Nouvelles d'Arménie
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Liban


REVUE DE PRESSE - L’ORIENT DU JOUR
Décès de Setrak Sarkissian : la darbouka en deuil de son roi

Dans la musique orientale, il y a un avant et un après Setrak Sarkissian. Le musicien percussionniste libanais d’origine arménienne a en effet redoré le blason de la darbouka, manipulant l’instrument comme de rares l’ont fait avant lui, désormais considéré comme « dabet el-masrah » (celui qui donne le ton) et son musicien tenant le rôle de « dabet el-iqaa » (le donneur de tempo). Setrak Sarkissian est décédé le 21 février 2017, a rapporté l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), sans préciser les raisons du décès.

Sa passion pour la musique se manifeste très tôt. Il s’initie, sous l’aile de son frère aîné, aux percussions et à la darbouka. Malgré les réticences de son entourage familial, il décide d’en faire sa profession et s’inscrit au conservatoire pour y parfaire ses connaissances musicales.

Lire la suite de l’article : https://www.lorientlejour.com/article/1036497/la-darbouka-en-deuil-de-son-roi.html

posté le 7 mars 2017 par Claire/armenews


UNE PEPITE AU CINEMA
Tramontane de Vatche Boulghourjian : la quête identitaire d’un musicien aveugle au Liban

Présenté en compétition à la semaine de la Critique au Festival de Cannes en 2016, Tramontane de Vatche Boulghourjian sort dans les salles françaises le 1er mars. Une sublime quête identitaire d’un jeune chanteur aveugle dans un Liban meurtri.

Pour partir en tournée en Europe, Rabih, musicien non-voyant qui vit dans une petite ville de la montagne libanaise, a besoin d’un passeport. Une démarche administrative en apparence simple, qui va pourtant faire basculer toutes ses certitudes sur son histoire. Il apprend qu’il a été adopté : quand ? comment ? pourquoi ? Face au silence ou aux mensonges de son entourage, il se met en quête de ses origines, sur les routes de son pays, un Liban meurtri, encore traumatisé par la guerre qui a fait rage il y a 40 ans.

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Le réalisateur Vatche Boulghourjian signe ici un premier long métrage bouleversant, en oubliant pas une petite évocation à ses racines arméniennes...

posté le 2 mars 2017 par Claire/armenews

Claire Barbuti



LIBAN
Un monument pour honorer les victimes oubliées de la grande famine de 1916-1918 bientôt à Beyrouth

Un terrible fléau frappe le Mont-Liban et Beyrouth durant la Première Guerre mondiale : une grande famine provoquée par des réquisitions systématiques des denrées alimentaires par les troupes ottomanes, l’embargo des côtes libanaises imposé par la flotte anglaise, l’invasion de sauterelles et les épidémies (typhus, choléra) déciment presque un tiers de la population. Les témoignages des pères jésuites présents auprès des habitants ont permis de dénoncer la brutalité des Ottomans à cette époque.

À l’occasion de la fête de l’Indépendance et de la Semaine jésuite, ainsi que dans le cadre du projet de contextualisation du programme d’histoire-géographie au Collège Notre-Dame de Jamhour, le département d’histoire du collège, avec la collaboration du vice-recteur, le père Denis Meyer s.j., a organisé une exposition sur le thème « Les jésuites et la guerre de 1914-1918 au Liban ».

Cette exposition de documents rares, de photographies et d’objets relatifs à l’époque, puisés dans les archives des jésuites et répertoriés durant quatre ans par le professeur d’histoire à l’Université Saint-Joseph Christian Taoutel et le père jésuite Pierre Wittouck, a permis pendant une semaine aux parents d’élèves et aux élèves en classes de troisième et de première de porter un regard nouveau sur cette période de l’histoire, notamment ses répercussions sur notre pays. Une phase historique qui serait oubliée sans l’effort des pères jésuites qui ont enregistré et même photographié cette période. « Nous avons eu l’idée de faire appel à M. Taoutel et au père Wittouck, qui est par ailleurs père spirituel au collège, car leur travail acharné a permis de lever le voile sur cette période obscure de l’histoire de notre pays. Ils nous ont permis d’avoir entre les mains des documents précieux qui peuvent nous permettre enfin d’honorer en quelque sorte les victimes de cette guerre ainsi que les pères jésuites qui ont joué un rôle essentiel auprès de cette population dont le tiers avait disparu, affamés ou affaiblis par la maladie », explique Myrna Haber, coordinatrice d’histoire des classes de 5e jusqu’en première.

Jeudi dernier, une conférence à double voix de M. Taoutel et du père Wittouck a eu lieu au centre sportif culturel et social du collège, afin de permettre aux élèves de satisfaire leur curiosité concernant cette période inconnue et interagir avec les principaux acteurs de ce travail titanesque. Cette rencontre a permis en outre de donner vie aux photographies et documents exhumés parmi 10 000 autres que les archives des jésuites et la collection privée de photos d’Ibrahim Naoum Kanaan ont précieusement sauvegardés. Pour M. Taoutel, qui annonce actuellement un projet avec le mohafez de Beyrouth, en collaboration avec la Banque du Liban, afin d’aménager une place publique dans une des artères principales de la capitale pour ériger un monument aux victimes de la grande famine (1916-1918) du Mont-Liban, il est primordial de familiariser les élèves, l’avenir du pays, avec cette période souvent occultée des mémoires de leurs parents et de leurs grands-parents.

Entre 1916 et 1918, quelque 200 000 Libanais, notamment des chrétiens du Mont-Liban, vont mourir de faim sur un total de 600 000 habitants. « Un tiers de la population réussira à prendre le bateau, un tiers mourra de faim ou de maladie (typhoïde, choléra, tuberculose, fièvre jaune...) et le dernier tiers survivra », raconte le professeur. « Nous sommes donc tous, présents ici, des descendants de ce tiers ayant survécu à la grande famine et nous devons notre existence à leurs sacrifices », explique-t-il à son public jeune, visiblement ému, d’autant plus qu’ils sont élèves de la même congrégation qui a pu sauver beaucoup de Libanais, notamment des orphelins délaissés. « Des prêtres jésuites ont vendu leur habit, leurs chaussures pour alimenter les enfants à leur charge », explique le père Wittouck. « Ils risquaient leur vie en écrivant sur des bouts de papier ne dépassant souvent pas la paume de la main pour que, si jamais ils étaient fouillés au niveau des barrages, les documents ne soient pas visibles. »

« Tous les habitants du Mont-Liban étaient harcelés par les Ottomans, surtout les prêtres jésuites, car ces derniers étaient considérés comme des espions agissant pour le compte des Français et ils ne croyaient pas que ces personnes se donnaient gratuitement pour servir les pauvres et ceux qui souffraient », reprend M. Taoutel. « L’invasion de sauterelles venant d’Afrique, et plus précisément d’Égypte, de Tunisie, de Libye en montant par la Palestine à trois reprises entre 1915 et 1916 (plusieurs fois par mois parfois) n’ont pas arrangé les choses en venant à bout des racines et des feuilles et de tout ce qu’il y avait comme végétation », explique M. Taoutel. Le père Wittouck ajoute qu’« actuellement, l’Onu veille à lutter contre les phénomènes d’invasion de sauterelles, mais depuis les événements du printemps arabe et le chaos dans certains pays, le risque d’avoir des invasions de ce type a de nouveau augmenté ». « De tout ce qui s’est passé au Liban, nous n’avons qu’une dizaine de clichés développés à partir d’une pellicule cachée depuis 70 ans et offerts il y a quelques années aux pères jésuites, car à l’époque, les gens prenaient des risques en faisant ces photographies », expliquent tour à tour le père jésuite et le jeune érudit d’histoire. Les intervenants ont terminé en faisant défiler des images montrant l’arrivée des Alliés (les troupes françaises et britanniques) et donc la fin de l’hégémonie ottomane.

Toujours est-il que le besoin de restituer une mémoire collective des guerres et des souffrances reste une composante essentielle de l’histoire de tout peuple et un devoir qui incombe surtout aux historiens. Conscient de ce paramètre, M. Taoutel va bientôt voyager pour répondre à l’invitation de la diaspora libanaise au Mexique, très intéressée par cette période occultée de leur mémoire en tant que descendants des premiers émigrés. « Une abstraction et un oubli qui a été imposé à des fins politiques pour faciliter la cohésion des habitants chrétiens et non chrétiens de ce Grand-Liban nouveau-né en 1920, quelques années après les faits tragiques », conclut le père Wittouck.

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Une lettre anonyme issue de la résidence des pères jésuites à Bickfaya « Dans la maison des sœurs, dont on a pris tout le rez-de-chaussée et tout l’étage d’en haut, on a placé deux rangées de lits pour les malades qui ont quelque espoir de guérir. En bas, se trouvaient tous les petits prêts à mourir, les atteints de typhoïde, les affamés et tuméfiés. Soixante-dix en bas et autant en haut. Au parloir, on a plaqué un cercueil pouvant contenir deux corps d’enfant : le premier y est déposé et couvert, en attendant son compagnon qui ne tarde pas à venir. Alors le prêtre vient avec deux jeunes et on porte le cercueil dans notre jardin, et les deux enfants sont jetés dans la même fosse. Cette opération se fait chaque jour, souvent deux ou trois fois. Il y avait des jours où il y avait huit ou dix morts. On veut nous faire périr doucement sans bruit ni sang, mais on veut avant notre exécution soutirer et sucer ce qui nous reste. »

Une lettre anonyme d’un père jésuite datant de 1915 « Il semble que le blocus du Liban ait commencé, on ne peut plus y tenir, on y meurt littéralement de faim. À Achkout, en deux mois on a vu mourir 97 habitants sur 450. Beaucoup d’autres villages ont perdu le quart, le tiers et même la moitié de leurs habitants. Les vivres n’entrent plus au Liban, ils sont rares et très chers. La situation est triste. Les sauterelles ont provoqué des dégâts inouïs dans toute la région. La misère est immense chez les pauvres et l’on voit avec terreur l’approche de l’hiver. Il n’est pas rare d’entendre parler de personnes mortes de faim. Le bon Dieu nous a encore favorisés plus que d’autres, nous faisons ce que nous pouvons pour aider. Beaucoup de prêtres sont dans la misère, ne recevant plus d’honoraires de messe. La situation se prolonge et se complique. »

http://www.lorientlejour.com/article/1019700/un-monument-pour-honorer-les-victimes-oubliees-de-la-grande-famine-de-1916-1918-bientot-a-beyrouth.html

posté le 6 décembre 2016 par Stéphane/armenews


Décembre 2016
Numéro 235
A la une : un grand reportage au cœur de la « petite Arménie » au Liban

- Politique : premier bilan des débuts du PM Karen Karapétian

- Justice : un humoriste harcelé

- Géopolitique : Trump une bonne nouvelle pour l’Arménie ?

- Société : le quotidien d’une famille ordinaire à Erevan

- Diaspora : la 89e assemblée générale de l’UGAB à New York

- Portrait : l’artisan cuisinier belge Karen Torosyan

- Gastronomie : le vin arménien s’exporte en France

- Informatique : la tablette d’A. Hekimyan

- Médecine : la mission de l’UMAF à Dzaghgatzor

- Portfolio : les œuvres d’Antoine Agoudjian au Karabagh

- Peinture : Le mystérieux Léon Tutundjian

- Opéra : la jeune soprano Nina Minasyan

- Concert : des artistes pour les artistes

- Musique : Sonia Nigoghossian de l’ADAMI

- Danse : la chorégraphe Christina Galstian

- Histoire : « Exils arméniens » par A. Kunth

- Poésie : « Feu nomade » par G. Chaliand

- Patrimoine : Les biens cultuels arméniens

- Opinions : René Dzagoyan, écrivain
 Opinions : Michel Marian, haut fonctionnaire et philosophe
   Opinion : Vahé Muradian, architecte.
posté le 1er décembre 2016 par Spidermian/armenews
THEMES ABORDES : Liban  Trump 


ARMENIE-LIBAN
Le 73e anniversaire de l’indépendance du Liban célébré à Erévan

Le 73e anniversaire de l’indépendance du Liban fut fêté à l’hôtel Marriott à Erévan en présence de Jean Makaron l’Ambassadeur du Liban en Arménie ainsi que près de 300 invités. Etaient présents le ministre arménien de la Gouvernance régionale David Lokyan et le responsable du bloc parlementaire des Républicains au Parlement arménien, Vahram Baghdassarian. La communauté libanaise d’Arménie compte 800 familles dont beaucoup sont des hommes d’affaire, des artisans et commerçants très bien intégrés.

Krikor Amirzayan

posté le 26 novembre 2016 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Liban 


REVUE DE PRESSE
La « Tramontane » du Libanais Vatche Boulghourjian emporte le Festival du film de Namur

Le 6 octobre, la Tramontane du réalisateur libanais Vatche Boulghourjian soufflait sur le Festival international du film francophone (FIFF) de Namur, en Belgique, et raflait le prix Découverte. L’histoire de Rabih (titre du film en arabe, qui veut dire printemps), un jeune musicien non voyant qui tente, non sans difficultés, d’obtenir un visa pour chanter avec sa chorale en Europe, a séduit le jury. « J’étais à Namur ce jour-là. Je ne m’attendais pas à recevoir cette distinction, cela m’a extrêmement touché », raconte Vatche Boulghourjian à L’Orient-Le Jour.

Quête existentielle Dans cette fiction de 105 minutes, en dialecte libanais et sous-titrée en français, le réalisateur raconte comment Rabih, joué par Barakat Jabbour, découvre qu’il a été adopté et que ses papiers ne sont pas en règle. En quête d’identité, il part à la recherche de son oncle disparu, seul détenteur de la vérité. « Une recherche bureaucratique se transforme en quête existentielle pour retrouver sa propre histoire (...). » Car le nom du jeune musicien atteint de cécité n’a même pas été enregistré à sa naissance dans les fichiers administratifs publics.

Commence alors un long périple à travers le Liban, pendant lequel Rabih se rend compte que son pays n’arrive pas à lui fournir de réponses. « Sa patrie n’est pas capable de raconter au jeune homme son passé, elle n’est même pas capable de se souvenir du sien », explique Vatche Boulghourjian. Car le Liban du jeune musicien a été meurtri par une guerre civile entre 1975 et 1990 et n’arrive toujours pas à s’en remettre complètement.

La tramontane, c’est un vent qui souffle sur la Méditerranée occidentale. En latin, le mot signifie « au-delà des monts ». « C’est aussi l’autre, l’étranger, le barbare », ajoute le réalisateur. « C’est un terme très complexe, qui comporte plusieurs strates et renferme une histoire. Il reflète la complexité des personnages et du thème de mon film », précise-t-il.

Des questions, pas des assertions Pour Vatche Boulghourjian, avoir été distingué par le FIFF de Namur prouve que son premier long-métrage, sur lequel il travaillait depuis 2012, a résonné auprès du public et du jury. Tramontane avait aussi été largement ovationné le 17 mai dernier, à Cannes, à l’issue de sa projection dans le cadre de la Semaine de la critique.

« Cette distinction honore en fait les brillants artistes et producteurs avec qui j’ai collaboré et qui n’ont jamais cessé de croire à mon projet (...) », tient-il à souligner. On y retrouve Julia Kassar, qui joue aux côtés de Barakat Jabbour (musicien et atteint de cécité dans la vraie vie), Michel Adabachi et Toufic Barakat. La bande-son du film, « qui joue un rôle extrêmement important dans l’œuvre », est signée par Cynthia Zaven, qui est par ailleurs l’épouse du réalisateur.

« Je veux soulever des questions, plutôt que de faire des assertions, explique Vatche Boulghourjian. Peut-on raconter, de manière lucide, notre propre passé ? Comment l’expérience de toute une nation affecte tout un chacun, et comment chacun se souvient et décrit cette expérience ? Quel est notre récit commun ? La mémoire collective existe-t-elle, ou bien est-elle la somme de récits individuels ? » Le cinéaste ne cherche pas à dicter à son public les réponses. « Chaque personne qui voit le film aura sa propre interprétation de l’histoire, comme c’est le cas pour chaque création artistique. Tout ce que je peux espérer, c’est que ce film puisse inspirer le dialogue. »

Vatche Boulghourjian, né au Koweït et ayant grandi au Liban avant de s’installer à Los Angeles, n’en est pas à sa première récompense. En 2010, son film de fin d’étude à la New York University (NYU), Cinquième colonne, a remporté le 3e prix à Cannes dans le cadre de la Cinéfondation. Pour le jeune homme, le prix Découverte du FIFF de Namur est, en sus d’une preuve supplémentaire de la qualité de son travail, « un encouragement afin de continuer à faire des films qui explorent l’humanité à travers les histoires de tous les jours ». « Avec ce prix, et comme avec toute récompense, je me sens responsable de produire des films qui transcendent les barrières culturelles, politiques et géographiques (...) », dit-il.

Quand les cinéphiles du Liban pourront-ils visionner Tramontane ? « Mes producteurs et moi sommes actuellement en discussion avec MC Distribution autour de la sortie en salle du film. Il n’y a pas encore de date fixée, mais une fois un accord obtenu, nous l’annoncerons au public, explique Vatche Boulghourjian. Je suis très enthousiaste à l’idée de partager le film avec le public libanais ! »

http://www.lorientlejour.com/article/1014360/la-tramontane-du-libanais-vatche-boulghourjian-emporte-le-festival-du-film-de-namur.html

posté le 7 novembre 2016 par Stéphane/armenews

Le réalisateur libanais Vatche Boulghourjian, en compagnie de son épouse Cynthia Zaven qui a signé la bande-son du film « Tramontane ». Photo Mara De Sario/Festival international du film francophone de Namur



LIBAN
Présidence : Serge TerSarkissian nomme Saad Hariri pour la formation du gouvernement

Le député libanais Serge TerSarkissian, présent au Palais présidentiel de Baabda pour les consultations parlementaires contraignantes effectuées par le chef de l’État, a annoncé jeudi matin qu’il soutient la candidature du chef du courant du Futur, Saad Hariri, pour la formation du prochain gouvernement.

M. Serge TerSarkissian a précisé que selon lui, “M. Hariri est un symbole de modération“.

Le nombre de voix en faveur de M. Hariri passe ainsi à 96.

Depuis mercredi matin, le président Michel Aoun reçoit les différents blocs parlementaires ainsi que les députés indépendants qui doivent, à raison d’un bloc ou d’un député tous les quarts d’heure, lui communiquer chacun le nom de son candidat pour la présidence du Conseil. Saad Hariri est pressenti pour présider le prochain gouvernement.

posté le 4 novembre 2016 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Liban 


LIBAN
Le Comité central de la FRA au Liban soutient le président nouvellement élu Michel Aoun

Représentant du Bloc parlementaire arménien au Liban et membre du comité central de la Fédération révolutionnaire arménienne au Liban Hakob Bagratuni a salué l’élection de Michel Aoun en tant que président du pays et espère que le pays prendra avec lui le chemin du développement.

Hakob Bagratuni a mentionné dans son discours au Parlement que la position du Comité central de la FRA envers ses alliés est ferme et reste inchangée. « Je veux évaluer l’élection du président comme un moment historique pour fermer les pages du passé et regarder l’avenir. Nous devons tous collaborer pour restaurer ce qui a été gâté par le passé “, a-t-il dit.

Les grands titres de la presse locale et étrangère sont longuement revenus dans leur édition de mardi sur l’élection de Michel Aoun à la présidence de la République libanaise.

Les éditorialistes libanais saluent unanimement la fin de la vacance présidentielle, fruit d’un compromis entre des factions politiques rivales, mais s’accordent à dire que la formation du gouvernement sera compliquée. A l’étranger, on estime que l’accession du fondateur du Courant patriotique libre (CPL), allié au Hezbollah, signe une victoire pour l’Iran.

Pour le quotidien français Le Monde, l’élection de Michel Aoun constitue “une victoire par défaut du camp pro-iranien“. “Le désinvestissement de l’Arabie saoudite vis-à-vis du pays du Cèdre a facilité l’accession à la fonction suprême de l’ancien général, soutenu par le Hezbollah“, écrit Benjamin Barthe. Pour Le Figaro, l’élection de M. Aoun couronne “un demi-siècle d’opiniâtreté pour conquérir la présidence“. Bachir el-Khoury va plus loin sur le site Slate.fr en titrant “La démocratie libanaise est morte“.

Pour le quotidien britannique The Guardian, “les députés libanais ont élu à la présidence un fort allié de l’Iran, mettant un terme à une impasse politique nourrie par la profonde rivalité entre Téhéran et l’Arabie saoudite“.

Les titres de la presse américaine pointent également du doigt une victoire de Téhéran. Pour le Washington Post, “l’arrivée de Aoun à Baabda permet ainsi à Téhéran d’interférer davantage dans les affaires libanaises“. Pour le New York Times, “la conclusion de la bataille présidentielle est une petite victoire pour l’Iran dans sa bataille régionale contre l’Arabie saoudite.“

posté le 2 novembre 2016 par Stéphane/armenews


BILLET
Les Dames d’Alaverdi

Quand je suis entré chez Sako, il tentait de régler un problème relatif à des billets d’avion.
Alors que j’attendais dans son salon, il a passé plus d’une heure au téléphone, à parler alternativement à la compagnie aérienne MEA, à différentes agences de voyage et à Bedo. Sako, son épouse ainsi que cinq autres couples allaient partir à Erevan à la fin de semaine, pour fêter les 60 ans d’un de nos amis. Le problème était que Bedo avait utilisé ses miles pour réserver ses billets d’avion, ce qui ne lui permettait pas de voyager en classe affaires. Sako voulait que Bedo et son épouse soient surclassés, afin de voyager en classe affaires avec les autres.
En fin de compte, la question fut réglée.
Plus tard dans la soirée, Sako et moi-même avons rendu visite à Bedo. Comme j’étais invité également, tous deux ont insisté pour que je me joigne à eux. Ils ont dit que je serais leur invité d’honneur, et qu’ils s’occuperaient de toutes les dépenses liées au voyage... Je leur ai expliqué que je ne pouvais pas. Que j’avais du travail. En fait, j’avais aussi un « problème de chaussures ». Les chaussures des invités à ce genre de fêtes coûtent au minimum 1 000 dollars. Moi, je n’ai jamais acheté une paire de chaussures à plus de 100 Euros. Comment aurais-je pu m’assoir avec ces gens ?
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En 2013, j’ai eu le privilège d’assister à la consécration de la cathédrale arménienne de « la Sainte Transfiguration » à Moscou. Là, je me suis retrouvé avec trois hommes d’affaires arméniens de Moscou, tous trois prospères et en tête de liste du classement Forbes. Lorsqu’ils se saluèrent, j’ai remarqué que l’un d’eux observa d’abord les chaussures des autres, avant de lever son regard vers leurs visages. Surpris, je suivis son regard et fus impressionné par les belles chaussures d’un des hommes, une magnifique paire de couleur Havane, en peau de dos d’alligator de Louisiane. Moi, quand je rencontre des gens, je regarde d’abord leurs visages. Eux, ils inspectaient les tenues de leur « concurrents ».
  Je suis content de ne pas être allé à cet anniversaire. Vous savez, même si j’avais les chaussures appropriées, je n’aurais pas souhaité y aller. Ecouter pendant des heures les discours de table, se gaver, puis trempé dans l’alcool, passer une mauvaise nuit d’indigestion. Quelle torture !

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Nous avons récemment fait un tour de l’Arménie et de l’Artsakh avec ma famille. Quelque part près d’Alaverdi, nous avons croisé la route d’une vieille dame qui attendait sur le bas-côté. J’ai demandé au chauffeur de s’arrêter. Il n’était pas très incliné à le faire. J’ai gentiment insisté. Nous nous sommes arrêtés et avons pris la dame en voiture. Avec mon fils, nous avons chargé son sac de 50 kg de farine dans le coffre du véhicule, puis nous l’avons déchargé à son domicile, au village où elle vivait avec sa sœur et sa mère. Là, je me rendis compte que la dame que j’avais appelé “Mayrig“ pendant le trajet, aurait pu être plus jeune que moi. En effet, sa mère semblait être de l’âge de ma mère. La dureté de la vie les avait usées.
Toutes trois vivaient seules. Les deux sœurs avaient perdu leurs maris de manières différentes, l’un au Karapagh, et l’autre à Moscou. L’un pour la patrie, l’autre pour la luxure. Elles vivaient toutes trois des œufs des deux poules qu’elles avaient, des légumes de leur potager et de la farine du sac, qui, comme l’une d’elles m’a expliqué, était le seul aliment qui “rentrait“ dans leur maison, de l’extérieur... Sako et Bedo font partie du cercle de mes meilleurs amis. Ils ont tous les deux le cœur sur la main. Pourtant, je ne pouvais pas me joindre à eux à cette fête. L’argent dépensé ce soir-là était à coup sûr plus que ce que les trois dames d’Alaverdi ne dépenseront au cours de leur vie.
Je me demande si l’hôte qui fêtait ses soixante ans, un membre du parlement, est déjà allé à Alaverdi, ou est déjà entré dans une telle demeure.
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Je suis en train de regarder des photos d’anniversaire et je pense de tous ces pauvres gens aux « belles chaussures » qui étaient à la fête.
Je pense au pauvre hôte d’anniversaire. Deux semaines auparavant, il avait célébré les 80 ans de sa mère, au même endroit, avec les mêmes invités.
Je pense à notre pauvre président. A son emploi de temps chargé : des discours à écrire, des décisions à prendre, à décider les mouvements à faire sur l’échiquier politique, les pions à avancer, d’autres à sacrifier... En plus de ses lourdes responsabilités, il parait qu’il est là, présent aux festivités de chaque anniversaire, à chaque baptême et à chaque mariage à Erevan. Quel bon président ! Il ne refuse jamais à personne de son peuple. Et après la torture de ces si opulentes fêtes, ces imposants repas, il doit retourner chez lui et penser à ces gens qui vivent dans d’autres mondes, des mondes si éloignés, si différents. Des gens comme les dames d’Alaverdi !

Tano
Beyrouth, mai 17

posté le 12 septembre 2016 par Ara/armenews