Nouvelles d'Arménie
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RUSSIE
L’Union eurasienne favorable à l’économie arménienne, selon le Premier ministre russe

L’adhésion à l’Union économique eurasienne (UEE) est l’un des facteurs de la croissance économique en Arménie, a déclaré jeudi le Premier ministre russe Dmitri Medvedev lors d’une rencontre avec son homologue arménien en visite, Nikol Pashinian. “Dans l’ensemble, nos relations se développent de manière constante et dynamique“, a déclaré Medvedev à Pashinian au début de leur réunion à Moscou. “Cela est également lié au fait que les chiffres de développement économique de votre pays ont été plutôt bons ces derniers temps. Notre économie se développe également. “

“C’est le résultat, entre autres, du travail effectué dans le cadre de l’Union économique eurasienne“, a-t-il déclaré. Le président russe, Vladimir Poutine, a également déclaré que l’économie de l’Arménie avait bénéficié de son appartenance au bloc commercial dirigé par la Russie lors de sa rencontre avec Nikol Pashinian mercredi. Poutine a souligné la hausse des exportations agricoles arméniennes vers la Russie.

Nikol Pashinian avait critiqué l’adhésion de l’Arménie à l’UEE et a même appelé à son retrait du bloc aussi récemment qu’en novembre dernier. Il était un parlementaire de l’opposition à l’époque. Nikol Pashinian a précisé qu’il ne sortira pas son pays de l’UEE ou de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) après qu’un mouvement de protestation dirigé par lui ait renversé le gouvernement arménien précédent fin avril. Nikol Pashinian a déclaré à Medvedev que son gouvernement souhaitait rendre l’adhésion de l’Arménie à l’UEE “plus efficace“. “Nous sommes certainement prêts à travailler dans cette direction“, a-t-il déclaré.

“Je pense que tout dans nos relations se développe très positivement ... Nous avons beaucoup d’intérêts communs“, a ajouté le Premier ministre arménien. Selon les statistiques officielles, l’économie arménienne a progressé de 7,5% l’année dernière et cette croissance s’est poursuivie pratiquement sans interruption au premier trimestre de cette année. La Russie est restée le premier partenaire commercial de l’Arménie en 2017, représentant environ 27% de son commerce extérieur. Les exportations arméniennes vers la Russie ont augmenté de près de 45% pour atteindre plus de 541 millions de dollars.

posté le 17 juin 2018 par Stéphane/armenews


Essonne : le corps d’une femme retrouvé au fond d’un puits, les pieds liés

Le corps d’une femme a été retrouvé au fond d’un puits jeudi soir aux abords du château de Leuville-sur-Orge (Essonne), propriété de l’Etat de Géorgie, a indiqué vendredi le parquet d’Evry.

Retrouvée par un résident du “domaine des Géorgiens“, la femme, sans papiers d’identité, avait les “pieds attachés“, a indiqué la même source, confirmant une information du Parisien.

“Il pourrait s’agir d’une résidente“ du domaine, selon le parquet. “Le corps ne portait pas de trace apparente de violence. C’est donc l’autopsie qui permettra d’en savoir davantage sur les causes du décès“, a-t-il précisé.

L’homme qui a fait la macabre découverte était parti à sa recherche, “inquiet de voir la porte du logement de sa voisine ouverte“, et il a fini par la retrouver au fond d’un puits de drainage, précise Le Parisien. Selon le quotidien, il s’agissait d’une femme présentant des “troubles psychologiques“. L’enquête visant à déterminer les causes de la mort a été confiée au commissariat d’Arpajon.

Le “domaine des Géorgiens“, qui s’étend sur cinq hectares et accueille actuellement une poignée de résidents permanents, abrita à partir de 1922 le premier gouvernement démocratique en exil de ce petit Etat du Caucase. Après travaux, les lieux devraient se transformer dans les années à venir en centre historique et culturel franco-géorgien.

posté le 16 juin 2018 par Ara/armenews


POLICE
Perquisition pour corruption à la mairie d’Erevan

Mercredi, le Service National de Sécurité arménien (SNS) a perquisitionné certains bureaux de l’administration municipale d’Erevan, dans le cadre d’une enquête criminelle à l’encontre d’une organisation caritative dirigée par le maire de la ville, Taron Markarian.

Dans un communiqué, le SNS a annoncé que deux personnes ont déclaré avoir été contraintes par des fonctionnaires municipaux à effectuer des paiements importants au Fonds d’Erevan, en échange de la validation des permis de construire qu’ils avaient déposés. Le SNS a ajouté que ses enquêteurs ont déjà constaté qu’une partie de ces « grandes quantités » d’argent n’a jamais atteint l’organisme de bienfaisance et a été « détourné ».

Selon la déclaration, les officiers du SNS ont fait irruption dans les bureaux du Fonds d’Erevan - situés dans des locaux municipaux - dans le cadre des « mesures d’investigation à grande échelle » prises par la puissante agence de sécurité.

La déclaration n’a pas précisé si des fonctionnaires municipaux ont été interrogés. Elle informe seulement qu’une enquête est en cours en vertu d’articles du Code Pénal Arménien traitant d’abus de pouvoir et de fraude.

La perquisition effectuée au siège du Fonds d’Erevan a duré plusieurs heures. Lorsqu’ils ont quitté les lieux, des policiers en civil transportaient de nombreux sacs noir remplis de documents ainsi que d’objets plus lourds.

Le maire Markarian est le président du conseil d’administration du Fonds d’Erevan. Le fonds aurait recueilli environ 2 milliards de drams (4,1 millions de dollars) en 2017. Plus des trois quarts de cette somme auraient été apportés par des donateurs privés non divulgués.

En mars de cette année, deux hauts responsables de Contrat Civil, alors un parti d’opposition, ont accusé l’administration municipale d’extorquer des paiements illégaux au Fonds d’Erevan en échange de divers services fournis aux entreprises ou aux citoyens. Arayik Harutiunian et Lena Nazarian ont porté plainte contere le fonds après son refus de divulguer l’identité de ses donateurs.

Harutiunian, qui est maintenant de Ministre de l’Education dans le nouveau gouvernement de Nikol Pachinian, a déclaré la semaine dernière que le bureau du maire a décidé de liquider le fonds. « Il sera difficile de nettoyer les traces [de corruption] en fermant le fonds », a-t-il averti.

Nazarian, pour sa part, a exprimé l’espoir que l’enquête du SNS établira la vérité sur les activités du fonds opaque. « Je pense qu’il est très improbable que des pratiques de corruption et autres abus puissent avoir eu lieu à l’insu des dirigeants, y compris du président du conseil, Taron Markarian », a-t-elle déclaré mercredi.

Anahit Bakhshian, membre du conseil municipal d’Erevan, très critique envers le maire, a déclaré qu’elle avait entendu de nombreuses rumeurs selon lesquelles des personnes avaient été obligées de donner de l’argent au fonds. « Il a évidemment été un canal de vol », a-t-elle accusé.

Markarian a subi une pression croissante pour démissionner depuis les manifestations massives menées par Pachinian, qui ont forcé le président Serge Sarkissian à démissionner le 23 avril. Le maire de 40 ans est un membre important du Parti Républicain de Sarkissian. Il a cependant refusé de démissionner.

Le secrétaire de presse de Markarian, Artur Gevorgian, a déclaré que l’enquête du SNS n’est pas un motif suffisant pour justifier la démission du maire.

posté le 14 juin 2018 par Claire/armenews


GÉOPOLITIQUE
Nikol Pachinian prévoit de renforcer ses liens avec la Russie

Mercredi, le Premier Ministre Nikol Pachinian, a exprimé sa confiance dans la poursuite des relations entre l’Arménie et la Russie, lors d’une rencontre avec le Président russe Vladimir Poutine à Moscou.

« Bien sûr, les relations entre l’Arménie et la Russie sont spéciales », a-t-il déclaré au début de la rencontre au Kremlin. « Je suis sûr que ces relations resteront spéciales, et deviendront même plus spéciales encore. »

Pachinian s’est rendu à Moscou non seulement pour rencontrer Poutine, mais également pour assister à la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de Football 2018 organisée par la Russie. Il figure parmi les leaders étrangers invités par Poutine à la cérémonie, ainsi qu’au premier match du tournoi au stade Luzhniki, à Moscou.

Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois à Sotchi le 14 mai, six jours après l’élection du Premier Ministre Pachinian par le Parlement arménien. Poutine a été le premier dirigeant étranger à le féliciter suite à son élection. Pachinian a assuré que l’Arménie restera alliée à la Russie pendant son mandat.

Poutine a de nouveau souligné mercredi « le caractère stratégique » des relations russo-arméniennes et a rappelé que la Russie est le principal partenaire commercial de l’Etat du Caucase du Sud. « L’année dernière, notre commerce a augmenté de plus de 30% et sa croissance a continué cette année », a-t-il dit, expliquant qu’il s’agit principalement de la hausse des exportations agricoles arméniennes vers la Russie.

Poutine a attribué cette hausse à l’adhésion de l’Arménie à l’Union Économique Eurasienne (UEE), un bloc commercial dirigé par la Russie comprenant cinq républiques ex-soviétiques.

En novembre dernier, Pachinian critiquait encore l’adhésion de l’Arménie à l’UEE et appelait même à son retrait du bloc. Cependant, il a précisé après la chute du précédent gouvernement qu’il ne sortira pas son pays de l’UEE ni de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC).

Le Premier Ministre de 43 ans a réitéré à Moscou qu’il était déterminé à approfondir davantage les relations bilatérales. « Tout le monde en Arménie et en Russie espère que ces relations se développeront plus efficacement ... sur la base du respect des intérêts et de la souveraineté de nos pays », a-t-il déclaré. Il a salué le « dialogue positif et constructif » entre Moscou et Erevan.

Dans une déclaration suite à la rencontre, le bureau de presse de Pachinian a déclaré que les deux dirigeants ont discuté des moyens d’élargir la coopération bilatérale dans les domaines « politique, économique, militaire et technique ». « Des enjeux régionaux d’intérêts mutuels » étaient également à l’ordre du jour, faisant probablement référence au conflit du Haut-Karabagh.

Incidemment, le Président azéri Ilham Aliyev, qui est également à Moscou, a rencontré Poutine plus tôt dans la journée. Des responsables d’Erevan ont déclaré qu’il n’est pas prévu d’organiser une première réunion entre Aliyev et Pachinian lors de leur séjour dans la capitale russe.

posté le 14 juin 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



MARSEILLE
Arméniens de France : Une étude sur la diaspora arménienne

Marseille est l’une des quatre villes (Pasadena, Boston, Le Caire) choisie pour une étude sur la diaspora arménienne. Cette étude qui débute en juin 2018 cherche à dresser le portrait, avec les données collectées, des communautés arméniennes dans le monde pour la création d’un fonds documentaire.

Le projet est imaginé et financé par la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne) et piloté par l’Institut arménien (Londres).

Un appel est lancé pour collecter les données, pour celles et ceux qui se reconnaissent arménien ou d’origine arménienne, des questionnaires anonymes seront proposés à l’aide d’une équipe de chercheurs dirigé par le Dr Susan Pattie, anthropologue, chercheur principal à l’University College London. A Marseille, l’équipe est composée d’Anna Ohannessian-Charpin (anthropologue), de Mariam Khatlamajyan (journaliste et traductrice) et de Maïda Chavak (artiste)

Plusieurs rencontres sont organisées dont voici les dates et lieux :

- les samedi le 2 et le 9 juin de 9h30 à 12h30 dans le hall du Centre culturel Sahak-Mesrop, derrière l’église du Prado, 39 avenue du Prado, 13008 Marseille ;

- Mardi 12 juin à 19h au Centre biblique international 66 bd National 13003 Marseille

- Vendredi 15 juin à 17h à l’Association pour la recherche et l’archivage de la mémoire arménienne (ARAM) 8 bis, place Pélabon (quartier Saint-Jérôme) 13013 Marseille

- les mercredi 13 et 20 juin de 14 h à 17 h à la bibliothèque du Centre culturel Sahak-Mesrop ;

- le dimanche 17 juin de 12 h 30 à 17 h 30 dans la grande salle du Centre culturel Sahak-Mesrop ;

- Lundis 18 et 25 juin de 14h à 17 h à la Maison Arménienne de la Jeunesse et de la Culture (MACJ) 12-14 Rue Saint-Bazile, 13001 Marseille

- le dimanche 24 juin à 12h à l’église apostolique arménienne Saint Grégoire l’Illuminateur de Beaumont.

Pour connaitre les prochaines dates ou proposer des rencontres pour remplir les questionnaires avec vos familles et vos amis, veuillez contacter Mariam Khatlamajyan au 06.16.92.71.22 et email : etude.diaspora@gmail.com

FORMULAIRE EN LIGNE Pour remplir en ligne et anonymement l’enquête : https://www.surveymonkey.co.uk/r/Marseilles

posté le 13 juin 2018 par Stéphane/armenews


OPPOSITION
Vers de nouvelles manifestations contre la réforme des retraites ?

Les dirigeants d’un groupe de pression fortement opposés à une réforme controversée du système de retraite en Arménie se sont engagés hier à organiser des manifestations contre la décision du nouveau gouvernement de parfaire son introduction progressive le mois prochain.

Le nouveau système soutenu par l’Occident, que l’ancien gouvernement arménien a commencé à mettre en place en janvier 2014, devrait couvrir 280 000 travailleurs arméniens nés après 1973. Pour toucher la plus grande partie de leurs retraites futures, ils devront verser au moins 5% leurs salaires bruts à des fonds de pension privés jusqu’à leur retraite.

Des milliers de salariés principalement employés par des entreprises privées ont manifesté contre la nouvelle taxe sur les retraites à Erevan début 2014. Les manifestations organisées par le groupe Dem Em (Je suis Contre) ont forcé l’administration du président Serge Sarkissian à le rendre facultatif pour les employés du secteur privé jusqu’en juillet 2018.

Le gouvernement du Premier ministre Nikol Pashinian a officiellement décidé de ne pas prolonger ce délai lors d’une réunion qui s’est tenue lundi soir. Il a également approuvé un projet de loi qui réduirait temporairement le taux de l’impôt sur les pensions à 2,5%.

La décision du gouvernement a été dénoncée par les organisateurs des manifestations de 2014.

“Le nouveau système sous sa forme actuelle ne jouit toujours pas de la confiance de l’écrasante majorité du public“, a déclaré Davit Manukian de Dem Em.

“Aucun changement significatif n’a été fait“, a déclaré un autre membre du groupe de pression, Levon Harutiunian, en minimisant la réduction de l’impôt.

Il a ajouté que le nouveau gouvernement doit au moins retarder encore plus la nouvelle taxe obligatoire pour tous les travailleurs âgés de 44 ans et moins. Ou bien, a-t-il prévenu, Dem Em lancera de nouvelles manifestations contre la réforme.

Les défenseurs de la réforme affirment que l’ancien mécanisme de prestations de retraite n’est pas viable en raison de la population vieillissante et en diminution en Arménie. Selon les représentants du gouvernement, plus de 200 000 personnes sont déjà couvertes par le nouveau système.

Khosrov Harutiunian, un haut représentant du Parti républicain d’Arménie (HHK), a salué la position du nouveau gouvernement sur cette question, la qualifiant de “très prudente“. Il a noté que les opposants de Yelk et d’autres groupes critiquaient la réforme en 2014.

“Ils clamaient à l’époque que nous ne disons pas la vérité [sur les pensions]“, a rappelé Harutiunian. “Maintenant, ils ont réalisé que nous ne mentions pas.“

La réforme a également été combattue en 2014 par le parti BHK de l’homme d’affaires Gagik Tsaroukian, qui détient cinq portefeuilles dans le cabinet de Pachinian. Un parlementaire de haut rang de la BHK, Gevorg Petrosian, a déclaré hier qu’il continuait à avoir de sérieuses réserves quant à la transition vers le système dit du “pay-as-you-can“.

Pourtant, Petrosian a fait écho à l’argument de Pachinian selon lequel les travailleurs concernés ne devraient plus s’inquiéter du sort de leurs cotisations de retraite supplémentaires parce que le nouveau gouvernement est beaucoup plus populaire que le précédent.

“Donc, si les gens font confiance au gouvernement, laissez-leur céder une partie de leurs revenus“, a-t-il souligné. “La question est de savoir si ce gouvernement durera 40 ans et préservera la confiance populaire.“

Le Parlement devrait débattre du projet de loi sur les pensions plus tard ce mois-ci.

posté le 13 juin 2018 par Claire/armenews


ARMENIE
Démission d’Aghvan Hovsepian, chef de la Commission d’enquête d’Arménie

Aghvan Hovsepian, l’un des responsables les plus influents et controversés des institutions régaliennes d’Arménie, a présenté à son tour sa démission lundi 11 juin, prenant acte du changement de pouvoir intervenu un mois avant avec l’élection de N. Pachinian au poste de premier ministre. A.Hovsepian, 65 ans, a dirigé la toute puissante Commission d’enquête depuis sa création en 2014. Cette agence gouvernementale est née de la fusion d’anciens départements de la police et du ministère de la défense, ayant pour mission de mener des enquêtes criminelles.

A.Hovsepian a fait connaître sa démission lors d’une réunion de hauts responsables de la Commission d’enquête, par une déclaration officielle qui ne précise pas les motifs de ce départ. “Je voudrai remercier tous ceux avec qui j’ai travaillé dans cet organe judiciaire pendant 4 ans”, aurai déclaré A. Hovsepian en s’adressant à ses collaborateurs. A.Hovsepian a défendu le bilan de cette collaboration, affirmant que la Commission d’enquête était devenue une instance indépendante protégée de droit de quelque influence ou pression indue du gouvernement, du parquet, des tribunaux ou autres corps de l’Etat. Il a exprimé l’espoir que son successeur parviendra à préserver cette “indépendance”. A.Hovsepian a aussi appelé les enquêteurs à se tenir éloignés de la “politique”, tout en précisant qu’ils ne devaient pour autant “se tenir à l’écart de la vie publique”.

Le chef d’une autre instance judiciaire arménienne, le Service spécial d’enquêtes (SSE), avait de la même manière présenté sa démission le 6 juin. Vahram Shahinian avait pour sa part fait état des “circonstances actuelles” pour expliquer son geste dans sa lettre de démission présentée au premier ministre Nikol Pachinian. Le SSE a pour mission première de poursuivre les responsables de l’Etat accusés d’abus de pouvoir. Arman Mkrtumian, chef de la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire d’Arménie, avait lui aussi démissionné la semaine passée. Il était accusé depuis des années par différents avocats et hommes de loi de limiter l’indépendance de la justice. MM.Mkrtumian et Hovsepian étaient tenus pour des piliers de l’ancien régime renversé par la Révolution de velours menée par N.Pachinian. A.Hovsepian avait exercé des fonctions de procureur général d’Arménie en 1998-1999 et en 2004-2013.

Il avait été désigné en 2014 à la tête de la Commission d’enquête, créée sur décision de Serge Sarkissian, alors président. A. Hovsepian avait une réputation de fermeté qui lui avait valu de nombreuses inimitiés, et l’opposition ainsi que les groupes civiques l’avaient régulièrement accusé de violations graves des droits de l’homme. En qualité de chef du parquet, il avait joué un rôle majeur dans la violente répression exercée contre les manifestants qui dénonçaient l’élection de S. Sarkissian en mars 2008 à Erevan. La répression, qui avait fait onze morts et des dizaines de prisonniers, dont N. Pachinian, avait jeté une ombre sur le double mandat de S. Sarkissian.

posté le 12 juin 2018 par Gari/armenews


POLITIQUE
Passe d’armes entre Pachinian et un ministre de la FRA sur la réforme des retraites

Le Premier ministre Nikol Pashinian s’est opposé lundi à un membre de son cabinet affilié à la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnaktsutyun) qui est contre une réforme impopulaire du système de retraite de l’Arménie qui, selon lui, devrait être achevée cette année.

Le nouveau système soutenu par l’Occident, que l’ancien gouvernement arménien a commencé à mettre en place en janvier 2014, devrait couvrir 270 000 travailleurs arméniens nés après 1973. Il leur demande de toucher la plus grande partie de leurs retraites futures en versant au moins 5% de leurs salaires bruts aux fonds de pension privés jusqu’à leur retraite.

L’ancien gouvernement avait déclaré que le mécanisme précédent pour les prestations de retraite n’était pas viable en raison de la population vieillissante et en déclin du pays.

La réforme a rencontré une résistance féroce de la part de nombreux travailleurs touchés, principalement employés par des entreprises privées. Des milliers d’entre eux ont manifesté à Erevan début 2014.

La Cour constitutionnelle de l’Arménie a gelé la réforme en avril 2014. En réponse, le gouvernement a promulgué une loi qui a permis aux personnes travaillant pour des entités privées de se retirer du nouveau système jusqu’en juillet 2018. Les fonctionnaires affirment que 200 000 travailleurs sont déjà couverts.

Pashinian a soulevé des questions sur l’avenir de la réforme lorsqu’il a nommé l’un des dirigeants des manifestations de 2014, Mane Tandilian, ministre du travail et des affaires sociales le mois dernier. Tandilian a déclaré plus tard en mai que la réforme devrait rester facultative pour les employés du secteur privé pendant au moins un an de plus.

Pashinian a toutefois défendu la réforme lorsqu’il a présenté le programme politique du nouveau gouvernement devant le Parlement la semaine dernière. Mais il a fait une concession majeure aux Arméniens qui en sont affectés. Un projet de loi approuvé par son cabinet réduirait le taux d’imposition des pensions de 5 % à 2,5 %.

Le ministre du Développement économique, Artsvik Minasian, s’est ouvertement opposé au projet de loi lors d’une réunion du cabinet à Erevan. “Je suis contre ce système de retraite obligatoire, tout en réalisant que la solution d’aujourd’hui est une solution forcée“, a déclaré Minasian à Pashinian.

“Je ne veux pas critiquer la décision qui est prise“, a-t-il déclaré en même temps.

Un Pachinien visiblement irrité a répondu en disant que tous les ministres doivent partager une « responsabilité collective » pour les décisions du gouvernement. “Ceux qui n’assument pas cette responsabilité ne sont pas avec nous“, a-t-il averti sans ambages. “Je veux que nous soyons clairs.“

Minasian a assuré au premier ministre qu’il se conformerait à toute décision approuvée par les autres ministres.

Pashinian est resté non impressionné. “Il ne pouvait en être autrement“, a-t-il déclaré à Minasian. “Vous ne faites à personne une faveur.“

Minasian est l’un des deux ministres représentant Dashnaktsutyun dans le nouveau gouvernement. Le parti, qui était également représenté dans le gouvernement de l’ancien président Serzh Sarkissian, a conclu un accord de partage du pouvoir avec Pashinian après qu’il ait été porté au pouvoir lors d’une vague de manifestations de masse à l’échelle nationale il y a un mois.

posté le 12 juin 2018 par Ara/armenews

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ETATS-UNIS
Samantha Power regrette qu’Obama n’ait pas reconnu le génocide

Samantha Power, ancienne conseillère spéciale du président Barack Obama, a exprimé vendredi son regret de n’avoir pas assuré la reconnaissance officielle du génocide arménien de 1915 par la Turquie ottomane pendant son mandat.

Samantha Power a déclaré qu’Obama n’a pas honoré une promesse de campagne électorale clé parce qu’il ne voulait pas compromettre un rapprochement entre l’Arménie et la Turquie, et craignait qu’Ankara puisse entraver les efforts américains pour vaincre le groupe de l’État islamique.

Power, qui a conseillé Obama sur la politique étrangère et les droits de l’homme avant de devenir ambassadrice américaine auprès des Nations Unies de 2013 à 2017, a également pointé du doigt la « personnalité très volatile » du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Obama a qualifié le génocide arménien de « fait largement documenté soutenu par un ensemble de preuves historiques écrasantes » quand il a brigué la présidence en 2008. Il a déclaré que, s’il était élu, il reconnaîtrait officiellement le massacre de quelque 1,5 million d’Arméniens pendant la Première Guerre mondiale comme étant un génocide.

Au cours de cette campagne présidentielle, Power a enregistré une vidéo de cinq minutes qui exhortait les Américains d’origine arménienne à voter pour Obama en raison de sa position sur le génocide.

“Je regrette beaucoup que nous n’ayons pas réussi à atteindre la pleine reconnaissance comme nous l’avions promis“, a nuancé Power. “J’ai vraiment cru que nous le ferions lorsque nous étions à la Maison Blanche.“

“En 2009, qui était vraiment l’année où nous l’aurions fait dès le début, le président Obama a précisé que son point de vue sur les faits n’avait pas changé et que tout le monde connaissait son point de vue“, a-t-elle rappelé. “Mais il a estimé que la normalisation arméno-turque était à un stade très important mais encore trop fragile“.

“Ensuite, je pense, à l’occasion du centenaire [du génocide de 2015], alors que cela aurait été un autre moment opportun pour cette reconnaissance, nous venions d’avoir accès aux bases turques pour combattre l’EI (État islamique).“

“La Turquie est un pays très puissant et vaste. C’est un allié de l’OTAN et il a beaucoup de poids“, a noté l’ancienne responsable américaine. “Le président Erdogan est bien sûr une personnalité très volatile. Cela signifiait également que certaines des menaces qu’il avait faites étaient jugées plutôt crédibles. “

Power a clairement indiqué qu’elle pensait qu’aucun de ces facteurs justifie cette non-décision d’Obama. “Nous n’avons vraiment aucune excuse parce que, comme je l’ai écrit avant de devenir un représentant du gouvernement des États-Unis, il n’y a jamais vraiment de bon moment pour le faire“, a-t-elle expliqué.

Obama aurait été très proche de la reconnaissance du génocide en avril 2015. Tout en évitant le mot politiquement sensible, il a implicitement félicité le pape François d’avoir qualifié les massacres de 1915 de « premier génocide du XXe siècle ». Il a également rendu hommage à Henry Morgenthau, ambassadeur américain durant la Première Guerre mondiale à Constantinople qui tenta d’arrêter ce qu’il considérait comme une « campagne d’extermination raciale ».

La déclaration d’Obama en 2015 a fait suite à un débat apparemment animé au sein de son administration. L’Associated Press a rapporté à l’époque qu’une reconnaissance explicite du génocide arménien était préconisée par les fonctionnaires de l’administration qui traitent plus directement des questions de droits de l’homme. On disait que le pouvoir était parmi eux.

Power a déclaré vendredi que les administrations américaines actuelles et futures devraient suivre l’exemple de la vingtaine d’autres nations qui ont reconnu le génocide, et “défier l’intimidation que les négationnistes du génocide continuent à opérer.“ Interrogée pour savoir si elle pense que le président Donald Trump peut le faire, elle a répondu : “Trump est si imprévisible. Peut-être que nous nous réveillerons un matin et qu’il y aura le tweet que nous attendions tous : la reconnaissance du génocide. “

En tout cas, a poursuivi l’ancienne responsable de l’administration Obama, les Arméniens devraient continuer à se battre pour une plus grande reconnaissance internationale du génocide. Ils ont déjà fait des progrès importants dans cette entreprise, a-t-elle félicit, affirmant qu ’“il n’y a presque aucun doute dans le monde sur les événements de 1915“.

Power était en visite en Arménie en tant que nouveau membre d’un comité international qui a sélectionné ce week-end le dernier lauréat d’un prix humanitaire annuel créé à la mémoire des victimes du génocide arménien. Le Prix Aurora a été créé en 2015 par trois éminents Arméniens de la diaspora : les philanthropes Ruben Vardanyan et Noubar Afeyan, et Vartan Gregorian, le président de la Carnegie Corporation de New York. Il est conçu pour honorer les individus du monde entier qui risquent leur vie pour aider les autres.

posté le 11 juin 2018 par Claire/armenews