Nouvelles d'Arménie
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Etats-Unis


ÉCONOMIE
Les États-Unis espèrent un audit impartial du projet minier

Commentant la situation bloquée à Amulsar, l’ambassadeur des Etats-Unis en Arménie, Richard Mills, a déclaré : « Nous sommes heureux que le gouvernement mène un audit environnemental du projet Amulsar de Lydian, qui a été demandé par les personnes concernées par l’impact environnemental du projet. Cela doit devenir la norme pour de tels projets. »

« Nous espérons que cela se fera en stricte conformité avec la loi, en engageant une expertise professionnelle et impartiale. Nous nous attendons également à ce que ces audits soient appliqués unilatéralement dans le secteur minier », a ajouté M. Mills.

Pachinian a promis à la fin du mois de mai des inspections approfondies de « toutes les mines de métaux » visant à vérifier et à s’assurer de leur conformité aux normes de protection environnementales, ainsi qu’à leurs obligations fiscales. Il a confié cette tâche à Arthur Grigorian, le nouveau directeur d’une agence gouvernementale de protection de l’environnement.

Grigorian est un écologiste renommé qui milite depuis des années contre le projet Amulsar. Il a déclaré le mois dernier que Lydian sera la première entreprise à être auditée par un groupe de travail formé par ses soins.

Le groupe comprend des représentants de divers ministères du gouvernement arménien, des représentants de Lydian ainsi que des militants non gouvernementaux fortement opposés à l’extraction d’or à Amulsar. Il devra soumettre des recommandations au gouvernement de Pachinian avant la fin du mois d’août.

Pachinian a déclaré le 6 juillet que les décisions du gouvernement concernant Amulsar doivent être basées sur « des faits plutôt que des émotions. »

Lydian, qui prétend avoir déjà investi plus de 300 millions de dollars dans Amulsar, n’exclut pas la possibilité d’une action en droit internationale contre l’Etat arménien, qui lui avait accordé des droits exclusifs pour y extraire de l’or. Lydian annonce avoir déjà perdu au moins 14 millions de dollars en raison de la perturbation continue de ses opérations.

Les groupes de protection de l’environnement affirment que le projet Amulsar, s’il est mis en œuvre, contaminera l’air, l’eau et le sol de la région. Ils soulignent également la proximité du site de Jermuk, la station thermale la plus populaire du pays.

Lydian maintient qu’elle utilisera une technologie de pointe pour éviter tout dommage à l’écosystème local. La société est enregistrée dans un paradis fiscal britannique, mais son siège social est situé dans l’État américain du Colorado. Ses actionnaires comprennent des fonds d’investissement américains, canadiens et européens ainsi que la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD).

Le projet minier a été soutenu par les gouvernements américain et britannique. Mills a exprimé sa confiance en 2016 que Lydian « continuera à servir d’exemple d’exploitation minière responsable, opérant de manière transparente conformément aux normes environnementales et sociales internationales ».

« L’exploitation minière en Arménie est une opportunité pour diversifier l’économie nationale et augmenter le nombre d’emplois bien rémunérés, mais seulement si les opérations minières sont menées selon les normes internationales les plus élevées pour protéger l’environnement », a déclaré mercredi l’ambassadeur américain.

Mills n’a pas précisé si la décision éventuelle du gouvernement de révoquer la licence d’exploitation de Lydian pourrait nuire aux relations d’affaires américano-arméniennes et effrayer d’autres investisseurs étrangers.

Lydian a promis d’investir plus de 400 millions de dollars dans ce qui serait l’un des plus grands projets d’affaires dans l’histoire de l’Arménie. Il a déclaré qu’il prévoyait extraire environ 250 millions de dollars d’or et payer 50 millions de dollars en impôts chaque année.

Les exportations totales de l’Arménie s’élevaient à 2,2 milliards de dollars en 2017, selon les statistiques officielles. Les métaux non ferreux et les concentrés de minerai représentaient environ la moitié de ces exportations.

posté le 12 juillet 2018 par Claire/armenews

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GEOPOLITIQUE
Pachinian souhaite renforcer les liens entre l’Arménie et les États-Unis

Mercredi, le Premier Ministre Nikol Pachinian a exprimé sa volonté de « renforcer et d’élargir » les relations entre l’Arménie et les Etats-Unis, lorsqu’il a félicité le Président Donald Trump le jour de la Fête de l’Indépendance des Etats-Unis.

« Les nouvelles réalités politiques et sociales qui ont émergé après la révolution [en Arménie] nous permettent d’améliorer la qualité de nos relations », a-t-il déclaré dans son message de félicitations à Trump. « Nous sommes prêts à faire tout notre possible pour renforcer et développer nos relations bilatérales, fondée sur des valeurs partagées, un respect mutuel et une atmosphère de confiance. »

Pachinian a également appelé à « une nouvelle impulsion de notre coopération bilatérale » mardi, lorsqu’il a visité l’ambassade américaine d’Erevan pour féliciter personnellement l’ambassadeur Richard Mills la veille de la fête nationale des Étas-Unis.

Pachinian a lui-même été félicité par Trump, une semaine après avoir été élu Premier Ministre en mai dernier. « Je suis impatient de travailler avec vous sur les nombreux domaines d’intérêt mutuel pour nos deux pays, y compris le renforcement des liens commerciaux, les institutions démocratiques et la sécurité régionale » a déclaré le Président américain dans sa lettre.

Dans son message à Trump, le Premier Ministre arménien a également salué l’aide massive apportée par les États-Unis à l’Arménie depuis l’indépendance. « Votre soutien est un besoin aujourd’hui plus que jamais », a-t-il déclaré, en énumérant les domaines du développement économique, de la construction de la démocratie, des Droits de l’Homme et de la sécurité.

Pachinian a déclaré lors d’une autre réunion avec Mills tenue le 18 mai, qu’il accueillerait favorablement l’assistance américaine aux réformes de grande envergure prévues par son gouvernement. L’envoyé américain a ensuite fait état de discussions en cours entre les États-Unis et l’Arménie sur « la façon dont le gouvernement américain peut apporter son assistance au nouveau gouvernement ». Il a spécifiquement mentionné la possibilité d’une aide renouvelée aux États-Unis dans le cadre du programme du Compte du Millénaire (MCA).

L’Arménie a reçu 177 millions de dollars de financement du MCA pour la réhabilitation de ses réseaux d’irrigation rurale il y a une dizaine d’années. Washington a gelé l’aide de l’AMC suite à l’élection présidentielle contestée de 2008, et à la répression sévère de l’opposition arménienne qui a suivi.

L’administration de l’ancien Président Serge Sarkissian a tenté sans succès de rétablir l’éligibilité d’Erevan au régime d’aide au cours des années suivantes. Les responsables américains ont déclaré, entre autres choses, qu’ils n’en faisaient pas assez pour lutter contre la corruption généralisée.

Selon le bureau de presse de Pachinian, le Premier Ministre a également discuté mardi avec Mills des « moyens d’attirer davantage d’investissements américains » en Arménie. Il n’a pas précisé s’ils ont discuté de l’interruption de près de deux semaines des activités de la société minière américaine Lydian International, l’un des plus grands investisseurs étrangers à faire des affaires en Arménie.

En 2016, Lydian a commencé à construire des installations minières d’or au gisement massif d’Amulsar dans la province de Vayots Dzor, au sud-est du pays. Il prétend avoir depuis investi plus de 300 millions de dollars dans le projet.

Toutes les routes menant à Amulsar sont bloquées depuis le 23 juin par un groupe de résidents des communautés voisines qui protestent contre les opérations d’extraction prévues à cet endroit. Ils estiment que le projet - de plusieurs millions de dollars - s’il était mis en œuvre, nuirait gravement à l’écosystème local. Plus de 1 400 personnes travaillant pour Lydian, dont beaucoup sont également des résidents locaux, n’ont donc pas pu aller travailler.

Pachinian a critiqué l’obstruction du chantier, tout en s’engageant à se pencher sur la conformité de Lydian et des autres sociétés minières aux réglementations environnementales arméniennes. Mais il s’est jusqu’ici abstenu d’ordonner à la police de débloquer de force le chantier de construction.

Les hauts dirigeants arméniens de Lydian ont averti que l’entreprise pourrait éventuellement poursuivre l’Etat arménien et demander des milliards de dollars de dommages et intérêts si elle ne pouvait pas reprendre ses opérations à Amulsar. Ils ont ajouté que d’autres entreprises occidentales éviteront d’investir en Arménie si le projet est sabordé.

L’ambassade des États-Unis a fortement soutenu le projet Amulsar. Mills a déclaré l’année dernière qu’il a été jugé « entièrement conforme » aux normes de protection de l’environnement établies par la Banque Mondiale et la Banque Européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

posté le 5 juillet 2018 par Claire/armenews


SYRIE
Deux sénateurs américains à Minbej après des tensions avec la Turquie

Qamichli (Syrie), 2 juil 2018 (AFP) - Deux sénateurs américains se sont rendus lundi à Minbej, dans le nord de la Syrie, où des négociations entre les Etats-Unis et la Turquie ont permis de réduire les tensions liées à la présence de combattants kurdes dans la ville.

A plusieurs reprises, les autorités turques ont menacé de lancer une offensive contre Minbej et la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), alors que la ville accueille aussi des forces américaines et françaises.

La milice kurde, allié crucial des Etats-Unis dans la lutte antijihadistes, est considérée comme un groupe “terroriste“ par Ankara.

Mais les efforts diplomatiques entre Washington et Ankara, deux alliés au sein de l’Otan, ont permis l’adoption début juin d’une feuille de route afin de réduire les tensions.

Dans la foulée, les forces turques ont commencé à patrouiller aux alentours de la ville, tandis que les YPG ont annoncé le “retrait“ de Minbej de leurs derniers “conseillers militaires“.

Lundi, Lindsey Graham, républicain de l’Etat américain de Caroline du sud, et Jeanne Shaheen, démocrate du New Hampshire, ont effectué une visite dans la ville avec des membres du Conseil militaire de Minbej.

“Le but de la visite était d’évaluer la situation sécuritaire à Minbej“, a déclaré à l’AFP le porte-parole du Conseil militaire de Minbej, Sherfan Darwish.

Le Conseil est lié aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes qui a délogé le groupe jihadiste Etat islamique (EI) de Minbej en 2016, avec l’aide de la coalition internationale emmenée par Washington.

Le sénateur Graham a souligné l’importance du maintien de la présence américaine lors d’une rencontre avec des commandants du Conseil militaire de Minbej, selon une vidéo publiée lundi par un site internet lié aux FDS. “Je vais dire au président (Donald) Trump qu’il est important que nous restions ici pour vous aider. Vous êtes des amis des Etats-Unis et si nous partons, ce sera terrible“, a affirmé le sénateur.

M. Trump a indiqué par le passé qu’il souhaitait un retrait des forces américaines engagées en Syrie, mais son état-major a insisté à maintes reprises sur leur maintien pour empêcher une résurgence de l’EI.

posté le 3 juillet 2018 par Ara/armenews


USA
Le president Sarkissian rencontre le bloggeur Lapshin à Washington

Le bloggeur russo-israélien Alexandre Lapshin, qui avait payé ses visites au Haut Karabagh de plusieurs mois d’emprisonnement en Biélorussie et en Azerbaïdjan en 2017, a rencontré à Washington le président arménien Armen Sarkissian, qui effectuait une visite de trois jours aux Etats-Unis. A Lapshin, avait été arrêté par la police de Biélorussie fin 2016 puis extradé vers l’Azerbaïdjan, qui avait émis un mandat d’arrêt international contre lui pour avoir visité l’Artsakh en 2011 sans en avoir avisé Bakou et pour s’en être flatté par la suite dans son blog, où il n’avait pas épargné ses critiques aux autorités azéries. Cette arrestation avait été perçue comme une violation des normes et droits internationaux et le bloggeur avait été finalement libéré par l’Azerbaïdjan, sous la pression de la Russie et de la communauté internationale.

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A. Lapschin, qui avait affiché aussitôt après sa libération le même enthousiasme pour l’Arménie et pour l’Artsakh, a posté sa photo aux côtés d’A. Sarkissian sur Facebook, non sans exprimer sa satisfaction d’avoir rencontré le président arménien qui lui a fait manifestement très bonne impression. “J’ai rencontré le président de l’Arménie Armen Sarkissian à Washington”, écrit A.Lapshin en ajoutant : “C’est un homme étonemment ouvert, jovial, qui ne répond pas aux stéréotypes d’un chef d’Etat”. A.Lapshin a aussi ironisé sur les media d’Azerbaïdjan, en ajoutant qu’ils ne manqueraient dans doute pas de deformer son message. Le président Sarkissian se trouve aux Etats-Unis pour assister au Festival Folk Smithsonian 2018, dans le cadre duquel se donne à voir l’exposition “Arménie : terre de création”, qui met en lumière l’histoire, la culture et les traditions du pays. Il devait participer à différentes autres manifestations durant sa visite, dont une réception dédiée au centième anniversaire de la Première République d’Arménie au Capitole.

posté le 29 juin 2018 par Gari/armenews


ROBERT AYDABIRIAN
Le retrait des Etats-Unis de l’accord international avec l’Iran et ses effets colatéraux


Retrait des Etats-Unis de l’accord international avec l’Iran.
Effets collatéraux sur la France, l’Europe et l’Arménie.

La remise en question par Donald Trump de l’accord international sur la dénucléari- sation de l’Iran, les sanctions envers les entreprises européennes qui continue- raient à commercer avec la République Islamique, plus la montée des taxes sur l’importation d’acier et de véhicules européens aux Etats-Unis, provoquent des ré- actions diplomatiques et des ripostes commerciales. Elles conduiront à minima à une crise de confiance avec ses alliés, au pire à de nouveaux conflits militaires au Proche-orient.

En attendant, les entreprises françaises sont forcées de se soumettre au diktat américain pour éviter de colossales sanctions financières. Engagés en Iran depuis 2015, Total, Renault, PSA et quelques 150 entreprises sont amenées à renoncer à leurs propres accords. Pourtant en 3 ans le commerce des Européens avec l’Iran avait triplé pour atteindre 20 Milliards d’euros alors que les entreprises américaines se limitaient à 180 Millions de $.

L’Iran et ses 80M d’habitants ont un immense besoin de modernisation (avions, au- tos, équipements pétroliers, machines-outils, etc) afin de commencer à rattraper le retard cumulé depuis la chute du Shah. Héritier de la grande civilisation persane, ce pays à haut niveau culturel, reste tolérant envers ses minorités, et possède en son sein une jeunesse éduquée, à majorité féminine, de plus en plus impatiente. Comme en Arménie, celle-ci entend se débarrasser des cicatrices du passé mais aussi des forces rétrogrades qui la bloque depuis 40 ans.

Aux erreurs géostratégiques américaines d’hier, M.Trump rajoute une politique pro- tectionniste qui risque à son tour d’attiser les cendres des guerres catastrophiques du Moyen-Orient. Car l’Iran est de fait devenu la cible d’autocrates belliqueux comme Ilham Aliyev. Celui-ci se prépare à participer au démantèlement de la Ré- publique iranienne. Il entretient le fantasme d’un “Grand-Azerbaïdjan“ réunifiant 30M de personnes sur les terres du Caucase et de la région nord-est de l’Iran. Aliyev justifie ses dépenses militaires, et ses commissions personnelles colossales, par une ambition territoriale démesurée allant bien au-delà des 3 000 km2 de l’Artsakh.

Par contraste, l’Arménie et ses nouveaux dirigeants travaillent sérieusement leur diplomatie économique avec toutes les parties prenantes : Bruxelles, Moscou, Té- héran. La voie diplomatique est étroite, mais elle leur offre la possibilité de jouer un rôle important de médiateur : amener États-unis, Russie et Iran au dialogue et à l’apaisement, tout en développant les relations personnelles et économiques indis- pensables à l’Arménie et au renforcement de sa propre souveraineté nationale.

Robert Aydabirian

Paris le 27 juin 2018

posté le 28 juin 2018 par Ara/armenews


ETATS-UNIS
Samantha Power regrette qu’Obama n’ait pas reconnu le génocide

Samantha Power, ancienne conseillère spéciale du président Barack Obama, a exprimé vendredi son regret de n’avoir pas assuré la reconnaissance officielle du génocide arménien de 1915 par la Turquie ottomane pendant son mandat.

Samantha Power a déclaré qu’Obama n’a pas honoré une promesse de campagne électorale clé parce qu’il ne voulait pas compromettre un rapprochement entre l’Arménie et la Turquie, et craignait qu’Ankara puisse entraver les efforts américains pour vaincre le groupe de l’État islamique.

Power, qui a conseillé Obama sur la politique étrangère et les droits de l’homme avant de devenir ambassadrice américaine auprès des Nations Unies de 2013 à 2017, a également pointé du doigt la « personnalité très volatile » du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Obama a qualifié le génocide arménien de « fait largement documenté soutenu par un ensemble de preuves historiques écrasantes » quand il a brigué la présidence en 2008. Il a déclaré que, s’il était élu, il reconnaîtrait officiellement le massacre de quelque 1,5 million d’Arméniens pendant la Première Guerre mondiale comme étant un génocide.

Au cours de cette campagne présidentielle, Power a enregistré une vidéo de cinq minutes qui exhortait les Américains d’origine arménienne à voter pour Obama en raison de sa position sur le génocide.

“Je regrette beaucoup que nous n’ayons pas réussi à atteindre la pleine reconnaissance comme nous l’avions promis“, a nuancé Power. “J’ai vraiment cru que nous le ferions lorsque nous étions à la Maison Blanche.“

“En 2009, qui était vraiment l’année où nous l’aurions fait dès le début, le président Obama a précisé que son point de vue sur les faits n’avait pas changé et que tout le monde connaissait son point de vue“, a-t-elle rappelé. “Mais il a estimé que la normalisation arméno-turque était à un stade très important mais encore trop fragile“.

“Ensuite, je pense, à l’occasion du centenaire [du génocide de 2015], alors que cela aurait été un autre moment opportun pour cette reconnaissance, nous venions d’avoir accès aux bases turques pour combattre l’EI (État islamique).“

“La Turquie est un pays très puissant et vaste. C’est un allié de l’OTAN et il a beaucoup de poids“, a noté l’ancienne responsable américaine. “Le président Erdogan est bien sûr une personnalité très volatile. Cela signifiait également que certaines des menaces qu’il avait faites étaient jugées plutôt crédibles. “

Power a clairement indiqué qu’elle pensait qu’aucun de ces facteurs justifie cette non-décision d’Obama. “Nous n’avons vraiment aucune excuse parce que, comme je l’ai écrit avant de devenir un représentant du gouvernement des États-Unis, il n’y a jamais vraiment de bon moment pour le faire“, a-t-elle expliqué.

Obama aurait été très proche de la reconnaissance du génocide en avril 2015. Tout en évitant le mot politiquement sensible, il a implicitement félicité le pape François d’avoir qualifié les massacres de 1915 de « premier génocide du XXe siècle ». Il a également rendu hommage à Henry Morgenthau, ambassadeur américain durant la Première Guerre mondiale à Constantinople qui tenta d’arrêter ce qu’il considérait comme une « campagne d’extermination raciale ».

La déclaration d’Obama en 2015 a fait suite à un débat apparemment animé au sein de son administration. L’Associated Press a rapporté à l’époque qu’une reconnaissance explicite du génocide arménien était préconisée par les fonctionnaires de l’administration qui traitent plus directement des questions de droits de l’homme. On disait que le pouvoir était parmi eux.

Power a déclaré vendredi que les administrations américaines actuelles et futures devraient suivre l’exemple de la vingtaine d’autres nations qui ont reconnu le génocide, et “défier l’intimidation que les négationnistes du génocide continuent à opérer.“ Interrogée pour savoir si elle pense que le président Donald Trump peut le faire, elle a répondu : “Trump est si imprévisible. Peut-être que nous nous réveillerons un matin et qu’il y aura le tweet que nous attendions tous : la reconnaissance du génocide. “

En tout cas, a poursuivi l’ancienne responsable de l’administration Obama, les Arméniens devraient continuer à se battre pour une plus grande reconnaissance internationale du génocide. Ils ont déjà fait des progrès importants dans cette entreprise, a-t-elle félicit, affirmant qu ’“il n’y a presque aucun doute dans le monde sur les événements de 1915“.

Power était en visite en Arménie en tant que nouveau membre d’un comité international qui a sélectionné ce week-end le dernier lauréat d’un prix humanitaire annuel créé à la mémoire des victimes du génocide arménien. Le Prix Aurora a été créé en 2015 par trois éminents Arméniens de la diaspora : les philanthropes Ruben Vardanyan et Noubar Afeyan, et Vartan Gregorian, le président de la Carnegie Corporation de New York. Il est conçu pour honorer les individus du monde entier qui risquent leur vie pour aider les autres.

posté le 11 juin 2018 par Claire/armenews


SYRIE
L’accord USA-Turquie éloigne la menace mais l’application sera difficile

Washington, 5 juin 2018 (AFP) - La mise en oeuvre de la “feuille de route“ établie par les Etats-Unis et la Turquie pour éloigner la menace d’une confrontation armée dans la ville syrienne de Minbej sera longue et “compliquée“, de nombreux détails restant à négocier, a déclaré mardi un responsable américain.

Dans le cadre de cet accord, négocié depuis février et “approuvé“ lundi par les ministres américain et turc des Affaires étrangères Mike Pompeo et Mevlut Cavusoglu, les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde alliée de Washington dans la lutte antijihadistes mais considérée comme “terroriste“ par Ankara, ont annoncé mardi leur retrait de Minbej, dans le nord de la Syrie.

La “feuille de route“ visait en effet notamment à “tenir l’engagement américain à déplacer les YPG à l’est de l’Euphrate“, un fleuve qui traverse la Syrie, a expliqué à des journalistes ce haut responsable du département d’Etat. Mais il s’agit d’un “cadre politique large“ dont les “détails doivent encore être négociés“ et dont la mise en oeuvre “se fera étape par étape en fonction des développements sur le terrain“, a-t-il ajouté.

Les YPG avaient pris Minbej aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en 2016. Les Etats-Unis y sont présents militairement et fournissaient une assistance à la milice kurde au grand dam d’Ankara.

La tension entre Américains et Turcs, pourtant alliés au sein de l’Otan et dans la lutte contre les jihadistes, avait atteint des sommets en février après le lancement par la Turquie d’une offensive dans le nord-ouest de la Syrie contre la milice kurde, d’autant que l’armée turque menaçait d’avancer jusqu’à Minbej.

Un groupe de travail américano-turc avait été créé en février qui a abouti à cette “feuille de route“, que Mike Pompeo et Mevlut Cavusoglu se sont engagés lundi, dans un communiqué commun, à “mettre en oeuvre“ pour “assurer la sécurité et la stabilité à Minbej“, sans pour autant en dévoiler le contenu.

L’agence étatique turque Anadolu avait affirmé la semaine dernière que l’accord prévoyait, 45 jours après le 4 juin, des inspections militaires conjointes américano-turques à Minbej, et, dans les 60 jours après cette même date, la formation d’une administration locale de la ville pour remplacer les conseils qui incluent actuellement les YPG.

Un haut responsable américain a confirmé l’objectif de “patrouilles communes“ mais a démenti l’existence d’un calendrier détaillé. “Nous sommes déterminés à le faire le plus rapidement possible“ mais les dates rapportées dans la presse “ne reflètent rien de concret“, a-t-il assuré. “Ce ne sera pas facile“, “la mise en oeuvre sera compliquée“ mais bénéficiera à tous car cela va stabiliser Minbej sur le long terme, a-t-il insisté.

posté le 5 juin 2018 par Ara/armenews


DIPLOMATIE
Le gouvernement américain en discussion avec Erevan pour renforcer son aide à l’Arménie

Le gouvernement américain est engagé dans des discussions avec le nouveau pouvoir en place à Erevan sur les modalités d’une assistance économique renforcée que pourrait octroyer Washington à l’Arménie dans le cadre d’un programme spécial visant à encourager les réformes dans les pays en voie de développement, a fait savoir jeudi 31 juin l’ambassadeur des Etats-Unis en Arménie, Richard Mills. “Nous sommes sincèrement ravis de collaborer pleinement avec le nouveau gouvernement et de pouvoir discuter de la manière dont le gouvernement américain peut l’aider”, a ajouté l’ambassadeur Mills, qui s’exprimait devant les journalistes.

L’Arménie avait été reconnue éligible pour le Millennium Challenge Account (MCA), peu après que Washington eut lancé ce programme d’aide en 2006, et avait reçu à ce titre 177 millions de dollars servant à financer les travaux de réhabilitation des infrastructures d’irrigation agricoles. Le Millennium Challenge Corporation (MCC), un département du gouvernement américain en charge de ce programme d’aide, a aussi prévu d’accorder une enveloppe de quelque 60 millions de dollars pour la reconstruction du réseau routier dans les zones rurales du pays. Mais cette aide avait été suspendue peu après les élections présidentielles de 2008 en Arménie, qui avaient donné lieu à d’importantes manifestations de l’opposition violemment réprimées par les autorités arméniennes.

A l’initiative de l’ancien président Serge Sarkissian, le gouvernement arménien avait déployé de vains efforts dans les années qui suivirent pour convaincre l’administration américaine de restaurer les droits de l’Arménie à cette aide dotée de plusieurs millions de dollars. Mais les responsables américains avaient adressé une fin de non recevoir, justifiant leur refus notamment par les insuffisances de la lutte contre la corruption en Arménie. Les Etats-Unis ont fait part de leur disposition à renforcer leur aide économique à l’Arménie après le changement de pouvoir auquel avait donné lieu le mouvement démocratique conduit par l’actuel premier ministre Nikol Pachinian.

Visitant Erevan en début de semaine, une secrétaire d’Etat adjointe américaine, Bridget Brink, avait proposé officiellement l’aide du gouvernement américain pour l’ambitieux programme de lutte contre la corruption annoncé par le nouveau gouvernement. R.Mills a souligné que B. Brink avait discuté avec N. Pachinian et d’autres hauts responsables arméniens de “possibles options” pour développer l’aide américaine, notamment dans le cadre du programme MCA, dont l’ambassadeur américain a précisé qu’il serait au cœur de discussions à venir. Presque aussitôt après l’élection de N.Pachinian au poste de premier ministre le 8 mai, l’Armenian National Committee of America (ANCA), une influente organisation arméno-américaine, avait réitéré avec force ses appels en faveur d’une nouvelle aide de 140 millions de dollars à l’Arménie au titre du MCA.

Dans une lettre adressée au Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, le dirigeant de l’ANCA, Raffi Hamparian, avait fait valoir qu’une telle aide contribuerait à consolider le “développement démocratique » du pays. Dans sa réponse en date du 17 mai, M.Pompeo avait assuré à R. Hamparian qu’il partageait son “enthousiasme concernant la transition politique et constitutionnelle pacifique survenue en Arménie”, en ajoutant : “Nous espérons que le gouvernement arménien marquera des progrès en vue de se conformer aux critères d’éligibilité de la MCC cette année de telle sorte que la direction de la MCC puisse prendre en compte l’Armenia dans son processus annuel de sélection”. L’ANCA souhaiterait que les fonds alloués par le MCC servent à financer les programmes pédagogiques dans les écoles publiques d’Arménie qui manquent cruellement de moyens, en faisant valoir qu’ils profiteront à l’industrie des technologies de l’information (IT), un secteur embryonnaire et très prometteur dans le pays.

posté le 1er juin 2018 par Gari/armenews


ETATS-UNIS/TURQUIE
Les Occidentaux doivent lutter contre la « diplomatie des otages » turque

Washington, 31 mai 2018 (AFP) - Les pays occidentaux doivent adopter un plan de lutte coordonné contre la Turquie, qui utilise les prisonniers étrangers comme monnaie d’échange diplomatique, ont affirmé des experts en rendant public un rapport sur le sujet jeudi à Washington.

Le rapport étudie les cas de 55 ressortissants étrangers ou binationaux arrêtés et emprisonnés en Turquie depuis le coup d’Etat avorté de juillet 2016, qui a déclenché une répression féroce contre ceux accusés d’être des partisans du prédicateur Fethullah Gülen accusé d’avoir fomenté le putsch, ou des soutiens de la rébellion kurde.

Au moins six d’entre eux, dont deux Américains, sont toujours en détention. Dans de nombreux cas, les preuves sont ténues et les interrogatoires sont secrets. S’il ne s’agit pas d’un effort centralisé, mais plutôt des problèmes locaux combinés à un sentiment anti-occidental, le pouvoir tente d’exploiter la situation, estiment les auteurs du rapport.

“Cela fait partie d’une politique globale de diplomatie des otages“, explique l’ex-parlementaire turc Aykan Erdemirn, qui travaille désormais au sein du centre de réflexion conservateur Foundation for Defense of Democracies.

“Il semble que ces individus soient utilisés comme monnaie d’échange ou comme gages, souvent pour obtenir des concessions“ en faveur de la Turquie, ajoute-t-il.

Ankara a, par exemple, lié plus ou moins explicitement la libération des prisonniers à l’extradition des partisans de Gülen basés en Occident, ou dans certains cas à des contrats de vente d’armes.

Les gouvernements privilégient jusqu’ici des discussions bilatérales pour obtenir la libération de leurs ressortissants, une stratégie au succès divers. Le rapport appelle à une action plus dure, comme celle adoptée par l’Allemagne, et qui entrerait dans le cadre d’une “stratégie transatlantique concertée“ pour plus d’efficacité.

Berlin avait renforcé ses consignes de sécurité après le putsch raté, notamment en raison d’une vague d’arrestations de ressortissants allemands ou germano-turcs, et avait réduit ses investissements en Turquie, un pays-membre de l’Otan.

“La politique de Berlin d’absence de normalisation tant qu’il y a des prisonniers politiques serait plus efficace si elle était mise en place par ses partenaires occidentaux“, estime le rapport.

L’ambassade turque à Washington n’était pas joignable dans l’immédiat pour réagir mais Ankara a plusieurs fois appelé au respect de son système judiciaire.

Dave Clark

posté le 1er juin 2018 par Ara/armenews

Sur la photo Loup Bureau, un journaliste français qui avait été indument emprisonné en Turquie en 2017, un an après son confrère Olivier Bertrand arrêté alors qu’il effectuait un reportage dans la région de Gaziantep. Les deux ont été libérés à la suite de négociations avec les autorités françaises.