sa sympathie par un acte de bravoure. Cet acte d’humanité avait fait d’Artur un symbole auprès du peuple.

Les autorités politiques et judiciaires de la République d’Arménie sont directement responsables de la mort d’Artur Sargsyan. La santé fragile de ce vétéran de la guerre du Karabagh les obligeait à respecter les principes de nécessité et de précaution avant toute détention. Ils ont violé ces obligations.

Le Procureur Général et la Ministre de la Justice doivent démissionner.

Au-delà des membres du commando des « Sasna Dzrer », dont la santé de certains est chancelante, il y a aussi quelques 30 prisonniers politiques détenus arbitrairement ou condamnés à des peines de prison abusives.

Le régime va-t-il continuer à mettre en prison toutes les voix qui s’élèvent pour faire cesser ce suicide organisé !

Les institutions représentatives autoproclamées de la diaspora sont également responsables de la mort d’Artur par leur silence. Le seul combat qui vaille est celui de défendre et de protéger le bien plus précieux de la Nation arménienne : son foyer national et ses habitants. La sécurité et l’avenir de l’Arménie et de l’Artsakh ne seront possibles qu’à cette condition.

Si ces représentants autoproclamés ne le comprennent pas, alors ils doivent partir.

Et que dire de la faillite morale et humaniste de nos hauts représentants religieux. Ni la voix d’Etchmiadzin, ni la voix d’Antelias n’ont été entendus pour sauver Artur Sargsyan de la mort.

En ce jour de tristesse et de profonde émotion, nous, signataires du présent communiqué, demandons la libération de tous les prisonniers politiques et appelons la population à ne pas vendre ses voix aux élections à venir.

Ainsi, le sacrifice d’Artur ne sera pas vain. C’est un appel à la conscience.

Paris, le 17/03/2017

Signataires :
Assembly of Armenians in Europe
Comité de soutien aux prisonniers politiques en Arménie
Renaissance Arménienne France
Renaissance Arménienne Belgique
Sharjoum
Groupe des Cent
Coopération Arménie
Hayasa
Azat Dzayn

posté le 17 mars 2017 par Ara/armenews


FRANCE/ALLEMAGNE
Hollande et Merkel jugent « inacceptables » les propos d’Erdogan sur le nazisme

Paris, 16 mars 2017 (AFP) - François Hollande et Angela Merkel ont jugé jeudi “inacceptables“ les propos du président turc Recep Tayyip Erdogan qui a dénoncé le “nazisme“ en Allemagne et aux Pays-Bas, dans un communiqué de l’Élysée publié à l’issue d’une conversation téléphonique entre les deux dirigeants.

“Le président de la République et la chancelière (allemande) considèrent que des comparaisons avec le nazisme ou des déclarations agressives contre l’Allemagne ou d’autres États membres (de l’Union européenne) sont inacceptables“, a déclaré la présidence française.

François Hollande a “insisté“ pour sa part “sur la solidarité de la France avec l’Allemagne ou d’autres États membres de l’Union qui sont la cible de telles attaques“.

Le président et la chancelière “ont également évoqué la participation éventuelle de responsables politiques turcs à des événements en France ou en Allemagne dans le cadre du référendum turc“ d’avril, selon l’Élysée.

Ils sont convenus à ce sujet “que ces participations peuvent être organisées si les conditions précises sont remplies en stricte conformité avec la législation allemande ou française, en toute transparence et dans les délais légaux“, a précisé la présidence.

La Turquie reproche aux Pays-Bas d’avoir refusé la participation de ministres turcs à des meetings de soutien à Recep Tayyip Erdogan, en pleine campagne référendaire pour renforcer ses pouvoirs présidentiels. L’Allemagne avait été la première début mars à s’attirer les foudres du président turc, après que des municipalités ont interdit à des ministres turcs de promouvoir le “oui“ au référendum du 16 avril.

Le chef de l’État turc avait répliqué en accusant à maintes reprises Berlin d’user de méthodes “nazies“.

posté le 16 mars 2017 par Ara/armenews


FRANCE/AZERBAÏDJAN
Visite officielle d’Aliev : la République dans ses petits souliers

Peu d’informations ont filtré sur la visite officielle du dictateur Aliev en France le 14 mars, deux jours seulement après que le gouvernement ait rompu la solidarité européenne face Erdogan, en autorisant le ministre des Affaires étrangères turc à tenir un meeting de propagande pour l’AKP à Metz.

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Le site azerbaïdjanais en français Azertac se contente de montrer des images des différents moments de cette visite qui a donné lieu à la « signature de documents officiels », sans que rien ne soit révélé de leur contenu. Il montre également des photos de l’entrée du dictateur à l’Élysée, soulignant qu’un « détachement d’honneur était aligné en l’honneur du président Ilham Aliyev ». Le site indique que les chefs d’Etat ont souligné que « les deux pays entretenaient une coopération fructueuse dans différents secteurs, y compris ceux des transports, l’’agriculture, l’infrastructure, l’industrie spatiale, le tourisme, l’énergie renouvelable et l’environnement. »

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La mention de l’industrie spatiale attire particulièrement l’attention puisqu’on se souvient que la vente à l’Azerbaïdjan d’un satellite français à usage militaire avait été à plusieurs reprises dénoncée par les défenseurs de droits de l’homme comme contrevenant aux résolutions de l’ONU sur la non-fourniture d’armes à des pays belligérants. Azertac souligne que les deux présidents « ont échangé sur le règlement du conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabagh ».

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Il montre également des photos du diner à l’Élysée auquel assistait, à la droite du dictateur, Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel.
On constate qu’Ilham Aliev a eu nombre d’entretiens avec des responsables économiques français. Outre une rencontre à avec les membres du « conseil d’affaire du MEDEF », il s’est entretenu avec Patrick Pouyanné, PDG du groupe pétrolier Total, Raphael Eskinazi, directeur général délégué de la société Thales international, Nicolas Chamussy, Directeur des activités spatiales d’Airbus Group. Gilles Rémy.PDG du groupe CIFAL, Hervé Guillou, PDG du groupe naval DCNS, Marie-Ange Debon, directrice générale adjointe du groupe SUEZ.Richard Marry, PDG de la société Vivaction.
À noter, le faste particulier qui a entouré la visite d’Aliev au Senat, au cours de laquelle « Gérard Larcher a évoqué sa rencontre avec Mehriban Aliyeva, en tant que présidente du groupe interparlementaire d’amitié Azerbaïdjan-France, au Sénat français en 2014, marquant que cette rencontre revêtait une grande importance. Il a indiqué que ce genre de rencontres donnait un fort élan au développement des relations entre les deux pays, ajoutant que les liens azerbaïdjano-français se développaient sur le plan stratégique ».

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Le site de l’Élysée se contente pour sa part de donner des photos de cet événement, dont on ne sait si la France en tirera vraiment profit, à défaut d’en tirer gloire...

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Plus d’informations sur le lien plus bas

posté le 15 mars 2017 par Ara/armenews


France-Azerbaïdjan
Ilham Aliyev en France : Colère des Franco-Arméniens

Mardi 14 mars, à Marseille, Lyon et Paris, des milliers de Franco-Arméniens ont protesté à l’appel du CCAF contre la venue en France du président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, en visite officielle, reçu par les plus hautes instances de la République, quelques jours seulement après que l’État français ait accueilli sur son sol le président arménien Serge Sarkissian.

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A Paris, c’est à 19h que de la tribune installée sur l’esplanade des Droits de l’homme du Trocadéro, heure à laquelle Ilham Aliyev s’entretenait avec le président Hollande à l‘Elysée, qu’Harout Mardirossian (CDCA) a lancé « Oui Ilham Aliyev est un dictateur ! Car comment autrement définir un homme, qui de concert avec son frère turc, le dictateur Erdogan, mène une politique panturquiste, raciste envers ses minorités et plus particulièrement envers les Arméniens. »

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Rendant hommage aux soldats arméniens morts au combat, il s’en est pris aux « Corléone de la Caspienne, un clan mafieux qui a asservi son peuple et s’est accaparé les richesses de son pays et dont la famille a été cité dans les Panama papers. » Corruption, autoritarisme, médias sous contrôle, démocratie et liberté d’expression bafouées, telles sont les qualités que semblent apprécier certains élus français, peu enclins à s’émouvoir de ces dérives. Il a lancé un appel au président Hollande de faire libérer immédiatement le journaliste Alexandre Lapshin et « de geler l’ensemble des contrats commerciaux de la France avec l’Azerbaïdjan tant que celle-ci ne s’engage pas réellement dans la voix de la paix en respectant scrupuleusement le cessez-le-feu. » Le président du CDCA a enfin dénoncé le manque de courage des autorités françaises « contre Erdogan et son frère Aliyev »

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Dans son intervention, le sénateur-maire d’Alfortville Luc Carvounas s’est félicité d’être auprès de ses amis arméniens et a annoncé qu’Alfortville serait bientôt jumelée avec une ville de l’Artsakh. Et qu’en conséquence Alfortville sera la seule ville de France qui hissera le drapeau de l’Artsakh à toutes les entrées de la ville.

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Il a ensuite dénoncé, en tant que parlementaire, « la confusion dans la diplomatie française qui en moins d’une semaine reçoit le président de la République arménienne, laisse faire le ministre turc sa campagne à Metz et reçoit le président Aliyev, ici en France. Ce n’est pas la bonne façon de faire de la diplomatie », a-t-il martelé, tout en se félicitant du travail hors clivage gauche-droite, au nom des droits de l’homme, avec ses collègues parlementaires, tels Patrick Devedjian, Valérie Boyer ou Michel Lambert, ici présents.

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Le jeune représentant de Nazarpek, Ararad Yesilsimen, ne veut plus entendre parler de conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Pour lui il s’agit d’un « conflit entre le peuple d’Arsakh et l’État d’Azerbaïdjan. » Il a rappelé la présence séculaire des Arméniens en cette terre. Des Arméniens humiliés durant 50 ans qui « ce sont soulevés contre la tyrannie et qui ont combattu pour leurs droits. ». Ararad Yesilsilem a ensuite témoigné avoir été sur la ligne de front durant la guerre des 4 jours d’Avril 2016 pour combattre auprès de ses camarades de France et d’Arménie, disant qu’il ne pouvait rester en France, au grand dam de sa famille. Il a décris les conditions épouvantables et inhumaines dans lesquelles sont soumis les jeunes et moins jeunes soldats arméniens, prêts à l’ultime sacrifice pour la défense de leur terre ancestrale et l’avenir des enfants.

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Valérie Boyer, député des Bouches-du-Rhône, a « dénoncé encore une fois la venue du président Aliyev en France. Un président qui n’a pas supporté, il est vrai, que le président d’Arménie soit reçu par le président de la république, et qui a voulu s’imposer une semaine après » a-t-elle constaté ; ajoutant que « ce quinquennat avait commencé avec la visite d’Aliyev et malheureusement se termine encore avec la visite d’Aliyev. »

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Selon elle, « ne l’oublions jamais, le Karabagh est une question de survie pour les Arméniens et d’orgueil national pour les azéris. C’est là toute la différence. » La député a aussi dénoncé la course aux armements opérée par l’Azerbaïdjan, dont le budget est supérieur à celui de l’Arménie. Des armements « dont l’objectif est de reprendre possession de la République du Haut-Karabagh ! », a-t-elle martelé, « au mépris de tous les accords internationaux. » « Nous ne pouvons pas rester silencieux sur le régime d’Aliyev, l’un des plus répressifs de la planète, classé au ban de la communauté internationale et représentant une menace pour ses propres concitoyens », s’est indignée Valérie Boyer. Pour elle « la semaine a été marquée du sceau de l’infamie, et il est est temps de dire clairement la vérité à ceux qui nous dirigent et avoir des positions pour défendre les personnes qui souffrent dans cette partie du Caucase. »

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« Dans cette ville, phare des Lumières, on peut se poser la question, comment un dictateur comme Aliyev peut-il être accueilli ? » s’est interrogé le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert. Selon lui « nous aurions dû être en capacité à refuser l’accueil de ce dictateur. Il n’est pas acceptable, ici, dans cette ville que nous puissions accueillir, au niveau de l’Élysée et au niveau de la France, un tel dictateur. » Le député s’est dit particulièrement ému du récit énoncé auparavant par le jeune Ararad Yesilsimen et a fait part de son incompréhension vis-à-vis des médias français qui n’ont absolument pas couverts les événements du mois d’avril 2016 au Haut-Karabagh. Il a souligné que le peuple arménien était un peuple de paix. Un « peuple qui n’a jamais attaqué, qui n’a fait que défendre ses terres, son identité et ses valeurs. »

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Pour la FRA Nor Seround, Alan Demirdjian s’est élevé contre l’État azéri qui viole sans cesse le cessez-le-feu, alors qu’il l’a lui-même signé en 1994. Lui aussi s’est indigné de l’accueil par la France d’« Aliyev le dictateur, le corrompu, l’assassin reçu au Palais de l’Élysée. » Il a indiqué que « l’Azerbaïdjan figure dans la liste des quinze premiers pays auquel l’État français fournit des armes. S’adressant au président Hollande, Alan Demirdjian, l’interpelle en lui posant la question : « comment pouvez-vous nous soutenir et nous aider, et signer en même temps des contrats d’armements avec un tel pays !? Des armes françaises qui tuent nos propres frères au front ! » Le représentant de la FRA Nor Seround a par ailleurs indiqué qu’une délégation se rendra au mois d’avril en Artsakh à l’occasion du premier anniversaire de la guerre des 4 jours pour rendre hommage aux « frères » tombés au combat.

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Pour l’UGAB France, la présidente Nadia Gortzounian a rappelé les dérives et atteintes aux droits de l’homme, indiquant que 76 ONG avaient « signé unanimement, le mois dernier, une lettre pour protester contre la venue d’Aliyev à Bruxelles. » Comme en Turquie, Aliyev, « a pu assoir le pouvoir d’un seul homme plus complètement encore que son complice Erdogan », a fait remarquer la présidente. Ajoutant que « la haine de l’Arménien » lui servait d’exutoire, « excusant tous les échecs et justifiant tous les abus ; le mot arménien étant un insulte en Azerbaïdjan ». Il est d’ailleurs « interdit à tout arménien de s’y rendre », précise Madame Gortzounian, qui fait part des exactions azéris dont ont été victimes nombre d’arméniens dans leur intégrité physique. Elle a également déploré le blocus et pointé les responsables qui bloquent les initiatives aux fins de résoudre le conflit, mais aussi l’absence d’observateurs sur place. « Quand nos dirigeant comprendront-ils le prix de leur compromission ! » s’est exclamée la présidente de l’UGAB. Ajoutant « Assez de complaisance ! La solidarité humaine passe avant l’argent du pétrole ! »

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C’est un « sentiment de honte » qu’a exprimé le député-maire de Sarcelles François Pupponi. La « honte d’être un député français ». Celui-ci a confié qu’il l’avait fait savoir à l’Élysée : « une faute morale, une faute politique », « d’autant que François Hollande est en fin de mandat », a-t-il dit, ajoutant que le président pouvait « déroger à une règle absurde qui veut que lorsqu’on se rend en Arménie, on doit aussi aller en Azerbaïdjan. Lui et François Rochebloine, auteurs d’une commission sur les vraies relations politiques et économiques entre la France et de l’Azerbaïdjan se sont dit horrifiés, au plan économique, de voir un nombre d’entreprises françaises « qui vont travailler avec l’Azerbaïdjan sans aucun scrupule. » Il a affirmé que des parlementaires viendront de plus en plus nombreux en Artsakh, un pays ami, et « faire savoir à l’Azerbaïdjan que jamais nous ne cesserons ce combat. »

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« Nous étions déjà là en 1988, il y 29 ans pour soutenir la lutte de libération de nos camarades, de nos compatriotes du Haut-Karabagh qui déjà avaient été agressés par l’Azerbaïdjan ! » s’est exclamé Mourad Papazian le co-président du CCAF et membre du bureau mondial de la FRA. Il a rappelé comment les Arméniens se sont battus et ont gagné cette guerre qui leur avait été imposée par l’Azerbaïdjan. Il a chaleureusement remercié les parlementaires venus soutenir le combat incessant des franco-arméniens au Parvis des droits de l’homme, soulignant que le combat continuera jusqu’à la reconnaissance internationale de la République du Haut Karabagh. Mourad Papazian a ensuite lancé un appel pressant aux élus et maires de France à multiplier les accords de coopération avec l’Artsakh et ses régions. Selon lui, « la meilleure manière de nous opposer à une diplomatie scandaleuse, qui est effectivement une diplomatie du caviar, la diplomatie de la corruption ! » Il s’est dit “fier d’appartenir à ce peuple et cette diaspora qui se mobilise sans discontinuer pour le Karabagh, la liberté et l’indépendance ! » Il a fait part de son mécontentement, son incompréhension et condamné la visite d’Aliyev. Pour finir le co-président du CCAF a tenu à saluer et remercier la communauté kurde qui s’est jointe à la manifestation.

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L’Egam (European Grassroots Antiracist Movement), représenté par Benjamin Atban, avait tenu à témoigner de son soutien, ainsi que plusieurs associations des droits humains présentes sur place en provenance de 20 pays « pour protester contre la venue du président Aliyev en France. » « Notre message est simple a dit Benjamin Atban : Solidarité ; paix en Europe, paix au Karabagh. Démocratie en Europe, démocratie en Azerbaïdjan. « Nous ne pouvons tolérer que le président soit aujourd’hui reçu et qu’il puisse agir en toute impunité, alors qu’il déploie un régime extrêmement dur en Azerbaïdjan, alors qu’il déploie un racisme en Europe. Et alors qu’avec la Turquie, ce sont les deux principaux pays, qui aujourd’hui diffusent, soutiennent le négationnisme du génocide arménien et la haine contre les Arméniens partout en Europe ». Il a en outre appelé à plus de solidarité de la société civile.

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C’est la porte-parole du Conseil démocratique kurde, Berivan Firat, plusieurs fois aux côtés des Arméniens au cours des deux dernières années, qui a fait part de son soutien à la cause arménienne. « Nous avons partagé les mêmes terres et notre destin est lié. Nous sommes les premiers à avoir clamé haut et fort le génocide arménien. Mais actuellement ce sont les Kurdes qui sont victimes d’un génocide ! Qui sont brûlés dans les sous-sols en Turquie par Erdogan ! Erdogan qui est le frère de sang et qui suit l’exemple, mot pour mot, d’Aliyev ! », a-t-elle martelé. Elle a appelé au combat commun « non seulement contre Aliyev, pour l’instauration de la paix au Karabagh et ailleurs, mais aussi pour combattre Erdogan, menace directe contre les peuples de Turquie. Les Kurdes, les Arméniens, les Syriaques et les minorités Alévis ! Erdogan qui s’attaque aujourd’hui au peuple Yezidi avec la collaboration de traites kurdes ! » s’est indignée fortement Berivan Firat. « Pour le devoir de mémoire, pour le devoir historique et de conscience » elle a renouvelé son appel au combat commun « face aux dictatures et démocraties du caviar pour la fraternité des peuples. »

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Charles Papazian, président de la FRA Dachnaktsoutioun, a quant à lui exprimé son « désarroi » compte tenu du fait accompli de l’accueil du président Aliyev en France. Il a appelé à la paix au Karabagh et à la démocratie en Azerbaïdjan, tout en citant Human right watch qui a récemment interpellé les responsables de l’Union européenne afin qu’ils fassent pression sur Ilham Aliyev de faire libérer les activistes journalistes et opposants au gouvernement, injustement emprisonnés. Le président de la FRA a enfin décliné tous les griefs et répressions imputés à l’Azerbaïdjan par plusieurs ONG. Que « la communauté internationale doit mettre un terme à l’impunité du régime de Bakou et de répondre de ses violations systématiques. » Après avoir rappelé les pogroms dont furent victimes les Arméniens ; les attaques à armes lourdes, jusqu’à la guerre des 4 jours, Charles Papazian est revenu sur la destruction du cimetière médiéval de Djulfa au Natchitchevan, exigeant « le respect du cessez-le-feu et la fin des menaces anti-arméniennes. L’arrêt de la course aux armements. La libération de tous les prisonniers politiques, y compris celle du blogueur russo-israëlien Alexandre Lapshin. La paix, l’arrêt des tortures et le droit des peuples à l’autodétermination, et la reconnaissance de la République d’Artsakh. »

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Pour la Croix bleue des Arméniens de France, sa présidente Sevane Mardirossian a rappelé les actions de l’organisation caritative, en particulier en direction « des femmes et des enfants du Karabagh, dont 7000 orphelins qui ont été parrainés, depuis la première guerre, de la maternelle jusqu’à leurs études supérieures. » Depuis la guerre des 4 jours, ce sont encore des centaines d’orphelins qui devront être parrainés ains que les réfugiés sans ressources auxquels la Croix bleue apporte son soutien. De même qu’aux soldats revenus blessés ou handicapés.

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C’est Ara Toranian, co-président du CCAF, qui a clôturé la manifestation en protestation contre la venue du président Ilham Aliyev en France. Il a tenu a « remercier les élus, représentants de la nation française qui se sont déplacés pour apporter leur soutien, leur solidarité et dire leur écoeurement devant la venue du dictateur Aliyev dans les murs de notre capitale. » Le co-président du CCAF a également chaleureusement salué et remercié les représentants du Conseil kurde de France qui se sont spontanément associés à la manifestation arménienne, rappelant que « nous avons été à plusieurs reprises sur les mêmes front dans les rues de Paris contre le funeste sort réservé aux kurdes et dont on parle si peu en France ». A ce sujet, Ara Toranian a fait état d’un rapport de l’ONU publié quelques jours avant la venue du ministre des Affaires étrangères turc à Metz, dénonçant les très graves violations des droits de l’homme qui ont court actuellement en Turquie contre la population kurde. « Et alors que la Turquie est en pleine dérive démocratique, on accueille en France des représentants de l’AKP qui profitent de notre démocratie pour faire la propagande de leur régime totalitaire, de leur régime liberticide ! », a-t-il martelé avec force. « Une atteinte à la solidarité européenne. » Le co-président du CCAF, consterné par la situation a indiqué qu’il était « très dommage que nos amis au pouvoir en France ce soit véritablement mis en retrait eu égard à cette solidarité, et rompu cette solidarité qui enfin pouvait s’affirmer au niveau de l’Europe contre la dictature de monsieur Erdogan. » Pour terminer, dans une colère retenue, Ara Toranian s’est élevé avec véhémence sur la présence « ici à quelques centaines de mètres, du responsable des morts arméniens, de la course aux armements de l’Azerbaïdjan, du responsable de la violation du cessez-le-feu, le fauteur de la guerre au Karabagh ! Il est là, il est dans nos murs ! Lui qui essaye de faire taire la voix des Arméniens dans la région ! Et lui aussi qui essaye de faire taire la voix de son propre peuple, des ses opposants ! Comment peut-on dérouler le tapis rouge devant ce dictateur ? Comment peut-on lui accorder ces honneurs ? » s’est-il indigné, appelant à la justice pour le peuple arménien « isolé au plan international, encerclé par des ennemis à l’Est, à l’Ouest, au Sud, au Nord. Il a enfin conclu en disant : « Nous sommes engagés dans un combat extrêmement difficile. Mais les jeunes du Haut-Karabagh ; ceux qui exposent leur vie pour le droit à l’existence de leur peuple nous donnent le courage de continuer. Non le peuple arménien n’est pas mort ! Oui la résistance continuera ! Vive la lutte du peuple arménien ! Vive la lutte du Haut Karabagh ! Vive la démocratie ! Et vive la solidarité entre les peuples.

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La manifestation s’est terminée au moment même où les présidents Hollande et Aliyev se mettaient à table...

Tandis que le président azéri était reçu officiellement par la République française, ce 14 mars par Stéphane Le Foll au Musée de l’Armée aux Invalides ; la veille, l’ennemi juré » de l’Arménie s’est empressé d’exprimer ses « préoccupations », en appelant les entreprises françaises « opérant » en Artsakh, « à s’abstenir de cette activité ». Une mise en garde déclarée devant un parterre d’entrepreneurs au Medef. A noter, que selon « La chronique officielle » du site d’information en langue française Azertag, le président du Sénat Gérard Larcher ce serait dit « ravi de voir le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev au Sénat français. » Indiquant « que de telles visites étaient importantes pour développer encore davantage les relations bilatérales entre les deux pays. »

Reportage et photos Jean Eckian

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posté le 15 mars 2017 par Jean Eckian/armenews


TRIBUNE DE PATRICK LABAUNE AU MONDE
Pourquoi la France « garde-t-elle un silence assourdissant » dans l’affaire Lapshin ?

Dans une tribune au « Monde », le président du conseil départemental de la Drôme, Patrick Labaune, explique que ce jeune blogueur russo-israélien a été extradé de Biélorussie vers l’Azerbaïdjan pour s’être rendu dans le Haut-Karabakh. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev est à Paris en visite officielle. La France doit lui demander des explications.

C’est un fait d’une gravité extrême qui s’est déroulé le 7 février. Ce jour-là, le blogueur russo-israélien Alexandre Lapshin a été extradé de Biélorussie vers l’Azerbaïdjan à la requête de ce dernier Etat. Ni les protestations de la Russie, ni celle d’Israël n’y ont rien changé. Moscou a fait part de « sa profonde déception » face à une décision d’extradition qui « ne correspond pas à l’esprit des relations alliées entre la Russie et la Biélorussie », tandis que Tel-Aviv indique « suivre étroitement les développements » et « être en contact avec toutes les parties concernées par des voies diplomatiques et consulaires ».

Ce qui est grave, ce sont les raisons invoquées par l’Azerbaïdjan et retenues par une justice biélorusse aux ordres pour motiver cette extradition : Alexandre Lapshin aurait commis le « crime » d’avoir insulté Ilham Aliev, le président azerbaïdjanais, mais surtout celui de s’être rendu au Haut-Karabakh, un Etat aujourd’hui indépendant et principalement peuplé d’Arméniens, que lui avait arbitrairement offert la dictature de Staline. Comme l’atteste cette affaire, Bakou n’a de cesse que de tenter d’isoler la République du Haut-Karabakh pour mieux l’agresser ensuite, comme il l’a du reste fait en avril 2016.

Lire la suite de la tribune sur Le Monde.fr : http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/14/pourquoi-la-france-garde-t-elle-un-silence-assourdissant-dans-l-affaire-lapshin-incarcere-en-azerbaidjan_5094243_3232.html

posté le 14 mars 2017 par Claire/armenews

Photo : AP / Michel Euler



COMMUNIQUÉ DU CCAF
Manifestations contre la visite officielle d’Aliev en France

Le CCAF organise aujourd’hui à 18 h 30 à Paris Lyon et Marseille des manifestations pour protester contre la visite officielle du dictateur azerbaïdjanais Ilham Aliev, fauteur de guerre en Artsakh (Haut-Karabagh) et oppresseur de son propre peuple.
Les honneurs accordés à ce tyran, quelques jours après le laxisme dont à fait preuve le gouvernement à l’égard du régime d’Erdogan en laissant son ministre des Affaires étrangères faire campagne à Metz, ne sont pas à porter au crédit des autorités.
Les Français d’origines arméniennes, fils des rescapés du génocide de 1915, dénoncent cette complaisance envers l’un des dignes héritiers, avec Erdogan, de l’hypernationalisme panturc historiquement responsable du génocide des Arméniens. Ils ne sauraient accepter qu’on déroule le tapis rouge devant ce dictateur, qui non seulement prétend imposer par la guerre et le surarmement son joug sur la population arménienne de l’Artsakh libéré, mais foule au pied tous les jours dans son propre pays les droits humains et la démocratie.
Le CCAF appelle tous les démocrates à faire entendre en France les voix que Monsieur Aliev fait taire dans cette région et dans son pays.

Paix au Haut-Karabagh ! Démocratie en Azerbaïdjan !

Paris, 14 mars 18h30 sur le Parvis de droits de l’homme
Lyon, 14 mars 18h30 devant la préfecture
Marseille, 14 mars 18h30 devant la préfecture

Bureau national du CCAF (Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France)

posté le 14 mars 2017 par Ara/armenews