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Europe


EUROPE/TURQUIE
UE : le budget 2018 en hausse, coupe dans les financements à la Turquie

Des représentants du Parlement européen et des Etats membres ont trouvé un compromis samedi sur le budget 2018 de l’UE qui acte une réduction des financements à la Turquie en raison de “la détérioration“ de la démocratie dans ce pays.

Ce budget de l’Union européenne atteint 160,1 milliards d’euros en termes d’engagements (sommes prévues pour des programmes qui peuvent s’étendre sur plus d’une année) et 144,7 milliards en termes de paiements (sommes effectivement dépensées).

“Le budget 2018 se concentre fortement sur des priorités comme soutenir la croissance économique et créer des emplois, renforcer la sécurité et répondre aux défis posés par la migration“, a affirmé le vice-ministre estonien des Finances Märt Kivine, qui a présidé les négociations, dans un communiqué.

Cet accord, conclu dans la nuit, doit encore être formellement adopté par le Conseil de l’UE, représentant les Etats membres, avant un vote du Parlement en session plénière, prévu le 30 novembre.

Pour les fonds destinés à aider la Turquie à mettre en oeuvre des réformes dans le cadre de ses négociations d’adhésion à l’UE, les Européens ont décidé une réduction en guise d’avertissement à Ankara.

Une coupe de 105 millions d’euros dans les paiements, et un blocage de 70 millions d’euros dans les engagements, ont été annoncés par les eurodéputés “qui jugent préoccupante la détérioration de la démocratie, de l’Etat de droit et de droits de l’homme“ en Turquie, selon un communiqué.

Des dirigeants européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel, avaient plaidé en octobre pour une réduction ou une “réorientation“ des financements liés aux négociations d’adhésion avec la Turquie, afin de marquer leurs désaccords avec Ankara.

Plusieurs pays européens ont connu des épisodes de graves tensions avec la Turquie depuis le coup d’Etat avorté de juillet 2016, auquel Ankara a répondu par de vastes purges et des dizaines de milliers d’incarcérations.

Plus de 4 milliards d’euros sont prévus dans le budget de l’UE, sur la période 2014-2020 pour aider le gouvernement turc à mettre en oeuvre des réformes visant à se rapprocher de l’UE, notamment pour améliorer la gouvernance et la démocratie, l’Etat de droit et le respect des droits fondamentaux.

Toutefois, en raison du blocage quasi complet des négociations depuis des années, moins de 400 millions d’euros ont été alloués à des projets.

En 2017, l’UE s’était dotée d’un budget global de 157,9 milliards d’euros en termes d’engagements et de 134,5 milliards en termes de paiements effectifs.

Bruxelles, 18 nov 2017 (AFP) -

posté le 18 novembre 2017 par Ara/armenews


CEDH
L’opposant Mammadov fait une nouvelle fois condamner Bakou

Strasbourg, 16 nov 2017 (AFP) - L’opposant azerbaïdjanais Ilgar Mammadov, incarcéré depuis 2013 pour avoir “critiqué le gouvernement“, a été victime d’un procès inéquitable et “arbitraire“, a jugé jeudi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

“Nous demandons la libération d’Ilgar Mammadov“, a réagi sur Twitter Daniel Holtgen, le porte-parole du secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjorn Jagland.

M. Mammadov, 47 ans, a été arrêté en 2013 à quelques mois de l’élection présidentielle alors qu’il était censé présenter sa candidature au scrutin.

Il a été condamné en 2014 à sept ans de prison pour “incitation à des troubles antigouvernementaux“, en l’occurrence pour avoir participé à l’organisation d’actions de protestation dans la ville d’Ismaïlli, dans le centre du pays, et pour avoir résisté aux forces de l’ordre.

En mai 2014, la CEDH avait une première fois condamné Bakou dans ce dossier, en se penchant plus particulièrement sur l’arrestation et la détention provisoire de l’opposant. Elle avait alors estimé que M. Mammadov avait été incarcéré “sans aucune preuve“ et dans le but de “le réduire au silence ou de le punir d’avoir critiqué le gouvernement“ azerbaïdjanais.

La nouvelle décision des juges européens, rendue jeudi, porte cette fois sur le procès de l’opposant, en 2014. Cette procédure pénale a été entachée de “graves défaillances“, a estimé la Cour.

Les tribunaux azerbaïdjanais ont notamment accordé une confiance “déraisonnable ou arbitraire“ dans les témoignages à charge, a-t-elle fait valoir.

De ce fait, “la condamnation de M. Mammadov reposait sur des éléments de preuve discutables ou dénaturés et ses objections à cet égard n’ont pas été suffisamment prises en compte. Les preuves en sa faveur ont systématiquement été écartées d’une manière insuffisamment justifiée ou manifestement déraisonnable“, a conclu la Cour, qui a ordonné à Bakou de verser 10.000 euros à l’opposant, au titre de son dédommagement moral.

En septembre, les représentants des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe avaient appelé Bakou à libérer M. Mammadov, pour se conformer au premier jugement de la CEDH.

Le Comité des ministres de l’organisation paneuropéenne, réuni à Strasbourg, avait alors exprimé sa “vive inquiétude“ quant au maintien en prison de M. Mammadov, “trois ans après le jugement définitif“ de la CEDH.

En Azerbaïdjan, une ancienne république soviétique riche en hydrocarbures, toute contestation publique du régime du président Ilham Aliev provoque aussitôt une réaction sévère des autorités.

posté le 16 novembre 2017 par Ara/armenews
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TURQUIE/EUROPE
La Turquie va réduire sa contribution au Conseil de l’Europe

La Turquie a décidé de réduire sa contribution au budget du Conseil de l’Europe, a annoncé mercredi le secrétaire général de l’organisation, Thorbjørn Jagland, au cours d’une conférence de presse avec Kemal Kiliçdaroglu, président du Parti républicain du peuple (CHP), le principal parti d’opposition turc.

“J’ai reçu une lettre de M. (Mevlut) Cavusoglu (le ministre des Affaires étrangères), m’informant que la Turquie voulait cesser d’être un grand payeur. Il va y avoir un dialogue à ce sujet“, a déclaré M. Jagland.

“La Turquie veut redevenir un contributeur ordinaire et elle doit encore nous préciser quand cette décision entrera en application“, a-t-il ajouté. M. Jagland a précisé ne pas avoir d’indications sur les motivations d’Ankara.

La Turquie suit ainsi la Russie, qui a cessé de contribuer au budget du Conseil de l’Europe en juin pour protester contre les critiques de l’institution paneuropéenne chargée de veiller à la protection des droits de l’Homme dans les 47 Etats membres.

La Turquie et la Russie sont deux des six “grands payeurs“ du Conseil de l’Europe avec la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie. Avec ce statut, un Etat s’engage à participer à hauteur de 10% au budget (environ 33 millions d’euros), en échange d’un quota accru de fonctionnaires au sein de l’organisation.

Moscou avait versé 10 millions d’euros de sa contribution avant d’annoncer sa décision. Le trou laissé par l’arrêt des contributions de ces deux pays devra être compensé par les autres Etats membres, ce qui va créer des tensions au sein de l’organisation.

Strasbourg, (AFP) -

posté le 9 novembre 2017 par Ara/armenews


ARMENIE
Le president Sarkissian souligne les bienfaits de l’adhésion à l’Union eurasienne

A l’heure où l’Arménie s’apprête à signer un accord majeur avec l’Europe qui lui permettrait de relancer un processus d’intégration qui avait été gelé par son ralliement à l’Union économique eurasienne (UEE) de Vladimir Poutine, le président arménien Serge Sarkissian a tenu à souligner tous les avantages dont le pays a pu bénéficier en adhérent à l’Union dirigée par la Russie, tout en admettant qu’il en “attendait davantage”. Cet avis nuancé tend à désamorcer les critiques que ne devrait pas manquer de renforcer la signature en novembre de l’accord de partenariat avec Bruxelles, dont un haut responsable du Parti républicain d’Arménie (HHK) du président Sarkissian avait déjà déclaré quelques jours plus tôt qu’il ne devait pas susciter trop d’espoirs dans la population arménienne et qu’il n’aurait pas une portée aussi importante que certains des milieux pro-européens du pays ne veulent le faire croire, dans une allusion à peine voilée à certains partis d’opposition qui mettent en avant l’accord avec Bruxelles pour annoncer l’avènement d’une ère nouvelle pour l’Arménie, voire l’enterrement de l’adhésion à l’Union eurasienne, dont ils avaient d’ailleurs demandé en vain la remise en cause au Parlement arménien.

“Nous avons fait le bon choix, nous pouvons voir les premiers résultats”, a déclaré sur un mode similaire le président Sarkissian interrogé par la radio russe, Business FM, le mercredi 1er novembre, en précisant : « Tout d’abord, la situation économique s’est stabilisée ici depuis 2016”... “et la croissance était là [en 2016] même si elle était modeste. Elle était de quelque 5% dans les 8 premiers mois de cette année”. Le président Sarkissian a aussi souligné la croissance à deux chiffres dans les exportations arméniennes vers la Russie et d’autres pays membres de l’UEE enregistrée en 2016 et cette année. Mais il nuancé son propos en ces termes : “Bien sûr, nos attentes étaient plus grandes. La situation de l’économie mondiale et russe a limité les effets attendus de notre adhesion à l’UEE”.

Les opposants proeuropéens au président Sarkissian n’avaient pas manqué de souligner que l’adhésion à l’UEE aurait eu des effets négatifs sur l’économie de l’Arménie et même sur sa sécurité nationale. En particulier, ils ont mis en avant une baisse sensible des exportations de l’Arménie vers la Russie qui a suivi l’entrée du pays dans l’Union eurasienne en janvier 2015. Les responsables arméniens l’ont quant à eux mise sur le compte de la chute brutale du cours du rouble, causée par l’effondrement des cours du pétrole et des sanctions occidentales contre Moscou. Le président Sarkissian avait pris de court la scène politique arménienne et l’Europe en septembre 2013 en se ralliant à l’Union eurasienne de Poutine encore en gestation, au prix de l’accord d’association et de libre échange qu’il était sur le point de signer avec Bruxelles. Cette volte face avait freiné le processus d’intégration de l’Arménie à l’Europe, mais les négociations avaient repris en vue de préparer une version de cette accord, limitée, et adaptée aux engagements pris par Erevan au sein de l’UEE, un accord de Partenariat juste et renforcé (CEPA) que les 2 parties doivent signer à la fin du mois à Bruxelles en marge su sommet européen. S.Sarkissian a réaffirmé sur les ondes de la radio russe qu’aucun des termes économiques du CEPA n’allait à l’encontre des engagements contractés par l’Arménie en entrant dans l’UEE. La Russie reste le premier partenaire commercial de l’Arménie, et elle contribuait à hauteur de 26 % au volume du commerce extérieur de l’Arménie entre janvier et juillet 2017, selon les chiffres officiels arménien. Les exportations arméniennes vers la Russie - principalement dans l’agroalimentaire, ont augmenté de près de 31 %. En comparaison, la part de l’UE dans le volume du commerce extérieur arménien est au total de 24,3 %. Les relations commerciales de l’Arménie avec les pays membres de l’UE se sont beaucoup développées aussi au cours des 7 premiers mois de l’année.

posté le 3 novembre 2017 par Gari/armenews


ARMENIE
Erevan tient à relativiser la portée de l’accord avec l’UE
Dans le but déclaré de doucher l’enthousiasme suscité dans certains milieux politiques d’Arménie par la signature en novembre d’un accord de “partenariat renforcé” entre l’Arménie et l’Union européenne, le vice-président du Parti républicain d’Arménie (HHK) du président Serge Sarkissian a tenu à souligner jeudi 26 octobre, que cet accord n’avait pas la portée que voudraient lui attribuer certains des éléments pro-Occidentaux de la scène politique arménienne. En d’autres termes, l’accord avec l’Europe n’est pas de nature à supplanter celui qu’avait contracté le président Sarkissian avec la Russie 4 ans plus tôt en vue d’intégrer son Union eurasienne, au risque de compromettre l’intégration en cours dans l’UE, ni même peut-être à lui faire contrepoids. “L’accord qui sera signé est un beau et important texte, mais je pense qu’il serait erroné de lui accorder un éclairage trop vif, des guirlandes et autres décorations comme s’il s’agissait d’un sapin de Noël”, a déclaré Armen Ashotian en ajoutant : . “Car nous risquons d’afficher des attentes qui pourraient être déçues, et nous feraient dire plus tard que l’option européenne [de la politique étrangère arménienne] a échoué”. L’accord de Partenariat renforcé (CEPA) vise à resserrer les liens politiques et économques entre l’Arménie et l’UE. Invoquant les “valeurs communes” partagées par les deux partis, le texte de 350 pages engage le gouvernement arménien à mettre en œuvre les réformes politiques et les lois et règlements économiques nationaux en conformité “approximative” avec ceux de l’UE. Le CEPA ne jette pas les bases d’un libre échange entre les deux parties tel que prévu dans l’Accord d’association qui avait été négocié par Bruxelles et Erevan, qui était sur le point de le signer en novembre 2013, quand le président arménien, sous la pression du Kremlin, avait fait volte face pour se rallier à l’Union eurasienne. M.Ashotian, qui préside aussi le comité en charge des affaires étrangères du Parlement arménien, entendait souligner par la même occasion que le CEPA serait bien signé comme prévu au sommet européen de Bruxelles le 24 novembre prochain. Il a indiqué que les deux parties en profiteront pour déclarer solennellement que l’accord n’est pas dirigé contre des tiers, autrement dit la Russie et son Union eurasienne. Lors des négociations entre Bruxelles et Erevan, les deux parties s’étaient appliquées à ne pas prendre d’engagements qui contreviendraient à ceux pris par l’Arménie en intégrant l’Union eurasienne. S’exprimant au siège d’un cabinet d’experts basé à Erevan, M.Ashotian a aussi tenu à souligner que le CEPA est important non seulement pour l’Arménie mais aussi pour l’UE, qui a besoin de se prévaloir d’une “success story” à son sommet de Bruxelles, qui est terni par plusieurs crises affaiblissant l’Europe, la dernière en date, causée par la fronde catalane, étant toujours source de vives tensions. “L’UE a besoin d’un autre partenaire dans la région que la Géorgie”, a indiqué M.Ashotian en ajoutant que cet accord était aussi nécessaire dans la mesure où il “ contribuera à la stabilité régionale et diminuera le risque d’une nouvelle guerre ou autre facteur d’instabilité ». « C’est un accord mutuellement avantageux », a conclu le responsable arménien. Johannes Hahn, le commissaire de l’UE pour la politique de voisinage, avait salué quant à lui ce “nouvel accord fondamental” lors de sa visite en Arménie au début du mois, en soulignant qu’il aurait le mérite de resserrer les liens de l’Arménie avec l’Europe mais aussi de servir de modèle pour d’autres pays.
posté le 27 octobre 2017 par Gari/armenews


ARMÉNIE
Harlem Désir favorablement impressionné par le paysage médiatique

Harlem Désir, aujourd’hui haut responsable de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, qui surveille la liberté de la presse, a fait l’éloge des médias et de la société civile « diverse et dynamiques » de l’Arménie lors d’une visite à Erevan.

Dans un entretien en fin de semaine dernière avec le service arménien de RFE / RL (Azatutyun.am), l’ancien ministre français aux Affaires européennes, et représentant de l’OSCE pour la liberté des médias, a cependant également exprimé son inquiétude face aux attaques violentes contre des journalistes arméniens et a exhorté les autorités à tenir leurs auteurs responsables.

« Nous pensons qu’il est très important d’éviter toute impunité concernant les attaques contre les journalistes », a-t-il dit. « Tout état d’impunité ne sera qu’une incitation à plus de violence contre les journalistes ».

Désir a pointé la dispersion de juillet 2016 par la police antiémeute d’une manifestation de l’opposition à Erevan, qui avait fait plus de deux douzaines de blessés parmi les reporters et cameramen, dont trois correspondants RFE / RL, alors qu’ils couvraient l’événement. Pratiquement tous avaient été agressés par des hommes en civil.

Les militants des droits de l’homme pensent que les assaillants étaient des policiers ou des loyalistes du gouvernement. Aucun policier n’a été poursuivi à la suite de ces violences (qui avaient toutefois entrainé des excuses du président arménien NDLR).

Harlem Desir a dit qu’il ferait part de ses inquiétudes à ce sujet aux hauts responsables à Erevan. Il devait rencontrer le ministre de la Justice Davit Harutiunian et le chef de la police arménienne, Vladimir Gasparian.

En dépit de ces préoccupations, Désir semble favorablement impressionné par le paysage médiatique arménien. « Je pense que l’Arménie est un pays où existe un fort engagement en faveur de la liberté d’expression et de la liberté des médias », a-t-il déclaré. « Il existe une société civile et des médias très diversifiés et dynamiques, en particulier les médias en ligne ».

Interrogé sur le fait que Freedom House continue à caractériser les médias arméniens comme « non libres », Desir a déclaré : « Nous sommes toujours attentifs aux classifications et notations de Freedom House et d’autres ONG. Mais nous n’en faisons pas nos évaluations. Nous considérons que partout il y a besoin de progrès. La liberté des médias est un pilier fort de la société démocratique. “

« Il y a eu des changements énormes en Arménie ces dernières années. Le service public en Arménie se transforme en raison de la numérisation “, a ajouté l’ancien ministre du gouvernement français.

Freedom House et d’autres critiques soulignent la forte influence du gouvernement sur la couverture médiatique de la télévision publique arménienne et des principaux radiodiffuseurs privés.

Harlem Désir a déclaré avoir entendu des plaintes similaires de la part de personnalités de la société civile et de journalistes à Erevan. « Ils pensent que la télévision publique n’est pas indépendante », a-t-il ajouté, ajoutant qu’il y a aussi une « question de diversité » parmi les chaînes de télévision privées.

Désir, qui a succédé en juillet au poste de haut responsable de la liberté de la presse de l’OSCE, a insisté sur le fait que les autorités arméniennes étaient « conscientes de la nécessité de rendre la radiodiffusion publique plus indépendante et de poursuivre sa « transformation amorcée il y a plusieurs années ».

posté le 10 octobre 2017 par Ara/armenews

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DIPLOMATIE
L’UE demande à l’Arménie de se préparer à lever les exigences de visa

Un haut diplomate de l’Union européenne a exhorté hier le gouvernement arménien à entamer des “préparatifs internes“ pour la levée des exigences strictes de visa de l’UE pour les ressortissants arméniens.

“L’expérience de la Géorgie, de la Moldavie et de l’Ukraine montre que chaque pays doit apporter de nombreux changements législatifs et administratifs afin de répondre aux exigences nécessaires de l’UE“, a déclaré Piotr Switalski, chef de la délégation de l’UE en Arménie.

“Donc, ne perdez pas le temps. J’espère que ce moment viendra “, a t-il ajouté, faisant appel aux autorités d’Erevan.

L’UE a abandonné ses régimes pour les citoyens de la Géorgie, de la Moldovie et de l’Ukraine qui se rendent dans l’espace Schengen, qui couvre la majeure partie de l’Europe, après avoir signé des accords d’association avec les trois anciennes républiques soviétiques en 2014.

L’Arménie était en train de signer un tel accord avec l’UE jusqu’à ce que le président Serge Sarkissian ne décide de manière inopinée en 2013 de rejoindre l’Union économique dirigée par la Russie. Bruxelles et Erevan doivent signer un accord moins ambitieux lors d’un sommet de l’UE qui se tiendra à Bruxelles le 24 novembre.

“Je crois qu’il y aura de bonnes nouvelles pour l’Arménie lors du sommet de Bruxelles“, a confié Switalski lors d’une table ronde à Erevan.

Le ministre des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a intimé à l’UE de lancer un « dialogue » avec Erevan sur la libéralisation des visas lorsque les négociations sur l’accord de partenariat global et renforcé UE-Arménie ont officiellement commencé en décembre 2015.

Les dirigeants de l’UE se sont déclarés disposés à le faire lors d’un sommet de mai 2015 à Riga. Ils ont précisé qu’un tel processus dépendait de la « mise en œuvre intégrale » d’un accord UE-Arménie sur la « réadmission » des immigrants illégaux.

L’accord de réadmission a été signé en avril 2013 peu de temps après que l’UE a assoupli certaines de ses règles et procédures de visas pour les Arméniens. L’Arménie a aboli unilatéralement son régime de visas pour les citoyens des États membres de l’UE à cette époque.

posté le 27 septembre 2017 par Claire/armenews

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UE
Le Parlement européen va s’intéresser de plus près l’Azerbaïdjan

Le Parlement européen va bientôt rendre un rapport sur la “Corruption et les droits de l’homme dans les pays tiers”, dans lequel ne manquera de figurer le scandale de corruption Laundromat éclaboussant le clan Aliev au pouvoir à Bakou révélé dernièrement et largement commenté dans différents media internationaux. L’enquête effectuée par un collectif de journalistes et publiée dans plusieurs journaux européens met en lumière les pratiques de blanchiment des fonds de l’Etat azéri par le président Ilham Aliyev et sa famille, à des fins d’enrichissement personnel et en vue aussi de financer sa propagande, en soudoyant des responsables européens, notamment au sein du Conseil de l’Europe, dans le cadre d’une diplomatie dite « de caviar ».

Le rapport, qui devrait porter sur les efforts déployés par l’UE dans la lute contre la corruption et la défense des droits de l’homme, présente la corruption comme une menace majeure pour les droits de l’homme, et souligne pour cette raison l’importance des mesures prises pour lutter contre la corruption. Selon une déclaration du Parlement européen, 96 législateurs européens auraient proposé d’amender le document après les révélations sur le scandale du Laundromat en Azerbaïdjan, afin de l’y faire figurer. Le Parlement européen prévoit en outre de procéder à sa propre enquête sur cette affaire de corruption qui a fait enfin réagir le Conseil de l’Europe, où la diplomatie du caviar n’était plus un secret depuis longtemps. Par ailleurs, le journal belge “Laatste Nieuws” a consacré un long article à ce scandale sous le titre “20 organisations belges ont reçu des fonds du régime azerbaïdjanais”. L’article indique que plus de 20 organisations belges, dont “Solve” et “Proximus” ont reçu de fortes sommes d’argent de l’Azerbaïdjan entre 2012 et 2014, avec le concours de médiateurs. Le montant total des sommes ainsi perçues serait de quelque 2,1 milliards d’euros. On signale plus particulièrement que le service de courrier international BICS 2 aurait reçu plus de 173 millions d’euros de LCM Alliance LLP, qui figure au nombre des 4 compagnies britanniques suspectées d’avoir pris une part active à ce système, en mai 2013.

Cette compagnie britannique semble la plus suspecte en matière de blanchiment d’argent. BICS Company a présenté cette transaction comme un paiement en une fois d’un usager iranien pour des services de télécommunication. Mais selon le quotidien belge, le système de transfert de fonds invoqué dans ce cas précis relève davantage de transactions financières suspectes. Le journal ajoute que plusieurs responsables politiques européens ont utilisé les comptes des 4 compagnies citées pour avoir reçu de l’argent de l’Azerbaïdjan dont ils défendaient les intérêts au sein de la Commission des droits de l’homme du Conseil de l’Europe.

posté le 12 septembre 2017 par Gari/armenews


AZERBAÏDJAN
Enquête de journaux européens sur l’achat de soutiens à l’étranger par l’Azerbaïdjan

Paris, 5 sept 2017 (AFP) - L’Azerbaïdjan a dépensé 2,5 milliards d’euros entre 2012 et 2014 notamment pour s’attacher des soutiens à l’étranger, y compris au Conseil de l’Europe, selon une enquête de journaux européens sur ce pays pétrolier du Caucase.

Cette enquête publiée mardi, intitulée “Laundromat“ (“Lessiveuse“), menée conjointement par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et une dizaine de journaux dont le français Le Monde, l’allemand Suddeutsche Zeitung, le britannique The Guardian ou le danois Berlingske, décortique plus de 16.000 transactions passées pour ce montant.

Interrogé par l’AFP, le conseiller du président Ilham Aliev, Ali Hasanov, a rejeté une publication “basée sur des idées préconçues, infondée, relevant de la provocation et s’inscrivant dans une campagne de dénigrement de l’Azerbaïdjan organisée par des forces anti-azerbaïdjanaises“, citant “l’Arménie et le lobby arménien international“.

Selon Le Monde, ces transactions qui “forment sans doute seulement la partie émergée de l’iceberg“ ont été effectuées, notamment via la filiale estonienne de la Danske Bank, par “quatre sociétés domiciliées au Royaume-Uni et secrètement liées au régime azerbaïdjanais“.

Ces quatre sociétés ont été dissoutes, précise le Guardian, ajoutant que la Danske Bank avait indiqué en mars que les procédures anti-blanchiment étaient insuffisantes à l’époque en Estonie mais qu’elle avait pris “les mesures nécessaires pour y remédier“.

L’étude des relevés de ces transactions dévoile un système servant à “blanchir des fonds à la provenance douteuse, à financer le train de vie des caciques du régime et à acheter moyennant espèces sonnantes et trébuchantes des amitiés à l’étranger“, poursuit Le Monde.

Selon le quotidien français, l’Azerbaïdjan cherche des soutiens dans son conflit avec l’Arménie sur le Nagorny-Karabakh mais surtout à “faire taire les critiques sur la répression politique orchestrée par le clan du président Ilham Aliev, au pouvoir depuis quatorze ans“.

D’anciennes figures de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, spécialisé dans la défense des droits de l’homme, figurent selon le journal parmi les bénéficiaires des largesses de cette ex-république soviétique du Caucase.

En juin, le Conseil de l’Europe a nommé trois experts pour enquêter sur des allégations de corruption visant certains de ses membres ou ex-membres, soupçonnés d’avoir été “achetés“ par Bakou en échange de leur vote négatif contre un rapport —largement rejeté par les élus européens— dénonçant la situation des prisonniers politiques en Azerbaïdjan.

Ces experts, l’ex-juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, le Britannique Nicolas Bratza, ancien président de la Cour européenne des droits de l’homme, et la juriste suédoise Elisabet Fura, ont commencé cette semaine à Strasbourg (est de la France) à entendre des témoins, selon le site internet de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), basée dans cette ville.

Ces auditions sont prévues jusqu’à jeudi dans la “confidentialité la plus absolue“, est-il précisé.

L’ONG Transparency International a appelé dans un communiqué “les autorités compétentes à faire la pleine lumière et à prendre les mesures appropriées à l’encontre des décideurs publics, des banques et des entreprises impliqués“. bd-eg/gmo/nm/lch

posté le 5 septembre 2017 par Ara/armenews