Nouvelles d'Arménie
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Turquie


ARMENIE/TURQUIE
La Turquie réaffirme la condition du Karabagh pour mettre en oeuvre les Protocoles

La Turquie a de nouveau précisé qu’elle ne mettrait pas en œuvre les accords soutenus par l’Occident pour normaliser ses relations avec l’Arménie sans une résolution du conflit du Haut-Karabagh acceptable pour l’Azerbaïdjan.

Le ministre turc des Affaires étrangères a dans le même temps dénoncé les plans d’Erevan d’annuler formellement les deux protocoles signés à Zurich en 2009.

“Ces protocoles sont toujours à l’ordre du jour de la commission des Affaires étrangères de la Grande Assemblée nationale turque et, pour leur ratification, il est essentiel de garantir une atmosphère politique favorable et la paix dans le Caucase du Sud“, a indiqué jeudi le ministère.

“Dans le même ordre d’idées, il faut que le conflit du Haut-Karabagh progresse, en se fondant sur l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et à la lumière des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU“, met en avant le communiqué. “En tout cas, l’Arménie doit mettre fin à son invasion des territoires azerbaïdjanais“.

Cette déclaration fait suite celle mercredi dernier du ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, réaffirmant l’intention d’Erevan de retirer sa signature des protocoles en raison des “conditions préalables sans fondement“ d’Ankara pour leur ratification parlementaire. “Nous entrerons au printemps 2018 sans ces protocoles futiles“, avait annoncé un peu plus tôt le président Serge Sarkissian.

Les protocoles ont engagé la Turquie et l’Arménie à établir des relations diplomatiques et à ouvrir leur frontière, qu’Ankara a longtemps fermé pour montrer son soutien à l’Azerbaïdjan. Peu de temps après la cérémonie de signature à Zurich, Ankara a déclaré que le Parlement turc ne ratifierait l’accord que s’il y avait des progrès décisifs vers une paix au Karabagh.

Le gouvernement arménien a rejeté cette condition préalable, arguant que les protocoles ne font aucune référence au conflit. Les États-Unis, l’Union européenne et la Russie ont également demandé à plusieurs reprises leur mise en œuvre inconditionnelle par les deux parties.

Tout en réaffirmant le lien avec le Karabagh, le ministère turc des Affaires étrangères a insisté sur le fait qu’Ankara n’est pas responsable de l’effondrement effectif des accords de 2009. Il a affirmé que l’Arménie elle-même avait introduit des “conditions préalables et des clauses restrictives“ à travers une décision de janvier 2010 rendue par la Cour constitutionnelle du pays.

Le tribunal a confirmé la légalité des protocoles. Mais il a également indiqué qu’ils ne peuvent avoir aucune incidence sur le conflit du Karabagh ni entraver la poursuite par l’Arménie d’une plus grande reconnaissance internationale du génocide arménien de 1915 en Turquie ottomane.

Contrairement à la Turquie, les États-Unis ont accueilli favorablement cette décision. Philip Gordon, un secrétaire d’État adjoint des États-Unis à l’époque, l’a qualifiée de « progrès positif dans le processus de ratification des protocoles de normalisation ».

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a ensuite exhorté Ankara à abandonner la demande sur le Karabagh lorsqu’elle s’est rendue à Erevan plus tard en 2010.

posté le 18 décembre 2017 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



Allemagne-Turquie
Charjoum exprime sa vive inquiétude quant au sort de Hrant Kasparyan, militant arménien de Turquie interné par les autorités allemandes
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Hrant Kasparyan, journaliste et membre de la Ligue turque des droits de l’Homme, a dû s’exiler de Turquie suite à la tentative de coup d’Etat et à la répression qui a suivi. Il est actuellement en Allemagne dans un centre pour réfugié où il est en danger.

Le régime de Recep Erdogan a, depuis les événements de 2016, accentué la répression contre les minorités du pays et les militants des droits humains. Le président Erdogan et le parti islamiste dont il est issu (l’AKP) concentrent tous les pouvoirs politiques du pays. La doctrine de l’Etat turc, teintée de nationalisme et d’idéologies religieuses totalitaires, est imposée au peuple par la violence. La Turquie vit en effet une vague de répression sans précédent contre les militants, les journalistes et même plus récemment contre les bibliothèques qui proposeraient des ouvrages jugés subversifs par le régime. En effet, c’est plus de 140 000 livres qui sont à actuellement retirés de la circulation pour être détruits.

En tant que militant arménien de Turquie, activiste LGBTI, en faveur des droits des Kurdes et plus généralement des droits humains, Hrant Kasparyan figurait parmi les personnes menacées par ce regain de répression. Il a donc quitté la Turquie pour se réfugier en Allemagne où il a fait une demande d’asile politique.

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De gauche à droite : Baskın Oran (politologue, militant des droits de l’homme)), Tamer Çilingir (journaliste blogueur), Ragip Zarakolu (éditeur, militant des droits de l’homme), Yavuz Baydar (journaliste), Raffi. Hermon Arax (journaliste), Hrant Kasparyan (journaliste)

Dans l’attente de voir sa situation régularisée, les autorités allemandes ont interné Hrant. Dans l’attente de voir sa situation régularisée, les autorités allemandes ont interné Hrant Kasparyan dans un centre pour réfugiés. En plus des conditions d’internement exécrables, il doit partager son quotidien avec des groupes d’hommes partageant les idéologies religieuses fanatiques qui ont fortement contribué à sa fuite de Turquie.

Le psychologue du centre, constatant la situation dramatique que vit Hrant Kasparyan, ainsi que les pressions qu’il subit quotidiennement, a requis son placement dans un lieu plus sûr. Mais les autorités allemandes n’ont pas réagi à l’heure où Charjoum et d’autres voix expriment leur vive inquiétude.

Cet ancien collaborateur du quotidien pro-kurde Özgur Gundem, du quotidien Taraf, du site Demokratik Haber et d’Agos, l’hebdomadaire arménien d’Istanbul, doit être mis en sécurité et obtenir le statut de réfugié sans délais.

posté le 16 décembre 2017 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Allemagne  Droits de l’homme  Turquie 


ARMENIE/TURQUIE
Erevan réaffirme son intention d’annuler formellement les accords arméno-turcs

Le ministre des Affaires étrangères Edouard Nalbandian a réaffirmé hier l’intention du gouvernement arménien d’annuler formellement les accords négociés par les Etats-Unis pour normaliser les relations de l’Arménie avec la Turquie, invoquant les “conditions préalables sans fondement“ d’Ankara.

Les deux protocoles signés à Zurich en octobre 2009 engagent la Turquie et l’Arménie à établir des relations diplomatiques et à ouvrir leur frontière. Peu de temps après la cérémonie de signature, Ankara a précisé que le Parlement turc ne ratifierait l’accord que s’il y avait des progrès décisifs vers une résolution du conflit du Haut-Karabagh acceptable pour l’Azerbaïdjan.

Le gouvernement arménien a rejeté cette condition préalable, arguant que les protocoles ne font aucune référence au conflit. Les États-Unis, l’Union européenne et la Russie ont également demandé à plusieurs reprises leur mise en œuvre inconditionnelle par les deux parties.

Le président Serge Sarkissian a de nouveau dénoncé la position de la Turquie lorsqu’il s’est adressé à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre. “Vu l’absence de tout progrès vers leur mise en œuvre, l’Arménie déclarera les deux protocoles nuls et non avenus“, a-t-il prévenu. “Nous entrerons au printemps 2018 sans, comme notre expérience l’a démontré, des protocoles futiles.“

Nalbandian a fait écho à cette déclaration lors d’une visite en Grèce. “Ces documents n’ont toujours pas été ratifiés depuis que la Turquie a proposé des conditions préalables sans fondement allant à l’encontre de la lettre et de l’esprit des protocoles“, a-t-il affirmé.

“Ces documents ne peuvent pas être pris en otage pour toujours, et c’est pourquoi le président de l’Arménie a annoncé en septembre que l’Arménie déclarerait les protocoles nuls“, a expliqué M. Nalbandian dans un discours prononcé au ministère grec des Affaires étrangères.

Ankara n’a toujours pas réagi officiellement à la déclaration de Sarkissian en septembre. Les gouvernements turcs successifs ont maintenu cette frontière avec l’Arménie complètement fermée depuis 1993 pour montrer leur soutien à l’Azerbaïdjan.

Sarkissian a déjà menacé en février 2010 d’abandonner les protocoles s’ils n’étaient pas ratifiés par les Turcs “dans les plus brefs délais“. Mais il a évité de le faire, disant deux mois plus tard qu’il ne voulait pas contrarier les Etats-Unis et les autres puissances mondiales.

Après avoir discuté avec le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias, Nalbandian a également décrit les relations gréco-arméniennes comme une “véritable fraternité“. “Nous avons tous deux souffert de génocides et de crimes contre l’humanité, nous avons défendu nos droits dans les moments difficiles », a-t-il dit.

Lors d’une rencontre avec Sarkissian à Athènes l’année dernière, le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait également rappelé que les Arméniens et les Grecs avaient été victimes du génocide perpétré par les Turcs ottomans pendant la Première Guerre mondiale. Pour sa part, le président grec Prokopis Pavlopoulos a déclaré à son homologue arménien que “au début du XXe siècle, les deux peuples ont subi des moments tragiques pour la même raison“.

La Turquie a condamné ces déclarations. “La solidarité entre la Grèce et l’Arménie repose sur une hostilité et une calomnie conjointes dirigées contre l’identité turque“, s’est plaint un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères en mars 2016.

Les relations tendues de la Grèce avec la Turquie, un membre de l’OTAN, ont de nouveau été mises en évidence lors de la visite officielle du président turc Recep Tayyip Erdogan à Athènes la semaine dernière.

posté le 14 décembre 2017 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



JERUSALEM
Flambée de tension entre la Turquie et Israël

Istanbul, 10 déc 2017 (AFP) - Les dirigeants turc Recep Tayyip Erdogan et israélien Benjamin Netanyahu ont échangé dimanche des accusations de “terrorisme“ lors d’une brusque escalade verbale entre leurs pays, sur fond de tensions autour du statut de Jérusalem.

Le président turc, qui s’oppose fermement à la décision des Etats-Unis de reconnaître la Ville sainte comme capitale de l’Etat hébreu et accuse les autorités israéliennes de recourir à la force de façon “disproportionnée“, a ouvert les hostilités dimanche.

“La Palestine est une victime innocente (...) Quant à Israël, c’est un Etat terroriste, oui, terroriste !“, a lancé M. Erdogan lors d’un discours enflammé. “Nous n’abandonnerons pas Jérusalem à la merci d’un Etat qui tue des enfants“.

Lors d’un déplacement à Paris, M. Netanyahu lui a sèchement répondu, affirmant n’avoir “pas de leçons de moralité à recevoir d’un dirigeant qui bombarde des villages kurdes en Turquie, qui emprisonne des journalistes, aide l’Iran à contourner les sanctions internationales et aide des terroristes, notamment à Gaza“.

Cette flambée de tension survient alors que les relations entre la Turquie et Israël restent fragiles, en dépit d’une normalisation l’an dernier après six années de froid dues à un grave incident maritime.

Signe que l’escalade pourrait se poursuivre, Ankara a vertement réagi aux déclarations de M. Netanyahu. “Nous condamnons avec la plus grande fermeté les déclarations du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu“, a déclaré le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin.

“Au lieu de s’en prendre à notre pays et à notre dirigeant, les autorités israéliennes feraient mieux de mettre fin à leur occupation des territoires palestiniens“, a-t-il ajouté.

- ’Ô, Netanyahu !’ -

Ces tensions surviennent quelques jours après la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, une annonce qui a été fermement condamnée par Ankara.

Signe du caractère explosif de cette question, M. Erdogan avait déclaré, avant l’annonce de M. Trump, que reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël pourrait provoquer une nouvelle “rupture“ des relations diplomatiques entre la Turquie et l’Etat hébreu.

Le président turc, qui a plusieurs fois qualifié Jérusalem de “ligne rouge pour les musulmans“, a souligné que la décision américaine était “nulle et non avenue“ pour Ankara.

“Ô, Trump ! Ô, Netanyahu ! Nous ne tomberons pas aussi bas que vous !“, a lancé M. Erdogan dimanche. “Nous allons lutter jusqu’au bout par tous les moyens“ contre cette décision, a-t-il poursuivi, rappelant qu’un sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) devait se tenir mercredi à Istanbul.

Lors de son discours, M. Erdogan a fait projeter derrière lui une photo montrant un adolescent présenté comme un Palestinien habitant à Hébron, en Cisjordanie occupée, emmené, les yeux bandés, par des individus en uniforme présentés comme des soldats israéliens.

“Voyez comment ces terroristes traînent cet enfant de 14 ans“, a fulminé le président turc en désignant cette photo dont l’authenticité n’a pu être vérifiée dans l’immédiat.

Par ailleurs, plusieurs milliers de personnes ont participé dimanche à un rassemblement propalestinien à Istanbul.

Les relations entre la Turquie et Israël avaient été quasiment rompues en 2010 après un raid israélien contre un navire d’une ONG se dirigeant vers la bande de Gaza, qui avait fait dix morts parmi les militants turcs.

Depuis leur réconciliation, à l’été 2016, les deux pays ont depuis intensifié leur coopération, notamment dans le domaine de l’énergie.

posté le 11 décembre 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Israël  Turquie 


JERUSALEM
Ankara exhorte les pays musulmans à « dépasser les condamnations »

Le gouvernement turc a appelé dimanche les pays musulmans à “aller au-delà des condamnations“ lors d’un sommet qui doit se tenir mercredi à Istanbul pour examiner la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël.

“Il faut qu’une position, une attitude allant au-delà des condamnations sorte“ de ce sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a déclaré le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, cité par l’agence de presse étatique Anadolu. “En ce qui concerne les Palestiniens et Jérusalem, la Turquie a toujours suivi une politique très claire et nette, sans faire de zigzag“, a-t-il soutenu. “La Turquie ne changera pas d’opinion ni de position, même si nous devons être les seuls“.

Le président américain Donald Trump a reconnu mercredi Jérusalem comme capitale d’Israël, suscitant la colère des Palestiniens et des réactions de réprobation bien au-delà du Proche-Orient. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a plusieurs fois qualifié Jérusalem de “ligne rouge pour les musulmans“, a vivement critiqué cette décision, indiquant qu’elle était “nulle et non avenue“ pour Ankara.

Dans un apparent effort de mobiliser la communauté internationale, le président turc a eu cette semaine des entretiens téléphoniques avec les principaux dirigeants de la région, mais aussi avec ses homologues russe Vladimir Poutine et français Emmanuel Macron, ainsi qu’avec le pape François.

Le sommet de l’OCI aura pour but de “coordonner et d’unifier“ la réponse des pays musulmans, a indiqué M. Erdogan cette semaine, sans préciser toutefois si des mesures concrètes seraient étudiées.

La Turquie et Israël ont normalisé leurs relations l’année dernière, après une crise diplomatique déclenchée en 2010 par un raid israélien contre un navire d’une ONG en direction de la bande de Gaza, qui a fait dix morts parmi les activistes turcs.

Les deux parties ont intensifié leur coopération, notamment dans le domaine de l’énergie, mais M. Erdogan, défenseur de la cause palestinienne, continue à critiquer régulièrement la politique israélienne.

Istanbul, 10 déc 2017 (AFP) -

posté le 10 décembre 2017 par Ara/armenews


TURQUIE
5 policiers soupçonnés dans l’assassinat de Hrant Dink sont libérés

5 policiers d’Istanbul, soupçonnés de participation dans l’attenant du journaliste arménien Hrant Dink furent libérés sur décision du Tribunal suprême de Turquie. Selon le site turc Demokrathaber les juges ont décidé de libérer à l’issue des auditions Bekir Yukuç, Ecevit Emira, Emre Zinkezin, Hadja Cherif Chimjek et Cheref Atech. Selon le tribunal turc les charges contre ces derniers ne sont pas suffisantes pour les maintenir en détention. Le procès des commanditaires de l’assassinat de Hrant Dink s’enlise. Ce qui arrange certainement doute le gouvernement...

Krikor Amirzayan

posté le 10 décembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Turquie 


PROCÈS
Nathalie Goulet a soutenu Ara Toranian contre Maxime Gauin

En dépit de ses positions diamétralement opposées à celles d’Ara Toranian sur la question de l’Arstakh (Haut-Karabakh), Nathalie Goulet lui a apporté son soutien dans le procès que lui a intenté Maxime Gauin (voir PDF ci-dessous) et qui a connu le 28 novembre une issue positive pour le directeur de Nouvelles d’Arménie et pour Sam Tilbian.

Dans une lettre adressée le 12 octobre à la défense, la sénatrice de l’Orne, rappelant qu’elle avait voté pour la « loi égalité et citoyenneté » qui permettait de sanctionner les négationnistes du génocide arménien, a déclaré qu’elle considérait Maxime Gauin « comme un révisionniste et un négationniste » et qu’elle soutenait dans cette procédure Ara Toranian. Un engagement courageux eu égard à sa proximité traditionnelle avec la Turquie (elle a été longtemps vice-présidente du Groupe France-Turquie au Sénat) et avec l’Azerbaïdjan ( État également négationniste) dont elle est proche en tant que présidente du Groupe France-Caucase (Azerbaïdjan, Géorgie). Il reste à espérer que ce positionnement qui l’honore sera entendu dans une région largement influencée par l’attitude d’Ankara sur ce sujet, et qu’il contribuera à l’évolution générale des mentalités.

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posté le 8 décembre 2017 par Ara/armenews


RENE DZAGOYAN
Ennami

Non sans ironie, Clémenceau remarquait : « Il suffit d’ajouter « militaire » à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi la justice militaire n’est pas la justice, la musique militaire n’est pas la musique. » Au regard de ce qui s’est passé le 17 novembre 2017 en Norvège, à côté de la justice et de la musique, on peut ajouter la diplomatie. En effet, ce jour-là, au cours d’un exercice réunissant tous les pays membres, un officier de l’OTAN, pour représenter les ennemis de l’Occident, a épinglé, entre autres portraits, ceux de Mustapha Kemal Atatürk et de Reccep Tayyip Erdogan. En d’autres termes, il illustrait tout haut ce que ses supérieurs pensent tout bas. Le président Erdogan ne s’y est pas trompé, ordonnant le jour même le retrait des 40 soldats turcs participant à l’exercice. Cela dit, comme nous le rappelions le mois dernier, après son alliance avec la Russie, principal contrepoids de l’OTAN, et de l’Iran sa bête noire, après les multiples accrochages avec les leaders européens, la Turquie fait-elle partie des « amis » des pays occidentaux ou de leurs « ennemis » ?

La question mérite d’autant plus d’être posée que la tension entre Ankara et Washington est encore montée d’un cran ces 30 derniers jours. En effet, après l’affaire des visas, c’est cette fois l’homme d’affaires turco-iranien Reza Zarrab qui est placé sous les verrous dans l’Etat de New-York au chef d’un trafic d’or entre la Turquie et l’Iran, enfreignant ainsi l’embargo décrété par les USA. L’inculpation est d’autant plus délicate qu’en 2013, le même Zarrab avait été arrêté par le Parquet d’Istanbul pour « corruption », impliquant la banque publique Halkbank et son directeur général Süleyman Aslan, chez qui on a trouvé 4,5 millions de dollars en petites coupures. Les investigations ayant conduit tout droit à l’entourage familial et amical du président Erdogan, les enquêteurs ont purement et simplement été limogés et le prévenu relaxé. En Turquie, c’est une tradition.

L’arrestation de Zarrab n’aurait aucun intérêt si, selon les sources américaines, l’intéressé n’était pas décidé à « collaborer », c’est-à-dire, vulgairement parlant, à mouiller le président Erdogan, sa famille, et son gouvernement, transformant ainsi une affaire privée en un affaire d’État, et entraînant, par voie de conséquence, des sanctions envers la Turquie pour avoir enfreint l’embargo, ce qui la placerait de facto au même rang que la Russie, c’est-à-dire des ennemis des USA, donc de l’Occident. Pour un membre éminent de l’OTAN, c’est gênant. Loin de mettre un peu d’eau dans son vin (désalcoolisé, naturellement), le président Erdogan a, au contraire, jeté de l’huile sur le feu en demandant au parquet d’Istanbul d’enquêter sur les deux procureurs qui ont conduit l’enquête sur Zarrab l’an dernier. En un mot, entre les USA et la Turquie les lendemains qui chantent ne sont pas pour demain. Ce serait un moindre mal si, à son tour, l’Arabie Saoudite ne s’en mêlait. Le mois dernier, l’on parlait ici des ambitions d’Ankara sur le leadership sunnite, qu’elle dispute à Ryad.

Pour arrondir les angles, le président Erdogan, en 2016 et 2017, rencontrait à plusieurs reprises le successeur présumé du vieux roi Salmane Ben Abdelaziz, le prince Mohammed Ben Nayef, avec qui il entretenait les relations les plus amicales. Manque de bol, en juin 2017, c’est son cousin germain Mohamed Ben Salman qui monte sur le trône de Ryad. A noter que le nouveau roi est un féroce adversaire de l’Iran et de ses alliés. Et comme la Turquie et l’Iran... (voir plus haut). Ceci n’aurait aucune importance si l’Arabie Saoudite n’était le principal pourvoyeur de crédits de la Turquie. Aussi rien d’étonnant à ce que, depuis la reprise en main de Ben Salmane en septembre, le dollar soit passé de 3,40 livres turques à quasiment 4 livres, soit une perte de valeur de 17.5 % en un mois, avec tout ce que cela entraîne pour les remboursements de sa dette étrangère. Si, par-dessus tout ça, grâce aux révélations de M. Zarrab, les États-Unis décrétaient un embargo commercial, même partiel, envers la Turquie, on peut dire, sans grand danger, qu’Ankara n’est pas sorti de l’auberge.

Tout ceci, donc, pour illustrer qu’en étant, d’un côté, membre de l’OTAN et candidat toujours présent à l’adhésion européenne, et de l’autre, allié de la Russie et de l’Iran, il est difficile de dire que la Turquie est un pays « ami » de l’Occident sans dire qu’elle est en même temps son « ennemi ». Pour décrire cette situation inédite en diplomatie, il convient donc d’inventer un concept nouveau. Nous proposons donc aux experts géopoliticiens d’utiliser dans leurs analyses le concept de « ennami », qui résout l’apparente contradiction de la position turque. Ainsi, par exemple, lorsqu’en avril le président Erdogan présente ses condoléances aux Arméniens pour les « événements » de 1915 et qu’il le nie juste après, on peut dire sans se tromper qu’il a là une attitude « ennamicale ». Et le tour est joué... Il suffisait d’y penser. n

posté le 8 décembre 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : France  Turquie 


TURQUIE
Erdogan appelle à des améliorations territoriales à la veille de sa visite en Grèce

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé dans une interview diffusée mercredi soir à des “améliorations“ territoriales en mer Egée, des propos susceptibles de provoquer une polémique à la veille de sa visite en Grèce.

“L’espace aérien, les eaux territoriales et leurs différentes mesures peuvent être améliorés“, a déclaré M. Erdogan dans cette interview à la chaîne grecque Skai réalisée en Turquie. Il sera le premier président turc à se rendre en Grèce depuis 65 ans, bien qu’il y soit venu en 2010 en tant que Premier ministre.

“Certains problèmes peuvent être surmontés aisément, et je crois que si nous surmontons ces défis nos deux pays seront soulagés“, a-t-il ajouté.

La Grèce revendique un espace aérien de 10 miles (16 km) autours des côtes et de ses îles mais la Turquie ne reconnaît qu’un espace de 6 miles, soutenant que selon le droit international l’espace aérien devrait être le même que celui des eaux territoriales.

Régulièrement, en conséquence, des avions militaires turcs survolent l’espace aérien grec, et la chasse grecque les escorte parfois jusqu’à la frontière.

M. Erdogan a tenu ces propos sur un ton apparemment conciliant, appelant à “forger un esprit de solidarité entre nos deux nations“.

Mais les relations entre la Turquie et la Grèce sont émaillées de disputes territoriales, et les deux pays, alliés pourtant au sein de l’OTAN, ont failli en venir aux armes en 1996 au sujet d’îles inhabitées dans la mer Egée.

Dans l’interview, le président turc répète plus largement son opinion selon laquelle le traité de Lausanne de 1923, qui définit les relations gréco-turques, devrait être révisé.

Il a notamment plusieurs fois critiqué le rattachement d’îles égéennes à la Grèce aux termes de ce traité, des déclarations mal accueillies par les autorités grecques.

“Je crois qu’au fil du temps tous les traités doivent être révisés et celui de Lausanne, compte tenu des derniers développements, a besoin d’être toiletté, d’une révision si on veut“, a soutenu M. Erdogan mercredi soir. “Cette révision pourrait être mutuellement bénéfique“.

Le porte-parole du gouvernement grec avait espéré cette semaine de cette visite “des améliorations importantes“ aux relations bilatérales. Il avait par ailleurs noté que le traité de Lausanne était “en vigueur“ et de nature “contraignante“.

Dans une interview à l’agence de presse turque Anadolu, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a insisté de son côté mercredi sur le fait que les relations bilatérales devaient se faire sur la base de “la confiance mutuelle et du droit international avec un respect total du traité de Lausanne“.

posté le 7 décembre 2017 par Stéphane/armenews