Nouvelles d'Arménie
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Droits de l’homme


EREVAN
Les États-Unis condamnent l’occupation du poste de police par les Sasna Tzrer en 2016

Les États-Unis ont réaffirmé leur ferme condamnation de la prise en 2016 par des hommes armés de l’opposition d’un poste de police à Erevan, tout comme toute autre tentative de renverser par la force le gouvernement arménien.

Un journaliste de Aysor.am a demandé à Richard Mills, ambassadeur des Etats-Unis en Arménie, de commenter les « rumeurs » selon lesquelles l’Occident soutient des groupes armés comme Sasna Tzrer qui ont pris d’assaut le poste de police du district d’Erebuni à Erevan.

“Ces rumeurs ne pourraient pas être plus éloignées de la vérité“, a expliqué M. Mills à la publication en ligne. “Nous ne soutenons pas les groupes qui cherchent à renverser illégalement un gouvernement élu. Et surtout, pour des groupes comme les Sasna Tzrer, qui ont choisi la violence plutôt que le dialogue, notre condamnation est ferme. “

“Nous abhorrons les actions de Sasna Tzrer et d’autres groupes qui utilisent la violence ou qui menacent de faire du mal aux autres pour servir leur propre agenda politique“, a-t-il ajouté. “Les actions des membres de Sasna Tzrer l’année dernière ont conduit à des pertes tragiques et ont terrorisé inutilement la communauté“.

“La violence en tant qu’instrument de changement politique va à l’encontre non seulement des valeurs américaines, mais aussi des valeurs démocratiques mondiales concernant le dialogue pacifique et le respect de la vie humaine. La violence de tous côtés sape les principes démocratiques et ne peut jamais être tolérée. Donc non, nous ne soutenons pas de tels groupes ou activités. “

“Cela dit, tous ceux qui sont accusés méritent un procès équitable“, a précisé le diplomate.

Une trentaine d’hommes armés affiliés au Parlement Fondateur, un mouvement d’opposition radical, a saisi un poste de police d’Erebouni le 17 juillet 2016. Ils ont exigé que le président Serge Sarkissian libère leur leader emprisonné, Zhirayr Sefilian, et démissionne.

Les autorités arméniennes ont rejeté ces requêtes. Les hommes armés ont rendu leurs armes après deux semaines de confrontation avec les forces de sécurité qui ont fait trois morts parmi les policiers. Ils sont actuellement sur les bancs des accusés dans trois procès distincts.

Le Département d’État américain a rapidement condamné l’attaque armée, tout en exhortant les autorités d’Erevan à faire preuve de retenue. L’ambassade des États-Unis en Arménie a réitéré cette condamnation après que trois hommes arméniens ont été pris en otage par les hommes armés quelques jours plus tard. Il a appelé à leur “libération immédiate, sûre et inconditionnelle“.

posté le 29 mars 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



DEMOCRATIE
Un lanceur d’alerte arménien interpelle la Cour européenne des droits de l’homme

Un ancien employé du réseau de distribution d’électricité arménien, qui avait été licencié en 2013 après avoir accusé des dirigeants d’entreprise de corruption, a déposé une plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Hrachya Harutiunian, âgé de 65 ans, a utilisé une ligne d’assistance d’entreprise pour alléguer un plan de fraude de grande envergure au sein de l’opérateur ENA (Electricity Networks of Armenia) détenu à l’époque par Inter RAO, un géant russe de l’énergie. Les allégations ont été contenues dans une lettre confidentielle qu’il a envoyée à l’adresse e-mail spéciale de la société.

La direction de l’ENA a réagi en accusant Harutiunian de diffamation et en le licenciant. Elle a même déposé une poursuite en diffamation contre lui.

Un tribunal d’instance arménien a rejeté cette action en justice. Cependant, la Haute Cour d’Appel a reconnu Harutiunian coupable de diffamation, lui a ordonné de s’excuser pour ses allégations et de verser à l’ENA 5 millions de drams (10 400 dollars) de dommages et intérêts.

L’avocat d’Harutiunian, Ara Ghazarian, a condamné vendredi ce dernier verdict comme étant illégal. Ghazarian a soutenu que, selon la loi arménienne, même s’il s’agissait de fausses revendications, comme elles n’ont pas été publiées dans les médias ou de façon publique, elles ne peuvent être considérées comme calomnieuses.

Selon Ghazarian, la CEDH a déjà commencé à examiner l’affaire déposée par Harutiunian. Il a souligné qu’il s’attend à ce que le tribunal basé à Strasbourg statue contre l’ENA.

“Il a dénoncé la corruption“, a justifié l’avocat au service arménien de RFE / RL (Azatutyun.am). “Au lieu de le remercier, ils l’ont puni pour son activisme civique.“

L’ENA a déclenché des manifestations de rue qui ont duré deux semaines à Erevan en juin 2015, alors que l’entreprise tentait d’augmenter considérablement ses prix de l’électricité. Les protestations étaient motivées par une croyance largement répandue selon laquelle les Arméniens sont amenés à payer pour une corruption généralisée au sein de la direction de l’ENA. Tout en défendant la hausse des tarifs, les responsables du gouvernement arménien ont reconnu que les réseaux électriques nationaux avaient été mal gérés par l’opérateur russe.

Inter RAO a vendu sa filiale arménienne au groupe Tashir de Samvel Karapetian, un homme d’affaires russe d’origine arménienne, plus tard en 2015. Le nouveau propriétaire prétend avoir fortement réduit les pertes financières massives d’ENA depuis.

posté le 26 mars 2018 par Claire/armenews


ARMENIE
Des experts préoccupés par le caractère discriminatoire d’une publicité télévisée

Une publicité diffusée à la télévision arménienne utilisant des comparaisons de prix et de qualité de produits entre des personnes d’âge, de couleur de peau et de corps différents a suscité des critiques. On accuse les auteurs de ce spot de faire preuve d’une approche discriminatoire.

Sur la vidéo faite par l’un des magasins de matériaux de construction à Erevan, un contremaître explique à ses travailleurs, parmi lesquels il y a notamment un homme âgé, un homme à peau noire et une personne obèse, pourquoi il faut acheter dans ce magasin en particulier, en faisant des références aux particularités de ces personnes à des fins instructives.

Eduard Aghayan, le chef du département marketing du groupe “Yerevan Fair“, a déclaré qu’ils n’avaient aucune intention d’insulter qui que ce soit avec cette publicité. Pour lui, il s’agit juste d’humour. Dans une réponse écrite au service arménien de RFE / RL (Azatutyun.am), Aghayan explique : “ Nous n’avons jamais cherché à ridiculiser qui que ce soit ou à répandre le racisme. C’est juste une vidéo humoristique, et, pour une meilleure présentation, nous avons invité des acteurs différents, et il n’y a pas d’insulte à leur encontre. Le but était de rendre les choses intéressantes pour les gens. “ Le représentant de l’entreprise a précisé qu’un Arménien aurait pu jouer le rôle de la personne noire.

Pendant ce temps, l’expert en médias Suren Deherian a affirmé que l’annonceur devrait également assumer la responsabilité sociale. “Pour certains, il peut y avoir différents niveaux d’humour, mais cette publicité n’aurait pas dû contenir ce cynisme, qui à mon avis contient une attitude négative envers une autre personne.“

Varduhi Aramian, chef de l’ONG Armenian Camp qui s’occupe des questions de handicap, a exprimé son inquiétude sur le fait que les publicités télévisées dans lesquelles les gens sont ridiculisés à cause de paramètres physiques, de leur âge ou leur couleur de leur peau existent depuis des années.

“Il se trouve que les gens sont assimilés à des biens, et que “leurs qualités“ sont comparées. C’est une mauvaise tendance. Peut-être la prochaine fois, quelqu’un décidera qu’une personne à qui il manque une jambe doit être comparée à une table ou une chaise à qui il manque également une jambe. De telles publicités sont un stimulus pour répandre ces stéréotypes. C’est pourquoi nous tirons la sonnette d’alarme, car une seule vidéo, qui a un impact sur un large public, annule tout notre travail sur le long terme “, a-t-elle affirmé.

Yerevan Fair appartient à l’entrepreneur Khachatur Sukiasian. Plus tôt cette année, sa société avait déjà été critiquée pour le panneau publicitaire “Our Country“ représentant des vaches habillées en costumes nationaux de femmes arméniennes. Les ethnographes ont ensuite déclaré que comparer une femme arménienne à une vache était offensant, tandis que le directeur de l’entreprise a expliqué que le panneau d’affichage était plein d’humour.

posté le 14 mars 2018 par Claire/armenews

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STRASBOURF
Serge Sarkissian s’est exprimé à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

Le président Serge Sarkissian a de nouveau décrit l’Arménie comme une nation européenne et a promis d’approfondir ses relations avec l’Union européenne lors d’une visite à Strasbourg hier.

“Nous nous considérons Européens, indépendamment du fait que les Européens le pensent ou non“, a déclaré M. Sarkissian lors d’une séance de questions-réponses à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

“Nous sommes certains que notre coopération avec l’UE va s’intensifier parce que nous coopérons avec les structures de l’UE, mais aussi parce que nous nous considérons comme porteurs du système de valeurs européen“.

Dans ce contexte, M. Sarkisian a cité la récente signature de l’Accord de partenariat global et renforcé (CEPA) entre l’Arménie et l’UE. L’accord historique a ouvert « de très bonnes perspectives pour le développement de l’Arménie », s’est-il réjoui.

Le CEPA est un accord moins ambitieux que l’accord d’association qui a été presque finalisé par Erevan et Bruxelles en 2013. Sarkissian a fait volte-face au dernier moment, décidant d’adhérer à l’UEE dirigée par la Russie.

Sarkissian a défendu cette décision hier, affirmant qu’elle était soutenue par la plupart des Arméniens et s’est révélée bénéfique pour l’économie du pays. Répondant à une question d’un membre de l’APCE, il a également soutenu que l’adhésion à l’UEE n’a pas empêché l’Arménie de vouloir des liens plus étroits avec l’UE.

En vertu de l’accord, le gouvernement arménien doit mener des réformes politiques et renforcer la protection des droits de l’homme. Il doit également « rapprocher » progressivement les lois et règlements économiques arméniens de ceux de l’UE.

Dans son discours à Strasbourg, Sarkissian a affirmé que l’Arménie avait fait des progrès significatifs dans la démocratisation de son système politique depuis son adhésion au Conseil de l’Europe il y a 17 ans.

“Je peux affirmer avec fierté aujourd’hui que nous avons rempli nos principaux engagements vis-à-vis du Conseil de l’Europe concernant la démocratisation de l’Arménie“, a-t-il assuré. “Ce n’est pas seulement ce que nous nous disons. Nos succès dans la mise en place d’institutions démocratiques ont été reconnus dans les rapports établis par les structures de suivi du Conseil de l’Europe. “

Les « réformes » en cours continueront de prendre de l’ampleur avec la transition imminente de l’Arménie vers un système de gouvernement parlementaire issu des changements constitutionnels radicaux promulgués en 2015. Selon lui, ces changements ont été largement approuvés par des experts juridiques du Conseil de l’Europe.

Les opposants politiques de Sarkissian pensent que l’objectif principal de la réforme constitutionnelle controversée est de lui permettre de rester au pouvoir après avoir son dernier mandat présidentiel en avril 2018. Ils soutiennent également que l’administration de Sarkissian continue de bafouer les droits de l’homme et de truquer les élections.

posté le 25 janvier 2018 par Claire/armenews

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COOPERATION
L’UE est prête pour une mise en œuvre rapide de l’accord avec l’Arménie

L’Union européenne pourrait commencer à mettre en œuvre progressivement son accord historique signé récemment avec l’Arménie dès ce printemps, a déclaré hier le chef de la délégation de l’UE à Erevan, Piotr Switalski.

M. Switalski a affirmé que de nombreuses dispositions de l’Accord de partenariat global et renforcé peuvent être mises en pratique avant même que l’accord de 350 pages ne soit ratifié par l’ensemble des États membres de l’UE et le Parlement européen. Mais cela, a-t-il souligné, ne pourrait avoir lieu qu’après sa ratification par le Parlement arménien.

“Du point de vue de l’Union européenne, le plus important est que l’accord puisse être mis en œuvre provisoirement cette année, avec espoir que ce soit au printemps“, a commenté le diplomate aux journalistes.

“Je pense que nous pouvons être très optimistes quant au début de l’application provisoire de l’accord“, a-t-il précisé.

Armen Ashotian, président du comité des relations étrangères du Parlement arménien, a également souligné la semaine dernière que l’Accord de partenariat global et renforcé contient des « dispositions transitoires » permettant la mise en œuvre anticipée de certaines parties de l’accord, notamment celles relatives à l’aide de l’UE vis-à-vis de l’Arménie.

“Mais pour que cela se produise, l’Assemblée nationale doit d’abord le ratifier“, a noté Ashotian. Il a prédit que le Parlement arménien ratifiera l’Accord de partenariat global et renforcé d’ici la fin mars.

En vertu de cet Accord, le gouvernement arménien doit mener des réformes politiques visant à démocratiser le système politique du pays et à renforcer la protection des droits de l’homme. Il doit également « rapprocher » progressivement les lois et règlements économiques arméniens de ceux de l’UE. Le président Sarkissian a mis en place le 25 décembre une commission gouvernementale ad hoc chargée d’assurer le respect de l’accord par Erevan.

posté le 18 janvier 2018 par Claire/armenews

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Allemagne-Turquie
Charjoum exprime sa vive inquiétude quant au sort de Hrant Kasparyan, militant arménien de Turquie interné par les autorités allemandes
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Hrant Kasparyan, journaliste et membre de la Ligue turque des droits de l’Homme, a dû s’exiler de Turquie suite à la tentative de coup d’Etat et à la répression qui a suivi. Il est actuellement en Allemagne dans un centre pour réfugié où il est en danger.

Le régime de Recep Erdogan a, depuis les événements de 2016, accentué la répression contre les minorités du pays et les militants des droits humains. Le président Erdogan et le parti islamiste dont il est issu (l’AKP) concentrent tous les pouvoirs politiques du pays. La doctrine de l’Etat turc, teintée de nationalisme et d’idéologies religieuses totalitaires, est imposée au peuple par la violence. La Turquie vit en effet une vague de répression sans précédent contre les militants, les journalistes et même plus récemment contre les bibliothèques qui proposeraient des ouvrages jugés subversifs par le régime. En effet, c’est plus de 140 000 livres qui sont à actuellement retirés de la circulation pour être détruits.

En tant que militant arménien de Turquie, activiste LGBTI, en faveur des droits des Kurdes et plus généralement des droits humains, Hrant Kasparyan figurait parmi les personnes menacées par ce regain de répression. Il a donc quitté la Turquie pour se réfugier en Allemagne où il a fait une demande d’asile politique.

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De gauche à droite : Baskın Oran (politologue, militant des droits de l’homme)), Tamer Çilingir (journaliste blogueur), Ragip Zarakolu (éditeur, militant des droits de l’homme), Yavuz Baydar (journaliste), Raffi. Hermon Arax (journaliste), Hrant Kasparyan (journaliste)

Dans l’attente de voir sa situation régularisée, les autorités allemandes ont interné Hrant. Dans l’attente de voir sa situation régularisée, les autorités allemandes ont interné Hrant Kasparyan dans un centre pour réfugiés. En plus des conditions d’internement exécrables, il doit partager son quotidien avec des groupes d’hommes partageant les idéologies religieuses fanatiques qui ont fortement contribué à sa fuite de Turquie.

Le psychologue du centre, constatant la situation dramatique que vit Hrant Kasparyan, ainsi que les pressions qu’il subit quotidiennement, a requis son placement dans un lieu plus sûr. Mais les autorités allemandes n’ont pas réagi à l’heure où Charjoum et d’autres voix expriment leur vive inquiétude.

Cet ancien collaborateur du quotidien pro-kurde Özgur Gundem, du quotidien Taraf, du site Demokratik Haber et d’Agos, l’hebdomadaire arménien d’Istanbul, doit être mis en sécurité et obtenir le statut de réfugié sans délais.

posté le 16 décembre 2017 par Jean Eckian/armenews


ARMENIE
Le Parlement adopte le projet de loi contre la violence domestique

Après un débat houleux, le Parlement a adopté vendredi un projet de loi visant à lutter contre la violence domestique dans le pays.

Le gouvernement a proposé le projet de loi à l’Assemblée nationale malgré l’opposition de certains députés représentant le Parti républicain (HHK). Mais il a conquis d’autres personnalités de haut rang du HHK qui critiquaient ouvertement la version initiale de la loi écrite en septembre.

Des conservateurs avaient alors affirmé que certaines des dispositions légales proposées mineraient les « valeurs familiales arméniennes » traditionnelles. Le ministère de la Justice arménien a réagi en modifiant le projet de loi qu’il avait rédigé. En particulier, le ministère a élargi le titre du projet de loi pour souligner qu’il vise non seulement à prévenir la violence domestique et à protéger ses victimes, mais aussi à « rétablir la solidarité au sein des familles ».

Les groupes de femmes ont critiqué cette expression, affirmant que la « solidarité » n’est pas un terme juridique et qu’elle pourrait faire l’objet d’interprétations différentes de la part des autorités compétentes.

La version finale du projet de loi a retenu d’autres dispositions importantes. La police pourra forcer un mari violent à quitter la maison familiale et à rester loin de celle-ci jusqu’à 20 jours. Les tribunaux arméniens seront autorisés à étendre ces interdictions entre 6 et 18 mois.

La loi stipule également que ce type de violence peut être non seulement physique mais aussi sexuelle, psychologique et même économique. Il indique clairement qu’une « présomption fondée » de tels cas de violence constituera un motif suffisant d’intervention policière. Le vice-ministre de la Justice, Vigen Kocharian, a souligné que cela serait fait par une unité spéciale de police formée pour traiter de tels cas.

Hayk Babukhanian, député controversé du HHK au pouvoir, a attaqué cette disposition lors du débat parlementaire de jeudi sur le projet de loi. “Pouvez-vous imaginer à quoi cela pourrait conduire ?“, a-t-il prévenu, avertissant des erreurs de la police.

Gevorg Petrosian du Bloc Tsarukian, la deuxième plus grande force parlementaire, a fait écho à cette préoccupation. “Je considère cela comme une loi visant à détruire la paix et l’harmonie dans les familles“, a-t-il regretté.

Babukhanian, qui publie un journal connu pour ses commentaires anti-occidentaux, a également dénoncé une autre clause qui prévoit l’implication des organisations non gouvernementales dans la protection des victimes de violences domestiques.

Samvel Farmanian, parlementaire du HHK, s’est également prononcé contre le projet de loi. “Malheureusement, cette loi n’aidera pas à réduire les cas de violence dans les familles. Il peut même avoir les effets inverses », s’est-il inquiété.

Néanmoins, l’Assemblée nationale a soutenu la loi par 73 voix contre 12, avec 6 abstentions. Ces 12 députés représentent tous le Bloc Tsarukian, qui prétend être en opposition avec le gouvernement.

Aucun député de HHK n’a voté contre le projet de loi. Babukhanian et plusieurs autres républicains ont choisi de boycotter le vote à la place.

Gagik Melikian, le numéro deux de la faction parlementaire du parti au pouvoir, a défendu la loi, affirmant qu’elle ne représentait aucune menace pour les « familles traditionnelles ».

Les députés du bloc de l’opposition Yelk ont ​​également voté pour la mesure. L’une d’eux, Mane Tandilian, a insisté sur le fait que la violence domestique est un problème plus sérieux en Arménie qu’il n’y paraît.

“Les gens n’en parlent pas parce que cela arrive dans leur famille“, a expliqué Tandilian. “Et pour nous, la famille est un tabou, un environnement sacré au sujet duquel nous n’aimons pas dire des choses négatives en public.“

La députée a également déclaré que les nouveaux pouvoirs accordés à la police décourageraient les comportements violents.

Selon le Centre de ressources pour les femmes d’Erevan, plus de 50 femmes arméniennes ont été battues à mort et assassinées par leur mari ou d’autres membres de la famille au cours des cinq dernières années.

posté le 11 décembre 2017 par Claire/armenews

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ARMENIE
Le gouvernement signale une nouvelle baisse de la pauvreté

La pauvreté en Arménie a continué de baisser lentement l’année dernière malgré une croissance économique morose, a annoncé hier le Service national des statistiques (SNS).

Dans un rapport annuel, l’agence gouvernementale a indiqué que 29,4% des Arméniens vivaient en dessous du seuil de pauvreté officiel fin 2016, contre 29,8% en 2015.

Le seuil de pauvreté est fixé à près de 40 900 drams (85 dollars) par mois. Le SNS considère comme « très pauvres » plus d’un tiers des quelque 880 000 Arméniens dont le revenu mensuel moyen n’a pas dépassé ce chiffre. 54 000 personnes sont considérées comme “extrêmement pauvres“, ont précisé les responsables du SNS en présentant le rapport aux journalistes à Erevan.

Adrine Babloyan du bureau d’Erevan de l’UNICEF a également pris la parole lors de la conférence de presse, préoccupée par le taux de pauvreté chez les enfants arméniens.

La pauvreté a chuté plus rapidement pendant une décennie de croissance économique à deux chiffres en Arménie qui a pris fin avec l’apparition d’une crise financière mondiale fin 2008. Elle était de 27,6% à l’époque, mais a grimpé à près de 36% en 2010, un an après que le produit intérieur brut du pays a diminué de plus de 14%.

La croissance économique a été modeste depuis lors. Tout s’est arrêté en 2016 mais semble s’être considérablement accéléré cette année. Les données du SNS publiées ces derniers mois suggèrent que l’économie arménienne est en voie de se développer d’au moins 4%.

Des hauts fonctionnaires ont déclaré que la réduction rapide de la pauvreté dépendait d’un taux de croissance économique d’au moins 5%. Le cabinet du Premier ministre Karen Karapetian a fixé cet objectif de croissance annuel dans son programme quinquennal approuvé par le Parlement en juin.

Le programme de 120 pages indique qu’une croissance soutenue et plus rapide réduira la pauvreté à environ 18% d’ici 2022.

En utilisant une méthodologie différente, la Banque mondiale a enregistré des taux de pauvreté inférieurs en Arménie. Selon ce rapport, un peu moins de 25% des Arméniens vivaient dans la pauvreté en 2016. Dans un rapport publié en mai, la banque prévoit que le taux de pauvreté tombera à 22,2% en 2019.

Le SNS estime actuellement le salaire mensuel moyen dans le pays à un peu plus de 190 000 drams (394 dollars). Le taux de chômage officiel dépasse les 20%.

posté le 6 décembre 2017 par Claire/armenews


EDUCATION
Le coût des manuels scolaires contesté devant la Cour constitutionnelle

L’ombudsman des droits de l’homme, Arman Tatoyan, a demandé à la plus haute juridiction de l’Arménie d’empêcher le gouvernement de faire payer aux parents d’élèves des écoles publiques les manuels qui leur ont été fournis.

Dans un appel de 16 pages adressé à la Cour constitutionnelle déposé ce mois-ci, Tatoyan a contesté une clause dans une loi arménienne sur l’éducation stipulant que seuls les élèves de l’école primaire âgés de 9 ans et moins peuvent utiliser gratuitement les manuels scolaires. Il a expliqué que cela va à l’encontre de la constitution du pays qui garantit l’enseignement secondaire gratuit dans les “institutions éducatives de l’Etat“.

“A notre avis, il s’agit là d’une disposition inconstitutionnelle“, a déclaré M. Tatoyan lors d’une discussion publique à Erevan.

Dans son appel, l’ombudsman a également souligné le coût des frais de location de manuels scolaires qui a augmenté régulièrement au cours des dernières années, exprimant le fait que de nombreux parents ont du mal à les payer. Il a précisé que les arrangements gouvernementaux existants destinés à exempter les familles à faible revenu de tels paiements sont flous et laissent place à différentes interprétations.

« Lors de nos recherches et de nos entretiens, nous avons pu voir que souvent les parents ne parlent pas de la difficulté de payer les manuels par honte ou par désir de stigmatiser leurs enfants », a-t-il regretté.

Lusine Bilian est une mère de deux écoliers qui reçoit des prestations de pauvreté de l’Etat. Elle a affirmé que l’administration d’une école à Erevan où ses enfants étudient l’a récemment informée qu’elle devra payer la moitié du coût de leurs manuels pour cette année scolaire. Bilian estimait ce coût entre 3 500 et 4 000 drams (7-8 dollars).

“Je ne sais pas comment je vais payer ça“, s’est-elle plaint.

Le ministère arménien de l’Education n’a pas encore officiellement réagi à cette action en justice.

posté le 9 novembre 2017 par Claire/armenews

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