Nouvelles d'Arménie
ACCUEIL   ACTUALITE   FORUMS   REDACTEURS   AIDE   VOS ARTICLES    |    Recherche  
 
Erevan


ARMENIE
Les autorités commémorent le génocide après dix jours de crise politique

Erevan - AFP : Une parenthèse d’union nationale après dix jours de crise politique. Les autorités arméniennes ont célébré l’unité du pays, mardi 24 avril, lors des commémorations du génocide arménien (1915-1917). Ces cérémonies se déroulent au lendemain de la démission du premier ministre, Serge Sarkissian, après plus d’une semaine de manifestations.

Le président Armen Sarkissian (sans lien de parenté avec Serge Sarkissian), le premier ministre par intérim, Karen Karapetian, et les autorités religieuses du pays se sont notamment rendus au mémorial dédié aux victimes des massacres perpétrés au début du XXe siècle sous l’Empire ottoman qui a fait 1,5 million de morts, selon l’Arménie. Alors que la Turquie considère qu’il s’agissait d’une guerre civile qui a fait 300 000 à 800 000 morts, autant du côté turc qu’arménien.

Rappelant la tragédie ayant frappé les Arméniens, M. Karapetian a déclaré dans un communiqué que « nous traversons aujourd’hui une autre étape très difficile de notre histoire. Nous montrons au monde aujourd’hui que, malgré les difficultés et nos problèmes internes non résolus, nous restons ensemble et unis ». Le premier ministre par interim doit rencontrer mercredi Nikol Pachinian, le député d’opposition qui a mené pendant onze jours la contestation contre Serge Sarkissian.

Un vote à l’Assemblée dans la semaine

N’ayant pas le droit de se représenter à un troisième mandat de président, ce dernier avait fait modifier la Constitution pour renforcer les pouvoirs du premier ministre avant de se faire nommer à ce poste, son successeur comme président n’ayant plus que des pouvoirs honorifiques. Mais face à la contestation de la rue, M. Sarkissian a été contraint de démissionner lundi.

Dans la foulée, M. Pachinian s’est prononcé pour la tenue d’élections législatives anticipées : « Notre révolution de velours a gagné mais ce n’est que le premier pas. Notre révolution ne peut pas s’arrêter à mi-chemin et j’espère que vous allez continuer jusqu’à la victoire finale. »

Mais en attendant, un vote à l’Assemblée, largement dominée par le Parti républicain d’Arménie de Serge Sarkissian, est prévu dans un délai de sept jours pour désigner un nouveau chef du gouvernement.

posté le 24 avril 2018 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Erevan  Image 450 


ARMENIE
Nikol Pachinian, l’ancien fugitif devenu le meneur des manifestations

Erevan, 23 avr 2018 (AFP) - Nikol Pachinian, 42 ans, ancien journaliste et opposant de longue date, a mené avec succès le mouvement de protestation qui a conduit lundi à la démission du Premier ministre nouvellement élu, Serge Sarkissian.

Il y a encore quelques semaines, peu nombreux étaient pourtant ceux qui pensaient que Nikol Pachinian serait capable de faire sortir des dizaines de milliers d’Arméniens dans les rues, de bloquer les routes et de paralyser l’économie pour protester contre le maintien au pouvoir de Serge Sarkissian.

Pour beaucoup, Pachinian est associé à un souvenir tragique : la mort de 10 personnes en 2008 dans des manifestations contre la victoire à la présidentielle de Serge Sarkissian, déjà lui, qui avaient tourné en émeutes et en bataille rangée avec la police.

Nikol Pachinian faisait déjà partie des meneurs de la contestation mais après la répression de la manifestation, il était passé dans la clandestinité pendant plusieurs mois avant de se rendre à la police en 2009.

Condamné à sept ans de prison en janvier 2010, Nikol Pachinian avait été libéré en 2011 à la faveur d’une amnistie.

Brillant orateur, connu pour son franc-parler et ses questions gênantes, qu’il n’hésite pas à poser au Parlement depuis que le parti qu’il a créé (“Contrat civil“) y a fait son entrée en 2017, Nikol Pachinian s’est imposé comme l’opposant le plus efficace de Serge Sarkissian.

Il n’hésite pas non plus à donner de sa personne, quitte à se mettre en scène. Blessé lors d’échauffourées avec la police lors des manifestations des derniers jours, il est apparu depuis avec le bras bandé et des coquards autour des yeux.

“Pachinian est différent de la plupart des personnalités de l’opposition car il est audacieux, il n’a pas peur, il est créatif“, explique à l’AFP le sociologue Guevorg Pogossian.

Avant le début du mouvement ayant conduit à la démission de Serge Sarkissian, Nikol Pachinian avait par exemple parcouru à pied avec ses supporters les 200 kilomètres séparant Gioumri, deuxième ville du pays, et Erevan, dormant parfois à la belle étoile.

Une créativité également visible durant la campagne des dernières élections législatives, au cours de laquelle il a multiplié les meetings improvisés, dans des arrière-cours ou sur des toits de garage.

Ce sont ces caractéristiques qui valent à ce père de quatre enfants une partie de sa popularité, notamment auprès des jeunes ayant grandi après la chute de l’Union soviétique et l’indépendance du pays, en 1991.

Pour l’analyste Alexandre Iskandarian, l’opposition arménienne a été quasiment réduite à néant et Nikol Pachinian en est aujourd’hui l’unique figure de proue. “L’opposition arménienne, aujourd’hui, c’est lui“, affirme-t-il.

Interrogé la semaine dernière sur sa crainte d’une éventuelle arrestation, l’ancien journaliste a répondu se sentir “confortable partout en Arménie, que ce soit chez moi, dans la rue ou en prison“.

Interpellé dimanche, Nikol Pachinian a été libéré lundi, et il s’est aussitôt dépêché de rejoindre les manifestants. “Tout le monde a déjà compris que nous avons gagné !“, avait-il alors lancé avant de féliciter “les fiers citoyens d’Arménie“ et ce “peuple victorieux“, une fois la démission de Serge Sarkissian officialisée.

Rêve-t-il de devenir Premier ministre ? Le parcours pourrait être difficile : l’alliance politique qu’il a formée avec deux autres partis pour accéder au Parlement, intitulée “Sortie“, ne compte que 9 députés sur 105 au Parlement.

posté le 24 avril 2018 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Erevan  Image 450  Pashinian 


A EREVAN
Les verres se remplissent pour l’avenir de l’Arménie et la victoire du peuple

“C’est le moment de boire ! Pour l’avenir et à notre victoire !“ disaient lundi soir les propriétaires de petits commerces à Erevan, la capitale arménienne, en installant des tables en pleine rue et invitant les passants à trinquer avec eux.

L’annonce de la démission de l’ancien président Serge Sarkissian, nommé Premier ministre il y a un peu moins d’une semaine, a provoqué une vague de joie populaire dans la capitale de l’Arménie, ex-république soviétique du Caucase du Sud, secouée par la contestation antigouvernementale depuis onze jours.

Sur la place de la République, au coeur d’Erevan, où se trouve le siège du gouvernement arménien, des dizaines de milliers de personnes ont accueilli par des applaudissements et des cris de joie la nouvelle du départ de Serge Sarkissian, avant de se mettre à danser et scander “Le peuple a gagné !“.

Les voitures klaxonnaient pratiquement sans arrêt dans toute la ville, alors que de nombreux jeunes circulant sur le toit d’automobiles brandissaient des drapeaux arméniens et des ballons colorés.

“Je n’ai jamais vu une telle joie à Erevan ! Tout le monde s’embrasse, tout le monde se félicite ! C’est incroyable !“ a déclaré à l’AFP Mihran Hovhannissian, juriste de 53 ans, en ajoutant “avoir été convaincu dès le début que la contestation serait un succès“.

- ’Peuple victorieux’ -

“Citoyen fier d’Arménie, tu as gagné ! Et personne ne peut te priver de cette victoire. Je te félicite, peuple victorieux !“ a déclaré le député et chef de l’opposition Nikol Pachinian, qui a mobilisé pendant onze jours consécutifs des milliers de personnes pour réclamer le départ de Serge Sarkissian.

Interpellé dimanche, il a été libéré lundi et a aussitôt rejoint les protestataires à Erevan, accueilli en héros par ses partisans.

Dès l’annonce de la démission du Premier ministre, Micha, un habitant d’Erevan de 59 ans, s’est rendu dans le magasin du quartier pour acheter du vin, en expliquant à l’AFP vouloir faire une grande fête. “Donnez-moi trois bouteilles du vin le plus cher ! J’ai une bonne raison pour inviter tous mes amis et fêter notre victoire !“ a-t-il lancé au vendeur.

“C’est une nouvelle vie qui commence aujourd’hui !“ a assuré à l’AFP Goar Badalian, étudiante de 21 ans, ajoutant : “J’espère qu’on ne sera pas déçus“. “Désormais, tout sera bien ! Quelle que soit la personne qui arrive au pouvoir, elle ne pourra pas faire semblant de ne pas entendre la voix du peuple. Nous savons maintenant comment les forcer à partir“, a affirmé son ami Sarguis, étudiant de 20 ans.

- Une vie meilleure -

Depuis le 13 avril, les manifestations se sont succédé tous les jours pour exiger le départ de Serge Sarkissian, accusé par les contestataires de vouloir s’accrocher à tout prix au pouvoir, après dix ans à la tête de l’Etat.

Le 17 avril, il a cependant été nommé Premier ministre par le Parlement, un poste devenu le siège du pouvoir après une réforme qu’il avait lui même promue en 2015 et qui accorde à l’actuel président un rôle essentiellement protocolaire.

Les manifestants reprochaient également à Serge Sarkissian, un ancien militaire de 63 ans, de n’avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la haute main sur l’économie du pays.

“Maintenant, le gouvernement va probablement changer, de nouvelles lois seront adoptées et la vie sera meilleure“, confie à l’AFP Nazik, habitante d’Erevan de 48 ans.

Pour sa part, le professeur d’école Andranik Serobian dit s’attendre à “des temps difficiles“. “Qui va devenir notre nouveau Premier ministre ? Qui va diriger le pays ? Nous avons encore à vivre tout cela“, explique-t-il.

posté le 23 avril 2018 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Erevan  Image 450 


ARMENIE
En direct : notre correspondante sur place, dans les rues d’Erevan

Sur la place même de nombreux jeunes ont réussi à grimper sur un camion benne. L’ambiance est celle d’une fête par moment mais les slogans restent sans ambiguïté - départ de Serge exigé, libération des députés, changement du pouvoir et pour moyen - l’unité.

A 14h30, il est difficile de voir si les manifestants vont pousser plus moi encore dans ce quartier ou, parce le terminus du métro se trouve ici - regagner le centre ville.

Nikol Pashinian a été libéré.

14h20 (heure locale)
Par le métro, on parvient à regagner la place de la Republique. Laquelle se remplit à vue d’œil alors que les autres manifestants eux sont à l’autre bout de la ville toujours à Karekine Nejdé. Depuis la rue Abovian, les jeunes et moins jeunes descendent vers la place de la République. Mais plus haut, on réalise vite que la place de France près de l’opéra est bondée et la foule s’étend de la jusqu’à la rue Amiryan.

14h15 (heure locale)
En remontant toujours vers place Nejdé, ceux qui ne sont pas dehors tapent sur des casseroles et autres. Aux fenêtres, une femme de 60 ans explique que ce n’est pas surprenant que les gens ont faim on n’a pas de travail... Un groupe d’étudiantes comptent les pièces sorties de leurs poches : elles ont juste assez pour redescendre en métro vers le centre. Le gros tambour qui rythme la marche désormais sur la place Nejdé pour la tête du défilé est recouvert par les applaudissements et toujours les klaxons de conducteurs, patients, qui attendent coincés aux intersections.

JPEG - 3.6 Mo

13h47 (heure locale)
La foule passe devant un poste de police mais continue vers la place Nejdé. Au cœur de ce quartier populaire, les habitants sortent spontanément rejoindre le défilé sans interruption qui tout le temps grossit. Des jeunes femmes avec des bébés et de jeunes enfants se mêlent aux jeunes arméniens et, avec un effarement mêlé de fierté, voient les jeunes militaires dans le cortège.... L’un de ces jeunes en uniforme, un drapeau arménien à la main, est en permanence sur la voiture de tête. Comme hier, la foule semble bel et bien vouloir rester maintenant devant le poste de police mais d’autres se détachent direction place Nejdé.

13h46
Devant le cinéma Hayrenik, ce qui est devenu, une foule monstre stationne. Les prêtres comme hier sont au milieu de la foule qui est à deux pas du poste de police du quartier de Shengavit. D’autres manifestants arrivent de ce quartier et rejoignent le carrefour. Depuis ce matin, c’est bien un flot ininterrompu de manifestants qui arrivent à chaque carrefour, se rassemblent, se joignent au gros de la foule. Sans que la moindre vitrine ne soit brisée ni même effleurée. Le drapeau tricolore est brandit de partout et le mouvement qui reste très pacifique à bel et bien pris la rue et entend la tenir - pacifiquement. Pour l’heure, à cet endroit de la ville, pas de forces de police ni de forces anti émeutes.

JPEG - 4.2 Mo

13h45
Ce cortège qui descendait Nardos vient de faire sa jonction avec, en autre surprise, les deux ont à leur tête les jeune soldats qui se tombent dans les bras et embrassent les manifestants.

13h40
Devant le cinéma Hayrenik, ce qui est devenue une foule monstre stationne. Les prêtres comme hier sont au milieu de la foule qui est à deux pas du poste de police du quartier de Shengavit. D’autres manifestants arrivent de ce quartier et rejoignent le carrefour. Depuis ce matin c’est bien un flot ininterrompu de manifestants qui arrivent à chaque carrefour, se rassemblent, se joignent au gros de la foule. Sans que la moindre vitrine ne soit brisée ni même effleurée. Le drapeau tricolore est brandit de partout et le mouvement qui reste très pacifique à bel et bien pris la rue et entend la tenir - pacifiquement. Pour l’heure à cet endroit de la ville pas de forces de police ni de forces anti émeutes.

13h30 (heure locale)
Devant marché de Petak, les commerces distribuent coca et eau. Derrière la fin de la manifestions si tant est qu’ elle est une fin est encore sur Nardos. Ils ne sont plus des milliers mais des dizaines de milliers sans doute avec toujours en tête ce groupe de jeeps militaires.

JPEG - 6 Mo

13h sur arshakunyats
Cette longue artère qui part du bas du centre ville pour aller vers le quartier de Shengavit le cortège marque le pas et est la encore rejoint par d’autres groupes de amnistiants. Ils semblent décidées à reprendre direction d’hier à savoir celle du poste de police de Shengavit la rumeur sans doute voulant que les trois députés de Yelk s’y trouvent. Dans la foule certains jeunes crient et affirment que d’autres militaires vont se joindre au mouvement. Au bout de cette longue avenue un Ararat majestueux tendu de neige et de soleil semble attendre tous ces manifestants toute la jeunesse d’Arménie - voire toute l’Arménie. D’ailleurs on voit déjà un autre cortège descendu de Shengavit arriver tricolore brandit et voitures jouant du klaxon dans un concert ininterrompu...

12h40 (heure locale)
En courant, les jeunes militaires et les étudiants blouses blanche se sont portés spontanément à la tête de ce cortège. Un prêtre est la aussi comme hier quatre d’entre eux pendant deux heures assistaient à la manifestation devant le poste de police de Shengavit. Nikol Pashinyan n’est évidemment pas libéré Et, selon la loi arménienne, la police peut le détenir 72 heures à compter de l’interpellation terme au delà duquel le Parlement doit voter pour lever son immunité parlementaire.

12h30 (heure locale)
Les jeunes soldats sont bien issus des rangs de l’armée au sens ou ils sont sous contrat. Il ne s’agit pas d’appelés et le lieutenant colonel avec eux est en fait ici revêtu de son uniforme mais précise t il comme simple citoyen. Le gros de la foule va maintenant aborder la longue rue Nardos, et dans ces quartiers populaires, de petits commerçants, pas un carrefour ou les manifestants ne soient pas applaudis - et surtout, souvent rejoints par d’autres simples citoyens...

JPEG - 4.2 Mo

12h05 (heure locale)
La foule tourne de Khandjyan, au niveau de la statue de Vartan Mamigonyan, vers le marché des quincaillers. Aux fenêtres certains tapent des casseroles - un mot d’ordre qui s’est diffusé depuis hier soir. Marquant le pas les jeunes en treillis en tête du cortège entonnent Mer Hayrenik avec un officier d’un certain âge à leur côté, qui chante lui aussi, tout en faisant le salut militaire.

12h (heure locale)
Ce sont les étudiants en majorité en grève qui sont dans les rues comme le confirment deux jeunes filles en blouse d’infirmiers. Cela a commencé par l’institut d’études médicales mais à notre connaissance ce sont toutes les universités qui font grève des cours déclarent elles sur le carrefour Tigran Mets ou l’incessant flot des manifestants enfle encore.

Reportage de Laurence Ritter pour Armenews.
Photos de Max Sivaslian.

posté le 23 avril 2018 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Erevan  Image 450  Manifestation  Politique 


ARMENIE
Le peuple triomphe après la démission du Premier ministre contesté

Erevan, 23 avr 2018 (AFP) - Les Arméniens triomphaient lundi, en dansant et remplissant leur verre en pleine rue dans la capitale Erevan, après l’annonce de la démission de l’ancien président Serge Sarkissian, nommé Premier ministre il y a moins d’une semaine, qui a cédé ainsi à la contestation populaire.

“Citoyen fier d’Arménie, tu as gagné ! Et personne ne peut te priver de cette victoire. Je te félicite, peuple victorieux !“, a déclaré le député et chef de l’opposition Nikol Pachinian, qui a mobilisé pendant onze jours consécutifs des milliers de personnes pour réclamer le départ de Serge Sarkissian.

Sur la place de la République, au coeur d’Erevan, où est situé le siège du gouvernement arménien, des milliers de personnes étaient réunies après l’annonce de la démission du Premier ministre, brandissant des drapeaux arméniens, s’embrassant et dansant.

“C’est une nouvelle vie qui commence aujourd’hui !“, a assuré à l’AFP Goar Badalian, étudiante de 21 ans.

Dans plusieurs quartiers d’Erevan, les propriétaires des petits commerces installaient des tables dans la rue et ouvraient des bouteilles de vin, invitant les passants à boire un verre à l’avenir du pays, selon une journaliste de l’AFP.

- “Je me suis trompé“ -

L’annonce surprise de la démission de Serge Sarkissian est intervenue lundi quelques heures après la libération de Nikol Pachinian, interpellé la veille lors d’une manifestation de l’opposition, qui a aussitôt rejoint les protestataires dans les rues d’Erevan, en lançant : “Tout le monde a déjà compris que nous avons gagné !“

“Je quitte le poste de dirigeant du pays“, a déclaré Serge Sarkissian dans un communiqué.

“Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé“, a ajouté M.  Sarkissian, qui avait été élu Premier ministre par les députés après avoir été dix ans président.

“Le mouvement de la rue ne voulait pas que je sois Premier ministre. Je satisfais votre demande et je souhaite paix, harmonie et logique à notre pays“, a-t-il souligné.

La nouvelle a été accueillie sur la place de la République par des cris de joie et des applaudissements.

Depuis le 13 avril, les manifestations se sont succédé pour exiger la démission de Serge Sarkissian, accusé par les contestataires de s’accrocher à tout prix au pouvoir et de n’avoir rien fait pour améliorer la vie de ses compatriotes.

Après dix ans à la tête de l’Etat, M. Sarkissian avait fait voter une réforme constitutionnelle qui a donné des pouvoirs renforcés au Premier ministre et laissé au président un rôle essentiellement honorifique. Un groupe de militaires actifs a rejoint les protestations lundi, selon le ministère arménien de la Défense, qui a promis des “poursuites“ contre ces soldats d’“une brigade de maintien de la paix (...) qui ont violé la loi“ en participant au défilé antigouvernemental.

- “Mentalité soviétique“ -

“Serge Sarkissian est un dirigeant qui a une mentalité soviétique. Et le monde d’aujourd’hui exige qu’on manifeste une approche tout à fait nouvelle face aux problèmes“, a déclaré à l’AFP un manifestant, Karen Khatchatrian, étudiant de 23 ans.

Avant l’annonce de la démission du Premier ministre, le président du Parlement Ara Babloïan, le premier vice-Premier ministre arménien, Karen Karapetian, ainsi que le ministre de la Défense Viguen Sarkissian ont appelé à un “dialogue“ entre les manifestants et les autorités.

“Je ne veux pas qu’un Arménien se batte contre un autre Arménien“, a déclaré le ministre de la Défense lors d’une conférence de presse. Le Kremlin suit “attentivement la situation en Arménie“, un “pays extrêmement important“ pour la Russie et son “très proche allié“, a déclaré à Moscou le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, en prenant soin de souligner que ce mouvement de protestation était “une affaire intérieure arménienne“.

Les manifestants reprochent également à M. Sarkissian, un ancien militaire de 63 ans, de n’avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la haute main sur l’économie du pays. Dimanche matin, une tentative de négociations entre M. Pachinian, ancien journaliste et opposant de longue date, et Serge Sarkissian, réunis devant les caméras de télévision dans un grand hôtel de la capitale arménienne, avait échoué après une brève et acrimonieuse discussion entre les deux hommes.

posté le 23 avril 2018 par Claire/armenews

Photo : Max Sivaslian

THEMES ABORDES : Arménie  Erevan  Image 450  Sarkissian 


ARMENIE
Démission du Premier ministre Serge Sarkissian

Erevan, 23 avr 2018 (AFP) - Le Premier ministre arménien Serge Sarkissian a présenté lundi sa démission, face aux protestations antigouvernementales qui secouent depuis onze jours l’Arménie, ex-république soviétique du Caucase, a rapporté l’agence de presse officielle arménienne Armenpress.

“Je quitte le poste de dirigeant du pays“, a déclaré Serge Sarkissian, selon son service de presse cité par l’agence. Le chef de la contestation et député “Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé“, a ajouté M.  Sarkissian, qui s’est fait récemment nommer Premier ministre, après avoir été dix ans président.

posté le 23 avril 2018 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Erevan  Image 450  Pashinian  Sarkissian 


EREVAN
Pashinian libéré, des milliers de manifestants toujours dans les rues

Erevan, 23 avr 2018 (AFP) - Le chef de l’opposition arménienne Nikol Pachinian a été libéré lundi après son interpellation la veille, alors que des milliers de manifestants, parmi lesquels étudiants et militaires, défilaient dans la capitale Erevan. Les protestations secouent l’Arménie pour le onzième jour consécutif, les manifestants exigeant la démission de l’ancien président Serge Sarkissian, accusé de s’accrocher au pouvoir après avoir été nommé Premier ministre avec des prérogatives renforcées alors qu’il vient de passer dix ans à la tête de l’Etat.

Un groupe de militaires actifs a également rejoint les protestations lundi, selon le ministère arménien de la Défense, qui a promis des “poursuites“ contre ces soldats d’“une brigade de maintien de la paix (...) qui ont violé la loi“ en participant au défilé antigouvernemental.

Des étudiants de la faculté de médecine, vêtus de leurs blouses blanches, ainsi que de nombreux anciens militaires en uniforme participaient aussi à ce défilé, en brandissant des drapeaux arméniens et bloquant brièvement les rues. Le député et chef de la contestation Nikol Pachinian avait été interpellé la veille lors d’une manifestation, au moment où selon le parquet général il commettait “des actes dangereux pour la société“.

Entouré de ses partisans brandissant des drapeaux arméniens, M. Pachinian a rejoint lundi les protestataires dans les rues d’Erevan, selon des images de la télévision.

“Serge Sarkissian est un dirigeant qui a une mentalité soviétique. Et le monde d’aujourd’hui exige qu’on manifeste une approche tout à fait nouvelle face aux problèmes“, a déclaré à l’AFP un manifestant, Karen Khatchatrian, étudiant de 23 ans.

Pour sa part, le premier vice-Premier ministre Karen Karapetian a annoncé à la télévision publique qu’il allait rencontrer lundi M. Pachinian “pour discuter avec lui d’une possibilité de dialogue“, à la veille de la Journée de commémoration du génocide arménien de 1915, mardi, “une journée très importante pour notre peuple“.

Ce sujet sensible empoisonne les relations entre l’Arménie et la Turquie voisine, Erevan estimant qu’il s’agit d’un génocide au cours duquel 1,5 million d’Arméniens ont été tués de manière systématique pendant les dernières années de l’empire ottoman, alors qu’Ankara refuse de parler de génocide.

Le ministre de la Défense Viguen Sarkissian a également appelé lundi les manifestants et les autorités au “dialogue“. “Je ne veux pas qu’un Arménien se batte contre un autre Arménien“, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

- Droit à manifester -

“L’Arménie reconnaît le droit à manifester librement et garantit que les gens puissent exercer ce droit“, a souligné pour sa part le chef de la diplomatie Edouard Nalbandian, tout en appelant les protestataires à “respecter la loi sur les manifestations“. Le Kremlin suit “attentivement la situation en Arménie“, un “pays extrêmement important“ pour la Russie et son “très proche allié“, a déclaré à Moscou le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, en soulignant que ce mouvement de protestation était “une affaire intérieure arménienne“.

L’interpellation de M. Pachinian, 42 ans, a été suivie dimanche soir par une grande manifestation de protestation qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes sur la place de la République, au centre de la capitale, où se trouve le siège du gouvernement et où d’importants effectifs de la police avaient été déployés.

Cette première manifestation organisée en l’absence de M. Pachinian s’est terminée dans le calme. Les manifestants ont cependant réitéré leur volonté de poursuivre les rassemblements jusqu’à ce que Serge Sarkissian démissionne. Les manifestants reprochent également à M. Sarkissian, un ancien militaire de 63 ans, de n’avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la haute main sur l’économie du pays.

Dimanche matin, une tentative de négociations entre M. Pachinian, ancien journaliste et opposant de longue date, et le Premier ministre Serge Sarkissian, réunis devant les caméras de télévision dans un grand hôtel de la capitale arménienne, avait échoué après une brève discussion entre les deux hommes.

posté le 23 avril 2018 par Claire/armenews

Photo : Max Sivaslian.

THEMES ABORDES : Arménie  Erevan  Image 450 


EREVAN
Des milliers d’étudiants dans la rue

11h20 - Erevan - Aujourd’hui, des milliers d’étudiants d’un certain nombre d’universités d’Erevan sont dans la rue en ce 11 ème jour de désobéissance civile dans le pays. Environ 7000 à 10000 participants.

Vidéo par Arto Vaun.

mettre en plein écran pour régler le son

posté le 23 avril 2018 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Erevan  Image 450  Pashinian  Politique  Sarkissian 


L’UE préconise des négociations pour débloquer la situation a Erevan

L’Union européenne a appelé dimanche le Premier ministre Serge Sarkissian et les forces de l’opposition à reprendre de toute urgence les négociations pour régler la crise politique qui s’aggrave en Arménie.

Un porte-parole du chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, a également déclaré que les autorités arméniennes doivent “respecter pleinement“ le droit constitutionnel des citoyens de manifester pacifiquement et “appliquer la loi de manière juste et proportionnée“.

“Tous ceux qui ont été détenus en exerçant leur droit fondamental de réunion conformément à la loi doivent être libérés immédiatement“, a déclaré Maja Kocijancic dans un communiqué publié plusieurs heures après l’arrestation du chef de la protestation, Nikol Pashinian, et de deux autres députés de l’opposition.

“Il est de la plus haute importance que toutes les parties impliquées fassent preuve de retenue et agissent de manière responsable“, ajoute le communiqué. “Un dialogue inclusif, comme l’a demandé le président Armen Sarkissian, visant à un règlement immédiat et pacifique de la situation actuelle, est essentiel“.

Le responsable de l’UE a qualifié de “décevante et inquiétante“ l’échec des discussions de crise de courte durée tenues par Serge Sarkissian et Pashinian dans la matinée.

“L’Union européenne réitère qu’il est essentiel que toutes les parties fassent preuve de retenue et de responsabilité et recherchent d’urgence une solution négociée“, a déclaré un communiqué publié par la délégation de l’UE en Arménie et les ambassades des Etats membres de l’UE.

Au milieu des protestations suscitées par la décision de Serge Sarkissian d’étendre son pouvoir, deux hauts responsables de l’UE l’ont félicité pour son élection en tant que Premier ministre arménien le 17 avril.

Le président Sarkissian, qui a organisé la rencontre du Premier ministre avec le leader de l’opposition, a semblé accuser Pashinian de l’échec des pourparlers de dimanche, tout en appelant à un dialogue renouvelé. “Il est essentiel d’abandonner la position et le comportement non constructifs, qui pourraient compromettre la stabilité du pays, et de continuer à chercher des possibilités de dialogue“, a-t-il déclaré.

La Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnaktsutyun), partenaire de la coalition de Serge Sarkissian, a également déclaré que des solutions de compromis peuvent être trouvées même après les “derniers événements.“ Il ne peut y avoir “ni gagnant ni perdant“.

Pendant ce temps, l’alliance de l’opposition Yelk, dont Pashinian est le leader, a fermement condamné l’arrestation de ses trois parlementaires et a exigé leur libération immédiate. Il a déclaré que Pashinian, Ararat Mirzoyan et Sasun Mikaelian doivent être libérés afin d ’“assurer un déroulement pacifique des événements“.

posté le 23 avril 2018 par Claire/armenews

PHOTO MAX SIVASLIAN NAM/ARMENEWS.COM