Nouvelles d'Arménie
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Turquie


TURQUIE
Turquie : la justice lève l’interdiction de voyager pour Asli Erdogan

Un tribunal turc a levé l’interdiction de se rendre à l’étranger imposée à la romancière Asli Erdogan, poursuivie pour “propagande terroriste“ dans une affaire emblématique des restrictions de la liberté d’expression en Turquie.

Rejetée une première fois en mars, la requête de la romancière de 50 ans d’obtenir la levée de l’interdiction de voyager qui lui avait été imposée lors de sa remise en liberté provisoire en décembre, a été approuvée jeudi par un tribunal d’Istanbul.

Saluant une “mesure positive“, Asli Erdogan a une nouvelle fois rejeté les accusations de propagande. “Je suis innocente. On me fait payer juste parce que j’ai exprimé mon opinion au nom de la liberté d’expression“, a-t-elle déclaré à la presse après l’audience.

A cause de l’interdiction de sortie de territoire dont elle faisait l’objet, la romancière n’avait pas pu aller récupérer plusieurs prix littéraires qui lui avaient été décernés à l’étranger. Et même après la levée de cette interdiction, l’auteure n’est pas sûre de pouvoir se rendre à l’étranger, souligne son avocat, Me Erdal Dogan, rappelant que les passeports des personnes jugées pour des activités “terroristes“ étaient confisqués ou annulés par les autorités sous le régime de l’état d’urgence en vigueur depuis le putsch manqué du 15 juillet. “L’interdiction de voyager a été levée, mais il appartient désormais au ministère de l’Intérieur de trancher sur cette question“, a-t-il déclaré.

La linguiste Necmiye Alpay, 70 ans, poursuivie sur la base d’accusations similaires et qui avait été libérée en même temps qu’Asli Erdogan, a également vu son interdiction de voyager levée.

Les deux intellectuelles avaient été remises en liberté sous contrôle judiciaire fin décembre après plus de quatre mois en détention provisoire pour avoir collaboré au journal prokurde Ozgür Gündem, fermé par décret-loi en octobre, car accusé de “propagande terroriste“.

Elles n’ont toutefois pas été acquittées et risquent toujours, avec sept autres personnes, la prison à vie. Le procès a été ajourné au 31 octobre.

L’arrestation d’Asli Erdogan et sa détention pendant 132 jours, avaient provoqué une vague d’indignation en Turquie et en Occident, qui s’inquiète des restrictions imposées à la liberté d’expression depuis le putsch manqué du 15 juillet suivi de purges sans précédent.

posté le 27 juin 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Turquie 


MOYEN-ORIENT
Washington exhorte Doha et Ryad à « adoucir » leurs propos

Washington, (AFP) - Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a exhorté dimanche le Qatar et quatre pays menés par l’Arabie saoudite, qui ont isolé le petit émirat, à “adoucir“ leurs propos. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont accordé au Qatar un délai de dix jours pour satisfaire à 13 demandes, avant de mettre fin à l’isolement économique et diplomatique du petit émirat gazier.

Mais Doha a affirmé samedi que ces demandes, parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazeera, la réduction de ses relations avec l’Iran ou la fermeture de la base turque au Qatar, n’étaient “pas raisonnables“.

“Même si le Qatar aura beaucoup de mal à satisfaire à certaines demandes, il y a suffisamment de choses qui peuvent constituer une base de dialogue pour aller vers une solution“, a estimé M. Tillerson dans un communiqué, en appelant les pays “à s’asseoir ensemble et poursuivre cette discussion“. “Adoucir les propos aiderait aussi à réduire les tensions“, a-t-il ajouté.

Soutien du Qatar, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé dimanche que l’ultimatum présenté par l’Arabie saoudite et ses alliés était “contraire au droit international“.

Ces tensions diplomatiques, encouragées selon certains observateurs par une récente visite de Donald Trump en Arabie saoudite, pourraient menacer à terme la présence militaire des Etats-Unis au Qatar, qui y disposent d’une base aérienne cruciale pour la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

Selon le Qatar, ces tensions sont liées à des différends anciens et pas à la lutte contre les groupes extrémistes.

“Ce blocus illégal n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme, c’est pour limiter la souveraineté du Qatar et sous-traiter notre politique étrangère“, a déclaré un porte-parole du gouvernement qatari, le cheikh Saif bin Ahmed Al-Thani.

posté le 26 juin 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Emirats Arabes Unis  Etats-Unis  Turquie 


TURQUIE
Istanbul : la police disperse violemment la Gay Pride

À Istanbul, les autorités locales avaient interdit dimanche la Marche des fiertés LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexe). Officiellement, il s’agissait de préserver « l’ordre public » et la « sécurité des touristes » dans la zone concernée. C’est sans doute pour cette raison que la police a fait usage de balles en caoutchouc dimanche contre 40 manifestants qui avaient bravé l’interdit sur la place Taksim. Selon l’AFP, les policiers étaient plus nombreux que les participants. Au moins quatre personnes ont été interpellées.

Les organisateurs avaient auparavant réitéré leur détermination à maintenir la manifestation, interdite pour la troisième année consécutive et qui coïncidait cette fois avec le premier jour de la fête célébrant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan. Après des menaces de groupes conservateurs et d’extrême droite, les autorités avaient annoncé samedi interdire cette manifestation pour préserver « l’ordre public » et la « sécurité des touristes ». Les organisateurs avaient alors annoncé qu’ils maintiendraient l’événement et encore affiché dimanche leur détermination, assurant dans un communiqué : « nous n’avons pas peur, nous sommes là, nous ne changerons pas. Vous avez peur, vous changerez et vous vous y habituerez ».

Avant la manifestation, d’importantes forces de police présentes dans le quartier avaient bouclé plusieurs accès à la place, selon une journaliste de l’AFP. Interdite depuis 2015

La Marche des fiertés d’Istanbul avait rassemblé en 2014 des dizaines de milliers de personnes et constituait l’un des principaux événements LGBT au Moyen-Orient. Elle est interdite depuis 2015 lorsque, selon l’association des LGBTI, les autorités avaient mis en cause la coïncidence de l’événement avec le ramadan. En 2016, l’interdiction avait invoqué des raisons de sécurité alors que le pays était frappé par des attentats meurtriers liés aux jihadistes du groupe Etat islamique ou aux séparatistes kurdes. Dans un cas comme dans l’autre, les manifestants avaient bravé ces interdictions et avaient été dispersés violemment par les forces de l’ordre.

Cette semaine, onze militants ont été jugés à Istanbul pour avoir bravé l’interdiction de la Gay Pride de 2016, mais ils ont été acquittés. Les années précédentes, ces manifestations s’étaient déroulées sans incident.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est accusé par ses opposants de conduire une islamisation rampante de la société. Ses commentaires conservateurs sur les femmes et la famille enflamment régulièrement la critique, mais il se garde généralement d’évoquer publiquement les questions liées à l’homosexualité. En 2010 toutefois, la ministre de la Famille et de la Femme Aliye Selma Kavaf avait suscité la colère des défenseurs des droits des homosexuels en qualifiant l’homosexualité de « désordre biologique » et « maladie » devant être soignée. L’homosexualité n’est pas pénalement réprimée en Turquie, mais l’homophobie y reste largement répandue.

posté le 26 juin 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Turquie 


TURQUIE
Istanbul : la Marche des fiertés interdite dimanche

Le gouvernorat d’Istanbul n’autorisera pas la Marche des fiertés LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexe) prévue dimanche sur l’emblématique place Taksim pour des raisons de sécurité, selon un communiqué publié samedi.

Les organisateurs ont répliqué en affirmant que la manifestation se déroulerait comme prévu, qualifiant l’interdiction d’“infondée“.

Les autorités locales ont décidé de ne pas autoriser la tenue de la marche et des manifestations associées pour des questions de “sécurité des touristes“ dans la zone concernée, et “d’ordre public“, a annoncé le gouvernorat d’Istanbul dans un communiqué publié sur son site.

Affirmant avoir appris que la marche devait se tenir dimanche à 17H00 (14H00 GMT) sur internet et dans la presse, le gouvernorat affirme ne pas avoir reçu de demande d’autorisation formelle pour la manifestation.

“Le bureau du gouverneur était au courant de notre projet depuis longtemps car nous lui avions fourni une requête il y a des semaines“, assure à l’AFP Lara Ozlen, membre du comité d’organisation de la Marche des fiertés.

Des groupes d’extrême-droite ont menacé ces derniers jours sur les réseaux sociaux de s’en prendre à la manifestation qui a lieu cette année au premier jour des festivités de l’Aïd, qui marquent la fin du Ramadan.

“Nous dire +ne défilez pas+ au lieu de nous protéger parce que ça en gêne quelques uns est antidémocratique“, estime Mme Ozlen, assurant que la manifestation se déroulera comme prévu, dimanche.

Le communiqué du gouvernorat appelle à ne pas prendre en considération les appels à manifester et à respecter l’appel des forces de l’ordre.

Amnesty International a accueilli la décision des autorités avec “grande inquiétude“ selon un communiqué, appelant la Turquie à lever cette interdiction et à respecter la liberté d’expression et la liberté de réunion.

En 2015 et 2016, des manifestants avaient bravé l’interdiction de se rassembler à l’occasion de la Marche des fiertés et avaient été violemment dispersés par les forces de l’ordre.

Les années précédentes, ces manifestations s’étaient pourtant déroulées sans incidents, des milliers de personnes y prenant part pour défendre les droits des minorités LGBTI, devenant les plus importantes dans un pays musulman du Moyen-Orient.

posté le 24 juin 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Turquie 


EDITORIAL
Ce que l’on peut attendre d’Emmanuel Macron

La France s’est donc dotée d’un nouveau président et les législatives des 11 et 18 juin ont confirmé ce choix en accordant à son mouvement une large majorité. Emmanuel Macron aura par conséquent les coudées franches pour mettre en œuvre son programme et tenir ses promesses, pour le pays et pour ses différentes composantes, de toute nature. Gageons que les amis de la cause arménienne élus à l’Assemblée nationale, en particulier ceux qu’il a lui-même contribué à faire élire, n’hésiteront pas à les lui rappeler, dans le domaine qui leur est cher. Au besoin.

 A la lumière des propos tenus par Emmanuel Macron dans l’interview qu’il avait accordée à NAM en février 2017 , il semblerait que la nouvelle ère qui s’ouvre devant nous se situera dans le prolongement des jalons posés par Nicolas Sarkozy, et des initiatives prises par François Hollande, avec leurs zones d’intérêt (dans le domaine de la mémoire) et leurs limites, notamment sur les sujets du Haut Karabagh, de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. En ce qui concerne cette dernière, le rôle moteur qu’avait joué le gouvernement socialiste dans la relance des négociations d’adhésion à l’Europe ne restera pas au nombre des meilleurs souvenirs du quinquennat. Du moins pour la communauté arménienne qui n’acceptera jamais de vivre sous la tutelle (fut-elle partagée) d’un État négationniste à Bruxelles.

Quant à la politique socialiste sur la question du Haut Karabagh, son bilan n’est guère plus brillant. Les intérêts du complexe militaro-industriel l’ont en effet emporté sur l’obligation de réserve qui aurait dû découler, en bonne logique, du statut de médiateur de la France à la coprésidence groupe de Minsk. Conséquence : Paris a vendu des armes à l’Azerbaïdjan. Comme la Russie, même si les volumes ne sont pas comparables. En revanche Moscou avait compensé cet avantage militaire consenti à la pétro-dictature en aidant militairement l’Arménie, à moindre coût. Ce qui n’a pas été le cas de notre Etat, pour ce que l’on en sait. 

Aggravant ce déséquilibre, le Quai d’Orsay a pris l’initiative en 2015 d’isoler encore davantage la République du Haut Karabagh, en interdisant notamment aux communes françaises d’y faire des jumelages. Une mesure mal ressentie par nombre de députés socialistes (dont Bruno Le Roux, chef du groupe ps à l’AN), qui ont réagi en se rendant à Stepanakert, tandis que la diplomatie économique de Fabius fermait complaisamment les yeux sur les abominations du régime Aliev... 

Voilà donc le bilan, guère reluisant, dont va hériter Emmanuel Macron sur la question des relations avec l’Azerbaïdjan et le Haut-Karabagh. Sa politique suivra-t-elle cette pente peu digne de nos valeurs ? On avait pu comprendre, à travers l’interview à NAM du candidat à la présidence, que son appréhension du dossier oscillait entre deux sentiments : d’un côté la perception des contraintes économico-diplomatiques inhérentes au sujet, de l’autre un tropisme favorable aux Arméniens. Sera-ce suffisant pour combler la marge de progression de la République dans ce dossier ? Faudra-t-il se satisfaire du manque d’empathie récurrent du Quai d’Orsay à l’égard des Arméniens en générale et de l’Artsakh en particulier ?

Certainement pas. Et ce pour plusieurs raisons, nonobstant la justesse intrinsèque de la cause de l’Artsakh. La première tient au fait que la France, comme nombre de nations, a une dette morale envers le peuple arménien, dont elle n’a pu prévenir l’extermination prévisible, en dépit de ses engagements diplomatiques durant le demi-siècle qui a précédé 1915. Une dette aussi, du fait de sa complaisance avec l’État criminel turc auquel elle a offert en 1939 sur un plateau le Sandjak d’Alexandrette (territoire de l’ex-Cilicie), où subsistaient encore des Arméniens.

Si l’on fait en général bonne part à l’épopée du Moussa-Dagh, au cours duquel la flotte française a sauvé 4000 Arméniens en septembre 1915, comment oublier les épisodes moins glorieux de Marach et de Hadjine en février 1920 qui ont débouché sur le massacre d’environ 20 000 Arméniens, après l’évacuation sur la pointe des pieds de l’armée française ? Et comment faire aussi abstraction du rapprochement franco-turc honteux qui avait été ourdi dans l’ombre dès les années 20, sur le dos du cadavre encore fumant du peuple arménien ? Et ce, sans parler de l’abandon du traité de Sèvres et de la signature de l’inique traité de Lausanne qui entérina la trahison envers les victimes.

Alors oui, bien sûr, la France, comme l’Allemagne, comme l’Angleterre, chacune à des niveaux différents, a des obligations morales à l’égard de la nation arménienne. Et si la reconnaissance du génocide a constitué une forme de réparation, la sécurité pour les Arméniens encore en danger sur leurs terres historiques, comme au Haut Karabagh, en constitue une autre, aujourd’hui impérative. 

Mais, la nécessité pour la France et l’Europe de protéger les Arméniens du Haut Karabagh ne relève pas uniquement du devoir moral, de la dette d’honneur. Elle procède aussi de la cohérence politique. Le droit à l’autodétermination s’inscrit dans le registre des droits de l’homme, pierre angulaire de la construction républicaine. La diplomatie française a prôné tout récemment ce principe pour toutes les régions de l’ex-Yougoslavie. L’ignorer à propos du Haut-Karabakh, participerait là encore de ce pur prosaïsme économique qui caractérise la relation entre Paris et la pétro-dictature de Bakou. Or, cynisme pour cynisme, cet opportunisme sous-tendu par une logique mercantile se justifie de moins en moins, eu égard à la crise financière de l’Azerbaïdjan et au fait que son « peak oil » est très largement derrière lui. 

Enfin, d’un simple point de vue géopolitique, la chute du verrou stratégique que représente le Haut Karabagh risquerait d’avoir un effet domino désastreux pour la sécurité de l’Europe, et donc de la France. Si, qu’à Dieu ne plaise, ce qu’il reste de la digue arménienne venait à sauter, comme s’y emploient historiquement les forces du panturquisme, le vieux continent se retrouverait dans un face à face explosif avec un espace pan turc territorialement unifié et un Moyen-Orient en butte à l’ottomanisation. Un rêve impérialiste dont la réalisation a été et demeure la clé de voûte des politiques criminelles d’Ankara envers les Arméniens, les Kurdes et les minorités.

L’Europe - et la France avec elle - peuvent-elles prendre le risque de laisser se développer cette perspective totalitaire, alors qu’elles parviennent à peine à contenir l’arrogance d’Erdogan, qui ne fait pas mystère de ses visées panturquistes et de sa volonté d’enrôler, partout où c’est possible, l’Islamisme politique sous la bannière turque ? 

Les premiers pas diplomatiques d’Emmanuel Macron tendraient à montrer qu’il n’entend pas être une sorte de « capitaine de pédalo dans la tempête ». Il semble au contraire s’inscrire dans une réflexion stratégique et une vision historique, notamment à l’égard de l’Europe. Puisse cette volonté de prendre de la hauteur déteindre sur le Quai d’Orsay et l’amener à voir les choses autrement que par le petit bout de l’oléoduc...

Ara Toranian

posté le 24 juin 2017 par Ara/armenews
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TURQUIE/ALLEMAGNE
Mosquée libérale : passe d’armes entre Berlin et Ankara

Berlin, 23 juin 2017 (AFP) - Le gouvernement allemand a vivement critiqué vendredi les autorités turques qui se sont élevées contre l’ouverture à Berlin d’une mosquée libérale où hommes et femmes prient ensemble.

“J’ai été très surpris mais aussi honnêtement assez affecté par la prise de position“ de l’Autorité religieuse en Turquie, le Diyanet, a souligné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer.

“Je souhaite très clairement rejeter des déclarations qui manifestement ont pour objectif de priver les gens en Allemagne de leur droit d’exercer librement leur religion et de restreindre la liberté d’expression“, a-t-il ajouté.

La Direction des Affaires religieuses (Diyanet), chargée d’organiser le culte musulman en Turquie, a jugé que cette nouvelle mosquée berlinoise, qui suscite d’énormes réactions en Allemagne depuis son ouverture vendredi dernier, était “incompatible“ avec les principes de l’islam.

“Les principes fondamentaux de notre grande religion ont été balayés“, a jugé cette autorité qui jouit d’une influence importante et gère quelque 900 mosquées et associations en Allemagne.

Elle accuse aussi la mouvance du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué en Turquie en juillet 2016, d’avoir inspiré ce projet.

“Comment, où et quand les gens exercent leur religion ne relève pas des prérogatives d’un Etat“, a jugé M. Schäfer pour qui l’Etat doit garantir la liberté de culte au même titre que la liberté de la presse et d’opinion.

“La liberté de culte est un droit fondamental inscrit dans la Constitution“, a-t-il encore martelé. Depuis l’ouverture de la mosquée Ibn Rushd-Goethe dans un quartier qui a abrité par le passé des mosquées salafistes, ses fondateurs ont fait l’objet de menaces de mort, de commentaires haineux et d’insultes, en particulier sur internet.

La principale initiatrice de cette mosquée, l’avocate berlinoise d’origine turque Seyran Ates, s’est défendue de tout lien avec le mouvement Gülen. S’adressant à ses détracteurs dans une vidéo sur Facebook, elle a affirmé : “c’est misérable que vous ayez besoin, quand quelque chose ne vous plait, de nous présenter comme des terroristes“.

“Il est misérable que vous soyez trop lâches pour entamer un dialogue avec nous (...) en avançant des arguments“, a ajouté cette militante des droits des femmes.

La petite communauté qui a fondé ce nouveau lieu de culte affirme qu’elle ne trouvait pas sa place dans les moquées conservatrices d’Allemagne et souhaitait réunir en un seul lieu tous les courants de l’islam.

Les sujets de tension se sont multipliés ces derniers mois entre Berlin et Ankara, pourtant partenaires de l’Otan et étroitement liés par l’importante communauté turque en Allemagne.

posté le 23 juin 2017 par Ara/armenews


SYRIE
Les FDS menacent Damas après des bombardements près de Raqqa

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), des rebelles arabo-kurdes soutenus par les Etats-Unis, ont accusé le gouvernement syrien d’avoir bombardé leurs positions au sud-ouest de Raqqa ces derniers jours et menacé Damas de représailles.

“Les forces du régime (...) ont conduit des attaques de grande ampleur, utilisant des avions, de l’artillerie et des chars“, a déclaré Talal Selo, porte-parole des FDS, accusant le gouvernement de Damas et ses alliés de vouloir bloquer l’offensive sur Raqqa.

“Si le régime continue d’attaquer nos positions dans la province de Raqqa, nous serons dans l’obligation de nous défendre et de riposter“, a-t-il poursuivi.

Dimanche, un avion de l’armée de l’air gouvernemental a été abattu par la chasse américaine au sud-est de Raqqa, où les Etats-Unis appuient l’offensive menées par les Forces démocratiques syriennes contre l’Etat islamique (EI).

Selon les Etats-Unis, l’avion syrien abattu dimanche avait largué des bombes à proximité de positions tenues par les FDS, Damas soutenant pour sa part qu’il effectuait une mission contre l’EI.

Le porte-parole de la Maison blanche, Sean Spicer, a prévenu lundi que Washington continuerait à exercer son “droit à la légitime défense“ en Syrie, tout en disant vouloir “maintenir ouverts les canaux de communication avec la Russie“.

Interrogé sur la décision de Moscou de fermer ces canaux de communication après l’incident de dimanche, le général Joseph Dunford, chef d’état-major des Armées des Etats-Unis, a déclaré pour sa part que Washington travaillait “au niveau diplomatique et militaire“ à leur rétablissement.

L’armée américaine a annoncé lundi le “repositionnement“ de ses avions dans le ciel syrien pour assurer la sécurité de ses équipages, la Russie ayant menacé d’abattre tout appareil qui s’aventurerait à l’ouest de l’Euphrate.

“En conséquence des récentes confrontations impliquant des forces pro-régime syrien et russes, nous avons pris des mesures de précaution en repositionnant nos avions au-dessus de la Syrie pour continuer à cibler l’EI tout en assurant la sécurité de nos équipages“, a déclaré un porte-parole de l’US Air Force, le lieutenant-colonel Damien Pickart. É

posté le 23 juin 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Turquie 


Europe-Turquie
La Commission des Affaires étrangères du Parlement européen réclame le gel des négociations d’adhésion avec la Turquie

Par Charalambos Petinos

Les membres de la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen ont adopté le 20 juin 2017 une résolution demandant que les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne soient suspendues si les modifications de la Constitution se poursuivent. Dans cette résolution, qui n’est pas contraignante - décidée avec 51 voix pour, trois contre et quatorze abstentions et qui sera soumise début juillet 2017 pour vote à l’assemblée plénière du Parlement réunie à Strasbourg - les parlementaires exhortent la Commission européenne et les gouvernements nationaux de l’UE à « suspendre formellement les négociations d’adhésion avec la Turquie dans les plus brefs délais si la réforme constitutionnelle est mise en œuvre en l’état ».

Lire la suite, voir lien plus bas

posté le 22 juin 2017 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Europe  Turquie 


REVUE DE PRESSE
L’islam turc prend la tête des musulmans de France

Pour la première fois, le 1er juillet, un représentant de l’islam turc en France prendra la présidence du Conseil français du culte musulman (CFCM), l’interlocuteur de l’Etat pour la deuxième religion de France. Ahmet Ogras, président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), succédera alors pour deux ans à Anouar Kbibech.

La nouveauté va au-delà du changement de personne, dans une fonction monopolisée depuis l’origine, en 2003, par les fédérations musulmanes ancrées dans les immigrations algérienne et marocaine. Et, compte tenu des liens entre l’islam turc et le pouvoir à Ankara, cette première soulève des interrogations, voire une certaine appréhension, au sein du CFCM comme du côté de l’Etat, à l’heure où le régime turc est en pleine dérive autoritaire. Contre la loi sur le génocide arménien

Comme la plupart des membres du CFCM, ce chef d’entreprise de 46 ans, qui dirige une agence de voyage à Paris, n’est pas un religieux - c’est d’ailleurs l’une des critiques faites à cet organisme dont la mission est pourtant la gestion des affaires cultuelles. Mais Ahmet Ogras a ceci de particulier d’avoir un passé proprement politique. En 2006-2007, il a fondé la branche française d’une organisation proche du pouvoir du président turc, Recep Tayyip Erdogan, l’UETD (Union of European Turkish Democrats), et il l’a dirigée jusqu’en 2012. « C’était la première fois qu’un président turc se souciait de sa diaspora en Europe », explique aujourd’hui Ahmet Ogras. L’UETD a notamment contribué, en France, à la mobilisation contre la loi pénalisant la négation du génocide arménien, en 2012. « C’était un devoir de vérité et de témoignage. Nous sommes français, nous avons autant de droits et de devoirs que les Français d’origine arménienne. Il y a deux lectures de l’histoire », fait-il valoir. Puis, en 2012, il a été aiguillé vers le CCMTF, dont il a pris la présidence, intégrant alors le CFCM.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/religions/article/2017/06/21/avec-ahmet-ogras-l-islam-turc-arrive-a-la-tete-du-cfcm_5148373_1653130.html#McH1lu33uLWHS8lZ.99

posté le 22 juin 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Turquie