Nouvelles d'Arménie
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2 - News Importante Trois Etoiles


TURQUIE
Turquie : Israël se porterait préjudice en reconnaissant le génocide arménien

La Turquie a estimé vendredi qu’Israël, en pleine crise diplomatique avec Ankara, se porterait préjudice en reconnaissant le « génocide arménien » car cela reviendrait à le mettre sur le même plan que l’Holocauste.

“ Nous pensons que le fait qu’Israël mette sur le même plan les événements de 1915 et l’Holocauste lui nuit avant tout à lui-même “, a déclaré le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy.

“Une telle tentative d’ Israël est un manque de respect envers les membres des groupes religieux et ethniques ottomans qui ont perdu la vie au cours de la Première Guerre mondiale. Les Juifs étaient parmi eux “, a ajouté M. Aksoy lors d’une conférence de presse.

Il réagissait à une proposition approuvée mercredi par les députés israéliens pour organiser un débat en séance plénière sur la « reconnaissance du génocide arménien » dans un contexte de tensions croissantes avec Ankara suite aux affrontements meurtriers survenus sur la frontière avec Gaza. Aucune date n’a été fixée pour ce débat.

Le Président de la Knesset, Yuli Edelstein, qui s’est longtemps prononcé en faveur de la reconnaissance, a de nouveau exprimé son soutien à cette mesure. Mais il a également exprimé son malaise face aux appels publics à reconnaître le génocide simplement pour ennuyer la Turquie et son leader belliqueux, Recep Tayyip Erdogan.

« Depuis quand Ankara tire-t-il les ficelles de ma vie morale ? » demanda-t-il, en présentant la motion de Zandberg.

« La Knesset israélienne devrait reconnaître le génocide arménien parce que c’est la bonne chose à faire, la juste chose à faire », a ajouté Yuli Edelstein.

« Les événements de 1915 ne sont pas une question politique, mais plutôt historique et légale », a dit Aksoy sans commenter davantage.

Tamar Zandberg a appelé mercredi tous les partis politiques israéliens à soutenir la reconnaissance parce qu’“il y a des choses qui sont au-dessus de la politique, et il y a des choses qui sont au-dessus de la diplomatie”.

Elle a tourné en dérision les tentatives d’utiliser la reconnaissance comme une gifle à Erdogan, en disant que « les tragédies d’une autre nation ne sont pas une carte à jouer en politique ».

La reconnaissance du génocide arménien est évoquée chaque année à la Knesset, généralement sous la forme d’un projet de loi plutôt que d’un appel au débat, et a été rejetée chaque année par les gouvernements en place depuis 1989, lorsque le député Yair Tzaban l’a présentée pour la première fois à la Chambre.

Le refus d’Israël de reconnaître formellement le massacre arménien comme un génocide est fondé sur des considérations géopolitiques et stratégiques, au premier rang desquelles ses relations avec la Turquie, qui nie avec véhémence que les Turcs ottomans ont commis un génocide. De même, les États-Unis ont évité de reconnaître les massacres par crainte de fâcher la Turquie.

posté le 26 mai 2018 par Stéphane/armenews


ARMENIE
Nikol Pachinian à l’épreuve de l’opposition radicale

Le premier ministre Nikol Pachinian a rejeté mercredi 23 mai les declarations des leaders d’un groupe de l’opposition radicale emprisonnés par le pouvoir precedent, en les qualifiant de “menaces de violence”.

Il a rappelé qu’il ne chercherait pas à exercer quelque pression sur la Cour en vue d’obtenir la libération de Jirayr Sefilian, Varujan Avetisian et d’autres membres emprisonnés du mouvement Parlement fondateur qui ont attaqué et occupé un poste de police à Erevan en juillet 2016. MM. Sefilian et Avetisian, qui dirigent le Parlement fondateur, ont critiqué l’hésitation de N. Pachinian à exercer des pressions en ce sens sur la justice, deux jours avant.

Dans une lettre ouverte au premier ministre élu le 8 mai à la faveur d’une Révolution de velours, ils avaient déclaré que leur maintien en détention ainsi que l’existence d’autres « prisonniers politiques » pourraient avoir de “graves conséquences” pour l’Arménie. “Comme vous le savez, le processus de liberation des prisonniers politiques a commencé et il se poursuit”, a répondu N.Pachinian en commentant la lettre. “Mais je veux être clair sur un point : on ne peut pas parler au peuple en proférant des menaces de violence et se soumettre à ces menaces de violence”, a ajouté le premier ministre, en précisant devant les journalistes : “J’espère que vous comprendrez tous que s’il y a eu un changement de la situation politique, ce changement de situation politique s’opère dans le comportement de chacun”.

N.Pachinian a aussi récusé les accusations de MM. Sefilian et Avetissian selon lesquelles il semblait se “laver les mains” du sort des militants de l’opposition radicale emprisonnés par l’ancien pouvoir en place. “Nous devons verifier ce qu’on entend par ‘se laver les mains’”, a poursuivi N. Pachinian. “S’il s’agit de mes declarations selon lesquelles je n‘entendais pas donner des ordres aux juges, alors je reste sur mes positions parce que donner des instructions à des juges pour quelque motif que ce soit, cela reviendrait à engager un processus de re‘SergeSarkisianisation’, a poursuivi le premier ministre, en expliquant qu’un seul ordre donné à un juge ruinerait le crédit d’une justice qui se veut indépendante désormais.

posté le 25 mai 2018 par Gari/armenews


ARMENIE
Un proche d’un député HHK arrêté, soupçonné d’agression sur des manifestants

Un homme travaillant pour un parlementaire arménien controversé affilié à l’ancien parti républicain au pouvoir (HHK) a été arrêté parce qu’il est soupçonné d’avoir agressé des manifestants antigouvernementaux à Erevan le mois dernier.

L’incident s’est produit dans le district de Kanaker-Zeytun, dans le nord de la ville, le 21 avril, deux jours avant que le leader du HHK, Serge Sarkissian, démissionne de son poste de Premier ministre au milieu de manifestations massives contre lui. Un groupe d’hommes aurait battu des manifestants pro-Pachinian et cassé leur voiture.

La police arménienne a arrêté mardi l’un des assaillants présumés, Andranik Isoyan. Il s’est révélé qu’il s’agit d’un assistant parlementaire de Mihran Poghosian, un riche député du HHK qui règne depuis longtemps à Kanaker-Zeytun.

Poghosian a exprimé mercredi l’espoir que cette arrestation n’est que le résultat d’un “malentendu“ et qu’Isoyan allait être innocenté. “Je regrette le fait que mon assistant se soit retrouvé parmi un certain nombre de personnes qui ont été arrêtées ou convoquées récemment par des organes compétents“, a-t-il commenté.

Zaruhi Batoyan, un membre important de l’alliance Yelk de Pachinian, avait affirmé plus tôt que les assaillants étaient arrivés sur les lieux de l’incident dans des voitures appartenant à Poghosian et à ses associés. Batoyan a ajouté suspecter le fait que le parlementaire était dans une de ces voitures pendant l’agression.

Poghosian a catégoriquement nié cela. Il a également insisté sur le fait qu’il n’avait pas ordonné à Isoyan ou à quiconque d’attaquer les manifestants.

Poghosian, qui aura 42 ans la semaine prochaine, a dirigé un organisme d’État arménien qui appliquait les décisions de justice jusqu’à ce qu’il soit impliqué dans un scandale de corruption il y a deux ans. Citant des documents divulgués connus sous le nom de Panama Papers, la publication d’enquête Hetq.am a rapporté qu’il contrôlait trois sociétés fantômes enregistrées au Panama.

Après ses rejets initiaux du rapport, Poghosian a annoncé sa démission plus tard en avril 2016. Le Service spécial d’enquête (SIS) de l’Arménie a lancé une enquête criminelle à l’époque.

Le SIS a affirmé en janvier 2017 qu’il ne lancerait aucune poursuite pénale contre Poghosian parce qu’il n’a trouvé aucune preuve de son implication dans une « activité entrepreneuriale illégale ». Peu de temps après, le HHK au pouvoir l’a investi en tant que candidat aux élections législatives d’avril 2017.

Les médias indépendants accusent depuis des années Poghosian d’avoir des intérêts commerciaux étendus grâce à sa position et à ses relations avec le gouvernement. En particulier, il est largement considéré comme le principal propriétaire d’une entreprise qui jouissait d’un monopole de facto sur les importations de bananes en Arménie jusqu’à récemment.

L’ancien responsable a également fait face à des allégations de l’opposition selon lesquelles une organisation caritative qu’il contrôle aurait acheté des voix pour le HHK et Serge Sarkissian lors des élections présidentielles et législatives. Ce qu’il a toujours nié.

posté le 24 mai 2018 par Claire/armenews


Israël
La Knesset a voté favorablement sur la question du génocide des Arméniens

Depuis 3 jours la chaîne de télévision israélienne i24 rend compte en continu du débat sur la question de la reconnaissance du génocide des Arméniens qui se tient aujourd’hui à la Knesset. Sont intervenus plusieurs spécialistes, dont Yoron Weiss, Gaïdz Minassian et Christian Markarian, lequel a rappelé le rôle éminent de Raphaël Lemkin dans la création du mot « génocide » à la suite d’une étude sur les massacres des Arméniens en 1915. La Knesset a commencé à examiner la question à 17h, heure de Paris. Selon un correspondant sur place, le débat est d’ores et déjà très animé. La Knesset a approuvé une motion appelant le gouvernement à reconnaître le génocide des Arméniens.

Haïm Ouizeman nous informe que le débat n’a duré que quelques minutes.

“Le débat sur la reconnaissance du génocide arménien n’a duré que quelques minutes. La Knesset vient de voter aujourd’hui favorablement à la proposition de l’ordre du jour de la présidente du parti Meretz, Tamar Zandberg. Autrement dit, l’assemblée plénière de la Knesset se prononcera bientôt sur l’opportunité de reconnaître le génocide arménien. La coalition de droite a donné la liberté de vote des membres votants. Nous assistons à un début de reconnaissance qui finira par une totale reconnaissance.“, indique Haïm Ouizemann.

Interpellé, le gouvernement n’a pas répondu “ ce qui est inhabituel“ explique une journaliste du Jerusalem Post.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein a dit qu’il a des sentiments mitigés à ce sujet, parce qu’il a appelé pendant des années à reconnaître le génocide arménien, mais il est embarrassé que les PPP en parlent comme d’une punition pour la Turquie. Il ajoute : “Depuis quand les ficelles de la morale sont tirées par Ankara ? Depuis quand la vérité historique est-elle contrôlée par quelqu’un comme Erdogan ? La Knesset doit reconnaître le génocide arménien parce que c’est la bonne chose à faire.“

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posté le 23 mai 2018 par Jean Eckian/armenews


ARTSAKH
L’Arménie se dit prête pour des négociations avec l’Azerbaïdjan

L’Arménie est prête à reprendre les pourparlers de paix avec l’Azerbaïdjan après les appels lancés par son nouveau Premier ministre, Nikol Pashinian, en faveur d’une participation directe du Haut-Karabagh, a déclaré hier le ministère des Affaires étrangères à Erevan.

“Ce n’est pas que nous refusons les négociations“, a déclaré le porte-parole du ministère, Tigran Balayan, aux journalistes. “En tant que garant de la sécurité du Karabagh, l’Arménie poursuivra les négociations et dira en même temps que la participation directe de l’Artsakh est une condition nécessaire pour parvenir à une paix durable et équilibrée“.

Lors d’une visite à Stepanakert le 9 mai, Pachinian a critiqué le refus de Bakou de négocier directement avec la direction arménienne du Karabagh. “Ce format de négociation ne peut être considéré à part entière que lorsque l’une des parties au conflit, la direction de l’Artsakh (Karabagh), y participe“, a-t-il dit.

Le gouvernement azerbaïdjanais a rejeté les appels de Pachinian, accusant Erevan de créer un obstacle supplémentaire à la relance du processus de paix.

Balayan a insisté sur le fait que la déclaration du Premier ministre n’est pas une condition préalable aux nouveaux contacts d’Erevan avec Bakou : “Notre insistance sur la participation de l’Artsakh aux pourparlers arméno-azerbaïdjanais n’est pas quelque chose de nouveau“. “Nous avons depuis des années dit et continuerons à le dire. C’est juste que les réalités ont maintenant changé (...) Ce qui suppose une plus grande implication de l’Artsakh dans le processus de négociation. “

“Le Karabagh est impliqué dans les négociations d’une manière ou d’une autre. Le problème est que l’Azerbaïdjan a refusé pendant des années de négocier directement avec le Karabagh“, a ajouté le responsable.

Balayan a également déclaré que les médiateurs américains, russes et français qui codirigent le Groupe de Minsk de l’OSCE pourraient se rendre à Erevan le mois prochain pour leur première rencontre avec Pachinian.

Les médiateurs ont rencontré le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais, Elmar Mammadyarov, à Paris le 15 mai. Dans une déclaration commune, ils ont déclaré avoir discuté avec lui des “modalités pour faire avancer le processus de paix“.

“Le ministre Mammadyarov a affirmé que l’Azerbaïdjan était prêt à reprendre les négociations le plus rapidement possible“, peut-on lire dans le communiqué. “Les coprésidents s’attendent à rencontrer le nouveau leadership arménien en juin.“

posté le 23 mai 2018 par Claire/armenews


POLITIQUE
Le Premier ministre insiste sur la nécessité d’élections anticipées

Le Premier ministre, Nikol Pashinian, a déclaré lundi qu’il était déterminé à imposer de nouvelles élections législatives en Arménie.

“Comme je l’ai dit, les élections anticipées sont une priorité pour nous“, a déclaré M. Pashinian aux journalistes après que lui et les nouveaux membres de son cabinet aient prêté serment lors d’une cérémonie présidée par le président Armen Sarkissian.

“Mais cela ne signifie pas que c’est le seul problème que nous ayons à résoudre“, a-t-il déclaré. “Le gouvernement doit fonctionner normalement et il a et aura des programmes à long terme. Une chose ne contredit pas l’autre. “

“Après tout, ce gouvernement participera également aux élections législatives anticipées. Dans quel format ? C’est une question différente “, a-t-il ajouté.

Pashinian avait appelé à de telles élections immédiatement après que des dizaines de milliers de ses partisans manifestant dans les rues d’Erevan ont forcé le Premier ministre et ancien président Serzh Sarkisian à démissionner le 23 avril. Il a annoncé la semaine dernière qu’il espérait que les élections se tiendraient plus tard cette année.

Pashinian est soutenu par les trois groupes minoritaires du gouvernement arménien qui ont reçu des portefeuilles ministériels dans son gouvernement. Le Parti républicain d’Arménie (HHK) de Sarkissian détient toujours la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, ce qui le met en position de bloquer les projets de loi du gouvernement ou même d’initier un vote de défiance à son égard.

Les dirigeants parlementaires du HHK se sont prononcés contre l’idée d’élections anticipées. Ils peuvent également s’opposer aux amendements majeurs au code électoral arménien recherchés par Pashinian et ses alliés politiques.

Pashinian a précisé lundi que son équipe politique rédigera de tels amendements avant la fin juin. Il a également signalé qu’il cherchera à initier des changements de personnel dans la Commission électorale centrale (CEC) du pays qui a été formée par le gouvernement précédent.

Selon la constitution arménienne, de nouvelles élections générales devront être déclenchées si le premier ministre démissionne et si le parlement échoue à deux reprises à élire un nouveau premier ministre ou si le programme politique du gouvernement n’est pas approuvé par la plupart des législateurs.

posté le 22 mai 2018 par Ara/armenews

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ARMENIE
Le nouveau ministre de la Justice demande le calme au Sasna Tzrer

Le ministre de la Justice Artak Zeynalian a appelé vendredi les partisans du groupe armé d’opposition qui a saisi un poste de police à Erevan en 2016 à éviter de déstabiliser la situation en Arménie à la suite de ce qu’il a nommé “une révolution démocratique“.

Ces derniers jours, plusieurs dizaines de personnes ont bloqué une grande rue et un palais de justice dans la capitale arménienne pour demander la libération immédiate d’une trentaine d’hommes armés qui ont été jugés coupables suite à leur affrontement tragique avec la police.

Ils ont débloqué la rue jeudi après une première demande du Premier ministre Nikol Pashinian. Ce dernier a affirmé que ces manifestations et d’autres manifestations perturbatrices tenues à travers le pays sont « incompréhensibles » après le succès de sa « révolution de velours ».

Zeynalian, qui a été nommé ministre de la Justice la semaine dernière, a fait écho aux déclarations de Pashinian ainsi que celles de l’ancien président Levon Ter-Petrosian, expliquant qu’“une atmosphère d’anarchie pourrait ruiner le pays“.

“Chacun doit être conscient de ses actions et s’assurer qu’elles ne nuisent pas à l’intérêt commun“, a t-il commenté lors d’une conférence de presse. “Cette révolution est une révolution unique pour le monde et chacun d’entre nous en est responsable. “

Lors du déblocage de l’avenue Arshakuniats à Erevan, les manifestants radicaux ont encerclé un tribunal voisin où des audiences ont lieu concernant le procès en cours de dix principaux membres du groupe armé. Ils ont ainsi empêché les forces de sécurité de ramener les accusés dans leurs cellules carcérales.

Les représentants des manifestants ont rencontré Pashinian jeudi soir.

Pashinian, qui a été élu Premier ministre par le Parlement le 8 mai, a mis en avant que l’une de ses priorités était d’assurer la libération de tous les “prisonniers politiques“ à travers des mécanismes uniquement juridiques. Mais il a déclaré que le cas des hommes armés qui avaient saisi un poste de police dans le district d’Erebuni à Erevan est “un peu différent“ car il a fait trois victimes du côté des forces de l’ordre. Il a précisé que cela devait être résolu à la suite de “discussions“ publiques qui doivent impliquer des proches des trois policiers tués.

Le leader de ces opposants, Varuzhan Avetisian, a condamné les remarques de Pashinian comme étant de la “bouffonnerie“ et du “faux humanisme“ dans la salle d’audience mercredi. Il a de nouveau fermement défendu la prise d’otages de 2016, affirmant que les pertes sont inévitables lors de telles “rébellions“.

posté le 21 mai 2018 par Claire/armenews


TURQUIE
La Turquie ouvre une enquête criminelle contre un député arménien pour insulte

Un procureur turc a ouvert une enquête sur un législateur d’origine arménienne à la suite d’allégations selon lesquelles il aurait insulté le peuple turc et l’Etat pour ses propos sur le génocide arménien lors de la Première Guerre mondiale.

Garo Paylan, membre du Parti démocratique des peuples (HDP) de l’opposition, a plaidé ouvertement sur une résolution à propos des massacres centenaires et a utilisé son tour à la tribune du parlement pour appeler la Turquie à reconnaître le génocide et à procéder à des réparations, y compris l’octroi de la citoyenneté aux descendants des survivants. La Turquie et la plupart des Turcs rejettent les affirmations selon lesquelles les meurtres en temps de guerre constituaient un génocide.

Aujourd’hui, il est accusé d’avoir violé le tristement célèbre article 301 du code pénal turc.

L’article a été peu utilisé ces dernières années, mais le procureur d’Ankara accuse Garo Paylan de l’avoir violé lors d’un discours parlementaire dans lequel Garo Paylan a déclaré que le génocide avait coûté la vie aux Arméniens, aux chrétiens syriaques et aux Grecs dans les territoires ottomans pendant la guerre. Il a également cité une entrevue qu’il a accordée à un magazine canadien dans laquelle il a déclaré que le génocide continuait jusqu’à ce jour.

Le procureur veut que le parlement lève l’immunité de Garo Paylan et l’accuse également d’un autre crime : celui d’avoir insulter le président Recep Tayyip Erdoğan.

“J’ai toujours reconnu que la grande catastrophe que ma famille et mon peuple ont connu était un génocide“, a déclaré Garo Paylan au journal turco-arménien Agos. “Je n’ai jamais pris pour cible le peuple turc, mais la junte qui a perpétré le génocide à l’époque et la mentalité du génocide“.

L’article 301 a été utilisé pour poursuivre des personnalités. Il avait notamment servi contre Hrant Dink, le rédacteur en chef d’Agos inculpé avant d’être abattu en dehors du bureau du journal en 2007. Le romancier Orhan Pamuk, lauréat du prix Nobel, a également enfreint la loi. L’Union Européenne a qualifié l’utilisation de cette loi de violation des droits de l’homme.

Kati Piri, rapporteur du Parlement européen pour la Turquie, a dénoncé l’enquête sur Twitter. “Nouvelle ligne d’assaut contre la liberté d’expression en Turquie, alors que le député de l’opposition Garo Paylan fait face à des poursuites pénales pour avoir parlé du génocide arménien. Si même les députés élus ne peuvent pas exprimer leur opinion, que reste-t-il pour les citoyens normaux ?

Garo Paylan avait déjà été censuré dans l’assemblée du fait de ses déclarations, interdit de trois sessions et condamné à une amende. Les mesures semblent avoir peu fait pour le dissuader. En avril, il a présenté le premier projet de loi en son genre demandant la reconnaissance du génocide et l’inscription du 24 avril, date à laquelle les Arméniens ont déclaré que le génocide avait commencé en 1915, dans le calendrier nationale. Le projet de loi a été rejeté.

La Turquie reconnaît que les Arméniens ont été tués lors de l’effondrement de l’Empire ottoman mais nie avec ferveur qu’il s’agissait d’une campagne orchestrée par l’Etat. Une trentaine de pays et la plupart des historiens s’accorde à dire avec les Arméniens que 1,5 million de personnes ont été tuées dans le génocide.

Les tabous de longue date entourant le génocide se sont érodés au cours de la dernière décennie, et Erdoğan lui-même exprime chaque année ses condoléances aux citoyens arméniens pour les pertes en vies humaines survenues il y a un siècle.

Cependant, certains mettent en garde contre un retour à des contraintes antérieures sur les minorités ethniques après l’accroissement de la répression du gouvernementale pendant l’état d’urgence imposé à la suite d’un coup d’État manqué en 2016.

Le 24 avril dernier, la police a interdit aux organisateurs d’une commémoration d’utiliser le mot génocide et les a forcés à quitter leur lieu habituel dans le centre d’Istanbul dans lequel ils se réunissaient, réduisant considérablement le nombre de participants.

Le parti de Garo Paylan, le troisième plus grand groupe du parlement, a subi la répression après le coup d’Etat. Bien que le parti de gauche n’ait pas été impliqué dans la tentative de coup d’Etat, le gouvernement l’a accusé d’agir en faveur d’un groupe militant kurde proscrit.

Neuf députés du HDP sont en prison en attente de verdicts dans leurs procès pour des charges liées au terrorisme ; Selahattin Demirtas, l’ancien président du HDP qui défie Erdoğan à la présidence lors d’une élection le 24 juin à partir de sa cellule de prison, est parmi les personnes emprisonnées.

Onze députés du HDP ont été dépouillés de leurs sièges au parlement, réduisant leur nombre au parlement à 48. Le parti nie les accusations de terrorisme et accuse le gouvernement de priver ses électeurs de leurs droits électoraux pendant une campagne électorale.

Accompagné par des gardes du corps partout où il va, Garo Paylan est devenu un paratonnerre pour l’indignation nationaliste. Il a été physiquement agressé lors d’une réunion d’une commission du Parlement en 2016 par des membres du parti d’Erdoğan, qu’il a accusés de le cibler du fait de son appartenance arménienne. À la fin de l’année dernière, il a convoqué une conférence de presse pour dire qu’il avait été informé de plans visant à assassiner des opposant à l’Etat turc en Europe.

Il est l’un des trois législateurs d’origine arménienne au Parlement turc. Ils ont été élus en 2015 , dans un environnement relativement libéral en Turquie. Le HDP et le reste de l’opposition accusent maintenant Erdoğan d’autoristarisme pour maintenir son emprise sur le pouvoir après que la tentative ratée de coup d’Etat ne l’ait pas renversé.

Avant 1915, les Arméniens représentaient 40% de la population sur le territoire de la Turquie actuelle. Aujourd’hui, les Arméniens ne sont que 60 000 dans un pays de 80 millions d’habitants.

“La Turquie revient malheureusement à ses vieilles habitudes. Il y a un effort en cours pour supprimer les demandes de réconciliation avec le passé “, a déclaré Garo Paylan dans son interview à Agos. “Il devrait être clair que les procureurs et le gouvernement qui a ouvert la voie pour que je sois puni en utilisant l’article 301 ne feront pas reculer ma quête de justice à la fois pour ce que nous subissons aujourd’hui et ce que nous avons subi dans le passé.“

Ayla Jean Yackley

18 mai 2018

Eurasianet.org

posté le 20 mai 2018 par Stéphane/armenews


ARMENIE-DEFENSE
Le ministre de la Défense Davit Tonoyan le chef de la diplomatie arménienne Zohrab Mnatsakanyan ont visité de front du Nakhitchevan

Le ministre de la Défense Davit Tonoyan et le ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanyan se sont rendus vendredi 18 mars sur un point de défense frontalière au sud-ouest de l’Arménie en direction du Nakhitchevan. Information communiquée par Ardzroun Hovhannissian le porte-parole du ministère arménien de la Défense. Ce dernier écrit sur son site Facebook « sur place les deux ministres ont pris connaissance de la situation au front et ont évoqué singularités de cette défense frontalière. Le ministre Davit Tonoyan a invité le commandement à être toujours prêt mais ne pas se plier aux provocations tout en restant vigilant pour déceler chaque préparation d’avancée de l’ennemi ».

Krikor Amirzayan

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posté le 19 mai 2018 par Krikor Amirzayan/armenews