Nouvelles d'Arménie
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Manifestation


HAUT-KARABAGH
Le ministre d’Etat et des chefs de la sécurité démissionnent après les protestations

Le deuxième plus important responsable de la direction du Nagorno-Karabakh et les chefs des services de police et de sécurité locaux ont démissionné hier à la suite des manifestations anti-gouvernementales qui ont eu lieu à Stepanakert.

Les manifestations sans précédent ont été déclenchées suite au conflit violent le 1er juin entre des agents de sécurité et des résidents locaux. Les hommes en sont venus aux mains devant un lave-auto à Stepanakert, pour des raisons encore peu claires. Plusieurs d’entre eux se sont révélés être des officiers du Service National de Sécurité (SNS) du Karabagh.

La bagarre a déclenché des manifestations violentes contre ce que les protestants considèrent comme l’impunité dont jouissent les forces de l’ordre et leurs proches. Ils ont bloqué l’avenue principale de Stepanakert pendant quatre jours, exigeant la démission des membres du SNS et des chefs de police.

Plusieurs personnes, dont deux officiers du SNS, ont été arrêtées immédiatement après l’incident. Le gouvernement du Karabagh s’est engagé à assurer une enquête criminelle objective. Cependant, ces assurances n’ont pas réussi à satisfaire les manifestants.

Les protestations ont pris fin seulement après un appel du Premier ministre arménien Nikol Pachinian. Ce dernier a exhorté lundi les manifestants à donner à Bako Sahakian, le président du Karabagh, plus de temps pour tirer des « conclusions concrètes » de la violence.

Le chef de la police du Karabagh, Kamo Aghajanian, a justifié hier matin sa démission par le fait que c’était à la “demande publique“.

Le chef du SNS, Arshavir Gharamian, et son adjoint, Gagik Sargsian, ont emboîté le pas plus tard dans la journée. Contrairement à Aghajanian, ils n’ont pas publié de commentaires.

Arayik Harutiunian, le ministre d’État du Karabagh responsable des affaires courantes du gouvernement, a également démissionné. Il a précédemment occupé le poste de Premier ministre, un poste officiellement aboli après que les législateurs locaux ont voté l’année dernière la prolongation du mandat de Sahakian jusqu’en 2020.

Harutiunian a attribué cette démission inattendue, qui n’était pas exigée par les manifestants, aux attentes populaires d’une “nouvelle phase de réformes“ au Karabagh. Il a ajouté que ces attentes ont été renforcées par la récente révolution démocratique en Arménie qui a amené Pachinian au pouvoir.

“Bien sûr, nous avons fait de sérieux progrès en termes de développement démocratique“, a-t-il relevé lors d’une conférence de presse à Stepanakert. “Mais ces événements [en Arménie] ont augmenté la demande populaire [de changement] en Artsakh et les autorités dirigées par le président doivent en tenir compte“.

Il a précisé que Sahakian a décidé de se lancer dans des réformes majeures et que sa démission contribuera à accélérer leur mise en œuvre.

Le ministre a également défendu son bilan. Il a soutenu, en particulier, que l’économie du Karabagh a augmenté de plus de 10% par an au cours de la dernière décennie.

Le parti de la Patrie libre de Harutiunian a la plus grande faction du parlement du Karabagh.

Harutiunian a été remplacé par Grigori Martirosian plus tard dans la journée. Martirosian était ministre des Finances jusqu’à maintenant.

Sahakian a également nommé de nouveaux chefs de la police du Karabagh et du SNS.

posté le 7 juin 2018 par Claire/armenews


JUSTICE
Un membre des Sasna Tzrer libéré sous caution, dans l’attente du verdict de son procès

Dans un geste demandé par les alliés politiques du Premier ministre Nikol Pachinian, un tribunal d’Erevan a ordonné hier la libération immédiate d’un membre du groupe d’opposition armé qui a pris d’assaut une base de la police arménienne en 2016.

La cour a libéré Areg Kyureghian dans l’attente de l’issue de l’un des trois procès en cours suite à l’attaque meurtrière sur la base située dans le district d’Erebuni à Erevan.

Le tribunal a cité une garantie écrite signée par deux membres du Parlement arménien. Ils ont promis que Kyureghian ne fuirait pas les poursuites et verserait une caution d’un million de drams (un peu plus de 2 000 dollars). Les deux députés sont affiliés à l’alliance de Pachinian, Yelk.

Kyureghian a été libéré dans la salle d’audience au lendemain de la libération provisoire de son frère Hayk. Ce dernier a été arrêté en 2014 et condamné à neuf ans de prison pour avoir tiré des coups de feu pour protester contre le procès de 14 militants de l’opposition radicale qui avaient organisé une manifestation antigouvernementale violente à Erevan.

Hayk Kyureghian devra seulement passer ses nuits à la prison de Vartashen s’il trouve un travail d’ici un mois.

S’adressant aux journalistes, Areg Kyureghian a attribué sa libération à une “nouvelle situation“ résultant des récentes manifestations de masse qui ont fait tomber le précédent gouvernement arménien. Il a décrit ses camarades emprisonnés comme des prisonniers politiques et a déclaré qu’ils devaient aussi être libérés.

Kyureghian fait partie de la trentaine de membres et partisans d’un groupe d’opposition, le Parlement fondateur, qui a saisi l’enceinte de la police d’Erebouni en juillet 2016. Ils ont exigé que le président Serge Sarkissian libère leur leader, Zhirayr Sefilian, et démissionne.

Les hommes armés, qui ont pris en otage des policiers et du personnel médical, ont déposé les armes après deux semaines de confrontation avec les forces de sécurité qui ont fait trois morts parmi les policiers.

Pachinian a publiquement listé Sefilian - mais pas les Sasna Tzrer emprisonnés - parmi les personnes qu’il pense être emprisonnées pour des raisons politiques. Peu de temps après avoir été élu Premier ministre le 8 mai, il a déclaré que l’affaire Erebuni était “un peu différente“ à cause des trois victimes. Il a ajouté que cela devrait être résolu à la suite de “discussions“ publiques qui doivent impliquer les proches des policiers tués.

Plus tard en mai, Sefilian et Varuzhan Avetisian, qui dirigeaient le groupe armé Sasna Tzrer, ont dénoncé le refus de Pachinian de faire pression sur les tribunaux et les forces de l’ordre pour qu’ils libèrent tous les opposants radicaux. Dans une lettre ouverte, ils ont averti que leur maintien en détention pourrait avoir de « graves conséquences » pour l’Arménie. Le Premier ministre a rejeté “les menaces de violence“.

Les membres de Sasna Tzrer ont publié une déclaration très différente mardi. Ils ont exprimé leur ferme soutien au gouvernement de Pachinian et ont assuré qu’ils renonçaient aux méthodes violentes de lutte politique.

posté le 7 juin 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



ARMENIE
Nikol Pachinian exhorte à nouveau les manifestants à cesser leur protestation

Le Premier ministre, Nikol Pachinian, a de nouveau demandé hier la fin immédiate des fermetures de routes et d’autres manifestations qui ont lieu en Arménie, affirmant qu’elles allaient “saboter“ le nouveau gouvernement.

Pachinian a déjà lancé un appel similaire le 17 mai, alors que des groupes de citoyens bloquaient les rues et les autoroutes à travers le pays et manifestaient devant des bâtiments gouvernementaux à Erevan. En conséquence de quoi pratiquement toutes ces manifestations se sont arrêtées.

En particulier, une grande rue d’Erevan a été débloquée par des dizaines de personnes exigeant la libération des membres emprisonnés d’un groupe d’opposition radical qui a lancé une attaque meurtrière contre un poste de police en 2016. Mais ils ont continué à manifester devant un tribunal d’Erevan presque quotidiennement.

En outre, un groupe de résidents de la province de Vayots Dzor, dans le sud-est du pays, a bloqué pour la quatrième journée consécutive toutes les routes menant à une mine d’or massive construite par une société américano-britannique, Lydian International, au gisement Amulsar. Ils ont exigé un arrêt permanent de toutes les opérations de construction et d’exploitation minière. Des centaines d’autres personnes travaillant pour Lydian et ses entrepreneurs arméniens n’ont donc pas pu aller travailler.

“Chers compatriotes, je vous le demande à nouveau : arrêtez toutes les actions de désobéissance civile sans exception et travaillez avec le gouvernement pour résoudre les problèmes qui vous préoccupent“, a écrit Pachinian dans un post sur Facebook.

“Prendre des mesures de désobéissance civile contre un gouvernement qui jouit de la confiance du peuple signifie prendre des mesures de désobéissance civile contre soi-même ou commettre des actes de sabotage contre le gouvernement bénéficiant de la confiance du peuple“, a t-il déploré. Il a averti que le fait de ne pas tenir compte de son appel « serait critiqué par le peuple ».

Pachinian a également diffusé un message vidéo en direct sur Facebook mardi dans la soirée dans une réponse apparente à la situation tendue autour du site minier d’Amulsar. Il a annoncé qu’il ordonnerait aux inspecteurs du gouvernement de vérifier « toutes les mines de métaux » dans le pays et, si nécessaire, d’assurer leur conformité avec les normes de protection de l’environnement et leurs obligations fiscales.

Pachinian a précisé en même temps que son gouvernement favorise une « approche explicitement équilibrée » dans le secteur minier domestique qui génère une part considérable des recettes d’exportation de l’Arménie. “Nous ne pouvons pas dire que nous allons fermer l’industrie minière arménienne“, a t-il souligné.

“Toutes nos actions doivent être professionnelles et se conformer strictement à la loi afin qu’il n’y ait pas de conséquences négatives pour l’Arménie dans les instances internationales et aussi en relation avec ce contexte positif pour le climat d’investissement“, a ajouté le Premier ministre.

Lydian a commencé à construire ses installations d’extraction et de fusion d’or à Amulsar 2016. Depuis, la société a embauché plus de 1 000 travailleurs arméniens pour la construction qui, selon elle, coûtera 370 millions de dollars en investissements. Les travaux sur la mine devraient être achevés avant la fin de cette année. Les exportations d’or de l’Arménie devraient augmenter fortement.

Les groupes arméniens de protection de l’environnement s’opposent au projet Amulsar. Lydian maintient qu’elle utilisera une technologie de pointe et évitera tout dommage à l’écosystème local.

Le projet minier est fortement soutenu par les gouvernements américain et britannique. L’année dernière, l’ambassadeur des États-Unis en Arménie, Richard Mills, a déclaré qu’il était jugé « pleinement conforme » aux normes de protection de l’environnement établies par la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

posté le 24 mai 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



ARMENIE
Un proche d’un député HHK arrêté, soupçonné d’agression sur des manifestants

Un homme travaillant pour un parlementaire arménien controversé affilié à l’ancien parti républicain au pouvoir (HHK) a été arrêté parce qu’il est soupçonné d’avoir agressé des manifestants antigouvernementaux à Erevan le mois dernier.

L’incident s’est produit dans le district de Kanaker-Zeytun, dans le nord de la ville, le 21 avril, deux jours avant que le leader du HHK, Serge Sarkissian, démissionne de son poste de Premier ministre au milieu de manifestations massives contre lui. Un groupe d’hommes aurait battu des manifestants pro-Pachinian et cassé leur voiture.

La police arménienne a arrêté mardi l’un des assaillants présumés, Andranik Isoyan. Il s’est révélé qu’il s’agit d’un assistant parlementaire de Mihran Poghosian, un riche député du HHK qui règne depuis longtemps à Kanaker-Zeytun.

Poghosian a exprimé mercredi l’espoir que cette arrestation n’est que le résultat d’un “malentendu“ et qu’Isoyan allait être innocenté. “Je regrette le fait que mon assistant se soit retrouvé parmi un certain nombre de personnes qui ont été arrêtées ou convoquées récemment par des organes compétents“, a-t-il commenté.

Zaruhi Batoyan, un membre important de l’alliance Yelk de Pachinian, avait affirmé plus tôt que les assaillants étaient arrivés sur les lieux de l’incident dans des voitures appartenant à Poghosian et à ses associés. Batoyan a ajouté suspecter le fait que le parlementaire était dans une de ces voitures pendant l’agression.

Poghosian a catégoriquement nié cela. Il a également insisté sur le fait qu’il n’avait pas ordonné à Isoyan ou à quiconque d’attaquer les manifestants.

Poghosian, qui aura 42 ans la semaine prochaine, a dirigé un organisme d’État arménien qui appliquait les décisions de justice jusqu’à ce qu’il soit impliqué dans un scandale de corruption il y a deux ans. Citant des documents divulgués connus sous le nom de Panama Papers, la publication d’enquête Hetq.am a rapporté qu’il contrôlait trois sociétés fantômes enregistrées au Panama.

Après ses rejets initiaux du rapport, Poghosian a annoncé sa démission plus tard en avril 2016. Le Service spécial d’enquête (SIS) de l’Arménie a lancé une enquête criminelle à l’époque.

Le SIS a affirmé en janvier 2017 qu’il ne lancerait aucune poursuite pénale contre Poghosian parce qu’il n’a trouvé aucune preuve de son implication dans une « activité entrepreneuriale illégale ». Peu de temps après, le HHK au pouvoir l’a investi en tant que candidat aux élections législatives d’avril 2017.

Les médias indépendants accusent depuis des années Poghosian d’avoir des intérêts commerciaux étendus grâce à sa position et à ses relations avec le gouvernement. En particulier, il est largement considéré comme le principal propriétaire d’une entreprise qui jouissait d’un monopole de facto sur les importations de bananes en Arménie jusqu’à récemment.

L’ancien responsable a également fait face à des allégations de l’opposition selon lesquelles une organisation caritative qu’il contrôle aurait acheté des voix pour le HHK et Serge Sarkissian lors des élections présidentielles et législatives. Ce qu’il a toujours nié.

posté le 24 mai 2018 par Claire/armenews


COHABITATION
Vigen Sargsian met en garde contre de possibles futurs troubles en Arménie

Les manifestations massives qui ont abouti au changement de gouvernement n’étaient pas une révolution démocratique et pourraient créer plus de problèmes pour le pays, a craint hier le ministre sortant de la Défense, Vigen Sargsian.

“Je ne considère pas ce qui s’est passé comme une révolution parce que la révolution signifie un changement de l’ordre juridique de l’Etat“, a commenté Sargsian lors d’une conférence de presse de fin de mandat à Erevan. “Ce qui s’est passé dans notre pays a été un changement de gouvernement : le représentant d’une faction parlementaire a remplacé le représentant d’une autre au poste de Premier ministre.“

“Ce que nous avons maintenant est un modèle incompréhensible au sens juridique“, a-t-il asséné. “Nous avons une majorité parlementaire et un Premier ministre représentant la minorité parlementaire, ce qui comporte de nombreux dangers“.

“Que signifie une telle situation ? Cela signifie que chaque fois qu’une décision de la majorité sera défavorable au Premier ministre et au gouvernement minoritaire, les gens descendront dans la rue et feront pression sur les députés pour qu’ils votent contre leur volonté. C’est tout sauf la démocratie. “

Sargsian a remis sa démission quelques heures après l’élection au poste de Premier ministre du chef de la protestation par le Parlement arménien, Nikol Pashinian.

L’alliance de l’opposition Yelk, dont Pashinian est un membre éminent, n’a que 9 sièges dans l’Assemblée nationale qui en compte 105. Le nouveau Premier ministre est également soutenu par l’alliance de l’homme d’affaires Gagik Tsarukian et la Fédération révolutionnaire arménienne, qui détiennent 38 autres sièges à eux deux.

Pashinian a réaffirmé mardi son intention de faire en sorte qu’il y ait de nouvelles élections législatives, sans avancer de dates possibles.

Sargsian a déclaré que la conduite d’élections exigera “un accord mutuel entre tous les acteurs politiques“.

Sargsian a également affirmé qu’il resterait dans “le champ politique“ après avoir quitté son poste. Il n’a toutefois pas précisé s’il participerait activement aux activités du HHK. L’homme de 42 ans était à la tête de la liste des candidats du HHK aux élections législatives d’avril 2017 remportées par le parti.

Sargsian a travaillé comme chef de l’équipe présidentielle avant d’être nommé ministre de la Défense en octobre 2016. Il était largement considéré comme le successeur potentiel de Serge Sarkissian.

Sargsian a défendu son bilan lorsqu’il a annoncé sa démission suite à une réunion avec Pashinian qui s’est tenue en fin de journée mardi. “Je suis fier de remettre une armée plus efficace et prête au combat à mon successeur“, s’est-il félicité dans un communiqué.

Sargsian est titulaire d’une maîtrise de l’École de droit et de la diplomatie américaine Fletcher. Il a enseigné les relations internationales et l’administration publique à l’Université américaine d’Arménie de 2001 à 2011.

posté le 10 mai 2018 par Claire/armenews


Manifestations en Arménie
L’exemplaire révolution de velours

Photo : « Nikol, Premier ministre »

A cinq jours de la seconde session extraordinaire du parlement, le mardi 8 mai, celui qui est connu du monde entier, a fait savoir qu’il soumettra officiellement sa candidature aujourd’hui au poste Premier ministre.

Trois factions parlementaires - le bloc Yelk, l’Alliance Tsarukyan et la Fédération Révolutionnaire Arménienne (FRA) soutiennent Nikol Pachinian. La faction parlementaire du Parti républicain a déclaré qu’elles soutiendra “tout candidat désigné par un tiers du nombre total de députés“. Autant dire Nikol Pachinian lui-même.

Le héros des 20 jours a exhorté ses partisans à s’abstenir de toute action de désobéissance civile et manifestations ce jour, pour lui permettre de tenir des réunions à l’Assemblée nationale.

Passer en plein écran pour avoir le son

Jamais dans l’histoire de l’Arménie, aujourd’hui montrée en exemple, un tel scénario n’avait été envisageable. Le calme des manifestants, les Kocharis et les musiques à longueur de journées traduisent parfaitement l’esprit arménien. Particulièrement celui de la jeunesse avide de liberté et de justice. Une révolution de velours exemplaire.

Les jeunes nettoient la ville

posté le 3 mai 2018 par Jean Eckian/armenews


Manifestations en Arménie
Arménie : Pachinian appelle à cesser les manifestations, dit avoir le soutien de tous les partis

Erevan, 2 mai 2018 (AFP) - L’opposant arménien Nikol Pachinian a appelé mercredi ses partisans à mettre fin aux manifestations, affirmant avoir obtenu le soutien des quatre partis représentés au Parlement pour son élection au poste de Premier ministre le 8 mai.

“Tous les groupes (parlementaires) ont dit qu’ils soutiendraient ma candidature. La question est réglée“, a-t-il assuré devant des dizaines de milliers de manifestants réunis sur la place de la République, dans le centre d’Erevan.

“Nous arrêtons notre action et nous allons nous reposer“, a-t-il ajouté, appelant les écoliers et étudiants à reprendre les cours. “Le 8 mai, nous serons 500.000 personnes à nous réunir ici et nous proclamerons notre victoire“, a promis l’opposant.

A la tête de la fronde antigouvernementale qui agite l’Arménie depuis le 13 avril, M. Pachinian n’a pas réussi mardi à être élu Premier ministre par le Parlement, où le Parti républicain, au pouvoir, possède 58 des 105 sièges. L’opposant a alors appelé ses partisans à la “désobéissance civile“. Mercredi, des dizaines de milliers de manifestants, selon une estimation de l’AFP, ont paralysé Erevan, bloquant les routes, le métro et les trains. L’Arménie est plongée depuis trois semaines dans une crise politique sans précédent, qui a mené le 23 avril à la démission de Serge Sarkissian, tout juste élu Premier ministre après avoir été président pendant dix ans de ce petit pays du Caucase du sud.

posté le 3 mai 2018 par Jean Eckian/armenews


MANIFESTATIONS A EREVAN
Le direct de notre correspondante, Laurence Ritter

Erevan, 2 mai 2018, 12h30 heure locale - Venu à pieds depuis la gare routière, D., employé du supermarché SAS, et qui habite près de l’aéroport, ne fait pas grève... La chaîne de supermarché appartient à un homme du pouvoir, alors, sur la rue Toumanyan, le magasin est ouvert. En revanche, dans tout le centre, nombre de boutiques ont, elles, baissé les grilles en fer de leurs vitrines. Depuis 8 heures ce matin, l’appel à la grève lancé par Nikol Pashinyan à l’issue du vote qui ne lui a pas permis d’être nommé Premier ministre, circule et est de plus en plus suivi. La route de l’aéroport est fermée, on voit sur les réseaux sociaux vidéos et photos montrant les touristes à pieds en train de parcourir les derniers kilomètres qui les séparent de Zvarnots, tandis que des employés de l’aéroport sont eux, pour certains, en grève, sans qu’il soit possible de dire si les vols du jour sont maintenus ou non.

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Vers 11 heures, David Petrosyan, l’un des leaders étudiants, à la tête d’un cortège parcourant le centre expliquait que la plupart des universités, privées comme publiques, s’impliquaient dans le mouvement de grève et de fait - les étudiants de ce qui n’est qu’un de leurs cortèges étaient déjà très nombreux sur la rue Saroyan, avec notamment les étudiants des filières médicales, en blouse blanche. Sur l’avenue Mashtots, barrée, pendant plus d’une heure, au niveau de l’opéra, les jeunes, au son des speakers d’une voiture, dansaient des kotcharis, et surtout, la Yakhkusta, cette danse du Sassoun, plus guerrière, au cours de laquelle les hommes font mine de se défier et se tapent fortement dans la paume des mains.

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Les consignes du leader de l’opposition restent cependant très claires - pas de provocation, ne pas répondre à la violence par la violence, rester calmes, pacifiques et déterminés. Apparu hier pendant les longues heures de débat au Parlement en costume, il a repris aujourd’hui la tenue qu’il porte depuis le début du mouvement et, sur sa casquette, on peut lire “doukhov“, devenu l’un des slogans - avec détermination, avec âme, ou encore, avec courage, le terme est difficile à rendre en français...

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On entendait largement dans les groupes de manifestants monter un autre slogan - démission du Parti Républicain, qui porte la responsabilité du vote d’hier soir, avec l’un des députés dachnak. Pour ce jeune d’une trentaine d’années, qui tient un modeste stand de produits frais dans le centre et vient tous les jours de Dvin, bien à l’extérieur d’Erevan, la question est très difficile : “ Je ne crois pas à la démission du PR, ils seraient obligés de répondre de ce qui s’est passé le 1er mars, mais aussi, de l’attaque du Parlement, et surtout, de leur fortune accumulée depuis toutes ces années... Même si l’on sait que les fonds sont ailleurs, ils ne peuvent que redouter la perte du pouvoir et avoir la aussi à répondre de leur enrichissement“, explique-t-il.

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On enregistre aussi de forts mouvements à Gumri, les manifestants ont investi tôt ce matin le bâtiment de la mairie et ont appelé le maire à laisser ses employés les rejoindre. Le mot d’ordre de grève générale suit également dans le métro à Erevan, et les principaux points d’accès à la ville sont également bloqués.

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posté le 2 mai 2018 par Claire/armenews

Photos de Max Sivaslian / Texte de Laurence Ritter



Russie-Arménie
Vladimir Dzhabarov : résoudre la crise par le force est inadmissible

“L’option de résoudre par la force la crise politique en Arménie, que le leader de l’opposition Nikol Pachinian a réclamée, est inadmissible et met en doute la légitimité de l’élection du Premier ministre“, a déclaré Vladimir Dzhabarov, premier vice-président du Comité des affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie, rapporte l’agence de presse russe RIA Novosti.

Selon lui, un tel développement des événements est lourd de conséquences graves pour l’Arménie, tant à l’intérieur du pays que dans sa politique étrangère.

“Erevan a des ennemis, qui n’hésiteront pas à profiter de cette situation“, a ajouté Dzhabarov.

posté le 2 mai 2018 par Jean Eckian/armenews
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