Nouvelles d'Arménie
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ARMENIE
Nervosité croissante dans les forces anti-émeutes alors que le mouvement de protestation se durcit en Arménie

Les forces de la police anti-émeutes d’Arménie montraient des signes de nervosité croissants, jeudi 19 avril, au 7e jour des manifestations contre le maintien au pouvoir de Serge Sarkissian, alors que des jeunes opposants tentaient de bloquer les entrées d’un immeuble du gouvernement arménien abritant le siège de plusieurs ministères à Erevan. Un impressionnant cordon de police protégeait les entrées de ce bâtiment moderne, où avaient emménagé, deux ans avant, les ministères de l’agriculture, de la santé, du travail et des affaires sociales et d’autres agences gouvernementales.

Le leader de l’opposition Nikol Pashinian, figure de proue du mouvement, et des dizaines de ses partisans s’étaient rassemblés aux abords du bâtiment, vers d’8h30 heure locale, dans l’objectif déclaré d’empêcher les fonctionnaires de se rendre dans leurs bureaux. “Vous n’avez rien à craindre de nous, nous vous appelons seulement à declarer que vous ne reconnaissez pas l’autorité de Serge Sarkissian et des ministres qu’il a nommés”, a déclaré N.Pashinian à l’adresse des fonctionnaires, en ajoutant : “Sautez le pas et rejetez Serge !”. La police anti-émeutes, équipée de matraques et de boucliers, était stationnée aux trois entrées du bâtiment qui jouxte la place de la République, au cœur de Erevan, quand les manifestants ont convergé pour former des chaînes humaines, susceptibles de forcer le cordon de police. Des renforts policiers, parmi lesquels des officiers masqués d’une unité d’élite, a été aussitôt dépêchée sur les lieux, procédant à l’arrestation d’une vingtaine au moins de manifestants, et dispersant les autres avec violence. Une manifestante a été blessée lors de cet accrochage. Le police a justifié ces violences par la nécessité de “mettre un terme aux troubles de l’ordre public” dans une déclaration publiée un peu plus tard dans la matinée.

La police a multiplié les menaces d’un recours à la force pour faire cesser les manifestations, arguant de ce qu’elles n’avaient pas été autorisées par les autorités municipales de Erevan. Les policiers avaient ainsi forcé le passage de telle sorte que les employés gouvernement puissent se rendre à leur travail. Certains d’entre eux ont été vus en train de regarder la suite des événements par la fenêtre de leurs bureaux et même de prendre des photos alors que N. Pashinian continuait à défier les autorités dans la rue, entouré d’un nombre croissant de manifestants. La foule a ensuite quitté les lieux pour investir d’autres quartiers de la capitale, au son des klaxons que les automobilistes étaient nombreux à actionner, répondant à l’appel de N.Pashinian comme signe de leur opposition à Serge Sarkissian. Cette mobilisation persistante de l’opposition a contraint le premier ministre Sarkissian à repousser de plusieurs heures la réunion de son premier conseil des ministres. Le gouvernement se réunit habituellement en conseil des ministres le jeudi à 11 heures, dans un autre siège du gouvernement situé sur la Place de la République. N.Pashinian avait lancé un nouvel appel à manifester sur cette place de Erevan, emblématique du pouvoir, le soir même, vers 19 heures.

posté le 20 avril 2018 par Gari/armenews


MANIFESTATIONS A EREVAN
Le parti au pouvoir propose un « dialogue » à Nikol Pachinian

Le parti républicain (HHK) a appelé hier le leader de l’opposition, Nikol Pachinian, à mettre fin à ses rassemblements à Erevan et à entamer un “dialogue“ avec le gouvernement.

Le porte-parole du HHK, Eduard Sharmazanov, a expliqué que Pachinian n’allait pas forcer le Premier ministre nouvellement installé Serge Sarkissian à démissionner et que ses “actions extrêmes“ pourraient entraîner un bain de sang.

“C’est une très lourde responsabilité, a temporisé M. Sharmazanov. C’est pourquoi j’appelle au dialogue et à la solidarité“. Avant de poursuivre : “Que vous appréciez ou que vous détestiez Sharmazanov, moi je vous apprécie tous“, s’adressant à Pashinian et ses partisans, pour la plupart jeunes, qui manifestaient à Erevan et dans d’autres parties du pays.

“Le dialogue [politique] a lieu au Parlement, a rappelé M. Sharmazanov. Nous avons été témoins dans l’Hémicycle d’un bel exemple de dialogue.“

Le responsable s’est référé à des échanges verbaux entre Sarkissian et plusieurs députés de l’alliance d’opposition Yelk lors de la session de mardi du Parlement alors qu’avait lieu le vote pour l’élection du nouveau Premier ministre. Tout en refusant de rejoindre la campagne anti-Sarkissian de Pachinian, ces législateurs ont critiqué l’ancien-président et ont voté contre son maintien au pouvoir. Serge Sarkissian les a alors exhortés à “ramener vos alliés de la rue au parlement“.

Pachinian et trois membres de son parti de Contrat civil ont été élus députés sous l’étiquette de Yelk. Ils ont tous boycotté la session parlementaire de mardi.

Pachinian a ignoré la requête de Sharmazanov alors que des centaines de ses partisans continuaient à défiler dans le centre d’Erevan. “Quel dialogue est possible après tout cela ?“, s’est-il demandé, pointant trois ministères du gouvernement entourés par les manifestants.

Le politicien de l’opposition a fait appel aux membres du personnel du ministère à travers un mégaphone, leur disant qu’ils devraient également descendre dans la rue et « exercer leurs droits ». Pachinian et ses partisans ont ensuite scandé le principal slogan des manifestations : « Faites un pas, rejetez Serge ! ».

M. Sharmazanov pense que les manifestations devaient prendre fin parce que le parti républicain leur “tendait la main“. Pachinian ne peut “exploiter sans cesse la patience des autorités“ et demander “la retenue exceptionnelle“ de la police, a-t-il dit.

En particulier, le porte-parole du parti au pouvoir a souligné que plusieurs jeunes hommes ont brisé des feux de circulation et lancé des pierres sur une voiture de police dans le centre-ville d’Erevan, dans la nuit de mardi à mercredi.

Pachinian a rapidement nié toute responsabilité pour ce qu’il a appelé une “provocation“ de la part du HHK visant à discréditer son mouvement. Il a fait valoir que l’incident s’est produit après qu’il demande à ses partisans de rentrer chez eux, sans passer la nuit dehors.

posté le 19 avril 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



INTERNATIONAL
Les Etats-Unis se tiennent informés de près des manifestations à Erevan

Les Etats-Unis ont exhorté les forces de sécurité arméniennes et les manifestants de l’opposition à faire preuve de “retenue“ alors que les protestations antigouvernementales à Erevan et dans d’autres parties de l’Arménie se poursuivaient pour la sixième journée consécutive ce mercredi.

Le département d’Etat américain a qualifié de “significatives“ les protestations en cours, qui ont été suscitées par la décision de Serge Sarkissian de rester au pouvoir après la fin de son dernier mandat présidentiel au début du mois.

“Nous suivons de près les manifestations en cours dans le centre-ville d’Erevan et dans d’autres villes d’Arménie“, indique le communiqué américain. “Nous félicitons le comportement responsable et respectueux de la grande majorité des manifestants et de la police au cours des derniers jours.“

“Nous sommes troublés, cependant, par des rapports d’affrontements sporadiques entre la police et les manifestants, qui ont pu entraîner des blessures. Nous encourageons les autorités gouvernementales et les manifestants à faire preuve de retenue et à éviter toute escalade ou toute action violente“, ajoute le communiqué.

Mercredi matin, des centaines de jeunes ont défilé dans le centre d’Erevan dans le cadre de ce que leur leader, Nikol Pachinian, a qualifié de « révolution de velours ». Il a exhorté les Arméniens à se rassembler sur la place de la République. Des milliers d’entre eux se sont rassemblés. Ils ont réussi à passer devant le bâtiment du Parlement et à rejoindre l’ancien palais présidentiel, qui sera désormais le siège du nouveau Premier ministre arménien, Sarkissian.

Les deux bâtiments sont situés sur l’avenue Bagramian, qui a été le théâtre de l’affrontement violent de lundi entre les manifestants dirigés par les Pachinian et la police anti-émeute qui a fait 46 blessés. Des dizaines de policiers en tenue anti-émeute y ont été déployés jusqu’à mercredi matin.

Pachinian a exhorté ses partisans à “faire preuve de respect“ vis-à-vis du nombre relativement faible de policiers surveillant le bureau du Premier ministre, afin d’éviter tout conflit avec eux. “Toute violence, toute provocation doit être exclue“, a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, au moins 66 personnes ont été arrêtées sur la place de France à Erevan, le point central des manifestations quotidiennes. La police anti-émeute y a été déployée lorsque Pachinian et les autres manifestants se sont rassemblés devant l’ancien palais présidentiel. Ils sont restés là quand la foule est revenue sur la place environ une heure plus tard.

Dans une nouvelle déclaration, la police arménienne a de nouveau menacé de disperser les protestations si Pachinian refusait de mettre fin à ses “actions illégales“.

Des manifestations anti-Sarkissian par un plus petit nombre de jeunes se sont également poursuivies à Gumri et à Vanadzor, deuxième et troisième plus grandes villes du pays. Les organisateurs ont appelé plus d’étudiants à boycotter les classes et à les rejoindre.

À Gumri, des jeunes manifestants se sont bagarrés avec des policiers qui surveillaient l’entrée d’une école locale. Ils ont accusé les autorités d’avoir empêché les étudiants d’exercer leurs droits politiques.

Une manifestation similaire a également eu lieu mercredi à Armavir, une ville située à 40 kilomètres à l’ouest d’Erevan. Des dizaines d’étudiants de l’université et du lycée se sont rassemblés là-bas pour soutenir la campagne de Pachinian pour le changement de régime. Ils ont marché jusqu’à un lycée, où la porte d’entrée était apparemment fermée pour empêcher plus d’étudiants de se joindre aux manifestations. Le directeur de l’école a refusé d’ouvrir, justifiant cela par le fait que les classes ne devaient pas être perturbées.

Le ministère arménien de l’Education a exprimé sa profonde préoccupation face à la participation d’écoliers aux manifestations. Dans un communiqué, il a exhorté les organisateurs de manifestations à ne pas attirer des mineurs à leurs rassemblements politiques.

posté le 19 avril 2018 par Claire/armenews


MANIFESTATIONS
Au moins 80 personnes arrêtées à Erevan

Au moins 80 personnes, pour la plupart des jeunes, ont été arrêtées hier lors des manifestations anti-gouvernementales à Erevan.

La police arménienne a confirmé ces chiffres, plusieurs heures après que les manifestants ont de nouveau commencé à bloquer les rues du centre-ville en signe de protestation contre Serge Sarkissian, l’ancien président devenu Premier ministre.

La femme du leader de l’opposition Nikol Pashinian, principal organisateur de la manifestation, a déclaré au service arménien de RFE / RL (Azatutyun.am) que leur fils Ashot, un adolescent, avait également été placé en détention mais libéré environ trois heures plus tard. Un porte-parole de la police a toutefois nié cela.

Parmi les détenus, une vingtaine de militants étudiants qui manifestaient conjointement tôt le matin. Ils ont été emmenés à un commissariat de police dans le district de Nor Nork, au nord de la ville, où ils ont été gardés en fin d’après-midi. Deux d’entre eux, Vahan Kostanian et Davit Petrosian, sont des militants bien connus.

L’avocat de Petrosian, Araks Melkonian, a condamné son maintien en détention comme étant illégal et arbitraire. “Il vise à les isoler et à entériner le mouvement étudiant“, a regretté Melkonian. Ajoutant que la police refusait de donner des explications claires.

Petrosian a été libéré et s’est adressé à un rassemblement sur la place centrale de la République d’Erevan dans la soirée.

Une trentaine d’autres jeunes ont été gardés au commissariat de police d’un autre district d’Erevan, Arabkir. Certains d’entre eux ont pu se tourner vers les réseaux sociaux pour se plaindre d’un manque d’accès pour les avocats et le manque d’explications de la part des agents de la force publique.

L’un de leurs avocats, Lusine Virabian, a déclaré qu’elle n’était pas autorisée à entrer dans le poste de police. “Les policiers affirment qu’ils ont perdu une clé et ne peuvent pas ouvrir la porte“, a-t-elle dit.

Tout au long de la journée, la police a averti à plusieurs reprises Pashinian qu’il fallait qu’il mette fin à ses manifestations non-stop, en assurant qu’elles étaient illégales et pouvaient être dispersées à tout moment. Le chef de l’opposition a rejeté ces avertissements.

posté le 18 avril 2018 par Claire/armenews


POLITIQUE
Forte mobilisation dans les rues d’Erévan contre le régime

Au moment où plus personne ne semblait y croire, une mobilisation inattendue a pris la rue et entend bien l’occuper - mobilisation qui atteint l’ampleur de celle du mouvement activiste et apolitique Electric Yerevan (2015). Alors que mardi 17 avril, Serge Sarksyan doit être élu Premier ministre par le Parlement, c’est le lundi 16 avril qui a été une journée d’épreuve de force imprévue entre manifestants anti Serge Sarksyan et forces de l’ordre.

Revenant en ville au terme de 250 km de marche à travers le pays, Nikol Pashinyan est entré dans la capitale arménienne vendredi 13 avril dans l’après-midi. Le soir, à la tribune de la Place de l’opéra, devant une foule encore peu nombreuse, Nikol Pashinyan, qui agit au nom de son parti Contrat Civil et non de la coalition dont il est membre en tant que député au Parlement, Yelk, a rappelé le mot d’ordre repris par tous les manifestants, à savoir empêcher le vote prévu mardi et Serge Sarksyan de devenir Premier ministre. Avec à ses côtés le font pour l’Etat arménien, et l’initiative devenu slogan crié par tous, peint sur les murs ou dessiné au pochoir sur les trottoirs par les jeunes, « MerjiSergin », Nikol Pashinyan a ensuite rassemblé la foule sur la Place de France, de l’autre côté de l’Opéra pour appeler à la mobilisation générale. Moyen principal : encercler le Parlement mardi pour tout simplement faire en sorte que les députés ne puissent même pas s’y réunir et procéder au vote. Samedi, alors que la foule grossissait sur cette même place de France, discours politique, mais aussi, ambiance encore bon enfant était la règle. Mais déjà, la stratégie annoncée prenait forme : bloquer le centre-ville, mobiliser les étudiants, faire descendre dans la rue tout citoyen d’Arménie - et donc, empêcher par cette occupation constante de la rue le vote de se tenir. « Si je ne vois pas la foule grossir d’ici, Place de France, jusqu’au bas de l’avenue Mashtots, que je rende ma nationalité arménienne » a crié Pashinyan au micro.

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Dimanche, sur fond de la musique du groupe de rock arménien Vortan Karmir hurlant dans les haut-parleurs disposés sur la place, la situation ressemblait encore à celle d’une manifestation de simple protestation. Surprise : lundi 16 avril, Yérévan s’est réveillée dans un tout autre décor. Les accès à l’avenue centrale de Mashtots, depuis le bas du Maténadaran jusqu’au marché couvert et au carrefour de Grikor Lussavoritch avaient été fermés par les manifestants, certains ayant soit agit très tôt le matin, d’autres ayant visiblement passé la nuit dehors. Et comme lors de Electric Yerevan en 2015, ce sont les conteneurs d’ordures, mais aussi, le mobilier urbain - notamment les bancs, démontés et apportés en pleine rue - qui bloquent toute circulation. Au niveau du centre névralgique de la place de France, des bus, soient stoppés là de bonne heure, soit disposés pour barrer la chaussée, fermaient l’accès à Moskovian, l’artère qui fait le tour du centre-ville.

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Vers 12 heures, les manifestants ont encore étendu leur présence et l’occupation des rues. Cette fois, ils parviennent jusqu’au pont qui mène à l’usine de Cognac et la route de l’aéroport. Les forces de police, arrivées sur place une quinzaine de minutes plus tard, interviennent - il s’agit des Bérets rouges et non des forces de police ordinaire - veulent saisir de force certains jeunes manifestants, qui ne se laissent pas faire, mais assez vite, les échauffourées à l’entrée du pont cessent, sans interpellation. Nikol Pashinyan arrive et rappelle, cœur de sa stratégie, de ne pas répondre à la violence par la violence, enjoint les policiers à ne pas en user et les salue même, confirmant encore une fois la tonalité non violente qu’il veut donner au mouvement depuis le début. Les manifestants finissent par quitter les lieux pour remonter Mashtots jusqu’à la rue Proshyan, complètement barrée elle par les forces de l’ordre, et rejoindre la place de France via la rue Léo et Moskovian. Lorsque le cortège arrive - il est rejoint par un premier groupe d’étudiants qui lui descend depuis l’Université par le haut de Mashtots, première surprise de cette journée. Les deux cortèges fusionnent et se portent sur le milieu de l’avenue Bagramyan, sévèrement protégée cette fois tant par les policiers ordinaires - que juste derrière, par les forces anti-émeutes. Les manifestants refluent, un certain nombre restant face au cordon policier, l’autre se dirigeant vers la Place de France.

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A 13h20, c’est le gros des troupes des étudiants qui, de manière impromptue, arrive, tout droit sorti des cours. Alors que depuis vendredi, les générations étaient mélangées, aujourd’hui, ce sont clairement les plus jeunes qui se mobilisent, et le mouvement qui cherche depuis vendredi à entraîner les étudiants semble donc avoir en partie réussi. Dans la foule, deux jeunes filles de 20 ans présentes depuis le matin expliquaient « nous sommes en licence à l’université d’Yérévan et il est clair que si le pays ne change pas, et vite, nous aussi, une fois notre diplôme en poche, nous partirons ». Politisés ou pas, les manifestants expriment avant tout leur refus d’un régime encore et toujours dominé par Serge Sarksyan. « A la limite, que quelqu’un d’autre du Parti Républicain prenne sa place de Premier ministre » explique un homme d’âge mûr « mais pas Serge, plus lui, et plus avec ce système ».

A 14h30, alors que la foule continuait de reprendre le slogan « Merjin Sergin », et d’exiger un changement de régime immédiat, derrière les barricades improvisées, l’ensemble du centre de la ville restait complètement bloqué à la circulation automobile. Et tandis que Nikol Pashinyan prenait la parole depuis la Place de France, la présence policière restait forte sur l’avenue Bagramyan, au niveau de l’hôtel Opéra, empêchant manifestants comme les passants d’aller plus loin, le Parlement comme la présidence se trouvant juste derrière le déploiement des forces de l’ordre.

Pourtant, une demi-heure plus tard - Pashinyan décide d’aller vers le Parlement et d’exiger, en tant que député, d’y entrer. La foule remonte la rue jusqu’au ras des forces de l’ordre et la situation s’emballe. Les jeunes, masques de médecin sur le bas du visage, tatouages sur les bras pour beaucoup, les filles aux cheveux colorés font masse. Loin derrière, nouveauté, les motos circulent, observent, ramènent des amis, parcourent ces rues bloquées au reste des véhicules.

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Du côté des forces de l’ordre, c’est comme d’habitude Valéry Osipyan, responsable en chef adjoint de la police, qui négocie avec les manifestants. Vers 15h30, des grenades assourdissantes sont lancées, provoquant un mouvement de recul des manifestants. Très vite, les rangs des manifestants se reforment et les forces anti émeutes, avec casques et boucliers, déploient les barbelés coupants - ils sont équipés de lames très tranchantes contrairement aux barbelés ordinaires. Nikol Pashinyan va disparaitre, les rumeurs aller bon train. Mais peu de temps après, Levon Barserghyan saisit le mégaphone et rassure - il s’est blessé sur les barbelés, en voulant les franchir de force, et vient de se faire soigner à l’hôpital. On compte déjà à ce stade au moins deux blessés côté manifestants, et certains aussi dans les forces de l’ordre. La foule reste dense, et les forces anti émeutes sortent les masques à gaz alors que juste derrière manœuvre le camion anti-émeute, équipé de puissantes lances à eau destinées à disperser les manifestants. La situation se normalise un peu, dans un face à face qui reste pourtant extrêmement tendu, et marqué par le « mer hayerenik », chantée de part et d’autre, c’est-à-dire d’abord par les manifestants - puis, par les forces anti émeutes.... Le long des bâtiments, certains ont grimpé sur les piliers des clôtures, d’autres s’accrochent aux grilles pour voir ce qui peut se passer, les forces de l’ordre laissent tomber les masques anti gaz et mettent boucliers à terre.

A 17h30, Nikol Pashinyan revient, entouré par les journalistes et les manifestants, la main bandée - il explique brièvement comment il s’est blessé et qu’il n’a pas été victime de violence de la part de la police. Au mégaphone, il demande aux manifestants de transporter les haut-parleurs de la Place de France jusqu’ici, au ras des rangs des forces anti émeutes pour que le meeting prévu se déroule ici même, vers 19 heures. Un peu avant, au bas de Bagramyan, Aram Sarksyan, qui, avec son parti République, est député de Yelk aux côtés de Pashinyan, l’a rejoint un moment.

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Finalement faute de pouvoir transporter l’estrade et les haut-parleurs jusqu’aux rangs de la police, le meeting se tient Place de France. Nikol Pashinyan répète : que tout citoyen libre d’Arménie les rejoigne, descende dans la rue, l’occupe, et empêche le régime de se poursuivre. Il donne ensuite ses directives : dès huit du matin, bloquer toutes les rues, comme cela a été fait ce matin, et ce, par tous les moyens, voitures en travers de la chaussée, etc. En même temps, il enjoint les manifestants à rester aussi très mobiles, par petits groupes, pour parer à toute « tentative de charge policière ». Il repère encore - bloquer Bagramyan, en haut et en bas de l’avenue elle-même divisée entre manifestants et forces anti émeutes, pour empêcher le vote, et ce, un peu plus tard dans la matinée, vers 11 heures, le vote devant lui se tenir à midi même. Alors que la nuit était déjà tombée, et un froid inhabituel pour avril tombé sur la capitale, une partie des manifestants est remonté sur Bagramyan, face à face de nouveau avec le cordon policier.

Laurence Ritter

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posté le 17 avril 2018 par Ara/armenews

POUR NAM : TEXTE LAURENCE RITTER PHOTOS : MAX SIVASLIAN



MANIFESTATIONS
L’opposition bloque les rues d’Erevan

La police arménienne n’a pas dispersé les partisans de l’opposition qui ont continué à bloquer l’intersection de deux rues principales dans le centre d’Erevan samedi pour protester contre les efforts de l’ancien président Serge Sarkissian pour rester au pouvoir.

Plusieurs milliers de personnes ont occupé les sections de la rue formant la place de la France vendredi soir après un rassemblement organisé par le leader de l’opposition Nikol Pashinian, au square Liberty adjacent. Pashinian a expliqué que lui et ses associés tiendront des rassemblements non-stop au moins jusqu’aux élections du 17 avril par le Parlement qui choisira qui sera le prochain Premier ministre du pays.

Pashinian a exhorté la foule à ne pas quitter cette place. Seulement 200 personnes environ restaient là après minuit. Certains d’entre eux étaient assis sur des bancs publics des trottoirs à proximité, tandis que d’autres ont dressé des tentes.

Il n’y avait pratiquement pas de présence policière dans ou autour de la jonction bloquée. Dans un communiqué publié vendredi soir, la police a reproché aux organisateurs de la manifestation de restreindre la liberté de mouvement des autres citoyens et de “ne pas coopérer“ avec les autorités répressives et les a exhortés à ne pas “perdre sa vigilance“.

Un autre communiqué de police publié plus tard dans la soirée a mis en garde les manifestants contre les « actions bruyantes » qui dérangeraient les résidents des bâtiments voisins la nuit. Aucune de ces déclarations n’a menacé de recourir à la force pour disperser les manifestants.

Samedi midi, le gouvernement arménien et le Parti républicain d’Arménie au pouvoir (HHK) n’ont fait aucune déclaration sur l’opération coup de poing de Pashinian. Le conseil d’administration du HHK a officiellement nommé Serge Sarkissian au poste de Premier ministre samedi.

posté le 16 avril 2018 par Claire/armenews


EREVAN
Début des rassemblements de Pashinian contre Serge Sarkissian

Après deux semaines dans les régions du nord et du centre de l’Arménie, le leader de l’opposition Nikol Pashinian est revenu vendredi à Erevan. Il y a débuté ses meetings contre le maintien au pouvoir de l’ancien président, Serge Sarkissian.

Pashinian a parcouru environ 200 kilomètres, passant entre autres par Gumri et Vanadzor, pour essayer de mobiliser le peuple pour qu’il le soutienne dans ses efforts et ceux de son parti Contrat Civil pour empêcher Sarkissian de devenir Premier ministre.

Il a été rejoint par des dizaines de militants - pour la plupart des jeunes - alors qu’il entrait dans Erevan à pieds. La petite foule a ensuite marché vers le centre-ville, exhortant les gens à assister à un rassemblement qui devait avoir lieu sur la place de la Liberté plus tard dans la journée.

“Venez Place de la Liberté, et défendez votre pouvoir et votre patrie“, a crié Pashinian à travers un mégaphone avant de chanter “Faites un pas, rejetez Serge !“

S’adressant aux journalistes, Pashinian a réitéré que lui et ses partisans camperaient sur la Place de la Liberté au moins jusqu’à ce qu’au débat au Parlement puis au vote pour élire le prochain Premier ministre. Cela est prévu aujourd’hui. Il a précisé qu’ils pourraient également marcher vers le bâtiment du Parlement dans la journée.

“Peu importe combien de personnes viendront à Liberty Square“, a affirmé l’homme politique de 42 ans. “Nous allons prendre des mesures de toute façon.“

Mais Pashinian a également souligné : “L’ampleur de nos actions dépend de la présence des citoyens“.

Les autorités arméniennes ont déjà mis en garde Pashinian contre le blocage des rues ou des entrées des bâtiments du gouvernement, alertant que de telles actions seraient jugées illégales.

Pashinian a rejeté ces avertissements. “Les citoyens d’Arménie ont le droit de prendre des mesures pacifiques de désobéissance civile et ils exerceront ce droit dans son intégralité“, a-t-il prévenu.

La direction du Parti républicain (HHK) a officiellement nommé Sarkissian au poste de Premier ministre samedi. Le HHK contrôle la majorité des sièges au Parlement.

Sarkissian a achevé son deuxième et dernier mandat présidentiel le 9 avril. Son successeur, Armen Sarkissian, a des pouvoirs en grande partie cérémoniels en raison de la transition de l’Arménie vers un régime parlementaire.

Serge Sarkissian avait promis en 2014 qu’il ne chercherait pas à devenir Premier ministre si l’Arménie devenait une République parlementaire. Ses opposants politiques l’accusent maintenant de revenir sur cette promesse. Le HHK, quant à lui, affirme qu’il n’a jamais explicitement promis de quitter le pouvoir et qu’il est le meilleur choix pour gouverner le pays.

posté le 16 avril 2018 par Claire/armenews


« L’espoir » d’Erevan après l’élection d’Ilham Aliev

L’Arménie espère que l’Azerbaïdjan acceptera d’importantes mesures constructives et de confiance dans le conflit du Haut-Karabakh après la victoire du président Ilham Aliev lors d’une élection présidentielle anticipée, a déclaré jeudi le ministère des Affaires étrangères.

Selon les résultats officiels de l’élection de mercredi, boycottée par l’opposition azerbaïdjanaise, Aliev a obtenu un quatrième mandat consécutif avec plus de 86 % des voix. Les observateurs occidentaux ont critiqué la conduite du scrutin.

“Les Azerbaïdjanais avaient fait une pause dans les négociations[avec l’Arménie] au motif de la tenue de ces élections “, a déclaré Tigran Balayan, le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères. “C’était leur dernière excuse pour retarder la mise en œuvre des accords conclus lors des trois derniers sommets [arméniens-azerbaïdjanais].“

“Nous espérons maintenant qu’ils n’essaieront pas de trouver une autre excuse pour éviter la mise en œuvre de ces accords importants“, a-t-il déclaré au service arménien de RFE/RL (Azatutyun.am).

M. Balayan a mis l’accent sur un accord auquel sont parvenus les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais lors de leur réunion dans la ville polonaise de Cracovie le 18 janvier. Selon les coprésidents américain, russe et français du Groupe de Minsk de l’OSCE, Edward Nalbandian et Elmar Mammadyarov ont convenu “ en principe “ d’élargir la mission de l’OSCE chargée de surveiller le régime de cessez-le-feu dans la zone de conflit du Karabakh.

Nalbandian avait déclaré à la fin du mois dernier que Bakou refusait d’“honorer cet accord“.

Les coprésidents se sont rendus à Bakou, Yerevan et Stepanakert au début du mois de février. Ils ont dit dans une déclaration commune que les parties belligérantes se sont engagées à “poursuivre des négociations intensives, en tenant compte de la période électorale actuelle“.

Aliev a été réélu deux jours après que Serge Sarkissian a terminé son deuxième et dernier mandat présidentiel. On s’attend à ce que le parlement arménien nomme Serge Sarkissian premier ministre le 17 avril. Ce dernier devrait donc rester le plus puissant responsable politique du pays.

Balayan n’a pas pu dire si Erevan et Bakou tiendront bientôt d’autres pourparlers de haut niveau. “Pour autant que je sache, il n’y a pas d’accord de ce genre pour l’instant », a-t-il dit.

Armen Baghdasarian, un analyste politique arménien, a suggéré qu’Aliev et Sarkissian seront maintenant en mesure de reprendre le processus de paix au Karabakh. “ On sait maintenant clairement qui gouvernera l’Arménie et l’Azerbaïdjan durant les cinq prochaines années, et cela contribuera au début d’une nouvelle phase pour les pourparlers de paix “, a-t-il dit.

posté le 13 avril 2018 par Ara/armenews

P.S Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



LYON
Le Nor Seround (nouvelle génération arménienne), organise une marche aux flambeaux le lundi 23 avril 2018 à Lyon

Le Nor Seround (nouvelle génération arménienne), organise une marche aux flambeaux le lundi 23 avril 2018 à Lyon. La marche débutera à 20h de la place Antonin Poncet (69002, métro Bellecour) pour arriver au consulat de Turquie à 21h (87 Rue de Sèze, 69006, métro Masséna).

Ces flambeaux marqueront l’esprit de résistance de la jeunesse arménienne contre l’oppresseur turc. Après 103 ans de déni de justice, une politique d’Etat anti-arménienne de la Turquie perdure à travers le monde, s’inscrivant comme la continuité du Génocide ainsi que l’occupation de l’Arménie occidentale.

La génération du centenaire refuse de céder à l’oubli et à l’immobilisme des grandes puissances sur le sujet des réparations du Génocide des arméniens. Le Nor Seround appelle donc la jeunesse à se rassembler massivement le 23 avril 2018 et à marquer ensemble l’engagement de notre génération pour la cause arménienne.

Pour le peuple Arménien, pour nos terres occupées, pour la justice, nous devons tous être mobilisés.

« Նոր Սերունդ »ը ջահերով տողանցք մը կը կազմակերպէ երկուշաբթի ապրիլ 23-ին Լիոնի մէջ : Տողանցքը պիտի սկսի ժամը 20-ին « Անթօնէն Փօնսէ » հրապարակէն (Լիոն 2-րդ - մէթրօ Պէլքուր) եւ պիտի հասնի թրքական հիւպատոսարան, ժամը 21-ին (87 տը Սէզ փողոց՝ Լիոն 6-րդ - մէթրօ Մասենա) :

Այս ջահերը պիտի ցուցնեն հայ երիտասարդութեան ընդդիմութեան շունչը, ճնշող Թուրքիոյ դէմ :

103 տարիներ շարունակ արդարութեան ժխտումէն վերջ, հակա-հայկական թրքական պետական քաղաքականութիւն մը կը շարունակուի աշխարհի վրայ, իբրեւ շարունակականութիւնը ցեղասպանութեան, ինչպէս նաեւ արեւմտեան Հայաստանի գրաւումը :

Հարիւրամեակի սերունդը կը մերժէ զիջիլ մեծ զօրութիւններուն մոռացութեան եւ անշարժութեան, հայոց ցեղասպանութեան հատուցումի հարցին շուրջ : Ան չի մորցաւ 100 տարիներ ետք, որ Թուրքիոյ արեւելեան շրջանը 3 հազարամեայ հայկական քաղաքակրթութեան բնաշխարհն է :

Ուրեմն, « Նոր Սերունդ »ը կոչ կ՚ուղղէ երիտասարդութեան՝ համախմբուիլ մեծ թիւով ապրիլ 23-ին եւ հաստատել միասին յանձնառութիւնը մեր սերունդին, հայ դատին համար :

Հայ ազգին համար, մեր գրաւած հողերուն համար, արդարութեան համար, բոլորս պատրաստ ըլլանք :

Պայքար Միութիւն Յաղթանակ Ազատ Անկախ Միացեալ Հայաստան

posté le 12 avril 2018 par Stéphane/armenews