Nouvelles d'Arménie
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2 - News Importante Trois Etoiles


USA
Des assistants d’Obama « désolés » qu’ils n’aient pas reconnu le génocide arménien

Ben Rhodes et Samantha Power, principaux conseillers en politique étrangère d’Obama, disent que son administration était trop inquiète pour offenser la Turquie.

Deux hauts responsables de l’ancien président Barack Obama ont déclaré que son administration avait échoué en ne déclarant pas officiellement que le massacre des Arméniens il y a environ 100 ans constituait un génocide - un sujet qui menace les relations fragiles de l’Amérique avec la Turquie rapporte le site d’information Politico.com.

“C’était une erreur“, a déclaré Ben Rhodes, qui a servi comme conseiller adjoint à la sécurité nationale dans l’administration Obama. “Nous aurions dû reconnaître le génocide arménien.“

“Je suis désolé“, a ajouté Samantha Power, ambassadeur d’Obama aux Nations Unies. “Je suis désolé que nous ayons déçu tant d’Arméno-américains.“

Les deux ont partagé leurs regrets plus tôt cette semaine en réponse à une question de l’audience lors d’un épisode de Pod Save the World, un podcast organisé par Tommy Vietor, un autre ancien assistant d’Obama. Leurs déclarations étaient inhabituellement franches étant donné la sensibilité d’une question qui a tourmenté les présidents américains pendant des années.

En tant que candidat présidentiel en 2008, Obama a promis qu’il reconnaîtrait formellement un génocide arménien comme un fait historique. Mais en tant que président, il a omis de nombreuses occasions de le faire, y compris en 2015, lorsque les Arméniens ont célébré le 100e anniversaire des atrocités.

“Chaque année, il y avait une raison de ne pas le faire“, a expliqué Rhodes. “La Turquie était vitale pour une question que nous traitions, ou il y avait un dialogue entre la Turquie et le gouvernement arménien sur le passé.“

“Franchement, voici la leçon, je pense, aller de l’avant : Faites-le faire la première année, vous savez, parce que si vous ne le faites pas, il devient plus difficile chaque année d’une certaine manière“, a ajouté Rhodes.

Samantha Power, qui a remporté un prix Pulitzer en 2003 pour un livre critiquant l’inaction historique des génocidaires et des massacres, a laissé entendre que l’administration avait été “un peu manipulée“ par le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan et que lui et d’autres ont retardé une déclaration sur le génocide.

Erdogan était bien au diapason de l’humeur politique et du calendrier des Etats-Unis, et lui-même et d’autres soutenaient la possibilité qu’en prononçant le mot « génocide », Obama pourrait faire échouer les tentatives de rapprochement entre la Turquie et l’Arménie.

Les Arméniens d’Amérique ont été amèrement déçus par l’échec d’Obama à remplir sa promesse électorale, mais Samantha Power a insisté sur le fait que l’ancien président était bien intentionné et envisageait une vue d’ensemble.

Obama est un “conséquentialiste“, a déclaré Samantha Power. “Il a toujours pensé :“ OK, je pourrais me sentir bien, je pourrais tenir une promesse de campagne et livrer pour les Arméniens américains à qui j’ai fait cette promesse. “Et puis,“ Et si cela retardait cette chose “ ? Je pense qu’il croyait vraiment que cela pourrait avoir cet effet pervers, parce que des gens qui ont étudié la région et qui connaissaient la région lui ont dit cela.

En fin de compte, les responsables américains ne seront pas en mesure de dire la vérité sur ce qui s’est passé, a ajouté Mme Power.

“Dites simplement la vérité, c’est plus sûr à long terme“, a déclaré Samantha Power.

posté le 20 janvier 2018 par Stéphane/armenews


TURQUIE
Syrie : la Turquie va attaquer l’enclave kurde d’Afrine

Le ministre turc de la Défense a affirmé vendredi que la Turquie allait bien mener une offensive contre l’enclave kurde d’Afrine, dans le nord de la Syrie, que l’artillerie d’Ankara bombarde depuis plusieurs jours.

“Cette opération va être menée“, a assuré Nurettin Canikli dans un entretien à la chaîne de télévision A Haber. “Les réseaux et les éléments terroristes dans le nord de la Syrie seront éliminés. Il n’y a pas d’autre solution“, a-t-il dit. “L’opération a de facto débuté“, a ajouté M. Canikli, en référence aux frappes d’artillerie que mène l’armée turque depuis plusieurs jours contre des positions kurdes en Syrie.

Ces déclarations surviennent alors que la Turquie critique vivement le projet annoncé dimanche par la coalition internationale anti-jihadistes emmenée par les Etats-Unis de création d’une force frontalière forte de 30.000 hommes dans le nord de la Syrie. Celle-ci sera notamment constituée d’éléments des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes dominée par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme “terroriste“ par Ankara.

En réaction à l’annonce de la formation de la force frontalière, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé cette semaine qu’une offensive serait lancée contre Afrine, une zone contrôlée par les YPG dans le nord de la Syrie. Ankara a dépêché ces derniers jours dans la zone frontalière plusieurs convois de blindés et de pièces d’artillerie.

Selon l’agence de presse Dogan, une vingtaine d’autocars transportant des combattants syriens ont traversé vendredi la frontière depuis la Turquie pour se rendre à Azaz, ville située à 20 km au nord-est d’Afrine et contrôlée par des rebelles soutenus par Ankara. Par ailleurs, l’artillerie turque a effectué vendredi de nouveaux tirs contre des positions des YPG à Afrine, en réplique à des tirs provenant de l’autre côté de la frontière, a affirmé l’agence de presse étatique Anadolu.

En parallèle de ses menaces d’offensive, le gouvernement turc a dépêché jeudi son chef de l’armée et son patron des services de renseignement à Moscou afin d’obtenir le feu vert de la Russie, dont des soldats sont déployés à Afrine pour une mission d’“observation“.

posté le 20 janvier 2018 par Stéphane/armenews


TURQUIE-HRANT DINK
Des milliers de manifestants pour la mémoire de Hrant Dink assassiné il y a 11 ans devant la rédaction d’« Agos » à Istanbul (PHOTOS)

Ils étaient plusieurs milliers hier devant la rédaction du journal arménien « Agos » dans le quartier de Chichli à Istanbul, venus honorer la mémoire du journaliste arménien Hrant Dink assassiné par un jeune nationaliste turc il y a 11 ans le 19 janvier 2007 devant la rédaction de son journal.

Selon le site turc Bianet parmi les milliers de manifestants venus hier devant la rédaction d’« Agos », des dizaines de personnalités étaient également présentes des membres des députés Arméniens, Kurdes et Turcs dont Garo Paylan, Selina Dogan, Baresh Yarkardach, Ali Cheker, Sezkin Tanerkulu. Des intellectuels et personnalités publiques avaient également tenu à marquer par leur présence la mémoire de Hrant Dink. Les manifestants tenaient des centaines de panneaux sur lesquels était inscrit « Nous sommes tous Hrant, nous sommes tous Arménien » en arménien, turc et kurde. Rakel Dink l’épouse de Hrant Dink est intervenue par un discours suivit d’une bande sonore de Hrant Dink lors de l’une de ses interventions. Durant toute la manifestation, la police turque avait encadré par des forces supplémentaires tout le quartier de Chichli en prévision d’attaques des nationalistes turcs.

Krikor Amirzayan

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posté le 20 janvier 2018 par Krikor Amirzayan/armenews


ARTSAHK
Possibilité d’un accord arméno-azéri sur la surveillance de la ligne de front

Les ministres des Affaires étrangères de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan se seraient mis d’accord jeudi pour renforcer la mission internationale de surveillance du régime de cessez-le-feu le long de la “ligne de contact“ du Haut-Karabakh et de la frontière arménienne avec l’Azerbaïdjan.

Edward Nalbandian et Elmar Mammadyarov ont tenu une réunion “positive“ (selon les termes de ce dernier) dans la ville polonaise de Cracovie pour tenter de tirer parti des progrès qu’ils semblaient avoir accomplis lors de leurs précédents pourparlers qui ont eu lieu à Vienne en décembre.

La réunion de trois heures a commencé en présence des médiateurs américains, russes et français qui dirigeaient le Groupe de Minsk de l’OSCE. Les deux ministres se sont ensuite exprimés sous forme de “ tete à tète “.

Une déclaration du ministère arménien des Affaires étrangères a indiqué qu’ils ont discuté “des mesures supplémentaires pour apaiser les tensions dans la zone de conflit et des possibilités d’intensifier le processus de négociation“.

Les parties ont convenues de mettre en œuvre la décision d’accroître les capacités du Bureau du Représentant personnel du Président en exercice de l’OSCE “, a-t-elle ajouté sans autre précision. La partie azerbaïdjanaise ne l’ a pas confirmé immédiatement. Mammadyarov a seulement affirmé que les pourparlers étaient “positifs“.

L’approche commune est que la plupart des négociations intensives, substantielles et logiques doivent se poursuivre si nous voulons progresser vers le règlement du conflit , la paix et la stabilité dans la région “, a déclaré le ministre azerbaïdjanais à l’agence de presse Trend.

Mammadyarov a également déclaré que les trois médiateurs ont présenté aux deux parties “un certain nombre d’idées créatives“ sur un règlement du Haut-Karabakh. Sans en dire davantage.

Les présidents arménien et azerbaïdjanais avaient accepté de renforcer la petite équipe de l’OSCE chargée de surveiller périodiquement le cessez-le-feu dans la zone de conflit du Karabakh lorsqu’ils se sont réunis à Vienne en mai 2016. L’équipe dirigée par Andzrej Kasprzyk se compose d’un petit nombre de fonctionnaires qui se rendent une ou deux fois par mois au Karabakh et à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan pour surveiller brièvement le respect par les parties des accords de trêve conclus en 1994 et 1995.

L’Azerbaïdjan a officiellement déclaré en mars 2017 qu’il n’autoriserait pas l’OSCE à déployer des observateurs sur la ligne de front du Karabakh “en l’absence de retrait des troupes arméniennes des territoires occupés“. Bakou a été tout aussi réticent à autoriser des enquêtes internationales sur les violations de la trêve dans ce pays, qui ont également fait l’objet d’un accord en mai 2016.

Les présidents Serzh Sarkisian et Ilham Aliyev se sont engagés à intensifier la recherche prolongée d’une paix au Karabakh et à renforcer le cessez-le-feu lors de leurs derniers pourparlers à Genève en octobre 2017.

Mammadyarov et le ministère arménien des Affaires étrangères ont déclaré après les pourparlers de Cracovie que les coprésidents du Groupe de Minsk visiteront à nouveau la zone de conflit au début du mois prochain. Mais on ne sait pas si les deux présidents vont se rencontrer à nouveau avant la fin de mandat de Serge Sarkisian au début du mois d’avril.

posté le 19 janvier 2018 par Ara/armenews

P.S Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



TURQUIE
Déjà 11 ans sans Hrant Dink. En Turquie, la lutte contre l’impunité est plus que jamais à la merci des aléas politiques.

Cela fait onze ans, le 19 janvier 2018, que le célèbre journaliste turc-arménien Hrant Dink a été abattu à Istanbul. Si la justice progresse enfin, l’instruction reste largement tributaire des aléas de la vie politique turque. Un travers qui caractérise la plupart des autres enquêtes sur les violences à l’encontre des journalistes. Et fait obstacle à la manifestation de la vérité.

Il y a onze ans, le 19 janvier 2007, le célèbre journaliste Hrant Dink était abattu devant la rédaction de son journal, Agos, à Istanbul. La société civile turque reste durablement marquée par l’assassinat de cette grande figure intellectuelle, militant inlassable de la démocratisation de son pays et de la réconciliation entre Turcs et Arméniens.

Après avoir longtemps nié l’ampleur des complicités pour mieux protéger l’État, la justice s’est enfin décidée, depuis quelques années, à mettre en cause d’anciens hauts responsables des forces de l’ordre. Parmi les personnalités entendues et interpellées à partir de la fin 2014 figurent l’ancien chef des renseignements de la Direction générale de sécurité, Ramazan Akyürek, l’ancien chef de la police d’Istanbul, Celalettin Cerrah et l’ancien chef de la gendarmerie de Trabzon, Ali Öz.

Mais ce revirement n’est intervenu que lorsque le gouvernement a commencé à purger l’administration des cadres de la confrérie Gülen, son ancien allié devenu son ennemi juré. Après avoir présenté l’assassinat de Hrant Dink comme l’œuvre d’une poignée d’individus fanatiques, puis comme un complot d’“Ergenekon” lorsque l’enquête sur ce réseau présumé était utilisée contre l’opposition kémaliste, la justice le traite désormais comme une manoeuvre de déstabilisation ourdie par les cercles gülenistes. Au risque d’une nouvelle instrumentalisation politique. Le procès reprendra le 29 janvier.

“L’implication de représentants des forces de l’ordre était évidente depuis le début, sa prise en compte est un pas bienvenu vers la fin de l’impunité, déclare Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie. Mais justice ne sera pas rendue si l’on se contente de faire porter la faute aux boucs émissaires du moment sans examiner les responsabilité de l’Etat. Le manque d’indépendance de la justice et les arrières-pensées politiques font trop souvent obstacle à la manifestation de la vérité et sapent la confiance de l’opinion publique. Les proches de dizaines de journalistes assassinés attendent toujours qu’on leur rende justice.”

La justice entre inaction et politisation

Une quarantaine de journalistes ont été assassinés ou portés disparus en Turquie depuis 25 ans. Alors que l’impunité la plus totale continue de prévaloir pour une vingtaine de meurtres perpétrés dans le sud-est anatolien entre 1990 et 1996, au plus fort de l’affrontement entre l’armée turque et la rébellion kurde du PKK, le cas éminemment symbolique de Musa Anter fait figure d’exception. Ce célèbre intellectuel kurde, chroniqueur du quotidien Özgür Gündem, avait été abattu à Diyarbakır en septembre 1992. Après vingt ans d’inaction, les autorités ont sauvé in extremis l’enquête de la prescription, en 2012, pour faire un pas vers le mouvement politique kurde à l’heure où elles entamaient un processus de paix historique avec le PKK.

Mais ces pourparlers ont brutalement pris fin en 2015 et la justice s’enlise. L’un des principaux suspects, l’ancien agent spécial Mahmut Yıldırım, reste introuvable. Les juges ne parviennent toujours pas à en auditionner un autre, l’ancien agent double Abdülkadir Aygan, réfugié en Suède. Le seul suspect arrêté en 2012, l’ancien supplétif Hamit Yıldırım, a été remis en liberté conditionnelle en juin 2017. Le procès reprendra à Ankara le 4 avril. Bien que l’État ait reconnu en 1998 son implication dans le meurtre de Musa Anter et exprimé des regrets, la justice n’est donc toujours pas au rendez-vous.

Le procès sur la vague d’attentats qui avait ciblé dans les années 1990 de célèbres journalistes et intellectuels laïcs comme Uğur Mumcu et Ahmet Taner Kışlalı, ne mérite pas non plus son nom d’”Umut” (Espoir). Vingt-cinq ans plus tard, plusieurs militants djihadistes mis en cause dans ces assassinats échappent toujours à la justice. Après de multiples rebondissements, le procès de cinq suspects, déjà condamnés en première instance, s’est poursuivi le 9 novembre dernier à Ankara. Mais les familles des victimes dénoncent toujours l’incapacité de la justice à remonter aux commanditaires et à “l’État profond”.

La politisation des enquêtes reste de mise lorsque les violences contre les journalistes ne vont pas jusqu’au meurtre. Les violences policières délibérées dont ont été victimes quelque 150 reporters couvrant le mouvement de protestation “Occupy Gezi”, entre mai et septembre 2013, restent à ce jour impunies. Le ministère de l’Intérieur a seulement été condamné à verser des dommages et intérêts à deux reporters, et aucun policier n’a été sanctionné. Aucune mesure n’a été prise non plus contre les militants AKP qui avaient violemment attaqué, le 8 juin 2016, les journalistes Sertaç Kayar, Mahmut Bozarslan, Veysi İpek et Hatice Kamer, venus couvrir les suites d’un attentat à Midyat, dans le sud-est du pays. Sérieusement blessés, les journalistes avaient dû être hospitalisés.

Pourtant, avec de la bonne volonté...

De rares exceptions démontrent pourtant que lorsque la justice ne fait pas l’objet d’ingérences politiques, ou lorsque la pression de la société civile est suffisamment forte, elle est capable de faire toute la lumière sur des assassinats de journalistes. Les responsables d’une bande organisée de Bandırma, dans le nord-ouest de la Turquie, ont été condamnés à de lourdes peines pour l’assassinat de Cihan Hayırsevener, directeur de la publication du journal local Güney Marmara’da Yaşam, tué par balles en décembre 2009. La justice a établi que le crime avait été commandité par un puissant entrepreneur local, İhsan Kuruoğlu, dont le journaliste exposait la corruption. Le 8 décembre 2017, il a été condamné en deuxième instance à 17 ans de prison ferme, et le tireur à la prison à vie.

L’affaire Metin Göktepe est elle aussi exceptionnelle : sept policiers ont fini par être condamnés, en 2000, pour avoir battu à mort ce jeune reporter d’Evrensel en janvier 1996, dans un gymnase d’Istanbul où il était retenu avec des centaines de personnes. Après avoir prétendu qu’il était tombé du haut d’un mur, les autorités ont dû reconnaître la vérité sous la pression des organisations de journalistes et de la société civile. Entre 1996 et 2000, RSF avait assisté à 28 des 30 audiences, délocalisées loin d’Istanbul pour affaiblir la mobilisation. L’affaire Göktepe est la seule dans laquelle la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a estimé que la justice turque avait fait le nécessaire.

Le nouveau défi syrien

La plupart des journalistes assassinés sur le sol turc ces dernières années sont des réfugiés syriens. Des affaires qui présentent des défis supplémentaires pour les enquêteurs : suspects en fuite en Syrie, commanditaires potentiels multiples (régime de Damas, groupe “Etat islamique”...).

Le double assassinat d’Orouba Barakat et de sa fille Halla Barakat, le 21 septembre dernier à Istanbul, a renforcé le climat de peur qui règne chez les dissidents syriens en exil. Même si le meurtrier, un ancien employé arrêté neuf jours plus tard, assure les avoir tuées parce qu’il n’avait pas été payé, le doute subsiste sur ses motivations réelles.

Un membre du groupe “Etat islamique”, condamné à la prison à vie le 9 juin dernier à Gaziantep, a été reconnu coupable de l’assassinat du journaliste Naji Jerf en décembre 2015. Mais le huis clos et l’absence de tout représentant de sa famille au procès laissent sans réponse plusieurs questions essentielles, à commencer par d’éventuelles complicités. De nombreuses zones d’ombre subsistent également sur les meurtres de Mohamed Zaher al-Sherqat, présentateur de la chaîne Halab Today TV assassiné en avril 2016 à Gaziantep, du journaliste citoyen Ibrahim Abdelqader et de son ami Fares Hammadi, assassinés en octobre 2015 à Urfa.

La Turquie occupe la 155e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2017 par RSF. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch du 15 juillet 2016.

Reporters sans Frontières

posté le 19 janvier 2018 par Stéphane/armenews


REFORME
L’Arménie durcit les sanctions pour lutter contre les jeux d’argent chez les mineurs

L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité hier pour augmenter l’âge minimum légal pour jouer en Arménie et introduire des amendes beaucoup plus lourdes pour les casinos et les bookmakers qui ne l’appliquent pas.

Un projet de loi approuvé par le Parlement arménien en première lecture a porté de 18 à 21 ans l’âge minimum pour les particuliers qui peuvent parier sur les jeux sportifs et acheter des billets de loterie. La limite d’âge pour les personnes autorisées à jouer dans les casinos restera inchangée à 21 ans.

Samvel Farmanian, député pro-gouvernemental qui a rédigé le projet de loi, a fait valoir lors d’un débat parlementaire mardi que les Arméniens âgés de 20 ans et moins ne travaillent généralement pas et sont donc incapables de subvenir à leurs besoins financiers. Ils doivent donc être bannis de tout type de jeu, selon lui.

Le projet de loi stipule également que les entreprises privées qui organisent des jeux de hasard, des paris sportifs et des loteries recevront une amende de 2 millions de drams (4 130 dollars) pour une première violation de l’âge minimum. Ils seront condamnés à une amende de 5 millions et 10 millions de drams en cas de deuxième et troisième violations détectées par les autorités compétentes dans un délai d’un an. Leurs licences seront suspendues ou mises au rebut si elles enfreignent la règle pour la quatrième fois.

Le durcissement spectaculaire des amendes, qui étaient auparavant fixées entre 100 000 et 200 000 drams, touchera une douzaine d’opérateurs de casinos, d’agences de paris et de sociétés de loterie opérant dans le pays. La loi arménienne ne les obligeait pas jusqu’à présent à vérifier l’âge de leurs clients.

Un autre projet de loi, qui a été rédigé par l’alliance d’opposition Yelk et également approuvé par les législateurs, rendra obligatoires les vérifications de l’âge pour les entreprises de jeux de hasard.

Naira Zohrabian, députée du Parlement appartenant au Bloc Tsarukian, s’est plainte au cours du débat que ces mesures n’affecteront pas les machines à sous électroniques placées dans les rues d’Erevan et d’autres parties du pays. Elle a dit que les enfants, même âgés de seulement 12 ans, peuvent facilement les utiliser.

La vice-ministre des Finances, Karen Tamazian, a assuré à Zohrabian que le gouvernement arménien proposerait bientôt des amendements légaux qui limiteraient l’utilisation des machines à enjeux élevés.

Les autorités ont déjà imposé des restrictions majeures sur les jeux conventionnels en Arménie il y a cinq ans. Ils interdisaient en grande partie les casinos et autres sites de jeu d’opérer ailleurs que dans les trois villes de villégiature les plus populaires d’Arménie.

Les propriétaires de casino ne peuvent faire des affaires à Erevan et dans d’autres parties du pays que s’ils investissent au moins 100 millions de dollars dans une propriété particulière. La grande majorité des casinos arméniens étaient situés juste à l’extérieur d’Erevan jusqu’en 2013.

posté le 18 janvier 2018 par Claire/armenews


Vie ecclésiale
La fête de la Nativité dans le diocèse de Géorgie

Jusqu’à l’effondrement de l’Union soviétique, la Géorgie comptait un demi-million de citoyens d’origine arménienne. A la veille de la soviétisation du pays en 1920, la population de Tiflis, sa capitale, était à moitié arménienne, et son maire arménien. Un réseau d’écoles primaires et secondaires permettait l’éducation des jeunes des deux sexes et un institut supérieur, la célèbre école Nercessian, a largement contribué à l’émergence des élites arméniennes du Caucase et de Russie.

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Sur le plan religieux, le diocèse de Géorgie était l’un des plus importants de tout l’Empire russe. Le siège de Tiflis était indubitablement le plus prestigieux après celui d’Erevan, et le choix de son titulaire était éminemment politique puisque le Vice-roi du Caucase, représentant du Tzar, résidait dans la ville. Le diocèse comptait alors plus de 250 églises, dont 24 ou 25 dans la seule ville de Tiflis, ainsi qu’un important monastère de moniales. Ne subsistent aujourd’hui dans tout le pays qu’une quinzaine d’églises, dont deux à Tiflis.

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Depuis maintenant 25 ans, la communauté arménienne ne cesse de s’amenuiser du fait des conditions socio-économiques difficiles et d’une politique discriminatoire des autorités civiles et religieuses du pays. Cette situation s’observe avec une plus grande acuité dans la province du Djavakhk, au sud du pays, qui compte toujours des dizaines de localités arméniennes.

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Malgré cette hémorragie et les aléas politiques, la communauté de ce pays demeure fermement attachée à son identité en faisant preuve d’une exceptionnelle vitalité. A l’unisson avec leurs frères de l’Arménie voisine [l’Eglise arménienne de Géorgie a abandonné le calendrier julien il y a seulement quelques années], les Arméniens de Géorgie ont commémoré avec une grande ferveur les fêtes de la Nativité, de la Théophanie et du Baptême du Christ les 5 et 6 janvier dernier.

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Ces célébrations ont été particulièrement émouvantes dans la région de Basse-Kartélie (aux confins des frontières de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan), où plus d’une quarantaine d’enfants et d’adultes de deux villages de la région ont reçu le baptême après les liturgie de la « Bénédiction des eaux » [Tchrorhnek].

Սահակ Սուքիասեան

Philippe Sukiasyan

posté le 18 janvier 2018 par Stéphane/armenews


ARMENIE
Serge Sarkissian n’est pas irremplaçable, selon Tsaroukian

Gagik Tsaroukian, leader de la deuxième plus grande force parlementaire d’Arménie, a exprimé publiquement son désaccord hier en affirmant que le président Serge Sarkissian n’était pas “irremplaçable“ en tant que chef du pays.

Les hauts représentants du Parti républicain (HHK) au pouvoir ont déclaré ces dernières semaines que Sarkissian devrait rester au pouvoir d’une manière ou d’une autre après avoir terminé son dernier mandat présidentiel en avril. Ils pensent que personne d’autre ne peut faire face avec autant de réussite au conflit du Haut-Karabagh et aux autres problèmes de sécurité auxquels le pays est confronté.

“Il n’y a pas de personne irremplaçable“, a déclaré M. Tsaroukian lorsque les journalistes lui ont demandé de commenter ces déclarations.

L’homme d’affaires millionnaire, dont l’alliance a terminé deuxième des élections parlementaires d’avril 2017, a refusé de dire s’il pensait que Sarkissian devrait être Premier ministre ou laisser Karen Karapetian conserver son poste en avril. Il a répété seulement que c’est au HHK de choisir le prochain Premier ministre, car les électeurs ont voté à 55% pour eux lors des élections d’avril.

Tsaroukian a été forcé de se retirer de l’arène politique il y a près de trois ans, après avoir contesté l’emprise de Sarkissian sur le pouvoir. Il est revenu à la politique active avant les élections de 2017. Le magnat et ses alliés ont critiqué les politiques gouvernementales, mais ont évité les attaques personnelles contre le président pendant la campagne électorale.

Sarkissian a régulièrement assisté aux inaugurations de nouvelles entreprises créées par Tsaroukian au cours des deux dernières années, soulevant des questions sur les pouvoirs de l’opposition du Bloc Tsaroukian.

Tsaroukian a confirmé que le bloc ne se joindra pas à la manifestation contre les dernières hausses de prix à la consommation en Arménie qui se tiendront vendredi, à l’appel de l’alliance d’opposition Yelk. Il a expliqué que les manifestations ne peuvent pas remédier à l’augmentation du coût de la vie. Il a également fait valoir que le Parlement tiendra bientôt des audiences sur les hausses de prix à l’initiative du président.

posté le 17 janvier 2018 par Claire/armenews


ARMENIE
Une compagnie iranienne va construire un nouveau pont sur la frontière entre l’Arménie et la Géorgie
Tout un symbole ! Une compagnie iranienne a remporté l’appel d’offres pour le contrat portant sur la construction d’un nouveau pont franchissant la frontière entre l’Arménie et la Géorgie, illustrant ainsi la volonté de l’Iran de renforcer la dimension de pays de transit de l’Arménie en vue de développer ses relations commerciales, facilitées depuis l’accord de juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien qui a permis la levée des sanctions internationales pesant sur Téhéran. Le “Pont de l’amitié” enjambera la rivière Debed qui marque la frontière entre l’Arménie et la Géorgie au niveau de Bagratashen-Sadakhlo, le poste-frontière le plus important entre les deux pays. Seul un pont étroit, datant de l’époque soviétique, relie actuellement les deux pays. Les gouvernements arménien et géorgien avaient signé un accord relative à ce nouveau pont en décembre 2014, soit deux ans après que la Banque européenne pour la reconstruction et développement (BERD) avait donné son accord en vue de financer sa construction par un prêt accordé à Erevan. L’Arménie avait lancé un appel d’offres international pour la construction de ce pont. Le ministère arménien des transports et communications a annoncé lundi 15 janvier qu’une compagnie iranienne de travaux publics, Ariana Tunnel Dam, avait remporté l’appel en proposant un projet de construction d’un montant de 7,4 millions d’euros. Le ministre arménien Vahan Martirosian et le dirigeant d’Ariana, Ali Musavi, avaient signé peu avant le contrat portant sur la construction du pont, en vertu d’une déclaration commune dans laquelle V. Martirosian exprimait l’espoir que les Iraniens construiront un pont “de grande qualité et dans les délais”. Le texte ne fait pourtant aucune mention des délais de construction, et ne précise pas même la date du début de ce grand chantier. Le nouveau pont a vocation à améliorer le transit commercial de l’Arménie vers la Géorgie, et au-delà la Russie et l’Europe. Une grande partie du commerce entre l’Arménie et la Russie, dont le volume atteignait un montant de plus d’1,5 milliard de dollars entre janvier et novembre 2017, est acheminé par des poids lourds franchissant le vieux pont sur le fleuve Debed au poste frontière de Bagratashen-Sadakhlo. Côté arménien, le poste frontière de Bagratashen avait été modernisé, ainsi que les formalités douanières, en 2016, dans le cadre d’un programme de 54 millions d’euros financé en grande part par l’Union européenne.
posté le 16 janvier 2018 par Gari/armenews